Rencontres philosophiques de Langres 2014 - L'histoire

4e édition

La quatrième édition des Rencontres philosophiques de Langres est consacrée au thème de l'histoire.

Mis à jour : mai 2021

L’histoire en questions

Dans l’espace de l’enseignement philosophique, la notion d’histoire est de celles qu’on aborde souvent sans préoccupation particulière et avec le sentiment qu’un ensemble bien connu d’outils théoriques attestés – un opuscule de Kant et quelques notes de cours de Hegel – suffisent à baliser tout un territoire conceptuel et à en éclairer le relief. Affaire de vérité et de sens, parfois aussi affaire de causalité, le concept d’histoire s’étudie, dans les classes de philosophie, sans difficulté particulière.

Pour autant, la question de la causalité historique n’est pas anodine, car un événement n’est sans doute pas un simple fait, ni même une succession de faits. Non seulement, en effet, on est tenu d’y démêler des échelles multiples de causes – sans, peut-être, que soit en jeu la moindre causalité – mais, ce faisant, on ne peut se retenir d’en infléchir l’interprétation, comme si le regard porté sur les événements constituait une modalité essentielle de la réalité même de ces événements.

Dans ces conditions, vérité et sens pourraient n’être que des dénominations factices pour qualifier, à des fins de commodité cognitive ou pratique, une réalité échappant formellement aux interprétations normatives que nous lui appliquons. Cela pourrait nous conduire vers des conclusions difficiles et contradictoires. Si des artifices linguistiques peuvent seuls nous guider, dans la détermination de notre histoire, faut-il en déduire que la littérature et la fiction, comme les chroniques ou les récits savants, révèlent une vérité et un sens contribuant à nous faire comprendre le monde comme nôtre et la réalité humaine comme inquestionnable ? La science universitaire et la poésie épique sont-elles également capables de nous instruire sur la réalité historiquement constituée de notre existence ?

Au rebours de préconceptions réconfortantes, penser l’histoire nous porte à remettre en question les catégories les plus fondamentales et les plus structurantes de notre compréhension de nous-mêmes et de notre monde. Le récit ou l’épopée, le discours savant ou la narration populaire ne constituent pas simplement des discours formellement autonomes, ils sont autant de biais pour poser la question de l’existence comme histoire et donc de l’histoire comme anthropologie.

Conférences à écouter

Conférence inaugurale

Paul Mathias, inspecteur général de l'éducation nationale, doyen du groupe philosophie

L'histoire : les avatars d'un très vieux nom

François Hartog, directeur de recherches à l'EHESS-CRH

Ce sont les hommes qui font l'histoire : action et événement historique

Christophe Bouton, professeur de philosophie, université Bordeaux-Montaigne

Du possible et du probable en histoire : déterminisme et contingence

Isabelle Drouet, maître de conférences, université Paris-Sorbonne et Jean-Mathias Fleury, maître de conférences, Collège de France

Les deux herméneutiques de l'historien

Denis Thouard, directeur de recherche au CNRS

De la biographie à l'histoire

Sabina Loriga, directrice d'études à l'EHESS

L'écriture comme événement : de la source à l'objet, du document au texte, du contexte à la contextualisation

Christian Jouhaud, directeur d'études à l'EHESS

Histoire, événements, historicités

Bertrand Binoche, professeur de philosophie, université Paris 1-Panthéon-Sorbonne

Les leçons de l'histoire : pour une épistémologie des croyances démocratiques

Jean-Baptiste Rauzy, professeur, université Paris 4-Sorbonne

Conférence de clôture

Claudine Tiercelin, professeur au Collège de France

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