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Lecture sur écran

DOSSIER ARCHIVÉ le 8 janvier 2015

Lecture sur écran, lecture sur papier, quelles différences ? Quel impact sur l'intelligence et la culture ? Ce dossier explore le sujet sous plusieurs angles et confronte divers points de vue.

Il se réfère à des travaux de recherche en France et à l'étranger et livre divers points de vue (inspection générale, enseignants, ergonomes, historiens, neuroscientifiques, philosophes, sociologues...).

1. Nouveaux modes de lecture
2. Processus cognitifs
3. Aspects pédagogiques
4. Aspects socio-culturels
5. Critique d'Internet et des nouveaux médias
6. Lecture de livres électroniques

Bibliographie-webographie

Il est sûr que lire la même œuvre dans une édition imprimée ou sur l’écran n’est pas lire le même livre (Roger Chartier). 
La lecture sur écran sollicite davantage notre cerveau (Thierry Baccino).
Face à un contenu multimédia, la vitesse de lecture chuterait de 25%
.

LABO BnF : usages des nouvelles technologies de lecture, d’écriture et de diffusion de la connaissance
De l'impact du Web sur la pensée et l'attention (à propos de Nicholas Carr et de Howard Rheingold)Une vidéo non dénuée d'humour : Book, produit révolutionnaire

Dossier réalisé par le centre de documentation
Septembre 2009  (dernière mise en ligne : 10/09/2013)
Contact : Centre de documentation TICE

 

Index
  1. Préambule
  2. 1. Nouveaux modes de lecture
  3. 2. Processus cognitifs
    Attention, compréhension, mémorisation
  4. 3. Aspects pédagogiques
  5. 4. Aspects socio-culturels
  6. 5. Critique d'Internet et des nouveaux médias
    Des points de vue contrastés en réponse à des questions volontiers provocantes
  7. 6. Lecture de livres électroniques
  8. Bibliographie - Webographie

Préambule

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1. Nouveaux modes de lecture

Papier / Ecran : quelles différences

Un tiers de la lecture de la presse se fait sur écran

Etude menée par Audipresse

Les équipements propices à la lecture numérique favoriseraient  la lecture de la presse. « Selon Audipresse, les utilisateurs de téléphones et de tablettes lisent plus la presse que la moyenne. Mais les éditions numériques ne détournent pas les lecteurs de la presse écrite. La lecture de la presse hexagonale a progressé de 24% entre juillet 2012 et juin 2013.»

Web & Tech, le 27/09/2013

Livre numérique : Google Play introduit la lecture à voix haute

Livre numérique et lecture à voix haute

«La fonction lecture à voix haute (Read Aloud feature) est utilisable sur la quasi-totalité des livres numériques. La voix est un peu métallique car bien évidemment robotisée, mais elle pourra être utile notamment aux personnes handicapées. Cette lecture est aussi peu adaptée notamment pour les livres numériques pour enfants. »

IDBOOX, le 19/12/2012

Claire Belisle

canal u

Vidéo : Internet et la lecture
"Claire Belisle compare le mode de lecture traditionnelle de l'information (livres, etc.) au mode de lecture lié à Internet et la navigation. Les livres imposent globalement un mode de lecture linéaire et comportent des indications sur le contexte. Avec le développement d'Internet et la navigation dans l'information par activation d'hyperliens, l'individu est obligé d'identifier l'information au fur et à mesure qu'il active des liens et en reconstituer le contexte. Il doit faire appel à de nouveaux repères pour construire les différents contextes lui permettant de savoir avec quelle catégorie dinformation il interagit. L'accès à l'information passe nécessairement par la maîtrise de ces indicateurs."

Canal-U (4 : 29)

Roger Chartier

logo livres hebdo

Interview : Il est sûr que lire la même œuvre dans une édition imprimée ou sur l’écran n’est pas lire le même livre
"Si le lecteur d'un livre imprimé n'est pas obligé d'en lire toutes les pages, la matérialité même de l'objet lui impose la perception immédiate, sensorielle, de l'importance de l'oeuvre qu'il contient. La lecture du fragment, du passage, est ainsi toujours rapportée, volontairement ou non, à la totalité textuelle dont il fait partie. Il n’en est pas ainsi avec les textes électroniques dont les fragments peuvent être extraits sans aucune perception de l’ensemble auquel ils appartiennent..."
p. 75

"Les écrans de nos ordinateurs sont des écrans d’écrits, et rien ne serait plus faux que de les inscrire dans l’opposition obsolète entre des écrans sans écrit et la galaxie Gutenberg. Mais il est vrai que, comme écrans, ils soumettent les textes à des modes d’appropriation qui sont aussi ceux de la succession jamais épuisée d’images éphémères. Le browsing n’est-il pas d’une certaine manière, une forme de zapping ? Mais il n’y a rien d’inexorable. Les techniques n’ont pas de significations, maléfiques ou bénéfiques, en elles-mêmes…"
p. 78

Dossier Demain le livre. Livres hebdo, n° 787, 4 septembre 2009, p. 75-78

dailymotion

Vidéo : Les mutations du livre

Comment Internet bouleverse-t-il la lecture ?  À l’heure du livre numérique, les bibliothèques vont-elles disparaître ? Quelle est la place du livre dans nos sociétés ? Lit-on aujourd’hui comme on lisait hier ?

Daily Motion, 25/09/2008

le monde

L'écrit et l'écran, une révolution en marche
"Le livre électronique ne donne plus à voir par sa forme matérielle sa différence avec les autres productions écrites. La lecture face à l'écran est une lecture discontinue, segmentée, attachée au fragment plus qu'à la totalité. N'est-elle pas, de ce fait, l'héritière directe des pratiques permises et suggérées par le codex ? Celui-ci invite, en effet, à feuilleter les textes, en prenant appui sur leurs index ou bien à "sauts et gambades" comme disait Montaigne, à comparer des passages, comme le voulait la lecture typologique de la Bible, ou à extraire et copier citations et sentences, ainsi que l'exigeait la technique humaniste des lieux communs. [...]
Le "bonheur extravagant" suscité par la bibliothèque universelle pourrait devenir une impuissante amertume s'il devait se traduire par la relégation ou, pire, la destruction des objets imprimés qui ont nourri au fil du temps les pensées et les rêves de ceux et de celles qui les ont lus. La menace n'est pas universelle, et si les incunables n'ont rien à redouter, il n'en va pas de même pour de plus humbles et plus récentes publications, périodiques ou non..."

Le Monde, 12/10/2007

Cédric Biagini et Guillaume Carnino

La nature du support et son environnement influencent le mode de lecture

Internet privilégie l'efficacité, l'immédiateté et la masse d'informations
"La lecture y est plus segmentée, fragmentée et discontinue. Le numérique, "hypertexte" et multimédia, induit une "hyper-attention" que des psychologues américains opposent à la deep attention (l'attention profonde) que nécessite la lecture linéaire sur papier. Le risque que la lecture classique devienne insupportable, y compris physiquement, se profile. Nous assisterions alors à la "liquidation de la faculté cognitive (...) remplacée par l'habileté informationnelle". Comme le souligne Nicholas Carr : "La dernière chose que souhaitent les entrepreneurs du Net, c'est d'encourager la lecture lente, oisive, ou concentrée. Il est de leur intérêt économique d'encourager la distraction..."

Un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse
"Le livre papier, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse et la perte du sens critique. Il est un point d'ancrage, un objet d'inscription pour une pensée cohérente et articulée, hors du réseau et des flux incessants d'informations et de sollicitations : il demeure l'un des derniers lieux de résistance."

Le livre dans le tourbillon numérique - Le Monde diplomatique, n° 666, septembre 2009, p. 27

Frédéric Kaplan

Futur 2.0 : si les livres pouvaient parler
"La lecture est une expérience intime et solitaire. Mais les livres se souviennent et, dans certains cas, ils témoignent et offrent en différé des moments de partage. La trajectoire des livres fait leur valeur.[...]

Un nouvel “objet-livre”
"À l’heure où beaucoup s’interrogent sur le futur du livre, sur la souplesse des écrans souples, sur la numérisation automatique des oeuvres par des machines robotiques, sur la fragmentation et l’agrégation des contenus, sur l’enrichissement audiovisuel des textes, sur les perspectives fascinantes de bibliothèques qui ne prendraient pas plus d’espace qu’un ticket de métro, il me semble, malgré tout, que l’essentiel est ailleurs. [...] Le point crucial est ici la séparation entre le contenu textuel – ayant vocation à circuler, à s’échanger – et l’appareil qui, lui, est associé à un lecteur particulier et peut dans cette mesure connaître ses habitudes, son histoire, la séquence de ses lectures. L’articulation qui pourra se faire entre ces deux trajectoires – celle des lecteurs et celles des livres – est une des clés fondamentales pour comprendre les perspectives qui s’ouvrent avec cette évolution technologique.

Enrichir la lecture
"Les livres de demain pourront se rappeler une multitude de choses sur la manière dont ils sont lus : le temps passé sur chaque page, les sauts de chapitre, les retours en arrière, les passages relus plusieurs fois, les interruptions dans la lecture et même l’attention du lecteur sur chaque partie du texte. Ils sauront aussi dans quels contextes ils sont lus, qu’il s’agisse d’un wagon de train de banlieue aux heures de pointe ou du calme de la salle de lecture d’une bibliothèque. Ils sauront enfin qui les lit et qui les a lus. Ces traces viendront enrichir le livre en plus des multiples annotations, soulignements, signets que le lecteur voudrait volontairement inscrire. Le tabou de notre culture qui nous retient d’annoter ou de commenter les livres des autres pourra être enfin levé, car le lecteur pourra au choix décider à tout moment du degré d’”enrichissement” qu’il souhaite pour son expérience de lecture."

Internet Actu, 23/04/2007

Lotta Larson

Selon Lotta Larson le livre électronique motive les jeunes lecteurs
« Lotta Larson, chercheuse à l’Université d’État du Kansas en enseignement primaire, pense que des enfants pourraient améliorer leurs compétences en utilisant le livre électronique (livrel). Sa dernière étude, dont les résultats paraitront dans le prochain numéro de la revue The Reading Teacher, lui a permis de découvrir que le livre électronique permet aux enfants des interactions qui ne pourraient pas être possibles avec des livres imprimés... »
rire.ctreq.qc.ca, 20/04/2010

Paul Soriano

Les prétendus handicaps du livre (papier)

Introduction à l'ouvrage de Lorenzo Soccavo "Gutenberg 2.0
"... les prétendus handicaps du livre (de papier), à commencer par sa "clôture ", ne sont-ils pas en réalité ses principaux atouts ? Est-il bien sûr, par exemple, que le numérique introduit de l’interactivité dans un objet et une pratique qui en étaient jusqu’ici totalement dépourvus ? Eh bien justement non. Rien n’est décidément plus interactif que la lecture d’un livre. Sans jamais rien cliquer, tout lecteur emporté par le texte pourtant immobile ne cesse d’établir des liens imaginaires avec un univers (un réseau ?) qui le déborde de toutes parts. On peut même se demander si l’introduction d’un dispositif technique d’interactivité (les liens de l’hypertexte) ne risque pas de faire obstacle à l’interactivité symbolique qui hante tous les bons livres. N’est-ce pas déjà le cas lorsque nous regardons un roman "adapté" au cinéma : un déficit d’interactivité ?
La bibliothèque imaginaire ressemble certes plus à un inextricable réseau de références croisées qu’à ces alignements figés d’ouvrages achevés que nous nommons communément "bibliothèque".
Et encore faudrait-il inclure dans ce réseau, les livres que l’on a à peine parcourus, ceux dont on à seulement entendu parler, ceux que l’on a lus et oubliés, mais dont on peut néanmoins légitimement parler, si l’on en croit Pierre Bayard, un universitaire qui sait Comment parler des livres que l’on a pas lus..."

Site de Paul Soriano

Forum Livres Hebdo

livres hebdo

Forum Livres Hebdo : Nouveaux modes de lectures, nouvelles offres éditoriales
Ce forum, organisé par Livres Hebdo,  s'est déroulé  le 7 mai 2010. Lors de ce forum ont été abordés d'une part les métamorphoses de la lecture avec le numérique et d'autre part les enjeux économiques du numérique.
Les vidéos des intervenants de ce forum sont en ligne sur Dailymotion.
Interventions concernant les métamorphoses de la lecture :

- Thierry Bacino , professeur de psychologie cognitive, université Sophia Antipolis, Nice. Comment l'écran change le lecteur  ,, 15'.
- Claire Belisle, ingénieure de recherche CNRS en sciences humaines et sociales : Réflexion sur la lecture numérique et le plaisir de lire , , 12'.
- Alain Giffard, directeur du Groupement d’intérêt scientifique Culture & Médias numériques : Rapport au livre numérique et pratique de lecture , , 10'.
- Françoise Benhamou, professeur à l'université Paris 13, intervient sur l'économie du livre et le consentement à payer de la part des consommateurs ,, 11'.
Forum Livre Hebdo, 7 mai 2010

BBF

Lire sur internet, est-ce toujours lire ?

« Depuis 5 000 ans, et l'invention de l'écriture, la lecture réclame de l'attention, et, à cette aune, la lecture sur des supports numériques relève pour l'instant de la pseudo-lecture, du butinage, du surf. L'attention du lecteur est dispersée, ce dont témoigne par exemple l'utilisation des liens hypertextes. Par ailleurs, la lecture numérique a changé notre rapport au temps, facilitant l'accès aux informations mais pas forcément leur mémorisation. Pour l'instant, la majorité des supports numériques entraînent chez le lecteur une certaine fatigue visuelle. Mais les procédés d'affichage, en constant progrès, laissent penser que le dépassement du livre papier par les supports numériques est pour demain. »

BBF 2011 - t. 56, n° 5
 

 

Notion d'hypertexte

Définitions

Hypertexte

Préfixe hyper du grec huper : au dessus, au-delà
En français : hypertexte de hyper- et texte
En anglais : hypertext

Système de renvois permettant de passer directement d'une partie d'un document à une autre, ou d'un document à d'autres documents choisis comme pertinents par l'auteur.
(Définition de la Commission générale de terminologie et de néologie - France).

BO n° 14 du 08/04/1999

Présentation de l'information qui permet une lecture non linéaire grâce à la présence de liens sémantiques activables dans les documents.
Dans le Web, on parle beaucoup d'hypertexte alors qu'il s'agit de plus en plus d'hypermédia puisque les données peuvent se présenter sous la forme de texte, d'image ou de son.
(Définition de l'Office québécois de la langue française)

Grand dictionnaire terminologique
 

Hyperlien

En français : hyperlien de hyper- et lien (synonyme : lien hypertexte)
En anglais : hypertext link (synonyme : hyperlink)

Connexion activable à la demande dans le Web, reliant des données textuelles ayant une relation de complémentarité les unes avec les autres, et ce, où qu'elles se trouvent dans Internet.
(Définition de l'Office québécois de la langue française)

Grand dictionnaire terminologique
 

Hypermédia

En français : hypermédia de hyper- et média (synonyme : lien hypertexte)
Au pluriel : des hypermédias, des documents hypermédias, des liens hypermédias
En anglais : hypermedia

Extension de l'hypertexte à des données multimédias, permettant d'inclure des liens entre des éléments textuels, visuels et sonores.
(Définition de l'Office québécois de la langue française)

Grand dictionnaire terminologique


Multimédia

En français : multimédia
Au pluriel : des multimédias, des documents multimédias
En anglais : multimedia

Technologie de l'information permettant l'utilisation simultanée de plusieurs types de données numériques (textuelles, visuelles et sonores) à l'intérieur d'une même application ou d'un même support, et cela, en y intégrant l'interactivité apportée par l'informatique. L'interactivité constitue un élément clé du multimédia.
(Définition de l'Office québécois de la langue française)

Grand dictionnaire terminologique

Caractéristiques

Un système de liens (intra et inter documents) et de noeuds
"Différents types de noeuds d’information sont interconnectés par des liens mécaniques, indépendamment de leur location physique, et en cela les systèmes hyper médias se différencient des encyclopédies. Les noeuds peuvent être des textes, des graphiques, et avec l’hypermédia, des extraits sonores, des séquences vidéos, des animations et des programmes. Les liens relient les noeuds, sur un mode soit référentiel, soit hiérarchique, soit analogique, soit selon tout autre type de lien que construit l’auteur. Ainsi un système hypertexte n’a pas de structure comme telle, et chacun peut le parcourir à sa façon."

Belisle, Claire. Navigation et hypermédia. Séminaire DAFCO

Hypertextualité et multimodalité
"L'hypertexte (...) permet, à partir d'un mot, d'accéder aux autres occurrences de ce mot dans le texte par l'intermédiaire d'un pointeur, ce que l'on appelle un lien hypertextuel, et qui est l'analogue exacte d'un index.
Avec l'informatique l'automatisation des procédures d'accès facilite grandement cette opération qui peut même être encore généralisée : il est loisible de construire n'importe quel lien hypertextuel non seulement d'un mot vers ses différentes occurrences, mais aussi d'un mot vers sa définition, d'un mot vers son équivalent dans une autre langue, d'un mot vers ses synonymes, d'un mot vers sa transcription phonétique, les possibilités sont infinies.
De plus, jointe à la multimodalité, l'hypertextualité permet d'associer à une zone d'un schéma ou d'une image, des éléments textuels ou d'autres images, et à un mot, une photographie, un son, une séquence filmique... C'est ce mixte de multimodalité et d'hypertextualité que l'on appelle l'hypermédia."

Ganascia, Jean-Gabriel. Le livre électronique : réflexion de prospective. CNRS, 2000

Un texte multidimensionnel
"C'est un texte multidimensionnel, ce qui ne veut pas dire qu'il y ait absence de structure. Comme le précise Pierre Levy, "la non linéarité sur le plan conceptuel n'a rien de nouveau ; il y a peu de gens qui lisent un dictionnaire de la première à la dernière page... L'organisation d'un hypertexte reflète la structure mentale de son concepteur ; cependant, chaque utilisateur peut adopter un parcours spécifique qui lui permettra d'adapter sa lecture à son niveau de compréhension."

Fancea, Pascal. La création multimédia en classe. CRDP de l'académie de Grenoble, octobre 2001

Un document qui peut expliciter la multiplicité des niveaux d'analyse et des points de vue possibles sur un même objet
"L'hypertexte est un document qui peut parfaitement expliciter la multiplicité des niveaux d'analyse et des points de vue possibles sur un même objet. Autrement dit, l'hypertexte concrétise et rend visible le perspectivisme nécessaire à l'appréhension de certains concepts. (...). Autrement dit, l'hypertexte permet non seulement de multiplier indéfiniment les points de vue autour d'un concept, mais également de faire prendre conscience au lecteur du rapport entre un point de vue particulier et la définition spécifique que ce point de vue exprime sur l'objet..."

TECFA. Université de Genève

La non-linéarité ajoute à l'hypertexte une dimension nouvelle que ne contient pas le texte
"L'écriture et la lecture d'un hypertexte (...) procèdent plutôt par sauts d'un fragment à un autre, par ajouts et retraits de noeuds et de liens, par constructions et déconstructions de réseaux et d'unités d'information, sans parler de la programmation et de ses récursions et autres emboîtements (...). La non-linéarité ajoute à l'hypertexte une dimension nouvelle que ne contient pas le texte. C'est cette dimension de plus qui permet à l'hypertexte de décrire et d'exposer des concepts et des objets complexes."

TECFA. Université de Genève

Typologie

Typologie d'Hélène Godinet
hypertexte définitionnel
hypertexte littéraire
hypertexte narratif
hypertexte documentaire
hypertexte éducatif

Hypertexte. Vous avez dit... hypertexte ? IUFM de l'Académie de Grenoble

Typologie de l'Office québécois de la langue française
hyperlien absolu
hyperlien externe
hyperlien interne
hyperlien local
hyperlien relatif

Grand dictionnaire terminologique

Repères historiques

Les pères de l'hypertexte
- Vannevar Bush,
- Theodore Nelson,
- Bill Atkinson,
- Tim Berners Lee.

Godinet, Hélène. Vous avez dit... hypertexte ? IUFM de l'Académie de Grenoble

Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle
- Introduction
- Les données et les idées
- L'ordre et le désordre
- Hypertexte et raisonnement
- Les figures du discours hypertextuel
- Espace d'écriture
- Une énonciation piétonnière

Clément, Jean. Du texte à l'hypertexte: vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle

L'hypertexte : historique et applications en bibliothéconomie
- Vannevar Bush
- Paul Otlet
- H. G. Wells
- Douglas C. Engelbart
- Theodor Holm Nelson
- Bill Atkinson
- Tim Berners-Lee et le World Wide Web

Teasdale, Guy. L'hypertexte: historique et applications en bibliothéconomie. Université de Montréal

Brève histoire d'Internet
- Au commencement...
- Premières briques
   1969 : l'Arpanet
   1971 : le courrier électronique
   1973 : TCP/IP
   1983 : le DNS
- Le boom
   1989 : le World Wide Web
   1993 : Mosaic
   1995-2003 : la guerre des navigateurs
- Et maintenant...

Page Web des Tuteurs informatique de l'École Normale supérieure

Historique du Web
Les premières années de cet historique sont largement basées sur A Little History of the World Wide Web (toutes les sources de ce chapitre sont en anglais).

Wikipédia
Wikipedia.org

Quelques dates

1934
Paul Otlet : Traité de documentation
"...  le Belge Paul Otlet, pourrait avoir eu une "vision de Xanadu" plusieurs années avant tout le monde... En 1934, Otlet publiait son magistral Traité de documentation qui était une synthèse de ses 40 ans de pratiques documentaires. Le traité de documentation est également le premier ouvrage moderne traitant du problème général de l'organisation de l'information... Dans cet ouvrage, Otlet présentait également une vision très imaginative de l'avenir de la documentation qui est tout aussi révolutionnaire que celle de Bush."

Teasdale, Guy. L'hypertexte: historique et applications en bibliothéconomie. Université de Montréal

1936
H. G. Wells : Encyclopédie Permanente Universelle (Permanent World Encyclopaedia)
"Dans une conférence donnée en 1936 et publiée en 1938, Wells exposait bien avant Bush sa conception d'une encyclopédie mondiale qui pourrait: "... spread like a nervous network... knitting all the intellectual workers of the world through a common interest and a common medium of expression into a more and more conscious cooperating unity".

Teasdale, Guy. L'hypertexte: historique et applications en bibliothéconomie. Université de Montréal

1945
Vannevar Bush :  projet du MEMEX (MEmory Extender)
"L'idée [de Wells] est reprise par Vannevar Bush dans l'article "As we may think" paru en juillet 1945. Bush était le directeur de l'office américain de recherche et de développement scientifique. Il désirait créer une machine multimédia à base de microfilms, dans laquelle il aurait pu stocker toute sorte de documents, aussi bien des livres que des enregistrements. Son système, appelé Memex... avait pour objectif de permettre au spécialiste d'une discipline de suivre l'évolution de la recherche sans être submergé par l'information, ni dépassé par les difficultés à y accéder. Le Memex n'a jamais vu le jour faute de technologie appropriée."

Heutte, Jean (dir.). Est-il pertinent de concevoir des hyperdocuments avec ses élèves ? 2001

1945
Douglas C. Engelbart :  invention de concepts et d'outils bureautiques (notamment la souris)

"Son équipe de travail est multidisciplinaire: on y retrouve des psychologues, des programmeurs, des ingénieurs en informatique, des spécialistes en intelligence artificielle, en analyse de systèmes, en "display engineering", en management, en psycho-linguistique et enfin des spécialistes en information. Il a inventé de nombreux outils reliés de près à la technologie hypertexte telle que nous la connaissons aujourd'hui : l'édition de texte à l'écran, la souris, les liens entre différents ensembles d'information, les fenêtres, l'hypermédia, des concepts de bureautique etc... "

Teasdale, Guy. L'hypertexte: historique et applications en bibliothéconomie. Université de Montréal

1965
Theodor Holm  Nelson : invention des termes "hypertexte" et "hypermédia" et du système Xanadu
"On attribue à Ted Nelson, bien qu'il ne l'ait pas déposé, l'invention du néologisme "hypertexte".
Il rêve d'un réseau, accessible en ligne, en temps réel, qui permettrait à chacun de lire, écrire, commenter, relier des documents de tous types.
L'idée sur laquelle repose ce système, nommé Xanadu, est de disposer d'un fonds commun rassemblant les documents de l'humanité, "the magic place of literary memory where nothing is forgotten". Tout le monde pourrait y accéder, y insérer des documents et y établir des liens ..."

Godinet, Hélène. Hypertexte. Vous avez dit... hypertexte ? IUFM de l'Académie de Grenoble

1987 
Bill Atkinson : développement de l'hypercard
"Le système Hypercard offre un environnement dans lequel la barrière entre programmation et hypertexte disparaît. Associé au langage Hypertalk, il permet de réaliser des documents non-linéaires, les "piles", constitués de différentes "cartes" modulaires, de passer d'une carte à l'autre à l'aide de "boutons". Il peut être considéré comme une des premières implantations grand public du concept d'hypertexte. Ce logiciel a été distribué, dès 1987, à tout acquéreur d'un ordinateur Macintosh d'Apple."

Godinet, Hélène. Hypertexte. Vous avez dit... hypertexte ? IUFM de l'Académie de Grenoble

1989
Tim berners-Lee : projet du World Wide Web

"En 1980, alors qu'il travaille comme consultant extérieur au CERN à Genève, il écrit un premier logiciel de stockage d'informations utilisant des associations aléatoires. Ce projet qu'il avait nommé « Enquire » est mis au placard, mais c'est lui qui servira de base plus tard au World Wide Web...
En 1989, il propose un projet d'hypertexte qu'il appelle WorldWideWeb (il avait pensé aussi à l'appeler Information Mesh (maillage d'informations), Mine of Information, ou encore Information Mine (mine d'informations)). Le but est de rassembler les connaissances de tous dans une « toile » de documents. Il conçoit alors en octobre 1990 le premier serveur HTTP et le premier navigateur Web. Son logiciel est distribué sur Internet durant l'été 1991."

Wikipedia.org

Lecture hypertextuelle

Catherine Becchetti-Bizot

Textes et TICE : rendre visible l’invisible, communiquer avec ce qui est absent
"Lire sur support écran, écrire avec un clavier d’ordinateur, naviguer sur la Toile, en effet, c’est effectuer une série d’opérations manuelles (cliquer sur des liens, ouvrir des fenêtres, faire apparaître ou défiler des pages, mettre en relation des documents…), mais aussi visuelles et auditives, qui induisent des postures intellectuelles nouvelles – où le lecteur est à la fois un explorateur, un spectateur et un intervenant ou un auteur – et impliquant de nouvelles responsabilités.
Il semble que soient réactivées ici des opérations de la pensée qui ont sans doute présidé à l’invention de l’écriture : rendre visible
l’invisible, communiquer avec ce qui est absent, mettre en relation des éléments épars pour les élever au statut de signes et découvrir ainsi, en les reconstruisant, les significations présentes en arrière  du monde : derrière l’écran.
L’écran d’ordinateur permet ainsi de métaphoriser et de faire revivre toutes les potentialités de ce que Jack Goody a appelé une technologie de l’intellect , en l’occurrence l’écriture."

Les Dossiers de l'ingénierie éducative, n° 61, mars 2008

Jean Clément

Cette idée d'interaction entre l'homme et la machine au sein d'un système complexe me paraît caractériser l'hypertexte et le distinguer d'autres dispositifs
"Cette idée d'interaction entre l'homme et la machine au sein d'un système complexe me paraît caractériser l'hypertexte et le distinguer d'autres dispositifs  avec lesquels il peut être associé mais ne doit pas être confondu, tels que les systèmes experts ou les bases de données. Ceux-ci requièrent naturellement eux aussi l'intervention de l'homme. Ils ne peuvent traiter l'information que si on leur a préalablement fourni non seulement la matière première, mais aussi les programmes de traitement qui s'y appliqueront. Et à cette "écriture" par l'homme correspond, en sortie, la nécessité d'une "lecture" humaine des résultats (encore que l'information obtenue puisse être utilisée par un robot sans intervention humaine). L'idée que je défends ici est que l'hypertexte peut s'envisager comme un système à la fois matériel et intellectuel dans lequel un acteur humain interagit avec des informations qu'il fait naître d'un parcours et qui modifient en retour ses représentations et ses demandes."

Du texte à l'hypertexte : vers une épistémologie de la discursivité hypertextuelle. Département Hypermédia de l'Université Paris 8

Christian Vandendorpre

Surfer dans un labyrinthe ?
"Deux images reviennent constamment lorsqu'il est question du Web : le labyrinthe et le surf. Ainsi juxtaposés, ces deux réseaux métaphoriques ne manquent pas d'apparaître contradictoires et produisent des résonances étranges. Un examen de leurs points de jonction devrait nous permettre de cerner certains aspects fondamentaux de la poétique et de la pratique de l'Internet.
La métaphore du surf rend bien compte de la rapidité du lecteur qui se déplace à travers des masses de documents. Elle évoque à la fois l'activité musculaire liée au maniement d'un pointeur omniprésent et la technique consommée de l'expert qui réussit à se maintenir sur la crête de la vague en suivant les courants. En même temps, cette métaphore convient bien à l'aspect fragmenté de l'information disponible sur le Web et qu'on ne peut trop souvent appréhender que superficiellement."

Variétés de l'hypertexte. Université d'Ottawa (Canada)

Pierre Lévy

 L'hypertexte : virtualisation du texte et virtualisation de la lecture
"Considérons d'abord la chose du côté du lecteur. Si l'on définit un hypertexte comme un espace de parcours de lecture possibles, un texte apparaît comme une lecture particulière d'un hypertexte. Le navigateur participe donc à la rédaction ou tout au moins à l'édition du texte qu'il "lit" puisqu'il détermine son organisation finale (la dispositio de l'ancienne rhétorique).
Le navigateur peut se faire auteur de façon plus profonde qu'en parcourant un réseau préétabli : en participant à la structuration de l'hypertexte, en créant de nouveaux liens. Certains systèmes enregistrent les chemins de lecture et renforcent (rendent plus visibles, par exemple) ou affaiblissent les liens en fonction de la manière dont ils sont parcourus par la communauté des navigateurs.
Enfin, les lecteurs peuvent non seulement modifier les liens mais également ajouter ou modifier des noeuds (textes, images, etc.), connecter un hyperdocument à un autre et faire ainsi un seul document de deux hypertextes séparés ou tracer des liens hypertextuels entre une multitude de documents. [...] Ainsi l'écriture et la lecture échangent-ils leurs rôles. [...] Depuis l'hypertexte, toute lecture est un acte d'écriture."

"l'hypertexte ne se déduit pas logiquement du texte-source. Il résulte d'une série de décisions : réglage de la taille des noeuds ou des modules élémentaires, agencement des connexions, structure de l'interface de navigation, etc. Dans le cas d'une hypertextualisation automatique, ces choix (l'invention de cet hypertexte-là) seront intervenus au niveau de la conception et de la sélection du logiciel."

Sur les chemins du virtuel. Département Hypermédia de l'Université Paris 8 [date non indiquée]

Le numérique et l’évolution des pratiques de lecture

Avec le numérique, le contexte de lecture devient différent

«Le lecteur, en errant de lien en lien, en accédant par les actions qu’il entreprend à un contenu textuel qui peut être lié à des sons, des images, des vidéos, des animations, ne fait plus seulement partie d’une logique de transmission, comme c’est principalement le cas avec le livre papier, mais s’intègre à une logique de participation (http://bit.ly/1rw0NDA).»

Actualitte.com, le 20/09/2014

Ergonomie et accessibilité

La lisibilité en question

Documents électroniques : la lisibilité en question
Emmanuel Sylvestre

Il convient de distinguer deux types de lisibilité :
- Surface : relative à la perception visuelle. Le texte utilisant une présentation ergonomique facilite la lecture.
- Profonde : relative à la compréhension. Le texte contenant un vocabulaire courant, des phrases simples et une structure cohérente est plus facile à comprendre...
Cet article se centre sur la lisibilité de surface et il contient des recommandations issues de la recherche pour améliorer la lisibilité du texte à l'écran.
"La lisibilité des documents à l'écran peut être améliorée en tenant compte de certains paramètres : taille et style de la police d’écriture, contraste entre la couleur de la police et l’arrière-plan de la page, nombre de caractères par ligne de texte. Respecter ces règles permettrait d’éviter une fatigue visuelle et d’améliorer l’efficacité de la lecture.

Agence des usages des TICE, 08/04/2009

Critères de lisibilité

Critères de lisibilité selon Bastien et Scapin
Bastien et Scapin ont défini des critères de lisibilité dans un rapport de l'INRIA qui fait référence.

1. Guidage
2. Charge de travail
3. Contrôle explicite
4. Adaptabilité
5. Gestion des erreurs
6. Homogénéité / Cohérence
7. Signifiance des codes et Dénominations
8. Compatibilité

3 caractéristiques
"Les critères ergonomiques ont trois caractéristiques qui les distinguent d'autres activités ergonomiques et en font un outil de choix :
- Ils sont basés sur une analyse de l'interface, activité plus rapide et moins dispendieuse que les tests d'utilisabilité ;
- Ils sont utilisables par des non-spécialistes du domaine de l'utilisabilité ;
- Ils sont suffisament explicites pour permettre des mesures précises, puis suffisament standardisés pour donner des résultats reproductibles."

Deux résumés du rapport
ergoweb.ca
Tecfa.unige.ch

Le rapport intégral
Critères Ergonomiques pour les Interactions Homme-Environnements Virtuels : définitions, justifications et exemple
Rapport de recherche de l'INRIA - Rocquencourt , Equipe : MERLIN -  Mars 2005 - 47 p.
Télécharger le rapport sur le site de l'INRIAPDF file (533 Ko)

L'écran efficace

1. Trois lois fondamentales de la perception visuelle
   Joëlle Cohen

"Les lois de la perception visuelle ne peuvent être négligées par les concepteurs de services d’information en ligne, qui doivent bien connaître et maîtriser les processus d’identification, d’intégration et de mémorisation de l’information. En raison de la structure complexe des documents électroniques et des modalités spécifiques de navigation et de lecture à l’écran, l’organisation graphique des informations oblige à respecter les principes de l’ergonomie visuelle et cognitive. Après avoir rappelé et illustré les caractéristiques fondamentales de la vision, cette étude s’achève par la présentation d’un exemple d’application : l’évolution de la page d’accueil d’un site intranet."
"les lois fondamentales de la perception visuelle président à toute organisation visuelle de l’information. Spontanément, l’oeil hiérarchise, ordonne et catégorise les objets en fonction de leurs similitudes, de leurs différences et de leurs oppositions. La recherche systématique d’une adéquation logique entre les propriétés perceptives du référent (les données) et celles du signifiant (leurs habillages graphiques) permet de solliciter le canal visuel dans des conditions optimales de rapidité et d’efficacité. Véhiculer visuellement du sens, c’est garantir à l’usager une richesse inférentielle, une sélectivité des informations et un gain cognitif."

1. La vision est instantanée
2. La vision ordonne
3. La vision regroupe

Documentaliste - Sciences de l’information 2000, vol. 37, n° 3-4, p. 192-198


2. Une approche cognitive des objets graphiques

  Joëlle Cohen, Xavier Casanova

Les auteurs expliquent comment "intégrer dans sa démarche l’ensemble des processus cognitifs fondamentaux, de l’extraction des informations à leur exploitation, en passant par leur interprétation et leur mémorisation. L’écran efficace est celui où l’adéquation du fond à la forme déclenche la perception immédiate des relations qui relient tous les objets graphiques."
Une grille d’analyse visuelle reprend de façon synthétique l’ensemble de cette réflexion. Elle met en oeuvre 24 critères qui s'inscrivent sur une échelle qualitative comportant 3 gradations. Les critères sont organisés autour de trois axes :  indicateurs perceptifs, indicateurs graphiques,  indicateur d'orientation (interactivité). Des commentaires très intéressants sont donnés.

1. Extraction des informations
- La vision met en jeu des récepteurs spécialisés : l’exemple de la vision centrale et de la vision périphérique
- La vision conduit à percevoir instantanément le tout avant les parties : le processus de groupement et les lois de la Gestalttheorie

2. Interprétation des informations
- Un phénomène graphique est pertinent s’il est intentionnel, congru et interprétable
- Un objet graphique est bien formé si on peut tirer de sa forme des conclusions valides

3. Mémorisation des informations
- Une mémoire transitoire, limitée et fragile : la mémoire à court terme
- Des mémoires plus vastes et plus solides : les mémoires à long terme

4. Exploitation des informations
- Explorer par une stratégie de lecture : passer au crible, échantillonner, sonder

Documentaliste - Sciences de l'information, vol. 37 n° 3-4, septembre 2000, p. 192-198

2. Processus cognitifs

Points de vue de chercheurs en France

La lecture, activité physique

Critique du livre de Roberto Casati par Robert Maggiori

Robert Maggiori nous explique dans cet article que Roberto Casati, Directeur de recherches au CNRS, professeur de philosophie et de sciences cognitives, n'est pas un nostalgique du livre papier, non utilisateur des TIC mais tout son contraire. Son plaidoyer pour le livre et la lecture sur papier, dans son ouvrage « Contre le colonialisme numérique. Manifeste pour continuer à lire », est «une diatribe sans nuances contre ce qui les met en péril, à savoir le développement des technologies numériques.  Casati n’est en effet ni un conservateur pleurant sur les bibliothèques poussiéreuses et la machine à vapeur, ni un luddite tenté de détruire les machines du progrès, ni un «analphabète numérique» qui s’est retrouvé Gros-Jean comme devant quand ont disparu les mange-disques et le Minitel. Il serait plutôt un geek en matière informatique - mais avocat de la cause du livre et de la lecture, qui, au lieu de chanter le bon vieux temps, montre que le papier, s’il risque de «devenir commercialement obsolète», conserve intactes, pour aujourd’hui et demain, toutes ses potentialités euristiques et cognitives.»

Libération, le 09/10/2013

Écouter l'interview de Roberto Casati sur France Culture dans l'émission Les matins, le 10 octobre 2013.

 

Thierry Baccino

Laboratoire des usages en technologies d’information numériques (Lutin)

Thierry Baccino a été invité dans plusieurs émissions à l'occasion du dossier de Sciences et Vie : La lecture change, nos cerveaux aussi , n°1104, septembre 2009.

Aspects négatifs et bienfaits de la lecture sur écran

ActuaLitté revient sur l'émission "Tout s'explique" et sur les idées développées par Thierry Baccino.

La lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive
Baccino, indique tout d'abord que la lecture sur écran permet d'enrichir l'information au moyen d'hypertextes et d'hypermédias, ce qui est un bienfait mais il faut faire attention à ne pas trop l'enrichir...

Lecture sur papier plus rapide que sur écran
Les expérimentations de Baccino lui ont permis aussi de constater que la lecture sur papier et plus rapide que la lecture sur écran. Il indique deux raisons principales à cela.
La première qui est essentiellement valable pour les écrans d'ordinateur vient de la luminosité. [...]
La deuxième raison se situe au niveau de la compréhension. [...]

Mémorisation et lecture sur écran
Un autre des gros problèmes de la lecture sur écran est la détérioration de la « mémoire spatiale du texte ». Avec un texte sur papier, il arrive parfois que l'on se souvienne de l'endroit du texte où l'on avait trouvé une information. Parfois même on ne souvient plus de l'information mais seulement de sa localisation (dans le texte ou dans le livre). [...]

ActuaLitté, 10/09/2009

 

Eric Jamet

cahiers pédagogiques

Les nouveaux médias, un plus pour la mémorisation ?
"Il est tentant de penser qu’une présentation multimédias de documents favorise l’apprentissage. Or, cela n’est vrai que sous certaines conditions, comme le montre ce texte qui reprend diverses études sur le sujet."

"Les présentations multimédias favorisent-elles l'apprentissage ? Pas si sûr, de nombreuses études ont montré, on s'en doute, qu'un texte linéaire était plus abordable qu'un texte hypertexte, qui facilite la possibilité de se perdre. Les documents multimédias sont souvent moins bien mémorisés que ceux que l'on lit, car la vitesse de lecture s'adapte à la compréhension. Par contre l'apport des illustrations semble indéniable : en répétant l'information du texte sous une autre forme, elles aident à la mémorisation, dommage qu'elles soient peu utilisées comme support de compréhension, car elles ont aussi besoin d'être décodées. La mise en forme de l'attention (guidages, fléchages...) la conforte. En terme d'apprentissage, les animations multimédias ne sont pas plus efficaces qu'une image fixe, alors qu'elles sont plus complexes à réaliser, sauf si là encore elles facilitent le guidage."

"Ces études illustrent l’impossibilité qu’il y aurait à conclure à une quelconque supériorité des documents électroniques sur leurs homologues imprimés. L’idée défendue ici est que c’est une meilleure connaissance des nouvelles opportunités offertes par ces nouveaux médias, mais aussi une évaluation plus systématique des nouvelles difficultés qu’ils entraînent, qui permettra non seulement de concevoir les documents pédagogiques plus efficaces, de mieux les utiliser dans les classes, mais aussi de mieux enseigner leur usage aux élèves."

Les Cahiers pédagogiques, n°474, juin 2009, Dossier "Aider à mémoriser"

Agence des usages des TICE

agence des usages tice

La charge cognitive et l'apprentissage multimédia
"La charge cognitive est l'effort mental déployé par une personne pour apprendre. Quand cet effort est trop fort (surcharge) ou trop faible ("sous-charge"), les performances d'apprentissage des élèves diminuent. Mais il existe des manières de maîtriser la charge cognitive et trouver le juste milieu qui permet aux élèves d'apprendre de façon efficace. Tel est du moins l'objectif visé par les chercheurs qui travaillent sur la théorie de la charge cognitive. Cet article présente les concepts et quelques résultats de leurs recherches."

Agence des usages des TICE, 22/01/2008

Roland Jouvent

télérama

"Plus que tout autre organe, le cerveau est conçu pour évoluer en fonction de l'expérience - une fonctionnalité appelée la neuroplasticité"
C'est ce que "rappelle Roland Jouvent, qui dirige le Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière, et qui vient de publier Le Cerveau magicien. De même qu'il s'est adapté à l'arrivée de la radio, du cinéma, de la télévision, il se modifie sous l'effet de nos pratiques de lecture en ligne. On sait généralement que les capacités d'apprentissage sont spectaculaires chez l'enfant, mais elles peuvent l'être tout autant chez l'adulte. [...]
Les sollicitations par le biais du Web - une information par e-mail ici, une vidéo sur YouTube là, un twitt ailleurs -  nous permettent de cliquer toute la journée à la poursuite  des meilleures récompenses ..."

Internet rend-il bête ? Télérama, 22/07/2009

Débat sur le site de Télérama

Notre façon de lire et même de penser a-t-elle changé avec le développement du Web ?
"Un passionnant débat réalisé en collaboration avec le Centre de formation des journalistes (CFJ), à Paris. Notre concentration est-elle la même devant un écran et devant un livre ? Une information piochée sur le Net est-elle mémorisée de la même manière qu'une info lue dans un journal ? Certains craignent l'avènement d'une pensée zapping, d'autres sont plus optimistes."

Ecouter sur le site de Télérama quelques extraits de ce débat, puis l'intégralité de l'échange
Télérama, 23/07/2009

André Tricot

 Le numérique décrypté par André Tricot

"André Tricot est enseignant-chercheur en psychologie et spécialiste des apprentissages via le numérique. Lors d’une conférence donnée en mars 2011 au CDDP de la Gironde sur la lecture numérique, il revient sur les conclusions de l’enquête de Nicole Boubée sur le développement des compétences documentaires."

L'école numérique, n°10, décembre 2011

La lecture à l’écran et le corps pensant

Etude non publiée relayée par Hubert Guillaud

«Ainsi, ce que démontre cette étude, c'est que nous sommes un peu plus perdus dans l'espace du livre électronique que dans celui du livre papier. Notre approche du volume, de l'épaisseur, des séquences mêmes de l'histoire est perturbée par l'absence des indices spatio-temporels que nous recevions du toucher, de la kinesthésie du livre papier... »

ENSSIB, le 15/09/2014

Points de vue de chercheurs dans d'autres pays

Les écrans et la lecture en profondeur : le cerveau s'adapte

Les difficultés à se concentrer quand on n'a pas de liens hypertexte

«L'hyperlien, le message de 140 caractères, la lecture zapping : autant de nouveaux modes de consultation de textes qui modifieraient notre capacité à comprendre les choses en profondeur. Michael S. Rosenwald, dans le Washington Post enquête sur un phénomène qualifié de « problème d'engagement ». En effet, selon lui, une inquiétude grandit dans l'esprit du lecteur dès lors que le message doit lui prendre plus de quelques minutes pour être intégré.»

ActuaLitté, le 09/04/2014

 

Dyslexie : les tablettes peuvent aider les enfants à apprendre à lire

Les chercheurs américains ont découvert que les enfants dyslexiques ont moins de difficulté à lire sur l’écran des tablettes numériques.

«Le Dr Matthew Schneps, du Centre des sciences de l’éducation de l’Université de Harvard a suivi un groupe d’une centaine d’élèves et leur a demandé de lire des phrases courtes écrites sur un cahier, puis d’autres phrases courtes sur l’écran d’une tablette. Il s’est rendu compte que les enfants qui souffraient de dyslexie avaient beaucoup de moins de difficulté avec la lecture lorsque les phrases étaient présentées sur une tablette. »

TopSante.com, le 20/09/2013

 

Association américaine de pédiatrie

Ne pas mettre les enfants de moins de 2ans devant les écrans
L'association américaine de pédiatrie (AAP) recommande de ne pas soumettre les enfants de moins de deux ans devant les écrans car «les réseaux neuronaux impliqués dans nos aptitudes mentales s'organisent pendant les deux premières années de vie et sont fortement influencés par les expériences vécues »  et pour les enfants de plus de deux ans de « limiter la télévision à une ou deux heures par jour ».

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

 

Vandewater Elisabeth et co

Impact de la télévision sur l'apprentissage de la lecture
Une étude de Vandewater Elisabeth et co de 2005 montre que les enfants de 0 à 6 ans chez qui la télé est toujours allumée ont près de 3 fois plus de risques de ne pas savoir lire à la sortie du cours préparatoire car ils ont des difficultés à se concentrer, alors que la concentration est essentielle dans l'apprentissage de la lecture.

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Judy Loache et co

Vidéos et langage
Concernant le langage, les travaux de Judy Loache et co, 2010 montrent que « les enfants [ de 12 à 18 mois ] exposés pendant 4 semaines de manière intensive à une vidéo conçue pour leur apprendre - de façon non interactive - des mots relatifs à la maison et au jardin, n'apprennent pas plus de nouveaux mots que ceux qui ne sont exposés à aucune vidéo »

Les effets des écrans sur le cerveau des plus jeunes, Science et vie, n° 1149, juin 2013.

 

Université de Leicester

Apprend-on mieux sur un support papier ou sur un écran ?

 «Une recherche britannique (Kate Garland, université de Leicester) a montré que si l’on donne les mêmes documents à des étudiants sur écran ou sur papier, la mémorisation est la même. Or, dans la même étude, on remarque également que si les étudiants ne connaissent rien au sujet, alors l’écran est un support un peu moins bon. Lorsque l’on apprend sur papier, nous nous souviendrions aussi, visuellement, de l’objet qui sert de support, la page, le livre ou encore le classeur, ce qui favoriserait la mémorisation.»

Futura Sciences, le 21/03/2013

Espagne

Socrate 2.0
Du cerveau analogique au cerveau numérique
"Fin connaisseur de l’histoire du livre et de l’édition, le sociologue espagnol Joaquín Rodríguez dresse dans son dernier ouvrage un parallèle entre l’inquiétude du philosophe grec et celles d’un père confronté à l’obsession de son fils pour le monde du Web et du tchat."

Books en présente un extrait.
"Mais, tels des Socrate dans le cyberespace, nous n’avons pas le recul suffisant pour comprendre parfaitement l’évolution en cours. Le grand philosophe n’a su ou pu comprendre la supériorité de l’écrit sur l’oral ni, moins encore, anticiper les considérables changements cognitifs que l’invention de l’alphabet grec allait apporter  ; nous n’avons que des questions qui expriment nos soupçons et nos spéculations. Il est plus que possible, par exemple, que nos cerveaux soient en train de connaître très exactement une transformation aussi considérable que celle qu’ils ont connue dans l’Antiquité ; nos pauvres cerveaux analogiques sont peut-être en train de se convertir en cerveaux numériques, bien qu’aucun neurolinguiste ne s’aventure à nous dire ce que nous gagnons et perdons au change. Pis encore, nous savons que nos cerveaux sont des organes dont la configuration actuelle tient notamment à ce qu’ils apprirent à se transformer, en l’absence de détermination génétique, pour être capables de lire. Nos capacités cognitives actuelles les plus fines – la prévision, la planification, la déduction, l’abstraction, la pondération et la formation du jugement – sont donc nées dans une large mesure du développement historique de cerveaux lecteurs, et de l’accumulation de procédés et de traditions liés à la pratique de la lecture (la concentration, la méditation, le développement d’une argumentation)..."

Books, n° 7 - Juillet-Août 2009

Voir tout l'extrait en ligne

Tufts University

Le calme est bon pour l’esprit
Hubert Guillaud
"Dans Proust and the Squid (Proust et le Calmar, en référence à la façon dont ces animaux développent leurs réseaux de neurones), qu’elle a écrit en 2007, elle explique comment l’espèce humaine a appris à lire et comment la lecture transforme nos fonctions cérébrales de l’enfance à l’âge adulte. “L’acte de lecture n’est pas naturel”, rappelle-t-elle : elle a eu une influence sur l’évolution de nos circuits neuronaux et certaines zones du cerveau se sont spécialisées dans la reconnaissance de caractères et dans la lecture. La lecture est une invention culturelle acquise récemment. “L’efficacité que nous avons développée grâce à la lecture nous a permis d’avoir plus de temps pour réfléchir”, explique-t-elle, en observant, via l’imagerie cérébrale, comment les enfants apprennent à maîtriser de mieux en mieux la lecture. Wolf se réfère à Proust dans Sur la lecture (.pdf) (où Proust définit la lecture comme l’intervention, qui, tout en venant d’un autre, se produit au fond de nous-mêmes, c’est-à-dire l’impulsion d’un autre esprit sur notre solitude) : la lecture nous rend plus intelligents car elle laisse notre cerveau seul avec lui-même, le laissant penser sans être dérangé, contrairement à ce qui arrive lors d’une conversation par exemple. [...] Nonobstant, Maryanne Wolf se montre plutôt inquiète pour l’avenir de la lecture. Selon elle, avec le web, son instantanéité et sa surcharge informationnelle, la façon dont nous lisons change profondément : à l’écran, nous ne lisons pas, nous écrémons !"

Le papier contre l'électronique : lequel nous rend le plus intelligent  ? Internet Actu, 10/02/2009

Université technologique de Louisiane

agence des usages tice

Lire et comprendre sur écran : faut-il limiter le temps de lecture ?
Géraldine Charles-Dominique

"La lecture sur écran deviendra de plus en plus courante avec les environnements numériques d'apprentissage...
Jeffrey Walczyk et ses collaborateurs de l’université technologique de Louisiane ont mené une étude sur les effets de la limitation du temps de lecture afin de savoir quelles conditions sont les plus intéressantes sur le plan pédagogique pour améliorer la compréhension du texte. Cette étude concerne notamment les élèves de lycée et de collège, mais elle peut servir à la réflexion des enseignants à tous les niveaux."...
"L’article montre que la gestion du temps de lecture par l’enseignant entraîne de meilleurs résultats de compréhension, mais seulement si la contrainte n’est pas trop forte."

Agence des usages des TICE, 03/03/2009

Université de Californie

internet actu

Le papier contre l’électronique : Lequel nous rend plus intelligent ?
Hubert Guillaud
"Selon des neuroscientifiques de l’université de Californie, la stimulation cérébrale générée par la consultation de l’internet est plus forte que celle générée par la lecture traditionnelle. […] Il est évident que l’internet nécessite de prendre sans arrêt des décisions, ce qui n’est pas le cas d’une lecture classique qui ne nécessite pas de choix constants ou complexes. Le fait que la lecture sur le net soit plus stimulante pour le cerveau (parce qu’elle mobilise de la concentration pour activer les liens et nécessite une interaction active) est finalement assez logique. Peut-être que cela favorise également la mémorisation, puisqu’on sait que celle-ci réussit mieux quand le récepteur est actif plutôt que passif… Mais rien ne dit que cette cette surstimulation facilite la compréhension ou l’assimilation des informations qu’on y parcourt. Ou qu’elle favorise la dimension associative censée nous amener à de nouveaux niveaux de conscience.
Par sa “complexité”, son hypertextualité qui nécessite de faire des choix constants, la lecture sur l’internet stimule plus certaines zones de notre cerveau que l’austère page blanche d’un livre. Ca ne tranche pas le débat, mais ça le scinde un peu plus en deux : entre ceux qui y voient un danger qui risque de transformer la manière dont notre cerveau raisonne et assimile l’information et ceux qui y voient une preuve de la supériorité du net, qui ouvre de nouvelles perspectives dans ses façons d’impliquer le lecteur dans la lecture...
En attendant, on conclura sur le constat que les deux supports stimulent différemment notre intelligence, certainement aussi parce que nos chercheurs ont encore bien du mal à définir ce qu’est l’intelligence ou plutôt ce que sont les différentes formes d’intelligences."

Internet actu, 10/02/2009

Dossiers

Science & Vie - La lecture change, nos cerveaux aussi

 science et vie (septembre 2009)

La lecture change, nos cerveaux aussi : e-book, Internet, smartphone...
Dossier / Philippe Testart-Vaillant et Kheira Bettayeb
"Depuis plus de cinq cents ans, nous avons développé des capacités cognitives adaptées à l’écrit sur papier. Or, le texte prolifère aujourd’hui sur toutes sortes de supports électroniques : e-books, smartphones, ordinateurs… entraînant une révolution de notre rapport à la lecture. Et une modification de notre cortex... Si l’écran électronique peut se flatter d’apporter un plus cognitif, c’est bien grâce à ces liens qui permettent de naviguer librement d’une page à l’autre au cours de la lecture, via un simple clic sur certains mots ou certaines images. [Mais] les experts après avoir porté l’hypertexte aux nues et vu en lui la panacée en matière d’apprentissage, ont dû en rabattre."

La vitesse de lecture baisse de 25%
"La lecture est un processus très gourmand en capacités cognitives. Elle mobilise successivement pour le seul décodage des mots plus de 6 zones cérébrales. Si le cerveau doit en plus solliciter des zones de reconnaissance de forme, de position, de vitesse ou de couleurs, il se retrouvera rapidement en surcharge. De fait, face à un contenu multimédia, la vitesse de lecture chute de 25%."

Il y a une perte des repères spatiaux
"un texte imprimé sur papier est par définition stable, fixe. A l’inverse, un document électronique, dynamique, peut se déplacer à volonté sur l’écran. Or, une phase essentielle de la lecture consiste à mémoriser les coordonnées spatiales (la position) des mots importants dans le texte…"

Les hypertextes feraient perdre jusqu’à 30% de la force de travail
Thierry Baccino considère que le stress déclenché par des hypertextes offrant un très grand nombre de pages à visiter fait perdre jusqu’à 30% de la force de travail."

La lecture d’hypertextes est facilitée si le sujet se voit contraint de lire d’abord le document de manière linéaire
Dorothée Fillet (une doctorante d’Eric Jamet) a mené récemment une expérience "sur un module de cours en ligne, montre que la lecture d’hypertextes est facilitée si le sujet se voit contraint de lire d’abord le document de manière linéaire, conformément à l’enchaînement conceptuel voulu par l’auteur, avant d’être autorisé à fureter comme bon lui semble."

Retrouvez ce dossier accompagné de vidéos, de textes lus d'une expérience exclusive, signalés par un pictogramme.
  Science et Vie, n°1104, septembre 2009, p. 42-57

Internet Actu - Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?

internet actu

Hubet Guillaud

« Comment l’internet transforme-t-il la façon dont vous pensez ? », telle était la grande question annuelle posée par la revue The Edge à quelque 170 experts, scientifiques, artistes et penseurs. Difficile d’en faire une synthèse, tant les contributions sont multiples et variées et souvent passionnantes. Que les répondants soient fans ou critiques de la révolution des technologies de l’information, en tout cas, il est clair qu’internet ne laisse personne indifférent. »

Quelques extraits

1. Un réseau d’humains et de machines enchevêtrées

L’internet change la façon dont nous décidons
Pour le physicien Daniel Hillis, le réel impact de l’internet a été de changer la façon dont nous prenons des décisions... Pour Marissa Mayer de Google, « l’internet n’a pas changé ce que l’on sait, mais ce que l’on peut trouver » ... Pour Lera Boroditsky, professeure de psychologie à l’université de Stanford, l’internet augmente notre champ réceptif, comme l’ont fait jusqu’à présent tous les outils humains. De nombreuses recherches ont montré que l’homme s’adapte de manière spectaculaire à la façon dont il utilise le monde...

L’internet nous empêche de le comprendre
Pour Neri Oxman, architecte et chercheuse au MIT, fondatrice du laboratoire de Materialecology (blog)  « l’instanciation de l’internet inhibe la nature cognitive de la pensée créative et réfléchie.» En nous empêchant de prendre du recul sur lui-même par son instanciation constante, l’internet nous empêche de le comprendre...

Pour le comprendre, il nous faut inventer une nouvelle science
[Pour Paul Saffo, prospectiviste] l’explosion de l’impression a développé une nouvelle discipline du savoir : celle de l’organisation de la connaissance. De la même manière, « il nous faut apprendre à savoir ce qui importe », explique-t-il] en en appelant au développement d’une nouvelle science...

Lire sur InternetActu, 09/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
1/5 : Un réseau d’humains et de machines enchevêtrées

2. La grande question de l'attention

L’internet nous rend-il plus attentifs ?
Pour le gourou des nouvelles technologies Kevin Kelly, l’internet nous permet de porter plus d’attention à des travaux plus complexes, plus gros et plus compliqués qu’avant... Un avis que partage Albert-Laszlo Barabasi, le spécialiste de l’étude des réseaux..., qui n’aurait pas pu travailler sans l’internet...Un avis que ne partage pas le philosophe Daniel Dennett, professeur au Centre d’études cognitives de la Tufts University...

L’attention est l’alphabétisme du XXIe siècle
[Pour Nicolas Carr] qui s’apprête à publier un livre sur l’attention... « Sachant que la profondeur de notre pensée est directement liée à l’intensité de notre attention, il est difficile de ne pas conclure que, à mesure que nous nous adaptons à l’environnement intellectuel du Net, notre pensée devient moins profonde. ». [Sa propre expérience le porte] à croire que « ce que nous risquons de perdre sera au moins aussi grand que ce que nous avons à gagner »...

La technologie ne suffit pas : il faut améliorer les savoirs et les savoir-faire
Pour Rheingold, la capacité à se concentrer, à prêter attention, est devenue un apprentissage fondamental à acquérir pour utiliser ces outils.

L'internet affecte jusqu’à notre Moi
Pour le philosophe Thomas Metzinger du département de philosophie de l’université de Mainz, « l’Internet reconfigure mon cerveau. Il ne change pas seulement la manière dont je pense. L’influence est bien plus profonde. Elle pénètre déjà mes rêves. » ...

 Lire sur InternetActu, 10/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
2/5 : La grande question de l'attention

3. En modifiant notre rapport au réel

L’internet change la façon dont on vit l’expérience
Pour les artistes Eric Fischl et April Gornik, l’internet a changé la façon dont ils posent leur regard sur le monde.

Le pouvoir de la conversation
Pour la philosophe Gloria Origgi, chercheuse à l’Institut Nicod à Paris : l’internet révèle le pouvoir de la conversation, à l’image de ces innombrables échanges par mails qui ont envahi nos existences... Pour Yochaï Benkler, professeur à Harvard et auteur de la Puissance des réseaux... l’internet, en nous connectant plus facilement à plus de personnes, permet d’accéder à de nouveaux niveaux de proximité ou d’éloignement selon des critères géographiques, sociaux, organisationnels ou institutionnels...

Mondialisation intellectuelle
Pour le neuroscientifique français, Stanislas Dehaene, auteur des Neurones de la lecture, l’internet est en train de révolutionner notre accès au savoir et plus encore notre notion du temps... Pour Barry C. Smith, directeur de l’Institut de l’école de philosophie de l’université de Londres, internet est ambivalent. « Le privé est désormais public, le local global, l’information est devenue un divertissement, les consommateurs des producteurs, tout le monde est devenu expert »…

 Lire sur InternetActu, 11/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
3/5 : En modifiant notre rapport au réel

4. L'Internet n'a t-il rien changé ?

Internet n’a rien changé !
Pour Ian Wilmut, directeur du Centre de médecine regénérative de l’université d’Edinburgh et auteur de Après Dolly : « l’usage d’internet n’a pas changé la façon dont je pense, mais il m’a permis d’accéder facilement et immédiatement à une extraordinaire diversité d’idées et d’information. » Reste que ce n’est qu’une extension de l’information telle qu’on la trouvait déjà sur les premières tablettes d’argiles, estime le biologiste... Pour Nicholas A. Christaki, médecin et spécialiste en sciences sociales, professeur de l’université d’Harvard...  les nouvelles techniques d’augmentation cognitives, matérielles ou logicielles, internes ou externes à notre corps, ne changent pas plus notre esprit que les techniques plus anciennes.

L'Internet peut tout changer
... L’internet est devenu un usage majoritaire dans le monde développé depuis moins d’une décennie, mais nous pouvons déjà en saisir quelques avantages caractéristiques (il a considérablement amélioré l’accès à l’information, a permis la collaboration à très grande échelle…) et autant d’inconvénients (distractions constantes…)...

Lire sur InternetActu, 12/02/2010 : Comment l’internet transforme-t-il la façon dont on pense ?
4/5 : L'Internet n'a-t-il rien changé ?

5. Et vous ?

A l’occasion des 10 ans de la Fing, Internet Actu invite les internautes à contribuer au débat  « sur ce que l’internet a transformé (ou pas), profondément, dans vos pratiques et dans vos manières de penser et d’agir. Si vous regrettez ce qu’il a changé. S’il a tout transformé, ou si au fond vous vous demandez bien ce qu’il vous a apporté...».

5.5 Et vous ?

3. Aspects pédagogiques

Point de vue de l'Inspection générale

Catherine Becchetti-Bizot

Textes et TICE

Tout devrait conduire le professeur de lettres à enseigner sur les TIC
"Rien n’oblige a priori le professeur de lettres à enseigner avec les TIC [...] Tout, en revanche, devrait conduire ce dernier à enseigner sur les TIC – c’est-à-dire à avoir une démarche qui intègre une véritable réflexion sur ce que ces nouveaux supports procurent, induisent et modifient dans notre approche des textes et de la littérature. Le professeur de français ne peut pas faire l’économie de cette réflexion, non pas simplement parce qu’elle est dans l’air du temps, mais parce qu’elle est partie intégrante de sa discipline : comprendre (et faire comprendre à l’élève) que lire, écrire, parler, s’informer ou communiquer sont des actes conditionnés par les supports et les techniques qui les sous-tendent, qu’un texte ne peut faire sens que parce qu’il est inscrit dans un cadre et sur un certain type de support, parce qu’il est produit (et perçu) sous une forme et dans une situation qui le configurent, qui en déterminent les codes et les modes de réception… Ne sommes-nous pas ici au coeur de la formation littéraire, qu’elle soit entendue comme maîtrise de la langue, formation de la pensée ou formation du citoyen – pour reprendre la terminologie des textes officiels ?..."

Donner à voir le cheminement d’une pensée, d’un raisonnement
"Il ne s’agit pas d’un écran passif comme celui de la télévision, délivrant une information linéaire et univoque, mais d’une surface qui est un lieu d’où l’on peut, par sa propre action-intervention, faire émerger des signes, des informations que l’on va chercher et organiser selon des procédures codifiées et socialisées pour leur donner du sens, les éditer et les transmettre. Donner à voir le cheminement d’une pensée, d’un raisonnement, c’est ce que permet avant tout l’inscription/apparition progressive sur l’écran : on n’est plus dans la situation de lire un texte qui se donne comme ouvrage achevé, œuvre close, mais toujours dans celle de produire un texte à venir, ensemble et individuellement, de le faire évoluer, circuler, renaître, d’en négocier la forme et les significations – c’est bien de cela qu’il s’agit, oui, d’un texte dont on fait commerce, qu’on le produise ou qu’on le lise, et qu’il est toujours possible de réévaluer."

Les Dossiers de l'ingénierie éducative, n° 61, mars 2008, PDF, 6-8

Exemples d'usages

La tablette, une solution pédagogique pour le milieu scolaire

"La Belgique expérimente, expérimente....."

"A l'occasion de la rentrée scolaire, le numérique est une nouvelle fois au cœur de l'actualité. Plus précisément, ce sont vers les tablettes que se portent les espoirs de ceux qui veulent contribuer à la réforme de l'école. Ainsi, de chaque côté de la frontière linguistique, cet outil est prôné pour répondre aux défis considérables engendrés par les nouvelles technologies."

ActuaLitté, 08/09/2012

 

Les métamorphoses du livre et de la lecture à l'heure du numérique : séminaire national de lettres

Un séminaire national de lettres "Les métamorphoses du livre et de la lecture à l'heure du numérique"  s'est déroulé les 22, 23 et 24 novembre 2010 à la BnF. Le thème de ce séminaire annuel a permis d’aborder les évolutions du livre et de la lecture à travers quatre grandes entrées pour cette année :
- les transformations de l’écrit et de la lecture à travers l’histoire de leurs supports ;
-le livre dans ses composantes et sa matérialité comme objet, porteur de sens (arts et métiers du livre) ;
- les formes et les pratiques de la lecture (lectures scolaires, lectures savantes, lectures publiques et bibliothèques, aujourd’hui, demain) ;
- le renouveau du livre, à l’heure du numérique.

Consultez :
Les actes vidéo du séminaire accessibles depuis Eduscol
Le dossier Lettres et TICE, L’École numérique, n°5, octobre 2010.

Téléchargez :
La brochure  Enseigner les lettres avec le numérique, 70 p. , réalisée dans le cadre du séminaire.

Une bibliographie - sitographie est disponible sur éduscol, couvrant les thématiques qui ont été abordées durant ce séminaire et celles qui, dans leur prolongement, pourront faire l'objet de séminaires dans les prochaines années.

 

Sur éduscol

Utiliser les hypertextes

Vous trouverez
- une définition de l'hypertexte
- une analyse de son utilisation pédagogique en classe par les enseignants et dans les productions d'élèves.

Parmi les exemples d'usages pédagogiques
- Annoter un texte
"Certains professeurs ont utilisé l'hypertexte pour lier des notes explicatives à un texte, mettre en valeur certains axes d'étude, rendre plus accessible leur interprétation..."
- Pour lire... ou ne pas lire
"D'autres professeurs construisent avec et pour leurs élèves des hypertextes destinés à leur faire découvrir un auteur et des extraits de son œuvre, un courant littéraire ou artistique, ou à leur suggérer des pistes de lecture.."

Site Lettres éduscol, [consulté le 09/07/2014]

 

 

Dans les académies

eb-pm-lettres

A partir d'ÉDU'base Lettres

"Animés au niveau national par les experts d'éduscol, les réseaux disciplinaires académiques mettent à la disposition de tous des documents, des contributions d'enseignants, des séquences pédagogiques, des idées de démarches, etc. On y accède par une requête précise sur les banques de données de pratiques mutualisées appelées ÉDU'base.
Il est possible d’effectuer une recherche générale mais aussi des recherches prédéfinies sur un niveau d'enseignement, sur des thèmes de programme ou encore pour des activités liées aux usages des technologies de l'information et de la communication (B2i, usages de ressources numériques ...). "

ÉDU'base Lettres

Quelques scénarios pédagogiques

Sixième
Ecrire un récit interactif (ou récit à embranchements multiples)

Troisième
Utilisation du logiciel logotype : appropriation des connaissance

Seconde
Entraînement la lecture analytique d'un texte sur écran

Seconde -  Première - Terminale
Édition numérique des Fêtes galantes (Verlaine), avec documents complémentaires et pistes d'exploitation pédagogique
Édition en ligne du Micromégas, avec notes, documents complémentaires et parcours de lecture

Première
Lecture analytique d'un texte poétique au moyen d'une carte heuristique
Lecture de la poésie moderne : Saint-John Perse : Eloges, Images à Crusoé
Lire un recueil de poésie moderne : Francis Ponge, Le parti pris des choses

Projet i-Voix

 i-voix-logo

                i comme iroise  voix comme résonnances
 i comme Italie  voix comme choeur de lycéens
 i comme eTwining  voix comme voix d'aujourd'hui

 

Présentation du blog  (lycée de l'Iroise à Brest)
Le blog i-voix est un atelier d'écriture autour des différents objets d'étude au programme du français en Première L. 
Il réunit divers types d'articles : mouvement littéraire, argumentation, poésie, réécritures (l'Oulipo), théâtre, autobiographie, roman.
Des lycéens français et italiens participent à ce projet dans le cadre d'eTwinning.
http://i-voix.over-blog.com/

Point de vue d'un professeur de lettres
Jean-Michel Le Baut, enseignant au lycée de l'Iroise à Brest
"Cet exemple d'utilisation des TICE en français me semble correspondre à cette interrogation fondamentale : comment faire lire (et aimer...) la littérature aux "Digital Natives". Le projet i-voix illustre combien l'enseignement de la littérature a tout à gagner à exploiter les compétences et les désirs des adolescents élevés dans le numérique : ceux-ci sont en particulier d'emblée dans la culture de l'échange (le projet eTwinning est ici un moteur) et leur intelligence est nourrie des modes opératoires de l'ordinateur (faire des liens, sélectionner, couper, copier, coller, remplacer, insérer une image… sont autant d’opérations dont ils sont usagers, friands même, et qui sont susceptibles de favoriser des démarches de lectures nouvelles, de développer culture, sensibilité et créativité)."

Objectifs du projet

- par l'écriture, favoriser la lecture : les articles publiés par les élèves sur ce blog, qu'il s'agisse de simples relevés, de propositions de commentaires, de recherches d'intertextualité ou de jeux poétiques, permettent de rendre la lecture active, de diversifier les modes d'appropriation d'un texte, de goûter des oeuvres littéraires exigeantes...

- par la lecture et les échanges avec les autres, favoriser l'écriture : imprégné de textes écrits par des auteurs variés, conscient que le texte que l'on écrit sera lu par des lecteurs nombreux, chacun soigne son expression et exerce sa maîtrise de la langue, enrichit son imaginaire, développe sa créativité et ses compétences argumentatives, goûte au plaisir d'écrire (sur/avec/contre, tout contre)...

- par l'utilisation des nouvelles technologies, par l'instrumentalisation d'un expace bien investi par les adolescents (les blogs), par la rencontre de textes et d'auteurs contemporains, rendre présente la littérature en général, rendre vivante en particulier la poésie, genre jugé par beaucoup archaïque ou hermétique...

- par la pratique régulière, aider à mieux utiliser les TICE, à en faire un instrument de recherche, d'expression, de création, de poésie même...

- par la communication avec les élèves d'un autre pays européen, aider chacun à s'enrichir de la culture et de l'humanité de l'autre...

4. Aspects socio-culturels

Pratiques culturelles

Études

Lecture numérique : l'étude qui tord le cou aux idées reçues

«La dernière étude de Pew Research montre que la lecture sur écran progresse, tout comme la lecture papier, mais aussi que les ventes de tablettes ne freinent pas les ventes de liseuses. De quoi remettre en question certaines idées préconçues.»

Ainsi :

  • La lecture progresse, sur écran comme sur papier;
  • Des enfants à l'aise avec l'ebook, mais toujours attachés au papier;
  • Les tablettes et smartphones ne tuent pas les liseuses.

Cnet, le 21/01/2014

 Les jeunes passent 24 fois plus de temps devant un écran qu'avec un livre

«Selon une étude de l'Insee sur les loi­sirs, les 15–24 ans passent chaque jour plus de 3 heures et demi devant la télé­vi­sion ou l'ordinateur, et moins de 10 minutes avec un livre.»

Vousnousils.fr, 10/11/2011

Quels usages ?

Quels écrans pour quelles activités pratiques ? ( Téléchargement de l'intégralité du communiqué PDF 2 p.)

«Les sites et applications d’activités pratiques * fleurissent sur la toile. Aujourd’hui, consulter sur Internet ses comptes bancaires ou la météo, chercher des informations sur le trafic routier ou un itinéraire devient une pratique courante. Selon l’étude Web Observatoire de Médiamétrie, au 2ème trimestre 2013, plus de 9 internautes sur 10 (94%) ont réalisé au moins une de ces activités au cours du dernier mois depuis leur ordinateur, leur téléphone mobile ou encore leur tablette.(…)»

LaList, 06/09/2013
 

 

Des espaces pour le public

Le Labo BnF

labo bnf

Le Labo BnF se décline sur plusieurs dispositifs :
      -  l’espace permanent, (hall Est de la BnF)
      -  l’Internet,
      -  des conférences et des ateliers.

La réflexion et les échanges que l’espace permanent souhaite initier se prolongent sur le web.
      -  un site http://labo.bnf.fr
      -  un blog http://labobnf.blogspot.com
      -  un fil Twitter http://twitter.com/LaboBnF

« L’Internet permet de faire du Labo BnF un laboratoire permanent, bénéficiant en temps réel des informations et du retour d’expérience des acteurs de la chaîne de la connaissance. Il permet de profiter d’autres expérimentations déployées dans le monde. Il informe sur les nouveautés que le public peut venir voir sur place ou lors de conférences et d’ateliers. »

 Les animations

« La rupture que provoque le papier électronique constitue le point de départ de la réflexion. Les pôles d’animation abordent les problématiques des pratiques d’écriture, de lecture et de contribution que permettent désormais les nouveaux supports. Les animations ont vocation à présenter des prototypes élaborés par les laboratoires de recherche et développement, et à évoluer en fonction de l’émergence de nouvelles technologies et de nouveaux usages. Pour chacun de ces pôles, la signalétique est assurée par des écrans à base de papier électronique (format A7) qui diffusent les informations pratiques relatives à chaque animation. »

Mur de sélection
« Un grand écran permet au visiteur de sélectionner, consulter et extraire des contenus de façon tactile. Avec son système d’extraction et de distribution de contenus vers les postes de consultation, il préfigure les ressources de la bibliothèque de demain. »

Réalité augmentée
« La réalité augmentée envahit notre quotidien. La caméra du téléphone mobile complète la vue d’une rue par des explications sur les monuments ou la direction de la station de métro la plus proche, un simple marqueur présenté à une caméra fait surgir une construction comme le faisaient les livres en carton d’antan... Dans ce pôle d’animation, un poste à caméra et haut-parleur spatial intégrés à un écran plat permet au visiteur d’appréhender de nouveaux modes de consultation de fonds spécifiques (de type architecture, costumes, etc.) via les applications de réalité augmentée. »

Cognitif et bibliothèque
« Les sciences cognitives peuvent apporter différents niveaux d’assistance : recherches complexes, interprétation dans des langues ou contextes différents, situations imprévues, comme par exemple un livre qui a changé de nom dans sa référence. Ce dispositif, placé au coeur du Labo, est constitué d’un robot de petite taille conçu par l’Institut de Systèmes Intelligents et de Robotique (UPMC) qui permet d’appréhender les problématiques cognitives. Ce robot a vocation à interpréter des directives vocales et, à terme, gestuelles. »

Lectures numériques
« Huit assises intégrant chacune une tablette de lecture invitent le visiteur à consulter des contenus de différents ouvrages, issus des collections numérisées de la BnF. »

Porte vers la connaissance
« L’encre électronique approche au plus près les médias traditionnels, attirant les écrivains et les artistes. Communicante, elle permet une mise à jour et une contribution en temps réel, à distance. De haute résolution, elle procure des usages uniques pour la communication : typographies, illustrations, cartes, schémas. Ecologique, elle ne consomme que lors d’un changement d’état. Les dispositifs intègrent des encres, substrats et composants électroniques adaptés aux contenus et à leurs traitements, enrichis d’audio, d’animation, de vidéo. Une feuille de papier électronique flexible (format A5) diffuse ainsi des contenus issus des collections numérisées de la BnF ainsi que de la presse en temps réel, des blogs ou des flux de réseaux sociaux. »

Écriture et création
« L’une des fonctions essentielles du papier électronique est l’écriture. A l’instar du support classique, il permet de marquer, surligner, dessiner, avec la précision du stylo ou du marqueur. Le visiteur peut écrire sur une feuille de papier électronique couleur (format A4) grâce à un stylet. Cet e-paper deviendra à terme un livre d’or dont les témoignages seront relayés sur Internet. »

État de l’art
Dans quelque temps, la feuille flexible (à base d’encre électronique) sera la porte d’entrée universelle vers la connaissance, avec des interfaces et des capteurs rendant l’utilisation totalement intuitive. Le livre du futur prendra en compte l’ensemble des médias : une vitrine fermée présente des dispositifs de type console de poche, netbook, tablette, etc. diffusant des contenus spécifiques propres à chaque technologie. »

Développement durable
« Bon nombre d’applications de l’informatique ne nécessitent que très peu de la puissance des ordinateurs et des écrans. Pour diffuser un message qui change peu, l’électronique classique demande une alimentation continue. L’encre électronique consomme si peu que de simples cellules photovoltaïques suffisent, et l’affichage tient sans électricité. Dans cette animation, l’éclairage est actionné par les visiteurs et permet de prendre la mesure du peu d’énergie nécessaire à la mise à jour d’une feuille de papier électronique. »

Livre enrichi
« La tablette tactile inaugure l’ère du post-livre et du post-ordinateur. De nouvelles créations, plurimédia, interactives, réagissant à des capteurs différents (distance, orientation, température, accéléromètre, présence, difficulté de lecture, d’écriture…) vont bientôt faire partie du paysage courant. Ainsi, l’accès aux collections, leur diffusion, la contribution des lecteurs, l’assistance à la recherche seront facilités par ces nouvelles interfaces. »

Nouvel affichage
« Un panneau d’affichage à base de papier électronique (format A3 couleur) diffuse des planches de gravure, des journaux…»

5. Critique d'Internet et des nouveaux médias

Nicholas Carr : un article célèbre... et un livre

Is Google making us Stupid ?

Est-ce que Google nous rend idiot ?

«Il nous a semblé important de vous proposer à la lecture Is Google Making Us Stupid ?, l’article de Nicolas Carr, publié en juin 2008 dans la revue The Atlantic, et dont la traduction, réalisée par Penguin, Olivier et Don Rico, a été postée sur le FramaBlog en décembre. Dans cet article, Nicolas Carr, l’auteur de Big Switch et de Does IT matter ?, que l’on qualifie de Cassandre des nouvelles technologies, parce qu’il a souvent contribué à un discours critique sur leur impact, part d’un constat personnel sur l’impact qu’à l’internet sur sa capacité de concentration pour nous inviter à réfléchir à l’influence des technologies sur notre manière de penser et de percevoir le monde. Rien de moins.»

Le Monde.fr, le 18/12/2009

 

Un livre : The Shallows

the sallows

 

 

 

  


Présentation du livre de Nicolas Carr

The Shallows : What the Internet Is Doing to Our Brains

Ce livre a été traduit en français sous le titre Internet rend-il bête ? Édité chez Robert Laffont.

Critique de la lecture numérique. The Shallows de Nicholas Carr

« À partir de l'analyse du livre de Nicholas Carr, The shallows, l'auteur s'interroge sur l'évolution des pratiques de lecture induites par le numérique. Celles-ci se caractérisent par une surcharge cognitive qui ne favorise pas la lecture-réflexion, construction historique et culturelle systématisée au XIIe siècle. Cette question capitale ne concerne pas seulement les « natifs du numérique », mais participe de la vie intellectuelle de tous. Cependant, il ne faut pas limiter l'analyse de la lecture sur internet à l'analyse des outils actuellement disponibles, et on peut imaginer une combinaison heureuse entre la lecture classique du livre imprimé comme lecture de référence et la lecture numérique. »

BBF 2011 - t. 56, n° 5

slate

Je lis sur le Web donc je pense autrement

Pr Michael Agger - Traduit par Peggy Sastre
« Pour comprendre comment Internet nous transforme, Nicholas Carr est un excellent guide. L'Internet, observe-t-il, "se comprend mieux en tant que dernier maillon d'une longue série d'outils ayant contribué à façonner l'esprit humain". Il est comparable à d'autres "technologies intellectuelles" qui ont façonné nos activités et notre culture.

Google et Platon

Les inquiétudes que nous avons sur l'Internet, les anciens Grecs les avaient sur cette nouvelle technologie qu'était l'écriture... Platon démontre comment la nouvelle technologie de l'écriture est supérieure parce qu'elle permet une transmission ordonnée et logique du savoir...

Comme un saumon à l'agonie

Carr en vient à l'ère d'Internet armé des dernières innovations en matière de science du cerveau... "Quand nous surfons", écrit Carr, "nous entrons dans un environnement qui pousse à la lecture en diagonale, à une pensée pressée et distraite, et à un apprentissage superficiel".

Mots-croisés

"Essayez de lire un livre tout en faisant des mots-croisés; voici l'environnement intellectuel d'Internet"...
En donc quoi, nous sommes un peu plus distraits? Peut-être que l'Internet nous aide à développer de nouveaux esprits, qui peuvent traiter et évaluer l'information en des bouffées d'attention plus brèves et directes... Ce n'est pas que nous n'apprenons rien quand nous surfons sur nos sites et nos flux d'actualité, c'est que nous ne sommes plus capables de faire les connexions minutieuses que nous faisions avant. Nous pataugeons dans des eaux peu profondes.

Consommation distraite

Le problème ne vient pas forcément d'une information en ligne qui serait d'une qualité moindre que celle des livres ou des conversations. Le problème, c'est que nous la consommons dans un état de distraction...

Fin d'un règne

Carr reconnaît tout au long de The Shallows qu'il n'est ni possible ni souhaitable de faire reculer une technologie. Comme tout le monde, il adore les flux RSS. Mais parce que Carr est quelqu'un qui a grandi dans une configuration mentale linéaire et écrite, il essaye de capter les qualités de nos "anciens cerveaux" avant qu'ils ne deviennent une rareté. »

Slate, 22/06/2010

Des dossiers qui ont suivi

Internet Actu - Le papier contre l'électronique

internet actu

Hubert Guillaud

Introduction
Nicolas Carr : “Est-ce que Google nous rend idiot ?”
traduction française de l'article de Nicholas Carr Is Google Making Us Stupid ?

Internet Actu, 23/01/2009

1ère partie
Nouveau support, nouvelle culture

"Lit-on de la même manière sur un support de papier et sur un support électronique ? Le débat commence à être ancien : on pourrait le faire remonter aux critiques de Socrate à l’encontre de l’écriture à une époque où la transmission du savoir se faisait uniquement de manière orale. Elle se pose également en terme de conflit depuis la naissance de l’hypertexte, comme l’évoquait Christian Vandendorpe dans Du Papyrus à l’hypertexte. Un peu comme si deux mondes s’affrontaient : les anciens et les modernes. Ceux pour qui le papier est un support indépassable et ceux pour qui le changement, la bascule de nos connaissances vers l’électronique, à terme, est inévitable.
Pas sûr que ce dossier parvienne à réconcilier les tenants de chacune des positions, qui, malgré de nombreuses nuances, semblent profondément séparer les raisonnements. A tout le moins, espérons que ce dossier permettra de résoudre quelques questions: La lecture sur nos ordinateurs a-t-elle les mêmes qualités que nos lectures sur papier ? Notre attention, notre concentration, notre mémorisation sont-elles transformées par le changement de support ? Sommes-nous aussi attentifs quand nous lisons sur écran que quand nous lisions sur du papier ? Les contenus s’adaptant au support, est-ce que le média, par ses caractéristiques propres, altère notre rapport à la connaissance ?"

Internet Actu, 30/01/2009

2e partie
Le papier contre l'électronique : lequel nous rend plus intelligent ?

"... il est temps de nous mettre à comprendre l’impact des différences de support. Et notamment de nous demander vraiment si l’un des deux supports est capable de nous rendre plus intelligents."
Le calme est bon pour l'esprit...
L'idiotie de nos sociétés n'est pasla faute de la technologie...
Le web : plus stimulant que le papier !

Internet Actu, 10/02/2009

3e partie
Vers de nouvelles manières de lire

"Comme le résume bien le philosophe Larry Sanger - en réponse à l’inquiétude de Nicolas Carr se plaignant d’être devenu incapable de lire des documents longs à force de parcourir des formes courtes sur le web -, si nous ne sommes plus capables de lire des livres, ce n’est pas à cause d’un déterminisme technologique, mais uniquement à cause d’un manque de volonté personnelle. La question est alors de savoir : le média a-t-il un impact sur notre capacité de concentration ?"

Internet Actu, 31/03/2009

4e partie
Qu’est-ce que lire ?

"Dans cette bataille d’arguments sur les vertus de la lecture selon les supports, un excellent papier du New York Times essaye dépassionner le débat en se référant aux derniers travaux des chercheurs sur le sujet. Pour son auteur, Motoko Rich, tout l’enjeu consiste au fond à redéfinir ce que signifie lire à l’ère du numérique."

Internet Actu, 29/04/2009

Books - Internet rend-il encore plus bête ?

Books, n° 7 - Juillet-Août 2009 ( voir le sommaire)


Numéro spécial coordonné par Olivier Postel-Vinay.
Ce numéro de Books, consacré à la mutation culturelle induite par Internet et les technologies qui l’entourent, regroupe les points de vue les plus contraires. "Au-delà de la question désormais classique : "Le Net nous rend-il bête ?", le vrai débat porte bien entendu sur le point de savoir si la culture du Net est en passe de balayer la vieille culture humaniste, fondée sur le respect de la profondeur, sur la préférence pour la réflexion solitaire, au profit d’une culture privilégiant la vitesse et le fragmentaire, mais aussi la réflexion collective. En filigrane, mais de manière obsessionnelle, c’est aussi la question de l’avenir du livre et de la lecture qui est posée…".

Socrate 2.0
Du cerveau analogique au cerveau numérique
"Fin connaisseur de l’histoire du livre et de l’édition, le sociologue espagnol Joaquín Rodríguez dresse dans son dernier ouvrage un parallèle entre l’inquiétude du philosophe grec et celles d’un père confronté à l’obsession de son fils pour le monde du Web et du tchat."

Books en présente un extrait.
"Mais, tels des Socrate dans le cyberespace, nous n’avons pas le recul suffisant pour comprendre parfaitement l’évolution en cours. Le grand philosophe n’a su ou pu comprendre la supériorité de l’écrit sur l’oral ni, moins encore, anticiper les considérables changements cognitifs que l’invention de l’alphabet grec allait apporter  ; nous n’avons que des questions qui expriment nos soupçons et nos spéculations. Il est plus que possible, par exemple, que nos cerveaux soient en train de connaître très exactement une transformation aussi considérable que celle qu’ils ont connue dans l’Antiquité ; nos pauvres cerveaux analogiques sont peut-être en train de se convertir en cerveaux numériques, bien qu’aucun neurolinguiste ne s’aventure à nous dire ce que nous gagnons et perdons au change. Pis encore, nous savons que nos cerveaux sont des organes dont la configuration actuelle tient notamment à ce qu’ils apprirent à se transformer, en l’absence de détermination génétique, pour être capables de lire. Nos capacités cognitives actuelles les plus fines – la prévision, la planification, la déduction, l’abstraction, la pondération et la formation du jugement – sont donc nées dans une large mesure du développement historique de cerveaux lecteurs, et de l’accumulation de procédés et de traditions liés à la pratique de la lecture (la concentration, la méditation, le développement d’une argumentation)..."

Voir tout l'extrait en ligne

Mais pourquoi donc lisent-ils moins ?
"Après la faute à la télévision, la faute à Internet ? Attention ! Les apparences sont trompeuses !
L’étude dont les résultats sont ici présentés a été réalisée par Opinion Way en mai 2009, par Internet, auprès d’un échantillon de 1 020 personnes, représentatif de la population française. Elle ne concerne pas les moins de 18 ans. La marge d’incertitude est de 2 à 3 points. Ce sondage confirme une tendance générale de la population à lire moins de livres. Cependant, les Français qui lisent, y compris les jeunes adultes, disent lire plus de romans et de livres d’idées qu’il y a cinq ans. Ce sont les jeunes adultes qui sont les plus enclins à déclarer lire de moins en moins de livres. Mais c’est aussi dans cette population, y compris chez les gros consommateurs d’Internet, que l’on trouve la plus forte proportion de personnes déclarant lire plus qu’il y a cinq ans."

Voir l'article en ligne

www.books.fr/archives/numero-7/

Débat Télérama - Internet rend-il bête ?

télérama

Débat : Internet rend-il bête ?
Sophie Lherm
"Comment notre cerveau s'adapte-t-il au Net ? Certains craignent l'avènement d'une pensée zapping et la mort de la lecture “à l'ancienne”. Un scénario que d'autres estiment alarmiste. Entre les mails, les alertes, le relevé de nos fils RSS…, nous sommes bel et bien entrés dans l'ère de la distraction perpétuelle..."

Télérama, 22/07/2009

Internet : sérendipité ou effets pervers ?
Et vous, euh… pensez-vous que le Web rende bête ?
"Face aux défenseurs de la "Serendipity"— un néologisme désignant les « découvertes inattendues », expérience heureuse que vous avez sûrement éprouvée en surfant un minimum sur la Toile —, un grand vent de scepticisme se lève. Soufflé par Finkielkraut ? Des technophobes enragés ? Que nenni : ce sont bien des geeks qui défendent l’idée qu’Internet rend…"

Telerama, 09/05/2009

6. Lecture de livres électroniques

Quel public ?

Le nombre de lecteurs de livres numériques en augmentation

Baromètre des usages du livre numérique

Ce baromètre semestriel, réalisé par Opinion way pour les auteurs et éditeurs, associés au sein de la SOFIA, a pour objectif d'observer les évolutions des usages du livre numérique. L'étude a été faite en deux temps. La première phase a été réalisée auprès d’un échantillon de 1994 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. La seconde phase a été réalisée auprès d’un échantillon de 542 personnes, représentatif de la population des utilisateurs de livres numériques âgée de 15 ans et plus.
Quelques éléments de ce baromètre :

  • 14 % des Français ont déjà lu un livre numérique (+ 8 points depuis mars 2012).
  • Ils les lisent principalement avec une liseuse (85 %, - 7) puis avec une tablette numérique (82  %, + 3) et un ordinateur portable (59 %, + 3).
  • Les livres numériques sont préférés pour leur facilité de stockage (79 %, + 6) et de rangement (75 %, + 3).
  • 53% pensent que leur usage des livres numériques va augmenter
  • Les lecteurs de livres numériques sont amateurs de numérique :  84% possèdent un ordinateur portable, 69% possèdent un ordinateur fixe, 37% possèdent une tablette numérique,16 %possèdent une liseuse.

Opinion-way, septembre 2012

Un public encore restreint... qui évolue

Les Français et les nouvelles pratiques de lecture : Enquête Opinion Way pour le Figaro littéraire - mars 2010

Réalisée auprès d’un échantillon de 1008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. Interviews réalisé entre le 17 et le 18 mars 2010. Deux questions étaient posées :
- Aujourd'hui, sur quel support lisez-vous le plus souvent un livre ?
- Et à l'avenir sur quel support pensez-vous que vous lire le plus souvent des livres ?

Télécharger les résulats de l'enquête sur le site du Figaro
Les Français et les nouvelles pratiques de lecturePDF, 7 p.

Un français sur cinq prêt à lire sur écran

« Premier constat, flagrant.... plus de neuf Français sur dix lisent aujourd'hui un livre dans sa version la plus classique : le bon vieux papier...
... deuxième constat, significatif : un Français sur cinq pense qu'il dévorera un livre autrement que dans sa version papier. En priorité via un écran d'ordinateur (11%) et un e-book (7%). 2% pensent qu'ils liront un roman ou un essai sur leur téléphone mobile, et autant par l'écoute d'un CD lu par un comédien. En revanche, il existe une large majorité rétive à toute idée de lire via un écran quel qu'il soit : 77% des Français s'imaginent dans les années à venir continuer à feuilleter encore des pages et des pages.
Ce sondage casse deux idées reçues : il n'y a presque pas de ­clivage générationnel. Et dans le domaine de la lecture, les femmes sont plus technophiles que les hommes (15% contre 8% d'hommes) !
Dernier constat, enfin. Les Français ne pensent pas en termes d'opposition - le papier contre le numérique... »

Le Figaro, 25/03/2010

Le livre numérique : ce que les utilisateurs en pensent

Enquête Benchmark Group - mars 2010
« Que pensent les premiers utilisateurs du livre numérique ? Ceux qui l'ont testé sur un reader et ceux qui ont lu sur un smartphone ? Quelles sont leurs attentes ? Reader, smartphone, ordinateur… Quels sont les supports qui leur semblent les plus adaptés à la lecture ? Quels sont les genres littéraires les plus attendus en version numérique ? Confort de lecture, gain de place, achat à distance… Quels sont les principaux avantages du livre électronique retenus par les lecteurs ? Sous quelles conditions les lecteurs sont-ils prêts à abandonner le papier ?
Pour répondre à ces questions, Benchmark Group a mené une enquête en ligne au cours du mois de janvier 2010 auprès de 625 lecteurs, dont 196 ayant déjà testé un livre numérique. »
Benchmark Group

Bien que chers, les e-books plaisent à leurs utilisateurs

« L'e-book surprend ses utilisateurs pour le confort de lecture qu'il leur offre. Cependant, les terminaux restent chers pour le grand public. 48% de ses utilisateurs citent le confort de lecture comme étant un des avantages principaux du livre numérique, selon une étude Benchmark Group... »

Journal du Net, 12/03/2010

Sur quel support les adolescents d'aujourd'hui sont-ils le plus enclins à lire ?

« Pour les éditeurs "papier", qui sont sur le qui-vive, la cannibalisation du livre physique par le livre électronique constitue un véritable enjeu...
Aux Etats-Unis, où la lecture sur écran est la plus développée, une étude du Book Industry Study Group démontre que les utilisateurs de "liseuses" tendent à ne plus acheter de livres [...] Dans ce paysage en pleine recomposition, il existe un objet ludique, familier des adolescents, qui pourrait servir de tremplin vers la lecture : la console de jeux... » Alain Beuve-Méry

Le Monde des livres, 11/03/2010

L'e-paper sortira t-il de sa niche ?

"L'eBook est d'ores et déjà adopté par les professionnels qui n'ont pas besoin d'applications très perfectionnées. Mais avant que ceux qui - comme les publicitaires - ont ce besoin s'y rallient, il devra être perfectionné.
Les supports de livres numériques sont déjà utilisés par les professionnels. Ceux qui les ont adoptés avaient comme seul critère le besoin de lire clairement des textes sur un support nomade. L'Idate, dans son étude "E-paper : a new generation of screens with new applications?", identifie les quatre avancées technologiques nécessaires pour que son usage s'étende : le format, la couleur, la flexibilité et la vidéo..."

L'Atelier, 16/03/2009

Un homme... âgé de 46 ans et plus... plutôt urbain et CSP+

Florence Legrand
"La Fnac, distributeur du Reader de Sony, s'est penchée sur le cas de ceux qui ont franchi le pas du livre électronique. S'ils sont plutôt très satisfaits par l'objet, le contenu trop léger et les prix trop élevés font partie des points à améliorer.
L'utilisateur du Reader est un homme à 69%, il est âgé de 46 ans et plus, est plutôt urbain et CSP+. Il utilise en premier lieu son livre pour lire des livres, mais s'en sert aussi (50% des usagers) de support de stockage de document personnels et professionnels.
Le confort de lecture et la qualité du produit dans son ensemble sont plébiscités par les utilisateurs. L'étude rapporte même que deux utilisateurs sur trois disent préférer la lecture sur ce support électronique à un livre classique..."

Le Numériques.com, 13/03/2009

 

 

Les séniors

Les seniors lisent mieux sur tablettes mais préfèrent l'imprimé

«Les rapports et études sont formels, en tout cas, celle de la Johannes Gutenberg-Universität Mainz : pour les seniors, la lecture est plus facile sur un lecteur ebook, qu'avec un livre papier. Moins d'efforts, une plus grande accessibilité, autant de solutions qui favorisent et encouragent la lecture chez les plus âgés [...] Chaque participant était invité à lire neuf textes, de la fiction aux textes universitaires, chaque fois sur une tablette, sur un lecteur ebook et une page imprimée. Les meilleurs résultats ont ainsi été obtenus lorsque les personnes âgées lisaient sur des tablettes et suggèrent donc clairement que ces appareils favorisent la lecture. »

Actualitté, 07/02/2013

Pour lire quoi ?

Des livres numériques pour quoi ?

Le "reader" n’est pas un appareil de transfusion du sens
Entretien avec Danièle Sallenave
"Normalienne, agrégée de lettres, traductrice de Pasolini et de Calvino, Danielle Sallenave publie aujourd’hui "Nous, on n’aime pas lire", passionnante réflexion sur l’apprentissage de la lecture, issue de sa rencontre avec de jeunes lycéens..."

- Que répondez-vous aux apôtres du web qui expliquent que l’accaparement des jeunes générations par les écrans en fait paradoxalement des lecteurs assidus?
DS : "... une lecture, fût-elle "assidue" d’informations générales n’est pas l’équivalent de la lecture, même sporadique, d’une oeuvre grande et forte, d’un grand texte..."

Nous avons vu apparaître cette année les premiers lecteurs électroniques procurant un confort de lecture équivalent à celui du papier. Confronté à ce nouvel objet, le livre va-t-il rester le contenant emblématique du savoir? N’a-t-il pas déjà perdu ce statut?
DS : " à chaque grande invention : quelque chose d’irremplaçable est tué, quelque chose d’impensable s’impose. L’imprimerie signe la fin des incunables, mais elle est aussi un gain immense en matière de diffusion des oeuvres et de la pensée, même si ce n’est pas son but premier. Les modernes "readers" s’inscriront-ils dans cette ligne ? […] Je n’y vois pas de menace pour la lecture, puisque le mode d’appropriation et de construction du sens demeureront rigoureusement le même. […]  Mais la question du goût de lire se posera tout autant : celui qu’on aura convaincu d'en acheter un car c’est "moderne" risquera fort d’être déçu. Le maniement sera souple et facile ; mais le processus de lecture toujours le même. Lent et ennuyeux, toujours autant, si vous n’aimez pas ou ne savez pas lire. Le "reader" n’est pas un appareil de transfusion du sens."

Entretien avec Danièle Sallenave : Lirons-nous demain ? Le Magazine littéraire, mars 2009

Lecture confortable mais au prix fort... le livre numérique complémentaire de la version papier...
"Deux tiers des lecteurs du Reader de Sony estiment qu’il est plus agréable de lire un livre sur ce ebook que sur un format classique...
Ainsi 70% considèrent que le livre numérique est complémentaire de la version papier.[...]
Quelles sont les qualités de ce ebook ? Le confort de lecture est donc jugé satisfaisant, avec une note en moyenne de 7,6 sur 10. Le principal avantage cité tient dans les performances techniques de l’appareil (59%). Du côté des améliorations à apporter, c’est le coût des livres à télécharger qui coince. Ainsi 80% des personnes interrogées jugent le prix insatisfaisant. Elles pensent, pour 75% d’entre elles, que le prix devrait être en moyenne 40% moins cher qu’un livre (contre environ 10% aujourd’hui).."

Ecrans.fr, 13/03/2009

Appel pour l'ebook : 21 raisons de défendre le livre électronique
Gabriel Gascon dirige le site Sos eBooks
"Instantanéité... Ubiquité... Permanence... Inusable... Facile à copier... Bibliothèque portable... Recherche facile dans le texte... Citations plus faciles... Marque-page et annotations... Liens dynamiques et métalecture... Audio et vidéo... Synthèse vocale... Apprentissage en ligne (e-learning)... Couleurs et illustrations... Facile à modifier... On peut le lire dans le noir... Écologique... Facilite l'enseignement... On peut adapter l'aspect... Certains livres ne sont publiés qu'en ebook..."

ActuaLitté.com, 07/03/2009

Le plus intéressant c’est combien ces appareils servent à lire autre chose que des livres...
Hubet Guillaud
"Mais ce qui me semble le plus intéressant c’est combien ces appareils servent à lire autre chose que des livres (des manuscrits, des articles, des .doc, etc.) - et ce, pas seulement parce que les livres récents sont indisponibles, mais bien parce que nos lectures sont plus ouvertes, plus larges. Je crois que cela montre encore une fois combien la liseuse ne vient pas en concurrence du livre papier, mais sert d’autres usages, dont le livre n’est qu’une partie.
Et encore, si ces appareils permettaient de mieux prendre des notes, cela serait encore plus criant."

TeXtes - Blog, 15/09/2008

Pour une politique du savoir
Patrick Bazin
"Nous sommes donc ici, comme dans bien d’autres domaines, parvenus à un tournant. L’opportunité se présente de favoriser dans l’ordre de l’éducation et de la culture une convergence semblable à celle que connaissent les technologies de l’information (et que celles-ci, d’ailleurs, peuvent favoriser). En quoi cette convergence devra-t-elle consister ? D’abord, sans doute, dans un mixage novateur entre les méthodes de l’enseignement et les nouvelles formes de médiation culturelles. Ensuite, dans un accès le plus aisé et le plus large possible aux contenus, quelles que soient leurs formes. Enfin et surtout, dans la possibilité que chacun aura d’exprimer et de faire partager sa propre expérience. Une telle convergence devra, en somme, permettre à chacun de devenir acteur, et non plus seulement consommateur, du savoir."

LivresHebdo.fr, le 12/04/2007

Son avenir lui échappe déjà sans doute...
Patrick Bazin
"On peut certainement faire confiance à la technologie pour reconstituer les spécificités du livre tout en lui ajoutant les avantages de la mise en réseau, mais est-ce bien de cela qu’il s’agit lorsqu’on se demande si le livre a un avenir ?
De nouvelles possibilités, qui sont aussi de nouveaux défis, se présentent à nous : celles d’une information de plus en plus complexe, diverses et volatile ; celle d’une créativité personnelle qu’il devient possible (nécessaire ?) d’exprimer dans un cadre d’emblée mondialisé. Il est de moins en moins évident que le livre puisse correspondre à une telle perspective. Son avenir lui échappe déjà sans doute."

Blog - Livres hebdo, octobre 2007

 

Pratiques sociales du livre électronique
Jean-Gabriel Ganascia
"En résumé, le rôle que joue le livre électronique dans la construction et la transmission d'un patrimoine intellectuel recouvre des visages si différents qu'il convient d'abord de les sérier, en distinguant les publics (enfants, juristes, érudits...) et les usages (scolaire, jeux, ouvrages de référence, éditions génétiques, encyclopédies...) pour en constituer une typologie."

Le livre électronique : réflexion de prospective. CNRS, 2000

Bandes dessinées numériques

EspritBD : LE dessinateur, c’est VOUS ! [BDPlay]

« Apparus quasiment au même moment que le phénomène de blogging, les blogs BD se sont très rapidement popularisés sur la toile et on en voit apparaître des dizaines tous les jours, parfois même de grande qualité. Preuve en est que les artistes les plus talentueux ne sont pas toujours là où on le croit… »

Tryandplay.com, le 19/01/2012

La BD : livre numérique le plus piraté

« Les livres numériques n'échappent pas plus au piratage que les vidéos, films et fichiers musicaux, même si cette pratique est un peu moins populaire. La catégorie de livres numériques la plus prisée des pirates sur Internet est la bande dessinée. »

Lesnumériques.com, le 23/01/2012

Livres numériques: la bande dessinée dématérialisée est-elle au rendez-vous ?

« Avec l'arrivée en France du Kindle et le développement de la concurrence dans l'Hexagone et ailleurs, 2011 a clairement été l'année du livre électronique. Mais si, dans ce milieu, romans et autres essais semblent avoir la part belle, qu'en est-il de la bande dessinée ? Une question qui méritait bien une petite enquête.

Clubic.com 28/12/2011

Comics numériques : un succès dû aux tablettes ?

"La lecture de comics en version numérique se développe de plus en plus aux États-Unis. Selon Milton Griepp, un analyste, même s'il est difficile d'avoir des chiffres exacts les ventes de comics numériques ont plus que doublé entre l'été 2010 et l'été 2011."

ActuaLitté, 02/12/2011

BD numérique : c'est parti !

"La BD numérique dispose d’ores et déjà de tous les signes d’une révolution en marche : des auteurs prêts à se lancer dans l’aventure, de jeunes dessinateurs plein d’idées nouvelles, des éditeurs qui commencent à réfléchir aux nouveaux challenges adressés par l’ouverture numérique du monde de la BD… La planète bande dessinée est donc en ébullition, même si, comme dans toute révolution, tout est encore à définir, à comprendre et à imaginer."

Creanum.fr, 30/11/2011

Le comics numérique plus proche de la vision de l'auteur que l'imprimé

"Mike Romo, journaliste spécialisé dans le comics, s'est mis à la lecture de comics sur iPad, il y a un mois et a tenu à partager son engouement pour cela. Il était pourtant sceptique dans un premier temps, se demandant notamment si les dessins seraient aussi appréciables vus sur un écran et si la sensation du papier ne lui manquerait pas."

Actualitté.com, 27/11/2011

 

 

Une vidéo non dénuée d'humour

Book : un produit révolutionnaire !  

Pour prendre un certain recul. C'est en espagnol mais même sans en avoir fait, on arrive à suivre...

Urfist de Nice

Usages nomades

Mobilité

De nombreux penseurs, sociologues et urbanistes contemporains se sont penchés sur le concept de mobilité.

Quelques réflexions sur la mobilité numérique et l'urbanisme
Avec le numérique, la mobilité change d’échelle dans le temps et l’espace, et donc de définition. Les technologies numériques permettent un continuum informationnel qui rend plus riche et dense les déplacements. Le domicile n’est plus suffisant pour définir son territoire. Le territoire de vie devient le territoire de la mobilité, constitué de parcours vivants, interactifs, et d’archipels. La mobilité numérique vient entrelacer la mobilité physique. Ainsi la mobilité n’est plus un concept basé seulement sur le mouvement physique, mais un potentiel qui permet des choix à condition de maîtriser suffisamment les informations et les moyens de les acquérir."

Ville et numérique, 12/03/2009

Interview d'Eric Orsenna
C’est le rêve de Borges qui devient réalité...
Pionnier de l’aventure du livre électronique, l’écrivain analyse l’avenir de l’édition face à ce qui lui apparaît comme une formidable révolution technologique.
"... L'e-book est un outil extraordinaire pour ceux qui, comme moi, aiment à la fois le livre et le voyage. Vous avez tous les livres dans un seul livre. C’est le rêve de Borges qui devient réalité : une bibliothèque de Babel à portée de la main, que vous soyez au large du cap Horn ou au fin fond du Kamchatka..."

Challenges, 14/03/2008

A l'étranger

Grande Bretagne

Les jeunes "préfèrent lire sur écran"

Selon une étude britannique réalisée par le National litterary Trust, dont les résultats ont été publiés le 16 mai 2013 sur BBC News, les jeunes préfèrent davantage lire sur écran que sur papier. 35 000 jeunes de huit à 16 ans ont participé à cette étude. Ainsi parmi les personnes interrogées :

  • 52% préfèrent lire sur écran et  32% sur support imprimé, le reste n'ayant pas d'opinion ou préférant ne pas lire du tout ;
  • 39% des jeunes lisent chaque jour sur les écrans, contre 28% sur support imprimé ;
  • environ un tiers des jeunes interrogés lisent des fictions à l'écran,  dont  23% sur leurs smartphones, mais 53% lisent encore des romans sous forme imprimée ;
  • 41% lisent fréquemment des journaux en ligne.

BBC News, 16/05/2013

 

Bibliographie - Webographie

Impacts du numérique sur la lecture

Revues - Dossiers

Infobourg et Carrefour éducation
Dossier : Lecture à l’écran : défis du lecteur branché

Ce dossier conjoint de Infobourg et de Carrefour éducation a été réalisé par Marc-André Brouillard. Il est organisé en 4 parties :

 

Le lecteur face à l’écran

L’enseignement et la lecture à l’écran

Le livre numérique : la fin du livre papier ?

Conclusion

Il comprend une bibliographie - webographie :
Webographie et bibliographie

Ce dossier est accessible également en téléchargement, 18 p.
Infobourg, 15 octobre 2010

 

science et vie (septembre 2009)

SCIENCE ET VIE
Dossier : La lecture change, nos cerveaux aussi : e-book, Internet, smartphone...

Science et Vie / Philippe Testart-Vaillant et Kheira Bettayeb
Retrouvez ce dossier accompagné de vidéos, de textes lus d'une expérience exclusive, signalés par un pictogramme.

Lecture sur écran
"Depuis plus de cent ans, nous avons développé des capacités cognitives adaptées à l'écrit sur papier. Or, le texte prolifère aujourd'hui sur toutes sortes de supports électroniques : e-books, smatphones, ordinateurs... entraînant une révolution de notre rapport à la lecture. Et une modification de notre cortex."

Les écrans s'adaptent enfin la lecture
"Pour détrôner le livre, les supports numériques comblent leurs lacunes : contraste gagnant en netteté, ergonomie de plus en plus ingénieuse, nombre croissant de toitres disponibles... Un marché que se disputent âprement smartphones et e-books. Etat des lieux."

Science et Vie, n°1104, septembre 2009, p. 42-57

internet actu

Dossier : Le papier contre l’électronique
Hubert Guillaud

Introduction
Nicolas Carr : “Est-ce que Google nous rend idiot ?”
Internet Actu, 23/01/2009

1ère partie
Nouveau support, nouvelle culture
Internet Actu, 30/01/2009

2e partie
Le papier contre l'électronique : lequel nous rend plus intelligent ?
Internet Actu, 10/02/2009

3e partie
Vers de nouvelles manières de lire
Internet Actu, 31/03/2009

4e partie
Qu’est-ce que lire ?
Internet Actu, 29/04/2009

Sommes-nous multi-tâches ?
Hubert Guillaud

1. Comment apprendre à maîtriser notre attention ?
Comment être arttentif dans un monde où les sollicitations sont multiples ?
Génération multitâche ou diabolisation des pratiques générationnelles ?
Internet Actu, 26/05/2009

2. Peut-on mesurer les bénéfices de la distraction ?
Comment réinscrire les moments d’inattention dans un processus d’attention ?
Peut-on exercer positivement son attention ?
Peut-on mesurer les bénéfices de la distraction ?
Internet Actu, 27/05/2009

Etudes

Lire dans un monde numérique : état de l'art
BELISLE, Claire (dir.)

«Que devient la lecture dans un monde numérique ? Proposant une réflexion sur les processus de lecture en ligne, sur ebook, sur écran d'ordinateur ou de téléphone mobile, des spécialistes issus du monde universitaire interrogent les habitudes de lecture forgées par la culture du livre papier tout en introduisant aux modalités émergentes de lecture sur supports numériques. » (Extrait de la quatrième de couverture de la présente édition).

Presses de l'Enssib, avril 2011. 295 p.
www.enssib.fr/

La lecture numérique : réalités, enjeux et perspectives
BELISLE, Claire ; LEGENDRE, Bertrand

En se déplaçant progressivement du papier vers l'écran, les pratiques de lecture s'adaptent et se transforment. Dans quelle mesure la place prise par l'information dans la société et la prépondérance des technologies et des supports numériques, en bouleversant les habitudes liées aux textes, mettent-elles en péril certaines de ces pratiques ? Comment lirons-nous demain ?
En analysant les caractéristiques des nouveaux médias et en rendant compte des expériences de lecture d'œuvres numériques, cet ouvrage fait le point sur la place actuelle et les perspectives de la lecture sur les supports numériques, et particulièrement sur les livres électroniques. Les divers chapitres donnent des informations factuelles et des points de repère sur la lecture sur écran, sur son avenir et sur les conditions de son utilisation notamment par les bibliothèques.
Les apports des différents spécialistes qui ont contribué à cet ensemble constituent un précieux outil pour appréhender l'impact culturel de la lecture à l'écran, la transformation des tâches et des rôles des auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires.

Sommaire
- Genèse d'un objet technique : le livre électronique (Jean-Baptiste de Vathaire)
- Pratiques de lecture et livres électroniques (Alain van Cuyck, Claire Bélisle)
- Écrire pour l'écran (Jacques André, Alain Paccoud)
- Lire à l'écran : les enjeux de la lecture numérique (Claire Bélisle)
- Lectures numériques : approches économiques (Bertrand Legendre)
- La place du livre électronique en bibliothèque (Christian Ducharme)
- Le manuel numérique (Pascale Gossin)
- État des lieux du livre électronique : logiciels de lecture, livres numériques, textes (Alain Paccoud)
- Glossaire
- Index

Presses de l'Enssib (Référence), avril 2004, 296 p.
www.enssib.fr/

Les défis de la publication sur le Web : hyperlectures, cybertextes et méta-éditions
SALAUN, Jean-Michel ; VANDERPORPE, Christian
Issu d'un colloque franco-québécois, ce livre présente une réflexion pluridisciplinaire autour du document numérique, menée par des réseaux très actifs de chercheurs francophones. Il marque une étape car il fait se rencontrer la sensibilité littéraire et celle des sciences de l'information.
Les contributions sont regroupées autour de trois grands axes :
- une approche historique de la lecture et de l'écriture
- une analyse des pratiques et des enjeux liés au numérique
- des propositions prospectives.

1. La perspective des textes
- Manières d'écrire, manières de lire. Des alphabets à l'Internet
- La lecture au défi du virtuel
- Naviguer entre le texte et l'écran. Penser la lecture à l'heure de l'hypertextualité.
- Hypertexte et fiction
- Lorsque les écrits de réseaux cristallisent la mémoire des outils, des médias et des pratiques...

2. La confrontation des postures
- Analyse sémio-pragmatique des forums pédagogiques sur Internet.
- Cybertextes et hyperlectures dans l'enseignement universitaire
- Sommes-nous les premiers lecteurs de l'Encyclopédie ?
- Lire avec un livre électronique : un nouveau contrat de lecture ?
- L'édition entre biens et services

3. L'ouverture des imaginaires
- Le Web et l'émergence d'une nouvelle structure de connaissances
- Pour une science humaine de l'Internet
- Retour à la tradition orale : écriture dans le ciel à la vitesse de la pensée
- Vérité et fiction sur Internet

Presses de l'Enssib (Référence), 2004, 299 p.

Thèses - Mémoires

Thèse. Analyse des pratiques de lecture sur livres électroniques chez les étudiants universitaires
GARBI Zeïneb
"Les résultats obtenus montrent que, d’une façon générale, l’objectif de lecture, la nouveauté du contenu, les habitudes de lecture de l’étudiant de même que les possibilités du système de lecture sont les éléments qui orientent le choix et l’application des stratégies de lecture. Des aides et des obstacles à la lecture ont été identifiés pour chacun des systèmes de lecture étudiés. [...]
Cette recherche contribue à enrichir les connaissances sur la lecture numérique, notamment celle du lectorat universitaire étudiant, et l’impact d’un système de lecture sur l’efficacité de la lecture, sur les lecteurs, sur l’atteinte de l’objectif de lecture, et sur les stratégies de lecture utilisées. Outre les limites de l’étude, des pistes pour des recherches futures sont présentées..."

Québec : Université de Montréal, janvier 2008, 240 p.
http://hdl.handle.net/1866/575

Thèse. Apprendre à lire grâce à l'hypertexte
SOUBRIÉ Thierry
Thèse, sciences du langage, en 2001
Ce travail se situe à la croisée de trois grands domaines : l'informatique éducative, la didactique de la littérature et la lecture. Il s'attache à démontrer que l'hypertexte, technologie intellectuelle nouvelle définie comme un système réticulaire et cognitif, constitue une sorte d'artificialisation des processus de lecture. La réflexion prend autant appui sur la recherche fondamentale (théories littéraires, sémiologie, psychologie cognitive), que sur l'analyse de l'évolution, grâce au numérique, des pratiques de lecture-écriture, tant parmi les chercheurs et les écrivains que parmi le grand public. Transposée dans le champ de l'enseignement/apprentissage de la lecture littéraire, cette réflexion est le fondement d'une expérience d'hypertextualisation d'une nouvelle d’espionnage dans une classe de CM2 qui permet de jeter les bases d’une didactique de l'hypertexte lectoral (résumé d'éditeur)

1. L'hypertexte dans le champ de la lecture
1.1. L'hypertexte, système réticulaire et cognitif
1.2. Du lire-écrire à l'écrilecture
1.3. L'hypertexte à l'école

2. Les conditions d'une didactique de l'hypertexte lectoral
2.1. Vers une science de la lecture
2.2. La littérature à l'école
2.3. La structure narrative des récits

3. De la théorie à la pratique
3.1. Pédagogie de l'hypertexte lectoral
3.2. Lecture d'une nouvelle policière
3.3. Hypertextualisation d'une nouvelle d'espionnage dans une classe de CM2

Agence Universitaire de la Francophonie : Infothèque francophone

Mémoire. L'enfant et la lecture interactive
DESAINT Axelle
Mémoire d'une maîtrise de Sciences et Techniques en Hypermédia

1. Quand la littérature devient virtuelle
    La littérature jeunesse : comment a-t-elle séduit le support informatique ?
    Quand le livre s’anime… Le mariage de la littérature et du multimédia.
2. Quelle littérature interactive pour les enfants
    Le cédérom, nouveau livre de chevet des enfants ? Quelles histoires interactives pour les enfants sur Internet.
    Histoires interactives : s’avoir s’adapter à un nouveau support.
3. Lire sur un support informatique
    La lecture et l’enfant : une rencontre décisive. L’ordinateur, le meilleur ami de l’enfant.
    Lire des fictions interactives. Quelle littérature interactive peut-on proposer à des enfants ?
4. Internet et langue écrite
    Apprendre à lire le multimédia : où en est-on ? Que peut apporter Internet dans l’apprentissage de la langue écrite ?
    Quand Internet invite les enfants à écrire
5. Clicksouris : un site d'histoires interactives sur Internet
    Naissance d’un projet. Présentation de Clicksouris
Bilan et perspectives

Université Paris 8, juin 1999

Ouvrages

Lecture et technologies numériques : enjeux et défis des technologies numériques pour l'enseignement et les pratiques de lecture
GERMAIN, Bruno ; MAZEL, Isabelle ; ROUET, Jean-François
Cet ouvrage propose une synthèse actualisée sur la question de la lecture sur écran, à partir des diverses recherches récemment conduites dans différentes disciplines - psychologie, ergonomie, sémiologie... Incontournable, il permet aux enseignants, aux formateurs, aux stagiaires professeurs, autant qu'aux utilisateurs novices, de se forger une opinion critique sur les apports et les nouveaux défis que posent les technologies numériques pour la lecture. Il rassemble, d'une part, des éclairages sur l'impact du numérique dans les pratiques de lecture et lors de son apprentissage, et une réflexion sur la mise en œuvre de la compréhension et de l'usage de l'information. Il développe, d'une part, une étude critique approfondie des principaux logiciels d'entraînement à la lecture, accompagnée d'une grille d'analyse originale et pragmatique, qui devrait aider les enseignants à exploiter au mieux, s'il le désirent, ces outils. Il présente, enfin, des ressources pour les démarches de recherche-action, ainsi que des recommandations qui s'adressent autant aux praticiens des technologies numériques qu'aux concepteurs d'outils.

CNDP, 2007, 253 p.

La lecture électronique
BACCINO, Thierry
Synthèse des découvertes apportées par la psychologie et l'ergonomie cognitive dans le domaine de la lecture électronique, classée en trois grands thèmes : la visibilité, la lisibilité et la compréhension et la mémorisation. Décrit aussi des méthodes expérimentales comme l'analyse des mouvements des yeux ou des trajectoires de la souris sur un écran. Une partie est consacrée à l'ergonomie des interfaces homme-ordinateur.

PUG, 2004 , 253 p.

L'outre-lecture : manipuler, (s')approprier, interpréter le Web
Cet ouvrage porte sur le rapport - rénové - d'Internet et de la lecture, quant aux notions de corpus, de document et de signe. Il évoque la manière de se servir du web et du réseau de pages et de liens, techniquement et cognitivement. Particulièrement, il insiste sur la notion d'ancre et de poids des liens. Il montre que le réseau est une structure, définie non seulement par le poids des liens entre les documents, auxquels renvoient les ancres, mais aussi par les interactions entre l'homme et la machine. Ce sont donc les usages de la machine par l'homme qui permettent de caractériser sa pensée (c'est-à-dire sa cognition) : la forme selon laquelle il use de l'outil d'information et de communication et le schéma de sa circulation dans le réseau lui-même.

BPI, 2003, 267 p.

Text-e : le texte à l'heure de l'Internet
ORIGGI, Gloria ; ARIKHA, Noga
L'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication sur l'information et l'écrit. Traite notamment des objets de communication hybrides et de leurs usages sociaux. Textes issus d'un colloque virtuel qui s'est déroulé d'octobre 2001 à mars 2002 et dont la BPI était l'un des initiateurs.
Parmi les titres de chapitre :
Ce que l'Internet nous a appris sur la vraie nature du livre
- Lire : le futur digital (R. Casati)
- Vers une lecture sans écriture (J. Epstein)
- Auteurs et autorité, un entretien avec U. Eco (D. Sperber)

Bibliothèque publique d'information, 2003, 252 p.

Du papyrus à l'hypertexte : essai sur les mutations du texte et de la lecture
VANDERPORPE, Christian
Les nouvelles technologies révolutionnent la façon même dont notre civilisation crée, emmagasine et transmet le savoir. On ne lit pas un hypertexte comme on lit un roman, et la navigation sur le Web procure une expérience différente de la lecture d'un livre ou d'un journal. L'ouvrage analyse ces bouleversements et conduit une réflexion sur la place et l'avenir de l'écrit dans notre civilisation, s'inscrivant au croisement de travaux de plus en plus nombreux consacrés à l'histoire de la lecture, l'hypertexte, l'ordre de l'écrit et la "fin" du livre.

La Découverte (Cahiers libres), 1999, 224 p.

Colloques

Les défis de la publication sur le web : hyperlectures, cybertextes et méta-éditions

«Cet ouvrage se présente sous la forme d’un livre collectif divisé en parties et chapitres. Il a été réalisé à l’issue du colloque franco-canadien qui s’est tenu à Lyon, à l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, du 8 au 11 décembre 2002.

L’objet du colloque était de confronter les points de vue relatifs aux défis de la publication sur le Web. Comme beaucoup d’actes de ce type, la multiplicité des sujets à traiter et la pluridisciplinarité des approches (anthropologique, historique, littéraire, sociolinguistique, cognitiviste, économique) auraient pu déboucher sur un ensemble disparate. Au terme de notre lecture, nous avons pu constater qu’il s’agit d’un ouvrage homogène aux multiples facettes. Le mérite en revient aux auteurs et coordinateurs mais surtout aux procédures utilisées. Les communications ont fait l’objet de débats en ligne, avant et après le colloque et elles sont encore accessibles, ainsi que les débats qu’elles ont occasionnés, sur le site « Interdisciplines » (sous des formes parfois différentes).

Chaque chapitre reflétant l’opinion d’un intervenant, nous n’avons pas cherché à les résumer dans leur ordre chronologique. Ce travail a d’ailleurs été réalisé par les coordinateurs de l’ouvrage dans leur introduction. Nous avons préféré tenter de rendre compte de l’intérêt de l’ouvrage en présentant les idées qui ont été débattues autour de quelques grands thèmes.» 

Écrans et réseaux, vers une transformation du rapport à l’écrit

Premier colloque entièrement virtuel consacré à explorer l'impact de l'Internet sur la lecture, l'écriture et la diffusion du savoir. Le colloque s'est déroulé du 15 octobre 2001 jusqu'à fin mars 2002. Sur ce site vous trouverez les dix conférences invitées de text-e ainsi que les débats archivés autour de chaque conférence. Text-e a été une première expérience très fructueuse de colloque en ligne. Ce site est le témoignage de cette expérience.

- Lecteurs et lectures à l'âge de la textualité électronique (Robert Chartier)
- Ce que l'Internet nous a appris sur la vraie nature du livre (Roberto Casati)
- Lecture et écriture scientifique “dans le ciel” : Une anomalie post - gutenbergienne et comment la résoudre (Stevan Harnard)
- Transmettre, réagir, se souvenir : le journalisme sur l'Internet (Bruno Patino)
- Le futur de l'Internet : une conversation avec Theodore Zeldin (Théodore Zeldin)
- Lire : le futur digital (Jason Epstein)
- Babel ou le choix du caviste: la bibliothèque à l'heure du numérique (BPI)
- Vers une lecture sans écriture ? (Dan Sperber)
- Les nouvelles architectures de l'information (Stefana Broadbent et Francesco Cara)
- Auteurs et autorité (Umberto Eco)


Pratiques culturelles

Rapports - Etudes

Les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique
DONNAT, Olivier
Olivier Donnat, sociologue au Département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS) du ministère de la Culture et de la Communication a présenté le 14 octobre l'enquête qu'il a dirigée sur les pratiques culturelles des Français à l’ère numérique. Cette enquête "a été réalisée auprès d’un échantillon de 5 000 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. Elle offre une photographie complète des pratiques culturelles et de communication des Français, en étudiant les domaines de l’Internt et, de la télévision, de la radio, de la musique, de la presse et des livres, de la fréquentation des équipements culturels et des pratiques en amateur."
"L'enquête se situe dans un contexte où plus de la moitié des Français disposent chez eux d’une connexion à haut débit et où plus d’un tiers utilisent l’internet quotidiennement à des fins personnelles."

La Découverte / Ministère de la Culture et de la Communication, octobre 2009

L'ensemble des résultats statistiques ainsi qu’une synthèse commentée.
www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr

Éléments de synthèse
Culture études, n° 2009-5

Résultats statistiques
Lecture de presse et de livres

Lire : les pratiques culturelles du numérique
GIFFARD, Alain
Rapport remis en juin 2007 au ministère de la Culture et de la cette étude comporte trois parties

Introduction
lecture, lecture numérique

1. Les techniques de lecture numérique
- Brève histoire des moyens techniques
(lecture à l'écran, hypertexte, Web, lecture sur le web)
- L’hypertexte comme vision de la lecture
(convergence de la théorie littéraire et de la technologie, lecture de l'hypertexte)

2. La lecture numérique du point de vue du lecteur
- Le lire numérique comme faire
(navigation, marquage, copie, prospection, annotation, structuration, réseau de textes, réseau de lecture)
- Aux limites de la lecture numérique
(limites de la lecture numérique d'après les psychologues, lecture d'information, lecture d'étude)

3. La société des lecteurs
- Les lectures industrielles
(l'industrie de la lecture, commercialisation des lectures, le décentrage vers l'espace public)
- Le public des lecteurs numériques
(rôle et responsabilité des lecteurs numériques, pour un droit du lecteur, nouveaux savoirs, nouvelles ignorances)

Blog d’Alain Giffard, 2007
http://alaingiffard.blogs.com/culture/2007/09/le-public-des-l.html
http://alaingiffard.blogs.com/culture/2007/09/lectures-indust.html

Débat autour d'Internet

Revues - Dossiers - Ouvrages

CARR Nicholas
Internet rend-il bête ? : réapprendre à lire et à penser dans un monde fragmenté. Robert Laffont, 2011.
Extrait de la quatrième de couverture : « Aujourd'hui, face aux écrans qui nous bombardent de messages où s'entrechoquent textes, vidéos, photos, interviews, liens hypertexte, publicités bruyantes... resterons-nous capables de nous concentrer ? Comment notre éducation, et celle de nos enfants, va-t-elle être modifiée ? Si l'on a quelques raisons de s'inquiéter, on ne saurait cependant oublier que le cerveau a su s'adapter depuis des centaines de milliers d'années à toutes les situations... Pourquoi pas à cette nouvelle technologie ? »

BOOKS
Internet rend-il encore plus bête ?


books juillet-août 2009

Numéro spécial coordonné par Olivier Postel-Vinay. Ce numéro de Books, consacré à la mutation culturelle induite par Internet et les technologies qui l’entourent, regroupe les points de vue les plus contraires. "Au-delà de la question désormais classique : "Le Net nous rend-il bête ?", le vrai débat porte bien entendu sur le point de savoir si la culture du Net est en passe de balayer la vieille culture humaniste, fondée sur le respect de la profondeur, sur la préférence pour la réflexion solitaire, au profit d’une culture privilégiant la vitesse et le fragmentaire, mais aussi la réflexion collective. En filigrane, mais de manière obsessionnelle, c’est aussi la question de l’avenir du livre et de la lecture qui est posée…".