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Formation continue

Enseigner à l’ère numérique

Enseigner à l’ère numérique : adapter l’école aux changements d’état d’esprit des élèves

Le séminaire a commencé par une conférence de Serge Tisseron, psychiatre, docteur en psychologie, psychanalyste, chercheur associé habilité à diriger des recherches (HDR) à l’université Paris VII Denis Diderot, qui nous explique les changements culturels qu'induit le passage à l'ère numérique et les nécessaires adaptations pédagogiques qui en découlent. À la culture du livre s'ajoute, en effet, désormais la culture des écrans, et il est nécessaire que l'école prenne en compte ces changements pour adapter sa pédagogie et tirer parti des atouts de chacune de ces cultures. C'est un défi et un bouleversement, et Serge Tisseron nous montre que ces adaptations peuvent s'avérer très constructives pour les élèves.

Téléchargez le résumé de la conférence (PDF, environ 134 ko)

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La baladodiffusion et ses divers usages pédagogiques

Christine Minetto, inspectrice d’académie - inspectrice pédagogique régionale – Académie de Strasbourg

En juillet 2014, Canopé a publié La Baladodiffusion en pratique, un ouvrage qui présente 12 situations d’apprentissage en langues vivantes avec les baladeurs. Christine Minetto, co-auteur de l’ouvrage avec Isabelle Guidat, professeure d’anglais dans l’académie de Reims, est venue le présenter. Cet ouvrage est l’aboutissement d’un travail de longue haleine, qui a commencé en 2009-2010 par une expérimentation de dotation de baladeurs dans des classes.  Madame Minetto est convaincue que les élèves doivent avoir le baladeur « dans la trousse », et qu’il est aussi essentiel que le stylo ou la règle. Il ne s’agit pas de donner du travail en plus, mais bien de travailler autrement, en faisant évoluer les pratiques de l’oral pour mieux aider les élèves.
Dans cet ouvrage, l’enseignant trouvera des exemples d’utilisation de la baladodiffusion dans des situations très concrètes et quotidiennes : restituer la leçon en début d’heure avec les baladeurs, reproduire un modèle oral, s’entraîner à la compréhension orale, utiliser les baladeurs lors d’un voyage scolaire…

Retrouvez cet ouvrage dans notre rubrique baladodiffusion

Téléchargez la présentation de Christine Minetto (ppsx, environ 429 ko)

Activités sur fichiers son

Nathalie Legendre, professeure d’anglais, académie de Rouen

L’académie de Rouen a créé un site de podcasts pour les langues vivantes, à la suite d’une réflexion sur les objectifs de la compréhension orale : la finalité de cet exercice n’est pas que l’élève restitue ce qu’il a compris, mais qu’il comprenne pour pouvoir ensuite échanger. Aujourd’hui, sur le site podcast de l’académie de Rouen, on trouve des enregistrements de locuteurs natifs en allemand, anglais et espagnol, classés par langue et par niveau du CECR.
On trouve également des déclencheurs : des productions orales qui appellent des réponses d’élèves, ainsi que des productions d’élèves. Tout enseignant de langues vivantes peut s’inscrire sur le site, grâce à son adresse mail académique et les code UAI de son établissement. Cela permet ensuite de pouvoir mettre en ligne des productions d’élèves, pour les partager.

Le site podcast langues vivantes de l’académie de Rouen

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Utilisation des tablettes en cours de langues

María Monrosty, professeure d’espagnol, académie de Poitiers

Lorsque, dans le cadre des travaux menés avec les TraAM en 2013-2014, le CRDP de l’académie de Poitiers a proposé à Maria Monrosty une mallette avec 8 tablettes pour essayer de l’utiliser en cours avec ses élèves, elle était intéressée mais tout de même perplexe. Ses élèves, consultés, l’ont convaincue de tenter l’expérience, et tous en sont ressortis ravis : les élèves parce que la tablette leur a permis de retrouver le plaisir d’apprendre, et l’enseignante car elle a pu ainsi diversifier ses pratiques, et favoriser le travail en autonomie et l’interaction de ses élèves, tout en restant dans sa salle de cours.
La tablette est en effet un outil facile d’utilisation qui offre une réelle qualité d’image et de son. Elle permet de mettre en place une vraie pédagogie différenciée : les élèves travaillent à leur rythme, et personne ne s’ennuie. Le travail collaboratif en binôme permet l’entraide entre les élèves. Le professeur change de statut : il devient modérateur, et l’élève auteur et acteur du cours.

Vidéo de Maria Monrosty en cours avec les tablettes

Compréhension de l'écrit : stratégies et divers usages pédagogiques

Guillaume Ogier, professeur d’anglais, académie de Lyon

Dans le cadre des TraAM, en janvier 2014, des professeurs de langues vivantes de l’académie de Lyon ont travaillé avec une valise qui contenait 30 tablettes.  Leur conclusion est que les tablettes numériques permettent de mieux suivre et aider la progression de l’élève.
Au niveau de la production écrite, ils ont pu mettre en place un entraînement individuel à la production écrite. En effet, l’accès facile aux ressources et aux dictionnaires donne  à l’élève l’occasion de mettre en place des stratégies de compréhension personnalisée. D’autre part, le travail sur l’écriture collaborative offre la possibilité d’écrire en groupe sur la tablette tout en restant dans sa salle de cours traditionnelle. C’est l’occasion également de mettre en œuvre une éducation aux médias et à l’information, pour inciter les élèves à participer de façon citoyenne à des forums de discussion, ou partager des documents.
Grâce à la tablette, l’enseignant peut également faire travailler autrement la trace écrite : les élèves deviennent auteurs, proposent leur texte, et le regroupement du travail de chacun permet de créer ensemble un vrai bilan.

L’exposition à la langue est plus importante, on donne du sens à sa pratique, et les élèves peuvent exprimer davantage leur créativité.

Téléchargez le document de Guillaume Ogier (PDF, environ 5,28 Mo)

Lire et écrire en langues vivantes avec des tablettes

Valérie Vidal, inspectrice d’académie - inspectrice pédagogique régionale – Académie de Poitiers

Barbara Giraud, professeure d’espagnol au lycée pilote innovant international de l’académie de Poitiers

Barbara Giraud enseigne au quotidien avec des tablettes numériques, car son établissement fait partie d’un projet amorcé en 2011, et complètement mis en place depuis 2013 : tous les élèves et tous les personnels de l’établissement sont équipés de tablettes ; l’objectif est de ne plus utiliser du tout de papier à terme. Il s’agit bien pour les enseignants de repenser leur pédagogie, afin d’enseigner autrement grâce à cet outil.

Pour travailler la compréhension écrite, la tablette peut permettre beaucoup de choses. C’est en effet un véritable « couteau suisse » qui peut être utilisé de façon complexe, mais aussi très simplement. Un enseignant qui découvre l’outil peut par exemple dans un premier temps numériser ses supports pour les mettre en ligne. Puis, une fois que l’outil est davantage maîtrisé, la créativité de l’enseignant ne connait pas de limite : il peut rajouter des liens hypertextes sur le texte initial, vers des dictionnaires mais également des images, du son, des vidéos, afin d’aider l’élève qui deviendra vraiment autonome et acteur de sa compréhension.

En ce qui concerne l’expression écrite, taper sur une tablette n’est pas facile ; pour cette raison, beaucoup d’élèves de Mme Giraud ont investi dans un clavier portable. D’autre part, créer du texte avec une tablette nécessite une maîtrise de l’outil – il faut avoir des notions d’archivage par exemple. On peut aussi paramétrer le clavier dans la langue de son choix, ce qui permet d’activer la correction automatique. L’avantage, c’est que l’élève est sûr d’avoir un cours sans erreur. L’inconvénient est que parfois le correcteur ne met pas le bon mot, et l’élève n’est pas en mesure de corriger ; d’autre part, lorsque le correcteur met le bon mot, cela ne permet pas à l’élève d’intérioriser son erreur, puisqu’il n’est pas conscient de la correction apportée.

Madame Vidal, IA-IPR d’espagnol de l’académie de Poitiers, explique le travail entrepris dans le cadre des TraAM, depuis l’année 2013-2014, avec une vraie volonté d’aboutir à un résultat qui ait du sens au niveau pédagogique. Elle nous invite à aller sur le site de l’académie de Poitiers, qui a mis en ligne des vidéos qui mettent en scène les pratiques des professeurs avec leurs élèves.

Les articles de l'académie de Poitiers sur l'usage des tablettes numériques.

Écrire avec le numérique : copie numérique, projets journalistiques multimédia, écriture collaborative

Katrin Goldmann, professeure d’allemand, académie de Versailles

Katrin Goldman nous parle d’abord des copies numériques des élèves, et de leur exploitation par l’enseignant. Cela peut être une production écrite, qui permet alors à l’enseignant d’ajouter des commentaires, qui sont autant d’aides qui permettent à l’élève de progresser. Dans le cas de productions orales, le travail de correction de l’enseignant est différent.

Katrin Goldman cite un projet journalistique multimédia qui a été mis en œuvre dans son académie. Il s’agit ici d’écrire pour dire, d’écrire pour être lu ou entendu. Ecrire des chroniques dans cette perspective fait travailler un type d’écrit différent, et c’est une activité très formatrice et complète pour les élèves. L’écrit permet alors d’améliorer des compétences orales. C’est un travail qui rentre dans l’Education aux Médias et à l’Information.

Un voyage scolaire permet également de travailler l’écrit numérique : cela a été le cas d’un autre projet de l’académie, au cours duquel les élèves ont écrit sur un blog, sur twitter et rédigé un carnet de voyage numérique.

Article sur une émission de webradio à l’occasion des fêtes de fin d’année en Espagne.

Article sur un voyage scolaire tout numérique sur le site de l'académie de Versailles.

Création de séquences pédagogiques à l’aide de tablettes

Raphaël Sÿs, professeur d’anglais, académie de Limoges

Pour Raphaël Sÿs, la tablette est une réalité qu’il utilise au quotidien : dans son département, tous les élèves sont dotés de tablettes numériques dès l’entrée en 6e, les établissements sont équipés de wi-fi, et le Conseil Général a créé un compte iTunes pour chaque élève, ainsi qu’une adresse mail individuelle.

Suite à la mise à disposition de cet équipement, l’objectif a été de créer des ressources grâce à la tablette, et de les échanger avec les élèves. ITunesU a été très utile à cet effet, dans la mesure où cela a permis à l’enseignant de créer des ibooks, livres numériques auxquels les élèves s’abonnent. Les élèves ont ainsi la totalité des documents étudiés en classe, mis à jour en temps réel, en permanence sur eux. Ils ont donc à disposition un manuel scolaire personnalisé, créé par l’enseignant.

Travailler à partir d’un ibook permet de travailler en interaction constante avec les élèves : ils peuvent rentrer des notes, et les envoyer en un clic à leur enseignant qui les récupère en temps réel ; ils peuvent également s’enregistrer sur leurs tablettes, et envoyer leur production orale tout aussi facilement. Dans un ibook, on peut trouver du texte bien sûr, mais aussi de l’audio, de la vidéo, des liens vers des sites internet, et des quizz de toute sorte.

Article « Ibooks et Ipad : Une séquence sur New York » sur le portail académique de Limoges.

eTwinning : échanges et productivité collaborative à distance

Nathalie Terrades, experte à la direction du numérique pour l’éducation (DNE), service international.

Claudine Coatanea, professeure d’anglais, académie de Versailles.

Claudine Coatanea raconte le projet qu’elle a mené en 2012-2013 avec une classe de 1re ES. C’était un projet d’écriture collaborative qui réunissait 72 élèves issus de 3 pays différents : la Roumanie, la Pologne et la France. Le projet consistait à écrire un recueil de nouvelles ; chaque équipe était constituée d’une dizaine d’élèves des 3 pays. Par équipe, les élèves ont procédé à l’écriture, à la mise en voix, puis à l’illustration de leur nouvelle. Leur créativité a été encouragée par tous les outils web qui leur permettent de s’exprimer de manière différente, d’utiliser des outils de travail collaboratif, des outils d’échange et de création. Allier l’écriture, le son et l’image s’est avéré être très encourageant pour les élèves, qui étaient responsabilisés par le projet de création en équipe. La seule limite est l’imagination pédagogique de l’enseignant. A ce titre, les projets menés dans le cadre d’eTwinning peuvent être d’une grande variété (Education aux Médias, visite de musée virtuelle, rédaction de magazine, …)

Téléchargez la présentation de Claudine Coatanea (ppsx, environ 1,8 Mo)

Le site eTwinning

Cartes postales sonores

Sylvie Prévot-Korff, professeure d’allemand, académie d’Aix-Marseille

Sylvie Prévot-Korff a mené à bien ce projet en 2011-2012, dans le cadre de l’expérimentation de baladodiffusion dans l’académie d’Aix-Marseille, avec le soutien de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse (OFAJ), à l’occasion d’un échange pédagogique franco-allemand d’élèves.

Chaque élève avait pour tâche de produire pendant l’échange une carte postale sonore : un podcast associé à une photo, avec l’aide de son correspondant allemand. Pour utiliser le baladeur de façon cohérente, les élèves avaient une feuille de route et des consignes précises, ce qui permettait de les accompagner dans ce travail : des activités de repérage et d’orientation, des recherches d’information en situation de communication, et l’obligation à l’arrivée de ne pas être ennuyeux et d’intéresser le public qui allait les écouter. Enfin, les élèves devaient également faire attention à des détails techniques, très important pour que le travail puisse aboutir.

Ce travail est toujours visible aujourd’hui : les productions des élèves, mais également un article et un film accessible sur le site de l’OFAJ.

Téléchargez la présentation de Sylvie Prévot-Korff (PDF, environ 575 ko)

Le carnet de voyage en baladodiffusion sur le site de l’OFAJ.

Discours de clôture

Michel Pérez, inspecteur général de l’Éducation nationale, groupe des langues vivantes

Michel Pérez commence par citer Serge Tisseron, pour qui « l’introduction des technologies numériques à l’école, ce n’est pas faire les mêmes choses autrement : c’est une manière de repenser tout l’enseignement ». Introduire le numérique à l’école, c’est en effet changer radicalement de méthode pour aborder autrement les modalités d’apprentissage. Et les témoignages entendus lors de ce séminaire en sont la preuve évidente.

Le numérique suppose un défi pour la communauté éducative, qui doit s’adapter aux nouvelles modalités de vie, de pensée, d’accès à la connaissance, de relations sociales mais aussi de relation au pouvoir : le pouvoir n’est plus décerné par une autorité supérieure centralisée, il naît désormais de la reconnaissance entre pairs. L’enseignant devient alors un collaborateur, un animateur, un modérateur, et l’élève un acteur et un auteur. Ce n’est pas le plus facile à admettre, mais c’est pourtant ce qu’il faut arriver à accepter pour gagner la bataille du numérique.
Les questions qu’il nous reste à résoudre sont d’une part, de savoir comment généraliser l’utilisation des outils et de la culture du numérique dans l’école à tous les niveaux ; et d’autre part, comment faire pour que l’activité des élèves soit au cœur de la pédagogie.
Pour alimenter notre réflexion, Michel Pérez nous invite à aller regarder un film qui a été tourné récemment, qui permet de voir des pratiques scolaires innovantes et par conséquent de réfléchir aux questions que pose l’introduction du numérique à l’école. Il s’agit de L’école du futur – La fin des profs ?,  un épisode de Spécial investigation de Canal +.