Éduscol

Développement des pratiques pédagogiques en académie

Les projets 2018-2019

Six académies ont été sélectionnées pour l’année 2018-2019. Vous trouverez sur cette page les résultats de leurs travaux, sous forme de scénarios pédagogiques, de tutoriels, mais aussi de pistes de réflexion et d’analyse sur les changements que l’utilisation des outils numériques provoque dans les pratiques pédagogiques des enseignants. Ces six académies ont répondu à l’appel à propositions 2018-2019 (PDF, 129 ko).

Thèmes retenus pour les TraAM 2018-2019

Les TraAM de cette année ont permis d’explorer comment le numérique permet de mettre l’entrée culturelle au cœur de l’enseignement des langues. L’enseignement des langues vivantes en cycle 3, en cycle 4 et au lycée doit en effet contenir un ancrage culturel et éducatif important dans le but de faire de l’élève un véritable acteur social. Les équipes engagées ont mis en place des activités innovantes et des outils pour proposer une réflexion sur les langues et leur fonctionnement et se sont interrogées également sur la place de l’interdisciplinarité et l’interculturalité face à cet objectif culturel.

Le cahier des charges de fonctionnement des TraAM 2018-2019 (PDF, 358 ko)

Synthèse des TraAM 2018-2019

Les travaux engagés dans le cadre des TraAM en 2018-2019 ont amené les équipes des six académies retenues à poursuivre et élargir la réflexion sur la plus-value pédagogique des usages du numérique en langues vivantes, et à tirer des enseignements suite aux diverses expérimentations menées sur le terrain.

Académie de Bordeaux

IA-IPR : Nicolas GODBERT - Référent TraAM : Nadine CASTERA

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’équipe était composée d’une dizaine de professeurs d’espagnol en collège et en lycée d’un même secteur (ZAP Sud des Landes). Le projet avait pour objectif de « Construire un parcours culturel progressif d’apprentissage ». L’équipe est partie du constat, lors des échanges collège-lycée, d’une nécessité d’avoir une vision de ce qui se fait en collège et en lycée afin de travailler en synergie et construire ensemble un parcours culturel riche.

Les enseignants et les IA-IPR se sont posé les questions suivantes.

  • Comment construire un parcours culturel adapté à chaque niveau qui s’enrichirait et se compléterait au fil des années ?
  • Quels outils numériques privilégier afin de matérialiser ce parcours et garder des traces côté élèves, côté enseignants ?
  • Comment partager les différents scénarios pensés pour construire un parcours culturel progressif pour l’élève ?
  • Comment favoriser la réactivation des connaissances du collège en lycée ?
  • Permettra-t-il ainsi de traiter plus aisément, plus en profondeur, les différentes notions abordées au lycée ?
  • Quelle forme peut prendre le bilan de cette réflexion commune ? Un tableau ? Avec quelles entrées ? Un support institutionnel tel quel Folios ?

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

L’application Folios est utilisée par les enseignants et les élèves afin de permettre à ceux-ci de stocker et garder une trace des différents thèmes, activités travaillées en collège et de générer une frise chronologique de synthèse de leur parcours. Après quelques mois d’utilisation, le constat est le suivant : les enseignants et les élèves ne s’emparent pas de la plateforme, probablement en raison d’un manque de formation et d’utilisation collective de l’outil. Après réflexion, l’équipe décide de persister et de garder cet outil officiel garant des données personnelles des élèves et comportant toutes les fonctionnalités souhaitées. L’inspecteur présent décide de solliciter une formation ZAP pour généraliser l’utilisation de cet outil.

Le tableau de synthèse des réflexions, conçu en début de projet, devient rapidement trop étriqué pour accueillir toutes les informations qui s’accumulent de façon peu ordonnée. L’équipe se tourne alors vers une petite plateforme collaborative via un blog institutionnel délivré par le rectorat. Le blog reprend les 8 axes et chacun d’eux comporte deux onglets – collège et lycée –, afin d’y stocker les différents scénarios pédagogiques élaborés. La réflexion porte également sur l’indexation des notions, la recherche par mots-clés et la création d’un gabarit précis et commun. L’équipe décide également d’ajouter une rubrique méthodologie, lexicale, grammaticale.

Ce travail de réflexion élaboré en espagnol est pensé pour être ensuite transférable à d’autres langues vivantes et à d’autres zones de l’académie. Les différents blogs pourront en outre être réunis avec un portail d’accès unique.

Plus-value et bilan

Le projet avait pour objectif de « Construire un parcours culturel progressif d’apprentissage ». L’équipe a amorcé, par le biais du TraAM, une réflexion émanant du terrain qui s’organise autour de deux axes :

  • la cohérence du parcours construit par les enseignants pour l’élève ;
  • la mise en place d’un dispositif permettant à l’élève de « compiler « son parcours culturel » afin de le réactiver, de l’enrichir tout au long de son cursus scolaire.

Reste maintenant à poursuivre l’accompagnement de ce projet, à former à l’utilisation des outils numériques nécessaires et à veiller à l’alimentation régulière de la plateforme. Les enseignants du lycée devraient, du reste, prendre appui sur le document collaboratif retraçant les connaissances incontournables transmises dans les collèges du secteur. Il est précisé que tout scénario aussi modeste soit-il sera partagé sur la plateforme.

Ce travail de réflexion élaboré en espagnol est pensé pour être ensuite transférable à d’autres langues vivantes et à d’autres zones de l’académie. Les différents blogs pourront en outre être réunis avec un portail d’accès unique.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Bordeaux.

Académie de Nancy-Metz

IA-IPR : Michèle VALENTIN - Référente : Hélène ORIVEL

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Les TraAM de l’académie de Nancy-Metz avaient pour thème « Le numérique au service de l’ancrage culturel et éducatif en cours de LVE ». L’équipe TraAM était composée de douze enseignants en collège et lycée : deux professeurs d’allemand, cinq en anglais, trois en espagnol et deux en italien. Neuf projets ont été réalisés.

  1. Une séquence sur les contes des frères Grimm a été mise en œuvre avec des élèves de 4e LV1. Ils ont (re)découvert quelques extraits de contes qu’ils connaissaient en français. Ils ont travaillé sur la compréhension d’un conte et sur sa forme (structure du conte et temps utilisé) pour ensuite être capables d’élaborer eux-mêmes un conte modernisé, en tâche finale par groupes. Ces contes devaient être présentés sous forme numérique. Un escape game a été fait via Genial.ly en tâche intermédiaire pour rebrasser le vocabulaire vu en cours ainsi que le prétérit. Leurs réalisations ont été envoyées à leurs correspondants. Ces derniers ont élu le travail le plus original, tant au niveau de l’histoire qu’au niveau de la création. Les objectifs principaux étaient donc le travail en groupe (pour l’escape game et la création du conte) ainsi que l’autonomie grâce au suivi des élèves par Tactileo.
  2. Une séquence sur la Journée mondiale de la poésie du 21 mars a été menée avec deux classes de 3e de collège en espagnol. Elle avait pour but de faire découvrir l’œuvre de Pablo Neruda en améliorant les compétences en lecture des élèves. Elle visait également à leur faire dépasser leurs réserves a priori sur la poésie, tout en les faisant participer à des travaux collaboratifs sous forme d’ateliers tournants et à participer à la webradio du collège.
  3. Un projet interdisciplinaire entre l’espagnol et les arts plastiques a été mené avec une classe de 4e. L’objectif était d’inclure les élèves dans la préparation d’une visite dans un voyage scolaire par la création d’un audioguide. Cette classe est partie cette année à Tarragone une semaine en voyage scolaire. L’objectif était d’inclure tous les élèves (ceux qui partent et ceux qui ne partent pas) dans la préparation de ce voyage physique pour certains et par la voix pour d’autres. Le deuxième point de cette initiative était de réfléchir sur la notion de visite, ou comment rendre une visite dynamique et intéressante, puis finalement d’échanger en classe et dans le musée autour de la question du point de vue : subjectif et objectif. À partir d’un calendrier établi de concert entre le professeur et ses élèves, et de la découverte d’un outil (Izi Travel) les élèves ont pu mener à bien de manière autonome ce projet avec beaucoup de sérieux et d’implication.
  4. Un projet en allemand sur la Première Guerre mondiale avec des secondes LV2 d’un lycée 4.0. L’objectif était de créer des Haïku en allemand en s’inspirant d’une des œuvres d’Otto Dix. Ce projet a mis en œuvre des compétences interculturelles avec un appui sur des connaissances développées grâce au programme d’histoire-géographie. L’objectif était d’amener les élèves à prendre du recul sur des événements souvent stéréotypés et à faire preuve d’un esprit critique. Le numérique a été utilisé afin de varier les activités pour maintenir l’intérêt des élèves.
  5. En espagnol, le projet « Croiser les différentes notions au programme du cycle terminal » a permis aux élèves de percevoir qu’un support, un document ou une problématique pouvaient concerner plusieurs de ces notions. Les élèves ont créé un padlet sur lequel ils ont regroupé tous les supports sur lesquels ils avaient travaillé sur les différentes notions au programme.
  6. Un projet sur le thème de la dystopie se basant sur diverses œuvres cinématographiques britanniques et américaines a été mené par deux professeures d’anglais avec deux classes de 3e d’un collège numérique laboratoire et une classe de première professionnelle d’un lycée 4.0. L’objectif était de développer l’autonomie des élèves dans un cadre coopératif sous forme de « classe accompagnée » en langues vivantes sur le thème de la dystopie. À partir d’un plan de travail, les élèves ont réalisé les activités à leur rythme en puisant dans les aides selon leurs besoins tout en ayant conscience des échéances pour réaliser les tâches intermédiaires et finales.
  7. Une classe de 5e a travaillé sur la problématique suivante : comment décloisonner les matières au travers d’une thématique commune, la transition écologique en Europe, par la création d’un escape game plurilingue ? Ce projet en lien avec le Mai de l’Europe et en partenariat avec la mairie de Nancy a émergé suite à l’envie de décloisonner les matières, afin de donner plus de sens aux apprentissages transversaux et plurilingues. L’escape game pédagogique est apparu comme un moyen possible de faire découvrir à d’autres élèves le thème de la transition européenne. Les élèves ont travaillé en interdisciplinaire avec leurs professeurs d’anglais, d’histoire-géographie et d’espagnol.
  8. Un parcours littéraire en classe de 3e avec une problématique récurrente entre le bien et le mal a été mené sur trois séquences dans trois classes de la Meuse. Chaque séquence a donné lieu à un défi lecture entre établissements pour les élèves volontaires. La première séquence a été consacrée à l’étude d’une version simplifiée d’un conte de Noël, A Christmas Carol, de Charles Dickens. Une réflexion sur le bien et le mal a été engagée. Les élèves ont dû statuer sur le sort d’Ebenezer Scrooge, personnage principal : ils ont débattu et se sont interrogés sur son égoïsme, son avarice et sa cruauté. La deuxième séquence a été consacrée à l’étude d’une nouvelle des aventures de Sherlock Holmes. Les élèves ont dû se prononcer sur le cas du colonel Sebastian Moran pour décider s’il était un meurtrier sans vergogne. Pour la troisième séquence qui a porté sur l’étude d’une version simplifiée du roman Frankenstein de Mary Shelley, les élèves ont dû se prononcer sur la culpabilité de Victor Frankenstein. Pour ce troisième défi, un escape game reprenant des éléments des trois œuvres étudiées pendant l’année scolaire a été proposé aux élèves des trois collèges.
  9. En italien, un escape game a été réalisé, combinaison d’un ancrage culturel fort, d’une expérience de la pratique de la langue concrète et active et d’un enjeu réel. L’escape game avait pour cadre le château Saint-Ange de Rome et faisait référence à la vie de l’artiste et poète italien Benvenuto Cellini, incarcéré dans le château. Il a été réalisé avec deux classes de 4e de deux collèges différents.

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Dans tous les projets menés dans l’académie de Nancy-Metz dans le cadre des TraAM cette année, les enseignants ont constaté une forte motivation des élèves face à l’utilisation des outils numériques qui mettent en valeur leurs productions. Les élèves ont donc participé activement au déroulement des projets. Les outils numériques ont permis de varier les activités, de développer l’autonomie ainsi que la capacité à travailler en binômes ou trinômes, et ont facilité la différenciation pédagogique. Les enseignants ont pu constater un changement de posture pour eux, car ils devenaient davantage accompagnateurs de projets.

Pour autant, certains freins à la réalisation des projets ont été constatés. Des difficultés de connexion ont obligé un échelonnement des connexions des élèves afin de pouvoir visionner des vidéos. La gestion du temps est un élément à avoir toujours en tête car les séances numériques peuvent vite être chronophages. Par ailleurs, dans les établissements ne disposant pas de tablettes numériques, il est parfois difficile d’avoir accès à la salle informatique, souvent réservée par d’autres collègues. Il n’est donc pas toujours évident de mener à bien un projet autour du numérique dans ces conditions. L’utilisation des portables des élèves a pu être parfois une solution alternative. Les contraintes liées à l’entrée en vigueur du RGPD ont pu limiter l’utilisation de certains sites ou certaines applications.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Nancy-Metz.

Académie de Poitiers

IA-IPR : Valérie VIDAL - Référent TraAM : Sylvain ANDRIEUX

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’équipe était composée de dix professeurs d’anglais, d’espagnol et d’allemand en collège, en lycée général et en lycée professionnel.

Les scénarios des sept projets menés avaient pour objectif de faire découvrir des faits culturels authentiques de façon innovante.

Le premier projet était un EPI interdisciplinaire (français, arts plastiques, espagnol, musique) ayant pour thème « D’un exil à l’autre ». L’objectif visé était une exposition sur l’exil pour la fin de l’année scolaire. En espagnol, les élèves ont travaillé plus particulièrement sur « la retirada », l’exil des républicains suite à la fin de la guerre civile espagnole et ont réalisé un magazine avec Madmagz.

Le second projet, réalisé en lycée, en espagnol, avait pour thème « L’art comme expression de la protestation » sur le thème de l’exil également. Le professeur a traité de l’exil des Républicains et l’assistant mexicain de l’établissement a apporté son témoignage sur l’exil du Mexique vers les États-Unis. D’autres assistants de l’académie de Poitiers ont également été mis à contribution.

Le projet suivant mis en œuvre avec des 5e en espagnol avait pour objectif de faire travailler les élèves sur le thème de la famille en leur faisant étudier des tableaux de maîtres. Les productions finales ont été mutualisées sur Thinglink.
Les différents éléments d’un voyage scolaire à Valence, réalisé en cycle 4, ont été valorisés par la création par les élèves d’un dépliant incluant des QR codes.

Dans le cadre du cinquième projet, plusieurs disciplines (français, allemand, espagnol) ont collaboré autour d’un EPI en 4e sur une enquête policière dans une ville de la langue travaillée.

Le projet suivant avait pour objectif de présenter leur ville en espagnol avec l’application Easytravel, travail proposé ensuite à l’office du tourisme.

Le but du dernier projet, un EPI mené en 3e, en histoire-géographie et en espagnol, avec la collaboration du professeur documentaliste, était de présenter et mettre sous forme numérique des témoignages sur la retirada (suite), notamment l’intervention d’un exilé.

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Il ressort de la lecture des projets que l’entrée culturelle ancrée dans un projet disciplinaire ou interdisciplinaire couplée à l’usage du numérique permet de dresser un bilan positif sur les plans suivants.

  • Une meilleure adhésion des élèves : les projets aboutissent à des produits finis clairement identifiés dès le départ qui donnent du sens à ce que les élèves font. Chacun sait à quelle production il doit aboutir.
  • Cette connaissance de la réalisation finale permet aux élèves d’évaluer chemin faisant ce qu’ils font : ce qui est bien fait, ce qui doit être amélioré, ce qui manque, etc. Cela contribue à développer l’autonomie des élèves et contribue à une culture de l’autoévaluation voire d’interévaluation dans le cadre de travaux collaboratifs.
  • Le côté ludique, induit souvent par l’usage du numérique, favorise l’adhésion des élèves car il permet une vision immédiate de ce qui est fait. Les situations sont souvent plus motivantes.
  • La notion de projet à mener et l’usage du numérique favorisent la mise au travail de tous les élèves. Dans ce type de projet et de mise en œuvre, aucun élève ne reste passif et travaille notamment lors de séances collaboratives. Les élèves se sentent responsables au sein de leur groupe et prennent conscience que leurs failles ou manquements peuvent avoir une incidence sur le groupe. Le côté ludique de certaines applications favorise aussi la mise en activité de tous les élèves.
  • L’argument précédent amène une autre conséquence. Ce type de projet et de mise en œuvre favorise l’individualisation des parcours. Le professeur peut assigner à ses élèves des missions, des objectifs différents en fonction de leur degré d’autonomie ou de difficultés dans les apprentissages.
  • Du point de vue de l’enseignant, ce type de projet permet d’aider davantage les élèves en difficulté : pendant que certains élèves plus autonomes travaillent seuls, le professeur peut aider ceux qui ont plus de difficultés, et ce de manière plus individuelle.
  • L’enseignant porte un autre regard sur des élèves qui, dans ce type de projets, peuvent se révéler différents et montrer des compétences qu’un cours plus « traditionnel » ne leur permet pas de mettre en avant. Ce regard nouveau induit une évaluation différente souvent plus valorisante pour chacun des élèves (on ne souligne pas ses failles mais ses réussites).
  • Les élèves portent aussi un autre regard sur l’enseignant qui prend un rôle d’accompagnant dans les apprentissages. Cela peut avoir une répercussion positive sur les cours plus traditionnels : l’élève ne voit plus son enseignant comme enseignant-sanction mais comme enseignant-valorisant.

Finalement, les points négatifs ne sont pas nombreux et portent souvent sur des aspects organisationnels plus que sur des critiques de fond ou de remise en cause sur la nature même de ces projets.

Il ressort par exemple les difficultés suivantes :

  • l’accessibilité aux outils numériques dans certains établissements et de nombreux problèmes de connexions ;
  • l’utilisation d’applications payantes ;
  • le respect des données des informations : la sauvegarde des travaux, la nécessité d’ouvrir des comptes et donc de fournir des données personnelles ;
  • l’utilisation même de certaines applications que les professeurs doivent apprendre à maîtriser.

Sur le fond, certains professeurs s’interrogent sur le temps passé sur ces projets dont les acquis et les apports sont incontestables, mais qui peuvent prendre du temps sur une programmation annuelle ou pluriannuelle. Les professeurs qui ont présenté le défi lecture, par exemple, ont souligné que même si l’activité était intéressante, elle a pu être réductrice dans le sens où ce projet a favorisé la compréhension de l’écrit et l’expression écrite au détriment de la compréhension de l’oral ou de l’expression orale.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sont sur le site de l’académie de Poitiers.

Académie de Rennes

IA-IPR : Sylvain BOURDONNAIS - Référent TraAM : Régine BALLONAD-BERTHOIS

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’équipe était constituée de quatre professeurs, deux au collège et deux au lycée, dont un professeur d’un établissement privé. Quatre projets ont été mis en œuvre cette année dans l’académie de Rennes avec pour objectif de démontrer que le numérique constituait bien un horizon interculturel au service du développement des compétences des élèves.

Un travail interlangue anglais-espagnol et collaboratif entre deux lycées de Lorient a été réalisé sur le thème de la frontière entre le Mexique et les États-Unis en cycle terminal. Les élèves ont créé un Genial.ly comme produit final de leur projet.

Dans le projet autour du jeu sérieux « Bury me, my love », les élèves doivent aider une jeune réfugiée syrienne à rejoindre l’Europe en communiquant par SMS avec elle. Les choix faits par les élèves ont une conséquence sur le parcours et la réussite ou non du périple de la jeune femme.

Le projet Phobos, projet interdisciplinaire mené en physique-chimie et en anglais, contribue à créer une culture commune, à la fois scientifique et littéraire. À partir de leurs cours de physique-chimie, les élèves créent une revue scientifique en anglais sur la conquête spatiale. Ils doivent ensuite utiliser leurs connaissances scientifiques afin de postuler au programme Genesis en créant une vidéo.

Enfin, un projet d’éducation aux médias a été réalisé suite au travail autour de « Bury me, my love ». Publier et partager de l’information constituent des éléments de la culture numérique. Une page en français et en anglais concernant la première journaliste-reporter américaine, Nellie Bly, a été créée sur le site Vikidia, première plateforme de connaissances en ligne s’adressant à des enfants âgés de 8 à 13 ans.

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Bury me, my love : Les élèves se sont immédiatement engagés dans l’activité, n’ayant pas l’impression de travailler mais bien davantage de partager une expérience de jeu collective.

Le jeu a permis aux élèves d’acquérir des connaissances qui n’avaient pas de lien direct avec l’apprentissage d’une langue étrangère. Les élèves ont pris conscience des conditions de vie des migrants, mais ils ont aussi appris des éléments sur la géographie, sur l’histoire et la culture du Moyen-Orient.

Le travail collaboratif, la différenciation facilitée par le jeu, l’entraide et le développement de l’autonomie sont autant d’atouts et de compétences acquises au cours de ce projet.

Tous les élèves sont parvenus à trouver leur place dans le projet. Les plus faibles se sont sentis aussi compétents que les bons élèves en anglais parce qu’ils maîtrisaient la dimension technique du projet.

Limites et difficultés : Même si ce type de projet facilite la différenciation pédagogique, il se révèle néanmoins long. Par ailleurs, vers la fin du projet, des bugs ont commencé à apparaître dans le jeu.

Projet interlangue sur le thème de la frontière entre le Mexique et les États-Unis et projet Vikidia : qu’il s’agisse du projet interlangue ou du projet Vikidia, les élèves prennent conscience qu’ils deviennent des « passeurs » de culture.

Dans les deux projets, ils ont adapté les informations. Les ressources proposées par le professeur sont un point de départ. Dans le projet interlangue, les élèves ressentent rapidement le besoin de consulter les sites d’actualité en ligne pour y trouver d’autres images, plus récentes ou qui leur parlent davantage. Leurs travaux sont ainsi intéressants à double titre : ils rendent compte de ce qu’ils ont appris et illustrent ce qu’ils veulent que leurs camarades retiennent.

Les frontières entre les langues, disciplines, classes, établissements peuvent être franchies afin de promouvoir la coopération et l’entraide. Que l’apprentissage collaboratif se fasse entre professeurs, assistants de langues ou élèves, il associe à la fois une démarche individuelle et une démarche collective qui contribuent au développement professionnel, scolaire et personnel de chacun.

Les assistants de langue ont fourni un soutien précieux en tant qu’ambassadeurs de leur pays respectif : par leur expertise et leur implication, ils ont impulsé une dynamique au projet ; par leurs échanges hebdomadaires avec nos élèves, ils ont valorisé l’ouverture à l’autre et renforcé leur autonomie en anglais et en espagnol.

Signalons toutefois quelques points de vigilance communs aux deux classes :

  • les élèves ont rencontré des difficultés pour digérer la masse d’informations données au fil des séances (objectifs, consignes, tâches individuelles ou collectives) ;
  • les contraintes techniques ont parfois freiné la réalisation des travaux.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Rennes.

Académie de Toulouse

IEN et EG : Sabine ALIGÉ et Elsa BANCEL - Référente TraAM : Catherine ERCOLI

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail est constitué de onze personnes (dont deux présentes sur deux projets différents) travaillant sur cinq établissements répartis dans différents départements de l’académie, encadrés par les inspecteurs de langues et d’arts appliqués.

Les projets ont été menés en interdisciplinarité et en interlangue anglais-espagnol en lycées professionnels. Chaque équipe d’enseignants a travaillé sur des séquences mettant en œuvre l’utilisation du numérique « afin d’explorer comment le numérique permet de mettre l’entrée culturelle au cœur de l’enseignement des langues ». Les TraAM de l’académie de Toulouse ont eu pour thème « Immersion et réalité virtuelle : à la découverte de différents univers et de nouvelles cultures grâce au numérique et en particulier aux lunettes immersives ».
Il est utile de préciser que l’académie est impliquée dans un projet incubateur entre le ministère, la recherche et des lycées professionnels de l’académie, il s’agit du projet Aplim (Apprentissage des langues par immersion). L’un des projets présentés par le groupe a pu être réalisé grâce aux moyens alloués par le rectorat aux établissements dans ce cadre : matériels, formation, accompagnement et encadrement de l’équipe.

Le travail mené par les différentes équipes dans le cadre des TraAM repose sur la mise en œuvre de séquences pédagogiques incluant l’utilisation du numérique afin d’observer « comment ce dernier permet de favoriser l’entrée culturelle ». Il s’agissait également d’analyser les plus-values et les freins de cette utilisation selon deux axes :

  • la progression de l’élève dans l’utilisation du numérique ;
  • le travail collaboratif au service de l’ouverture culturelle.

Projets menés

  • « American Women » : un projet de réalisation de bande-annonce sur le modèle d’une série TV mettant en scène des femmes en difficulté et création d’une vidéo mettant en avant des femmes célèbres américaines engagées dans un contexte actuel (photographies et incrustations de portraits scénographiés et citations lues par les élèves). La mise en place du projet a réuni deux enseignantes d’anglais et deux enseignantes d’arts appliqués en lycée professionnel.
  • « Réalisation d’une webradio » : un projet interdisciplinaire espagnol, anglais, français, par le biais du cinéma et de la diffusion d’une émission de radio réalisée par les élèves en anglais et en espagnol, à Radio Occitanie en mai 2019.
  • « Je filme le métier qui me plait : Pâtissier 3.0 en Couserans » : un projet interdisciplinaire anglais, espagnol, cuisine avec une classe de Mention Complémentaire Cuisinier en dessert de restaurant. Il s’agissait de participer au concours « Je filme le métier qui me plaît ».
  • « Visit our vocational high schools in 360° ! » : un projet mené sur cinq établissements avec des professeurs d’anglais, d’espagnol et d’allemand. Dans chaque établissement a été réalisée une séquence d’apprentissage visant à réaliser une visite en 360° à l’aide de smartphones et de caméras 360, des lieux importants des lycées professionnels. Chaque élève a été responsable d’une partie de la visite, réalisant en groupes les prises de vue, les interviews des personnels en langue étrangère, les commentaires audio et écrits pour chaque lieu.

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

La progression des élèves dans l’utilisation du numérique

À l’issue de l’ensemble des projets menés, les équipes ont pu noter de nombreux effets bénéfiques sur le travail et la progression des élèves.

Grâce aux très nombreux outils numériques utilisés dans les quatre projets (l’un d’entre eux n’ayant pu être mené à bien), les élèves ont beaucoup appris dans le domaine du numérique, comme être capable de réaliser une prise de vue en 360 et/ou un montage vidéo utilisant deux logiciels différents.

L’utilisation d’outils numériques dans le cadre des séquences pédagogiques a été facteur de motivation pour un grand nombre d’élèves. Cette motivation s’est traduite par une plus grande implication dans les apprentissages, à la fois dans la classe et hors la classe. L’aspect ludique de certains outils numériques a ainsi permis de motiver des élèves parfois réticents à l’apprentissage d’une langue étrangère. Il s’est agi d’une véritable « révélation » pour certains d’entre eux qui trouvaient enfin un « sens » à leur apprentissage car il correspondait à leur univers.

L’utilisation du numérique a favorisé la cohésion et l’entraide entre les élèves. En effet, les élèves étant « tournés » vers l’outil informatique, ils privilégiaient la relation d’aide entre pairs (compétence de médiation). On a constaté un gain de confiance. Chaque élève a eu la possibilité de trouver sa place au sein du groupe en fonction de ses compétences : des compétences du XXIe siècle que les élèves doivent acquérir pour pouvoir s’intégrer socialement et professionnellement, sans parler de la réalisation de leur futur « chef-d’œuvre » dans le cadre de la transformation de la voie professionnelle.

De plus, il a été constaté que le numérique permet un partage des productions quasi instantané, ce qui est source de motivation et d’implication car chacun contribue à l’avancement du projet et collabore à sa régulation. L’utilisation d’outils numériques est en effet stimulante.

Le travail collaboratif au service d’une ouverture culturelle, linguistique… et humaine

Le fonctionnement en pédagogie de projet est une plus-value pour les élèves. Ils sont plus responsables et gagnent en autonomie. L’élève devient plus adaptable, capable par exemple de collaborer avec une autre classe.

Les apprentissages linguistiques sont mis en valeur car ils deviennent nécessaires pour mettre en œuvre un projet concret et innovant : c’est une source de motivation pour les élèves. Ils ont fait des progrès sur le plan linguistique. Leur mémorisation, parfois difficile pour des élèves de LP, s’en est trouvée améliorée.

De plus, il a été constaté que les élèves ont gagné en autonomie grâce à une rapide appropriation des outils permettant des productions de qualité. Ce bénéfice est double puisque l’autonomie relative des élèves permet à l’enseignant d’avoir plus de temps pour aider et répondre aux besoins particuliers. Le développement de l’autonomie est un facteur important, à la fois dans la perspective de l’intégration professionnelle future et/ou de la poursuite d’études. Savoir travailler « en équipe » l’est tout autant.

Enfin, l’utilisation du numérique a été utile pour la compréhension et l’expression orale. En effet, les différents projets ont permis une pratique de l’expression orale, soit continue, soit en interaction, dans des conditions totalement authentiques. Les élèves ont montré moins de timidité suite aux activités réalisées et ont gagné en fluidité.

L’échange avec d’autres établissements et d’autres pays est à la fois motivant pour l’étude de la langue, la situation de communication devenant totalement authentique, mais également pour la découverte culturelle. Le produit final (visite d’un établissement en 360° par exemple) met en valeur le travail et les efforts des élèves car il a vocation à être montré lors des journées portes ouvertes des établissements par exemple.

Un nouveau monde culturel s’est en effet ouvert aux élèves : accès aux effets spéciaux, techniques cinématographiques, découverte d’un festival de cinéma en VO sous-titrée ou audiodescription (pour les élèves mal voyants), ouverture culturelle et sociale avec rencontre de réalisateurs et d’acteurs espagnols (dont certains étaient aussi en situation de handicap), mais aussi découverte du street art, des femmes américaines et de leurs droits, Trump et les femmes, l’Obamacare, San Francisco et le Women’s Building, la réussite des femmes engagées, découverte du mouvement « Me too » et de sa fondatrice Tarana Burke. Ces séquences leur ont, par exemple, permis la découverte et la rédaction d’un synopsis, puis d’un storyboard.

Il est noté une réelle ouverture à l’autre et une amélioration au niveau du savoir-être. La sensibilisation au handicap, dans le cadre du festival Cinespaña, leur a permis de découvrir « un autre monde », avec des gens « différents », et de s’adapter à eux. L’élève s’est ainsi positionné différemment. L‘estime de soi s’en est trouvée améliorée avec un « individu » revalorisé. L’élève est devenu un « élève citoyen » (débat sur l’inclusion) européen (élèves anglais et allemands).

Le travail collaboratif élèves-enseignants

Avec le numérique, la relation entre l’élève et l’enseignant évolue. L’enseignant organise, pilote et coopère. Il se détache de sa posture de face-à-face pour se mettre aux côtés des élèves afin de guider, d’accompagner et de conseiller. Il arrive même que les élèves puissent partager leurs savoirs et leurs compétences numériques.

Même si le travail de groupe et l’évaluation peuvent apparaître plus délicats, le numérique ouvre un espace de liberté propice à la créativité à la fois pour les élèves et les enseignants.

Les échanges entre enseignants sont également une source de motivation et d’enrichissement personnel et professionnel. Ils permettent aux élèves de mieux percevoir la pertinence de leurs apprentissages.
Enfin, l’enseignant tient le rôle d’un chef de projet et intervient avec les élèves dans une relation de coopération visant à faire évoluer le projet. Ce positionnement permet de réinventer la relation prof-élève et améliore les apprentissages.
Chaque équipe participant à cette analyse a constaté que l’utilisation du numérique a favorisé une plus grande mutualisation et a dynamisé les partages et les échanges. Cela a créé une certaine émulation.

Les freins et les solutions envisageables

Le bilan montre que les freins peuvent être multiples, mais de nombreuses solutions sont envisageables pour mener à bien les projets.

D’abord, nous avons constaté que les problèmes techniques sont source de difficultés dans l’animation des séquences, soit pour des raisons de connexion ou de panne de matériel. Également, nous notons que certaines applications en ligne ont contraint les élèves à créer un compte personnel, ce qui peut parfois poser problème. Dans la mesure du possible, on privilégiera des applications sans connexion nominative : par exemple la possibilité de créer un « compte classe ».

Ensuite, la posture de l’enseignant travaillant en projet et avec le numérique peut être source d’appréhension car cette configuration d’enseignement est « déstabilisante ». Une solution est de travailler sur de courtes tâches afin de mieux gérer cette appréhension et en même temps habituer progressivement les élèves à un fonctionnement moins vertical.
De nombreux élèves n’ont plus l’habitude de travailler en dehors du cours et l’enseignant peut les inciter à cet effort et à cette implication par le biais du numérique. De ce fait, le numérique perd de son attrait ludique et il faut donc agir sur la motivation par d’autres moyens. Il y a également eu une certaine difficulté à maintenir la langue cible comme outil de communication.

Enfin, les activités paraissent plus complexes à évaluer. Cette difficulté peut facilement être contournée en précisant dès le début de la séquence les rôles de chaque participant, ainsi que les critères d’évaluation afférents. Il y a aussi la possibilité de varier les formes d’évaluation : autoévaluation, évaluation formative, évaluation individuelle, évaluation collective, évaluation des compétences, évaluation de l’investissement… Ce travail a nécessité une réflexion sur l’utilisation spatiale et temporelle de la classe, ainsi que sur le travail dans et hors la classe.

Un travail interdisciplinaire, entre enseignants de cycles, d’établissements et même de pays différents est possible grâce au numérique. Cela ouvre de nombreuses possibilités de collaborations.

Le frein le plus important reste toutefois les contraintes liées au temps de concertation, mais Internet permet dans le même temps de contourner les contraintes d’espace en offrant la possibilité de collaborer à distance.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Toulouse.

Académie de Versailles

IA-IPR : Christina AGUIBETOV - Référent TraAM : Katrin GOLDMANN

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’académie de Versailles participe pour la sixième fois aux TraAM. Pour l’année 2018-2019, l’équipe a expérimenté dix scénarios pédagogiques à forte dimension culturelle autour d’un même thème d’étude : « la ville ».

Ce thème a été décliné de diverses manières en fonction de son ancrage culturel dans la langue étudiée et de l’aire géographique du pays où cette langue est parlée. Chaque scénario fait appel à l’usage du numérique en pointant les plus-values de cet usage. Bien que déclinées dans une langue en particulier et en appui sur le choix d’une ville de l’aire géographique et culturelle correspondante, les démarches restent transférables à d’autres langues et chaque scénario peut ainsi servir d’impulsion à la création de nouvelles séquences.

Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Le numérique, un atout pour la langue

Le numérique contribue au développement des activités langagières d’expression écrite et orale, tout en facilitant la mise en place d’une différenciation des processus d’apprentissage. Les différents outils utilisés dans le cadre des travaux permettent de mieux différencier les activités langagières travaillées, même s’il convient de ne pas les scinder totalement. Outre le fait qu’ils offrent des supports plus visuels et plus attractifs, ils favorisent la collaboration entre élèves, l’échange et la mutualisation au sein de la classe. La mémorisation est stimulée par les liens que les élèves établissent autour de comparaisons, en s’appuyant par exemple sur les ressemblances et les différences entre ville étudiée et chez nous.

Si, pour un élève, le fait de parler en son propre nom et d’être un véritable acteur social en classe relève sans doute davantage de la qualité pédagogique et didactique du projet lui-même que de l’usage du numérique, il est incontestable que le recours aux supports numériques et aux outils de communication et de création numériques constitue un levier supplémentaire pour mettre en œuvre une démarche actionnelle dans la classe.

Les projets de production créative, comme l’écriture d’un journal, l’élaboration d’une émission de radio ou de TV, mobilisent davantage les élèves en les engageant dans un travail personnel qu’ils poursuivent volontiers en dehors de la classe.

Le numérique, un atout pour fédérer

Le numérique facilite aussi la communication et les relations entre les différents acteurs pédagogiques. Par exemple, lors du voyage scolaire à Berlin, le professeur et les élèves ont régulièrement partagé des photos via WhatsApp, permettant alors aux parents de suivre en direct les visites. Ainsi, un lien peut s’établir non seulement avec les parents des élèves, mais aussi avec les équipes pédagogiques qui prennent connaissance du projet à distance. Le numérique peut ainsi jouer un rôle fédérateur au sein d’un établissement scolaire.

La forte dimension culturelle induite par le thème retenu, celui de la ville, a été bénéfique aux projets et aux échanges. Les élèves se sont adressés à divers interlocuteurs pendant et après les cours. Ils ont posé des questions aux professeurs d’autres disciplines pour compléter ou approfondir un point ; le thème de la ville est assez ouvert pour permettre et même encourager cette démarche interdisciplinaire (l’architecture vue en arts, les politiques d’urbanisme en histoire-géographie, etc.). Tout en gardant leurs spécificités, plusieurs disciplines profitent des retombées directes de ces séquences à ancrage culturel transversal et, concrètement, le numérique permet des échanges plus rapides, plus efficaces et avec mutualisation des traces écrites. Ils ont également pu échanger avec des interlocuteurs étrangers : certains élèves, de leur propre chef, ont contacté une association chargée des manifestations culturelles de leur ville pour la période du carnaval par mail pour connaître le programme.

Le numérique, un atout pour développer les compétences de tous

Le recours au numérique permet aussi une immersion « grandeur nature » grâce aux outils de réalité augmentée et aux visites virtuelles qui plongent les élèves au cœur des villes, facilitant ainsi la découverte d’une réalité géographique ou historique singulière. Grâce aux outils de storymapping et aux cartes interactives, les élèves sont plus étroitement confrontés à la dimension géographique et sociale des espaces urbains. Les séquences proposées ont contribué au développement de compétences transversales en permettant à tous de manipuler les outils numériques et de se représenter au plus juste le monde et l’activité humaine.

La bonne prise en main de certains outils peut demander aux enseignants et aux élèves un temps et des efforts plus ou moins conséquents en fonction du niveau de maîtrise de chacun, mais le bénéfice pour la dynamique de classe et l’investissement de tous est tel que les équipes encouragent chacun à tenter l’expérience.

L’utilisation du numérique suppose des équipements et des outils dont les établissements ne disposent pas toujours pour des raisons budgétaires et dont le fonctionnement n’est pas infaillible. La plupart du temps, l’équipe a eu recours à des outils gratuits qui, malgré leurs limites en termes de confort et de possibilités, permettent tout de même d’intégrer le numérique dans les séquences pour le plus grand bénéfice des élèves.

Lorsqu’il correspond à un choix motivé et pertinent pour atteindre des objectifs précis, le recours aux outils numériques, dans le cadre d’une séquence pédagogique construite avec réflexion et cohérence, apporte une véritable plus-value pour les apprentissages des élèves.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Versailles.