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Réseau et animation nationale

Introduction

Le séminaire des interlocuteurs académiques pour le numérique (IAN) de physique-chimie s’est déroulé cette année dans l’académie de Paris les 23 et 24 mai 2018 au lycée Montaigne. Les référents TraAM (Travaux académiques mutualisés) des académies d’Aix-Marseille, Amiens, Clermont-Ferrand, Lyon, Nantes, Nancy-Metz et Orléans-Tours étaient invités à présenter leurs travaux 2017-2018 finalisés.


Ouverture du séminaire

Joël Bianco, proviseur du lycée Montaigne, a accueilli l’ensemble des participants dans son établissement parisien et présenté sa vision du numérique comme un levier pour rendre les élèves acteurs de leurs apprentissages, mais aussi comme un élément indispensable pour faire travailler ensemble les différents acteurs de la communauté scolaire. Il a en particulier précisé que le numérique permettait, dans son établissement, un travail collaboratif efficace.

Jean Aristide Cavaillès, inspecteur général de l’Éducation nationale, groupe de physique-chimie, a ouvert le séminaire en remerciant Monsieur le proviseur ainsi que l’ensemble de la direction du numérique pour l’éducation (DNE) pour l’organisation de ce séminaire. Il a introduit son propos en précisant les missions des IAN, notamment sur l’accompagnement des collègues et le travail de diffusion des pratiques innovantes, puis a poursuivi son propos sur les deux axes suivants.

  • Programmation et codage en physique-chimie : pourquoi ?

La programmation, qui est une composante essentielle de l’activité du physicien et du chimiste, professionnel ou en formation, nous intéresse en particulier en ce qu’elle développe des compétences utiles aux enseignements de physique-chimie. Il s’agit d’une idée très ancienne (on trouve des publications sur le sujet dès 1968) qui s’impose à nouveau aujourd’hui du fait du développement des compétences informatiques des élèves, notamment au collège, et de l’évolution de la nature des activités de codage (adaptation de code existant, langages par blocs…). Jean Aristide Cavaillès nous a invités à nous interroger dès à présent sur la place qu’il est souhaitable d’accorder à la programmation et au codage dans nos apprentissages et à identifier les activités où la pensée algorithmique est le mieux à même de faciliter l’apprentissage et la maîtrise des notions de physique-chimie.

  • Le règlement général sur la protection des données (RGPD) : quelles conséquences ?

Le règlement général sur la protection des données (RGPD), applicable dans toute l’Union européenne depuis le 25 mai, n’est pas, comme on a pu le lire, une révolution en matière de protection des données personnelles, mais introduit des évolutions juridiques importantes que l’on ne peut ignorer dès lors que l’on utilise en classe des logiciels susceptibles de traiter des données concernant les élèves. Le RGPD a pour objectif d’assurer une meilleure protection de ces données et se place dans une logique de responsabilisation des acteurs (le régime de déclaration préalable à la CNIL disparaît). Il impose en particulier un devoir de transparence et d’information accru aux responsables de traitement qui, dans les EPLE, sont les chefs d’établissements. Les IAN, amenés à accompagner des équipes dans l’utilisation d’outils numériques, doivent contribuer à sensibiliser les enseignants à prendre en compte cette réglementation ; celle-ci ne constitue en aucune façon un obstacle à l’innovation dans le domaine du numérique éducatif mais vise à mieux garantir le respect du droit à la vie privée de leurs élèves.

L’académie de Paris : physique chimie et numérique

Philippe Taillard, directeur académique au numérique (DAN) de l’académie de Paris, est venu présenter la politique académique en ce qui concerne le numérique. Celle-ci s’organise autour de trois missions :

  • développer les usages et enrichir les enseignements ;
  • équiper les établissements ;
  • acculturer les personnels d’encadrement et accompagner les projets.

Elle s’appuie sur un réseau constitué d’une dizaine de conseillers, d’un référent numérique par établissement (surtout centré sur les usages pédagogiques) et d’une vingtaine de groupes de travail disciplinaire numérique (Giptic) composé de sept à huit enseignants coordonnés par un IA-IPR.

En ce qui concerne les spécificités de l’académie de Paris, on retiendra Vidéolib, la plateforme académique de mutualisation de vidéos pédagogiques, mais aussi le dispositif Ma cl@sse ouverte où l’enseignant qui dispose d’une pratique éprouvée et riche du numérique ouvre sa classe pour accueillir des collègues qui souhaitent observer. Autre spécificité : JAINE, la Journée académique de l’innovation et du numérique éducatif à laquelle plus de 1 000 personnes ont participé.

Nicolas Jury, IA-IPR de l’académie de Paris et Guillaume Serwar, IAN de l’académie, ont présenté les spécificités de la physique-chimie dans ce dispositif en insistant sur la dynamique créée par la mise en place des TraAM auxquels Paris a participé en 2016-2017 et 2017-2018, mais aussi le rôle du Giptic de physique-chimie pour diffuser les pratiques numériques vers les collègues de l’académie, avec en particulier le dispositif « Le numérique et ma discipline ». Deux groupes disciplinaires, le groupe lycée et le groupe collège, nourrissent les publications sur le site académique, notamment avec les évaluations de 2de ou celles de sciences et technologie de fin de cycle 3.

Intervention de la direction du numérique pour l’éducation (DNE)

Corinne Martignoni, DNE-A1, a présenté le gestionnaire d’accès aux ressources (GAR) qui accompagne le développement des usages des ressources numériques à l’École. Le GAR garantit la protection des données à caractère personnel des élèves et des enseignants. En cette fin d’année scolaire 2017-2018, 274 établissements sont connectés à cette plateforme qui permet, via un identifiant unique, de gérer les ressources numériques disponibles pour les élèves et les enseignants d’un établissement. Pour plus d’informations : « Le GAR, c'est quoi ? ».

Pascale Montrol-Amouroux, chef du département du développement des usages et de la valorisation des pratiques (DNE A2), a commencé son intervention en soulignant la nécessité de la mutualisation académique des équipes pédagogiques et du rôle central joué par la DANE dans chaque académie. Elle a poursuivi son intervention par la présentation du référentiel européen des compétences numériques Digcomp (PDF, environ 3,6 Mo), puis celle de la plateforme d’auto-évaluation et de validation des compétences numériques PIX avec un référentiel de 5 domaines et de 16 compétences, ainsi que la présentation du projet Archiclasse pour accompagner les établissements dans la transformation de l’organisation de l’espace classe.

Christine Trabado, département du développement et de la diffusion des ressources numériques (DNE-A1), a informé le réseau des IAN de la rénovation importante des différentes Édu’Bases et de la mise en ligne prochaine de la nouvelle interface de l’Édu’Base générique. Elle a aussi présenté les évolutions d’Éduthèque, puis les statistiques du portail national physique-chimie.

Conférences et travail en atelier

Étienne Klein, directeur de recherche au CEA, a tenu une conférence passionnante sur la question de l’instant zéro, nous amenant à nous interroger sur la façon dont la science moderne est née, sur le rôle des données et sur l’enseignement des sciences dans sa globalité. En effet, les ondes gravitationnelles ont été détectées en 2016 alors qu’elles avaient été prévues par la théorie d’Einstein en 1916 avec à cette époque peu de données sur l’Univers. De nombreux ordres de grandeurs, d’exemples judicieusement choisis et de réflexions autour d’expériences de pensée de Galilée et d’Einstein ont permis de faire avancer les connaissances et réflexions de chacun sur ce sujet complexe.

Alain Le Rille  et Adeline Fon,professeurs et membres du Griesp (groupe de recherche et d’innovation en sciences physiques), ont présenté leurs travaux 2017-2018 : programmation et codage en physique-chimie. Parmi les nombreux exemples proposés, on retiendra celui permettant de modéliser une trajectoire en ajustant des paramètres pour qu’une courbe théorique passe au plus près des points expérimentaux ou celui permettant d’automatiser un processus lourd à traiter « à la main ». Ils ont ainsi montré l’intérêt scientifique de l’informatique en physique-chimie. Un aspect plus technologique a aussi été présenté, consistant à récupérer des mesures faites par des capteurs ou utiliser un convertisseur analogique numérique et même faire réaliser du matériel scientifique. Les activités proposées en chimie/mécanique/ondes et signaux et instruments seront publiées en octobre-novembre 2018. Pour en savoir plus, voir la page Éduscol.

Quatre ateliers ont été proposés lors de ces journées, les diverses contributions sont à la disposition des IAN sur l’espace Pleiade dedié.

  • Atelier 1 : L’esprit critique en science avec des exemples de fake news.
  • Atelier 2 : Quelle place pour les humanités numériques dans l’enseignement de physique-chimie ?
  • Atelier 3 : Échange autour de l’évolution de la pratique de la classe inversée.
  • Atelier 4 : À vous de jouer ? Escape Game et jeux numériques.

Les Travaux académiques mutualisés de l’année 2017-2018

La présentation des travaux académiques mutualisés 2017-2018 par les référents TraAM et les IAN des académies de Lyon, Nantes, Amiens et Nancy, Aix-Marseille, Clermont-Ferrand et Orléans-Tours a permis, comme tous les ans lors du séminaire de physique-chimie, de partager le travail de chaque groupe et de voir la grande richesse des productions réalisées cette année sur le thème « Usages d’outils numériques pour évaluer, mesurer, visualiser, produire des objets ».

L’ensemble des productions est à retrouver sur Éduscol.