Les filles faites des sciences

Les femmes sont encore trop peu nombreuses à s’engager dans une carrière scientifique. Pourtant, celles qui osent et tentent leur chance sont courtisées par les écoles d’ingénieurs, les facultés de sciences et les recruteurs. Un travail sur l’orientation permet d’inciter les filles à s’engager dans des carrières scientifiques. Un des leviers utilisés ici pour lever les réticences est de présenter des femmes travaillant dans les sciences du numérique.

Mis à jour : octobre 2021

Les filles font des maths !

12 portraits de chercheuses, enseignantes-chercheuses et ingénieures dans les sciences du numérique

L’institut des sciences de l’information et de leurs interactions (INS2I) du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publie une bande dessinée qui nous emmène à la découverte de 12 femmes scientifiques, « Les décodeuses du numérique », travaillant dans le monde du numérique.

Ces portraits peuvent être un support pour la découverte professionnelle dans les parcours Avenir au collège ou pour l’accompagnement personnalisé au lycée, mais ils peuvent également être un appui pour les cours de mathématiques et de sciences et techniques industrielles. Dix fiches pédagogiques sont consultables pour accompagner la lecture. Elles concernent à la fois la connaissance du domaine numérique pouvant être travaillé au cycle 4 et des notions d’algorithmique étudiées en seconde générale et technologique ou des domaines plus inattendus comme la biologie.

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Des initiatives pour valoriser les parcours scientifiques pour les filles

Depuis plus d’un an maintenant, les associations Femmes et mathématiques et Animath, en collaboration avec la Fondation Blaise Pascal, proposent des journées « Filles, maths et informatique : une équation lumineuse ! ». Elles se déroulent un peu partout en France et permettent de valoriser les parcours scientifiques pour les filles, parcours où elles sont très nettement sous représentées. Lors de ces journées, les filles volontaires peuvent se tenir informées sur les métiers liés aux mathématiques et à l’informatique au travers d’une conférence, d’un atelier, d’un speed-meeting et d’une pièce de théâtres-forum.

Par ailleurs, des brochures, des posters et de très nombreuses ressources sont mises à disposition de tous, aussi bien parents, élèves qu’enseignants afin de mieux informer et accompagner les filles dans leur démarche de poursuite d'études scientifiques.

Pour les lycéennes, des « Rendez-vous des jeunes mathématiciennes et informaticiennes » se tiennent régulièrement. Pendant quelques jours, on y travaille sur des problèmes réels en mathématiques ou en informatique. Ce sont des lieux d'échanges et de rencontres qui permettent de nourrir activement leur réflexion sur leur poursuite d’étude.

Des exemples de modèles féminins

Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna, prix Nobel de chimie 2020

La française Emmanuelle Charpentier et l’américaine Jennifer Doudna ont obtenu conjointement le prix Nobel de chimie 2020, récompensant leurs travaux sur les « ciseaux génétiques » CRISPR-Cas9. En offrant la possibilité d’intervenir directement sur l’ADN, cette technique révolutionnaire ouvre de nouvelles perspectives, entre autres, pour l’édition du génome, la thérapie génique, mais aussi pour l’étude du cerveau.

Derrière l’acronyme complexe CRISPR-Cas9 se cache une innovation révolutionnaire : remplacer un gène par un autre ou le modifier. L’idée paraît de prime abord simple, et pourtant sa mise en œuvre est le fruit de près de trente ans de recherche réalisée conjointement par les équipes internationales d’Emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna. La technique CRISPR-Cas9 fonctionne comme des « ciseaux génétiques » : elle cible une zone spécifique de l’ADN, la coupe et y insère la séquence désirée.

Le journal du CNRS propose une réédition d’un article CRISPR-Cas9 : des ciseaux génétiques pour le cerveau consacré à leurs travaux.

Autres exemples

  • Cécile Martinat, cheffe de l’Institut des cellules souches pour le traitement et l’étude des maladies monogéniques (I-Stem) à Évry
  • Edith Heard, spécialiste mondiale de l’épigénétique, directrice du European Molecular Biology Laboratory, à Heidelberg
  • Delphine Delacour, de l’Institut Jacques-Monod, son équipe cherche à faire croître des cellules sur des puces biomimétiques
  • Esther Duflo, prix Nobel d’Économie 2019 et inauguratrice de la première chaire internationale « Savoirs contre pauvreté » au Collège de France

Gitanjali Rao, jeune scientifique de 15 ans

Gitanjali Rao est une jeune fille américano-indienne de 15 ans qui peut être une source d’inspiration pour nos élèves en plein questionnement sur leur orientation.

Gitanjali Rao a été élue « enfant de l’année » par le « Time Magazine » suite à différents travaux comme :

  • la création d’une application pour lutter contre le cyberharcèlement ;
  • la réalisation d’un capteur connecté permettant de détecter si l’eau du robinet est contaminée par du plomb.

Ce dernier projet peut être pertinent pour susciter une situation déclenchante dans le cadre d’une séquence de technologie en cycle 4.

En 2017 la ville de Flint (Michigan) est touchée par une contamination au plomb de l’eau potable. Alors âgée de 12 ans, Gitanjali développe Tethys, un capteur à base de nanotubes de carbone permettant de détecter très rapidement, et à faible coût, la présence de plomb dans l’eau. Communiquant par l’intermédiaire d’une liaison Bluetooth avec un smartphone, une application permet ensuite d’analyser les données issues du capteur et déterminer si l’eau est contaminée.

Consultez la présentation (en anglais) de son invention lors d’une émission de télévision : Meet the 11-year-old who developed a new method of testing for lead in water.

L’accompagnement à l’orientation

L’accompagnement à l’orientation est une priorité. Il est intégré dans le cadre d'heures dédiées à l'orientation aux différents niveaux :

  • au collège : 12 heures annuelles en classe de quatrième et 36 heures annuelles en classe de troisième ;
  • au lycée général et technologique : 54 heures annuelles en lycée général et technologique ;
  • en voie professionnelle sous statut scolaire : 265 heures sur trois années.

À consulter

Sur le site de l’ONISEP

Filles et sciences : 5 idées reçues

Osez et faites des sciences !

Association Femmes & Sciences

Site de l’association Femmes & Sciences