Éduscol

Développement des pratiques en académie

TraAM 2014-2016 (année 2)

La thématique pour la période 2015-2016 est « Capacités et "moments numériques" au collège, au lycée et au lycée professionnel ».

Les TraAM en 180 secondes

La thématique pour la période 2015-2016 était « Capacités et "moments numériques" au collège, au lycée et au lycée professionnel ». Chaque usage est testé et analysé. Chacun peut ainsi accéder à une démarche raisonnée et raisonnable présentant aussi bien les plus-values que les moins-values. Ces plus-values, globalement, peuvent être transcrites sous la forme de ce schéma.

Schéma illustrant les apports du numérique

Les questions du transfert et d’appropriation sont toujours aussi fondamentales dans les réflexions menées. Pour cette raison, les académies proposent une production accompagnée, bien évidemment, de l’analyse des pratiques, mais également d’une captation vidéo et d’un didacticiel portant sur l’outil ou la ressource numérique. Ainsi des TraAM en 180 secondes, plus justement des vidéos généralement de 5 minutes, sont associées à ces usages. Il faudra regarder avec intérêt des productions d’élèves autour de l’analyse d’affiche de propagande. Des travaux montrent également comment, en quatrième, l’outil numérique Cube creator est utilisé pour l’appropriation des repères historiques de la Révolution française.

L’écriture collaborative à partir d’un corpus documentaire est facilitée afin de raconter l’histoire d’un esclave africain au XVIIIe siècle (vidéo .mp4, 1 min 52 s). Professeur documentaliste et professeur d’histoire-géographie mettent en œuvre des moments numériques autour d’une remédiation sur les capacités lire, décrire et expliquer une carte (vidéo .mp4, 2 min 21 s). Ces moments s’incarnent également dans une forte mobilité afin de raconter le territoire.

Thématique

En 2014-2015, les travaux académiques mutualisés sur « Capacités et "moments numériques" » ont montré l’intérêt du numérique.

Les comptes rendus des académies d’Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Poitiers, Rennes, Strasbourg et Versailles ont en effet largement décrit ces plus-values :

  • Les situations où l’élève est acteur de son apprentissage
  • La mise en œuvre de situations d'apprentissage collaboratif
  • La motivation des élèves et la valorisation de leurs travaux
  • L’apprentissage de certaines connaissances
  • La démarche de brouillon, le droit à l'erreur et les remédiations immédiates
  • La continuité pédagogique ou un décloisonnement interne et externe

Afin d’approfondir les travaux engagés en 2014-2015, la thématique 2015-2016 reprend ce même sujet : « Capacités et "moments numériques" au collège, au lycée et au lycée professionnel ». Que ce soit dans les situations pédagogiques de travail individuel ou collaboratif, de travail autonome, guidé, les TraAM proposeront, en relation avec des capacités, un usage simple du numérique. Cet usage apportera une plus-value didactique et pédagogique et sera sur un temps de classe court. Il sera testé par un(e) professeur(e) disposant d'un palier de maturité numérique simple. La restitution de ces « moments numériques » sera sous la forme d'une courte captation. Précisons que parmi les attendus, les équipes devront proposer des productions en lien avec les ressources Éduthèque notamment.

Les équipes académiques

Le numerus clausus est fixé à huit académies :

Jean-Yves Loisy (Aix-Marseille), Anne-Sophie Mahiddine (Clermont-Ferrand), Pascal Meriaux (Lyon), Vincent Lahondere (Montpellier), Éric Fardel (Orléans-Tours), Lydia Combeaud-Lunel (Poitiers), Stéphane Moisan (Rennes), Christine Fiasson (Versailles).

Les acadéSchéma représentant les binômes et trinômes des académiesmies ont constitué des binômes et trinômes afin de tester les productions des académies partenaires ou d’apporter un regard croisé sur les productions.

Une première réunion de cadrage et de présentation des projets a eu lieu à Paris le 5 octobre 2015 au ministère de l'Éducation nationale. En février, les journées des interlocuteurs académiques pour le numérique (IAN) à Orléans ont accueilli les professeurs référents et ont été l'occasion de présenter des productions TraAM abouties. Une  réunion à distance le 27 janvier 2016 a permis de faire le point sur l'avancement des projets. Enfin, les équipes académiques ont utilisé la plateforme d'échange collaborative Pléiade.

Les bilans académiques

Au terme de cette année scolaire, chaque professeur référent a réalisé un bilan rendant compte des travaux mutualisés. Ce document est consultable sur les sites académiques. Ce bilan est organisé autour des entrées suivantes :

  • Membres de l'équipe (et coordonnées pour contact)
  • Analyse
  • Plus-values pédagogiques
  • Leviers, difficultés ou obstacles rencontrés, comment ont-ils été levés ?
  • Quelle évaluation des élèves ?
  • Quelles transformations sur le temps ? l'espace ? la relation enseignant - élève ? au sein de l'établissement ?
  • Quelles compétences ont été nécessaires à l'enseignant pour mener à bien ce projet ?
  • Quelles compétences numériques ce projet a-t-il permis d'acquérir pour l'élève ?  Quels domaines de culture numérique ?
  • Quelles connaissances ont été nécessaires à l'enseignant pour mener à bien ce projet ?
  • Quelles connaissances liées au numérique ce projet a-t-il permis d'acquérir pour l'élève ? Quels domaines de culture numérique ?
  • À quel type de publication d'élève ces TraAM donnent-ils lieu ? Quelles questions cela ouvre-t-il ?
  • Configurations requises pour optimiser ces pratiques pédagogiques
  • Suels sont les partenaires éventuellement sollicités ?

Les productions académiques

Les productions ont été mises en ligne sur les sites académiques. Les travaux  sont proposés selon les niveaux. Cependant, les démarches sont souvent transposables à l'ensemble des niveaux. Bonne lecture !

Des TraAM modulaires : Espaces, temporalités, acteurs

Pour cette partie 2 sur les « capacités et moments numériques », chacun s’accorde à souligner l’intérêt des classes mobiles ou des outils nomades.

Académie de Rennes : « L'utilisation d'outils fixes dans des salles multimédias, pensée comme une juxtaposition d'ordinateurs, bride le déploiement de temps numériques courts.
Les classes mobiles (chariots numériques) ou les outils nomades, en particulier les tablettes, rendent plus facile la mise en œuvre d'un "moment numérique court". Elles favorisent également le travail par groupes de trois ou quatre élèves et la mobilité ou la recomposition des groupes de travail.
Par ailleurs, l'utilisation de l'outil nomade sur un moment court relativise la place de l'outil au profit du dispositif pédagogique général, plus centré sur les objectifs d'apprentissage et beaucoup moins sur la technique.
L'enseignant n'a pas besoin d'être un expert des outils numériques qu'il fait utiliser aux élèves. Il laisse les élèves se les approprier et se faire le relai de leurs apprentissages entre eux. L'enseignant accompagne plus qu'il ne délivre un mode d'emploi et il découvre avec eux. Cette "pédagogie sur l'épaule" et "entre pairs" développe la confiance en eux des élèves. »

Académie de Poitiers : « Le collaboratif est plus facile à mettre en œuvre avec le numérique. Souvent l'outil fait qu'il n’y a pas besoin de faire de mise en commun. Au lycée, les élèves s'entraident facilement. Avec MyMaps, l’enseignant peut visualiser et vérifier le travail des élèves lorsqu'il le souhaite pour les aider en fonction de leur difficulté.
Ce type d'activités fait gagner du temps et permet de changer de routine pour les élèves. »

Académie de Clermont-Ferrand : « Tous les membres de l’équipe ont pris conscience de l’utilité que pourrait avoir classe mobile ou des outils nomades en nombre suffisant dans la mise en œuvre d’un usage simple du numérique sur un temps court de la classe. »

Académie de Montpellier : « À l’inverse, l’écran d’ordinateur est souvent un obstacle entre l’élève et le professeur, il prend davantage de place et nécessite une installation préalable que ne requiert pas la tablette numérique ou le smartphone. Mamady Sidibe qui utilise le téléphone portable avec ses élèves souligne que celui-ci "favorise (…) un travail individuel (prise de notes et mémorisation des idées essentielles), mais aussi collaboratif (préparation d'un court exposé)". Le binôme travaille à distance avec le smartphone pour échanger des notes, réfléchir au plan ; il peut solliciter le professeur par sms. À la lumière de leurs connaissances et des informations relevées dans le corpus, ils construisent sur leur smartphone, un court exposé pour répondre à la problématique.
[…]
Avec les moments numériques, le fonctionnement classique de la classe change : il n'y a plus de disposition frontale élèves-enseignant mais plutôt des dispositions en îlot ; de plus, l'enseignant est amené à circuler entre les élèves et les îlots pour discuter avec eux, les recadrer si nécessaire et améliorer ainsi les relations entre eux et avec le professeur. D'autre part, l'utilisation des TICE fluidifie les espaces (classe, extérieur de la classe...) en faisant tomber les barrières et en permettant aux élèves de comprendre le sens du mot flux qui, pour beaucoup, reste une expression floue car virtuelle.
Ces changements spatio-temporels contribuent à améliorer les relations entre les différents acteurs : les élèves entre eux et les élèves et leur professeur. »

Académie de Versailles : « De plus, les installations au sein de ces espaces spécifiques ne facilitent ni l’accueil d’une classe entière répartie en groupe, ni le travail collaboratif demandé aux élèves. L’exemple de la production n° 1 montre l’intérêt de pouvoir moduler le lieu où la séance numérique se déroule en fonction des besoins des élèves. L’usage du C.D.I. a, dans le cas de cet exemple, permis aux élèves de se répartir devant les ordinateurs disponibles, d’utiliser librement les tablettes tactiles mises à leur disposition et se regrouper pour mutualiser leurs idées au moment de la rédaction de la synthèse.
A contrario, les salles multimédias statiques dans le cas des trois autres productions (n° 2 à n° 4) permettent aux classes d’accomplir la tâche demandée mais ne facilitent pas les échanges entre les élèves ou avec le professeur. La réflexion autour des espaces d’enseignement et d’apprentissage apparaît ainsi particulièrement importante pour faciliter un usage régulier du numérique dans les séances pédagogiques. »

Conclusion

Ces remarques engagent à développer des réflexions et des usages sur ces outils nomades. « La nécessité de repenser les espaces physiques d’apprentissage pour associer et intégrer le numérique dans les temporalités de la classe. La mise en œuvre de ces projets nécessite la mise à disposition de tablettes tactiles au moins une pour deux élèves au sein de la classe. La démarche nécessite également une salle informatique et un accès internet stable et fiable. Plus encore, la démarche alterne usage du numérique et temps de travail non numérique qui invite à repenser les espaces d’apprentissage dans une dimension plus modulaire permettant d’associer ces temporalités. » (académie de Lyon).
La lecture des comptes rendus est riche d’enseignements. Elle révèle aussi l’implication forte d’équipes académiques pilotées par des professeurs référents et les corps d’inspection en relation avec les délégations académiques au numérique éducatif mais également avec des partenaires comme Canopé.
Des comptes rendus qui soulignent aussi le lien entre outil numérique et éducation au choix. Raisonnement et justification sont sollicités chez l’élève. Ce regard réflexif permet de travailler l’accès à la construction de la prise de décision. Et un professeur qui développe cette posture philosophique chez l’élève, c’est un supplément de liberté. Que ces professeurs soient remerciés.