Philosophie

« Repenser les humanités numériques : pour une pensée pré-humaine » par Marcello Vitali-Rosati

« On ne peut pas séparer pensée et être. En effet. Et cette pensée doit être incarnée. En effet. Mais cette pensée, doit-elle forcément être humaine ? Cette incarnation, doit-elle nécessairement se faire dans le corps d’un être humain ? Est-il vrai que nous ne connaissons d’autre forme d’incarnation que celle qui se donne dans les êtres humains ? Cette question se pose de façon particulière aujourd’hui. Je disais que l’on pourrait interpréter l’ensemble de l’histoire de la philosophie comme une tentative de sortir de l’opposition entre réalisme dogmatique et corrélationisme. Mais l’époque que nous vivons nous pousse à nous poser encore à nouveau la question…

28 octobre 2018

Présentation : « On ne peut pas séparer pensée et être. En effet. Et cette pensée doit être incarnée. En effet. Mais cette pensée, doit-elle forcément être humaine ? Cette incarnation, doit-elle nécessairement se faire dans le corps d’un être humain ? Est-il vrai que nous ne connaissons d’autre forme d’incarnation que celle qui se donne dans les êtres humains ? Cette question se pose de façon particulière aujourd’hui. Je disais que l’on pourrait interpréter l’ensemble de l’histoire de la philosophie comme une tentative de sortir de l’opposition entre réalisme dogmatique et corrélationisme. Mais l’époque que nous vivons nous pousse à nous poser encore à nouveau la question parce que les changements techniques qui la caractérisent reposent la question de l’humain, de son rapport au non humain, au machinique et au technique. Il ne s’agit pas de trouver des solutions inédites, ou de critiquer les grands gestes philosophiques du passé qui ont proposé des visions éclairantes du rapport entre le monde et l’accès au monde. Il s’agit plutôt de savoir de quelle manière, aujourd’hui, la question se pose concrètement et matériellement – et donc de prendre en compte la réalité historique sociale et culturelle dans laquelle nous vivons. C’est un premier pas pour considérer la matérialité de l’inscription. J’arrive ici à la thématique qui nous intéresse tous en tant que digital humanists. La notion de Digital Humanities pose en effet de façon renouvelée la question de la définition de l’humain et de son rapport avec la technique et les machines…»

 

À retrouver sur le site de Culture numérique : https://blog.sens-public.org/marcellovitalirosati/pour-une-pensee-prehumaine/