Éducation à l'alimentation et au goût

Les enjeux de l'éducation à l'alimentation et au goût en milieu scolaire

Le code de l'éducation (article L. 312-17-3) prévoit qu'une information et une éducation à l'alimentation et au gaspillage alimentaire soient dispensées en milieu scolaire. L'École est en effet un lieu privilégié pour permettre aux élèves d'aborder la totalité du fait alimentaire articulant les différentes dimensions de l'alimentation (nutritionnelle, sensorielle, environnementale et écologique, culturelle et patrimoniale). Cette éducation transversale répond tout à la fois aux enjeux de santé publique, environnementale et de justice sociale. 

L'importance d'une éducation précoce et durable embrassant la totalité du fait alimentaire

Pourquoi une éducation à l'alimentation à l'École ?

L'École, où les élèves passent 40 % de leurs temps, est un lieu privilégié pour engager des actions éducatives et pédagogiques participant à l'acquisition de comportements alimentaires favorables à la santé et responsables pour l'environnement.

Tous les élèves, de la maternelle au lycée, sont concernés.

Si un certain nombre de ressources éducatives visent le niveau primaire - car c'est un âge où ce type d'actions a le plus d'effets sur l'évolution des habitudes alimentaires -, l'éducation à l'alimentation dans les écoles, collèges et lycées peut être appréhendée par l'ensemble de la communauté éducative dans la totalité du fait alimentaire :

  • nutritionnelle ;
  • sensorielle, puisque l'éducation au goût est complémentaire de l'approche nutritionnelle. Cela favorise le plaisir de manger et des moments de partage propice aux échanges ;
  • culturelle et patrimoniale : les élèves peuvent découvrir, à travers l'étude de la gastronomie, un art de vivre, la découverte de pratiques culinaires différentes d'un pays à l'autre, la reconnaissance d'un patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO, etc. ;
  • environnementale et écologique : la gestion du gaspillage et des pertes alimentaires, les modes de production agricoles et leurs effets sur l'environnement, la sécurité alimentaire à toute les échelles, pour ne citer que ses aspects, constituent également un enjeu d'avenir dans le cadre d'une responsabilité collective.

Les professeurs d'économie, de géographie, de sciences de la vie et de la Terre (SVT), de prévention santé environnement (PSE), de langues vivantes, d'éducation physique et sportive (EPS), etc., peuvent conduire un ensemble de projets d'éducation à l'alimentation en lien avec les programmes d'enseignement et les autres acteurs intervenant au sein de l'établissement scolaire (adjoint économique ou gestionnaire, chef de cuisine, conseiller principal d'éducation, assistant d'éducation, infirmier, médecin, collectivité territoriale, producteur local, diététicien, association, etc.).
De nombreux projets peuvent également impliquer directement ou indirectement les familles des élèves. L'éducation à l'alimentation et la lutte contre le gaspillage alimentaire peuvent être des sujets abordés au sein des espaces parents.
À l'échelle de l'établissement, l'éducation à l'alimentation trouvera sa place dans la programmation d‘actions du comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), et peut constituer un axe du projet d‘école ou d‘établissement.

Une éducation transversale inscrite dans le cadre de la promotion de la santé, de l'éducation à la citoyenneté et de l'éducation au développement durable

L'environnement social, culturel et économique sont des facteurs qui interviennent sur l'état de santé des individus. Ces facteurs sont d'autant plus marquées que les personnes vivent dans des conditions socioéconomiques défavorables.

Le développement de la promotion de la santé en milieu scolaire constitue un levier d'amélioration possible dans la réduction des inégalités sociales et de santé.

La politique éducative de santé

Les orientations de la politique éducative de santé définies par la circulaire n° 2011-216 du 2-12-2011, s'appuient sur trois principes essentiels :

  • la mise en œuvre systématique de la démarche de projet adaptée aux réalités et aux besoins spécifiques de chaque école ou établissement ;
  • la responsabilisation de l'ensemble des acteurs du système éducatif (personnels d'inspection, de direction, d'enseignement, d'éducation, d'orientation, personnels administratifs, personnels techniques territoriaux des établissements d'enseignement) ;
  • l'ouverture aux ressources partenariales des établissements d'enseignement.

L'École promotrice de santé et l'éducation à l'alimentation et au goût

L'éducation à l'alimentation et au goût s'inscrit dans le cadre de la démarche École promotrice de santé, une mesure prévue par la stratégie nationale de santé (SNS) 2018-2022. 

Cette démarche consiste à inscrire dans le projet d'école ou d'établissement les actions de promotion de la santé. Toute la communauté éducative est concernée et peut mettre en oeuvre des mesures en lien avec leurs programmes d'enseignement et le socle commun de compétences, de connaissances et de culture, dans une approche territoriale au sens large. L'École promotrice de santé prend en compte les environnements socio-économiques des élèves afin de répondre à leurs principaux besoins. 

La communauté éducative, en lien avec le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), met en oeuvre un programme d'actions construit autour des besoins identifiés dans le cadre de la démarche d'une démarche projet.

Inscrire l'éducation à l'alimentation dans la démarche École promotrice de santé permet de répondre aux objectifs suivants :

  • faire acquérir aux élèves de bonnes habitudes d'hygiène de vie et de lutter contre la néophobie alimentaire ;
  • généraliser la mise en œuvre de l'éducation à l'alimentation en promouvant les activités physiques pour prévenir le surpoids et l'obésité ;
  • sensibiliser les élèves à l'adoption de pratiques et de consommations alimentaire responsables et durables : production, saisonnalité, territoires, patrimoine, cultures alimentaires, goût et spécificités des produits, métiers, etc. ;
  • lutter contre le gaspillage alimentaire.
Les élèves peuvent s'engager de manière volontaire dans la démarche en tant qu'ambassadeurs-santé en lien avec le CESC, le CVC ou le CVL. Leurs missions consistent à : 
  • participer à la réalisation du diagnostic d'établissement accompli en CESC ; 
  • proposer des thèmes ou actions de promotion de la santé ; 
  • sensibiliser leurs camarades sur des messages simples de prévention (promotion d'une activité physique ou sportive, intérêts d'une alimentation équilibrée, etc.) ; 
  • contribuer à la réflexion sur les espaces de vie scolaire en vue d'améliorer le bien-être des élèves. 
Les écoles et établissements qui s'engagent dans la démarche peuvent obtenir le label EduSanté
Une équipe académique référente pluricatégorielle, composée de personnels d'encadrement pédagogique, est chargée d'accompagner les équipes éducatives dans la mise en oeuvre de la démarche. 

Pour aller plus loin :

Télécharger le vademecum École promotrice de santé ; 

Consulter le portail Eduscol dédié mettant à disposition des ressources et des outils pour accompagner la communauté éducative ; 

 En savoir plus sur la démarche de labellisation.

L'éducation au développement durable

L'éducation au développement durable (EDD) prévue par le code de l'éducation constitue un contexte particulièrement intéressant pour travailler l'engagement des élèves, notamment en ce qui concerne des problématiques liées à l'alimentation : gestion des déchets, modalités de production et de transport, choix alimentaires, gaspillage alimentaire. 

Cette éducation transversale permet aux élèves d'appréhender le monde contemporain en tenant compte des interactions entre l'environnement, la santé, l'économie et la culture. Elle s'inscrit dans le contexte des 17 Objectifs de développement durable de l'Agenda 2030 (ODD 2030) des Nations Unies. 

Il est particulièrement important qu'en tant que futurs citoyens, les élèves expérimentent dans des situations concrètes la transition écologique et le développement durable. C'est par les projets pédagogiques mis en œuvre dans les écoles, les collèges, les lycées généraux, technologiques et professionnels et les structures spécialisées que cette approche empirique est rendue possible. Ainsi, l'engagement des élèves doit être encouragé afin de favoriser la prise d'initiative et les comportements écoresponsables.

En tant qu'éco-délégués (un élève élu par classe), les élèves peuvent proposer des projets pédagogiques. Leurs missions s'articulent autour des grands enjeux du développement durable et notamment autour de la réduction du gaspillage alimentaire, de la protection de la biodiversité et de la limitation de la consommation d'énergie au sein de l'établissement. 

Le déploiement de l'éducation au développement durable dans les écoles et les établissements  s'est déroulé en plusieurs phases : 2004, 20072011 et 2019.

Depuis 2013, la généralisation de l'éducation au développement durable se traduit par la possibilité pour chaque école ou établissement de mettre en oeuvre la démarche "E3D" (École ou Établissement en Démarche globale Développement Durable). Un label "E3D" peut être attribué aux écoles ou établissements qui s'engagent dans la démarche. 

Pour en savoir plus, consulter le portail dédié à l'Éducation au développement durable

Une démarche collective et interministérielle

L'éducation à l'alimentation fait partie des orienrations des programmes interministériels relatifs à la santé par l'alimentation et les pratiques et mode de consommations alimentaires.

Le programme national nutrition santé 2019-2023 (PNNS 4)


Consulter le PNNS 4
publié le 20 septembre 2019.

La politique nutritionnelle à l'École participe de la réussite scolaire et éducative en agissant sur des leviers de réduction des inégalités, notamment par l'offre alimentaire en milieu scolaire, l'éducation nutritionnelle et la lutte contre l'obésité. Elle est incluse dans la politique de promotion de la santé mise en œuvre dans les écoles et les établissements, dans le cadre de la mission d'éducation à la citoyenneté de l'école.
Le PNNS a pour objectif global l'amélioration de la santé de l'ensemble de la population en s'appuyant sur l'un de ses déterminants majeurs qu'est la nutrition, incluant alimentation et activité physique.
L'ensemble des mesures du PNNS vise à atteindre les objectifs quantifiés du Haut conseil de la santé publique (réduction du surpoids et de l'obésité, atteinte d'objectifs de consommation comme les 5 fruits et légumes, etc.). Pour cela, il s'appuie sur différents leviers que sont la modification de l'environnement alimentaire (réduction du sel, du sucre et des acides gras saturés dans les aliments, réduction de la pression marketing, amélioration de la qualité de l'alimentation en restauration collective), l'incitation à l'adoption d'un comportement favorable à la santé (diffusion de recommandations alimentaires, activité physique et sédentarité) et la prise en charge des pathologies.

Le programme national pour l'alimentation 2019-2023 (PNA 3)


Consulter le PNA 3.

L'objectif majeur du PNA est de « faciliter l'accès des plus jeunes à une bonne alimentation fondée sur le goût, l'équilibre entre les aliments et les rythmes des prises alimentaires, la convivialité dès l'école primaire, donner à chacun les moyens de connaître, accéder et apprécier la richesse de l'alimentation en France.

Le PNA s'articule autour de trois axes thématiques

  • la justice sociale,
  • la lutte contre le gaspillage alimentaire,
  • l'éducation alimentaire,

et deux axes transversaux

  • les projets alimentaires territoriaux,
  • et la restauration collective.

Consulter le PNAN.

Le PNA et le PNNS sont les deux principaux outils de la politique nationale de l'alimentation et de la nutrition portée par le gouvernement pour 2019-2023. Ils font l'objet d'un document de présentation commun dévoilé lors du Comité Interministériel de la Santé du 25 mars 2019 : le programme national de l'alimentation et de la nutrition (PNAN).

La loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable (EGAlim)

La loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable a été promulguée le 1er novembre 2018.

Elle poursuit trois objectifs parmi lesquels celui de favoriser une alimentation saine, sûre et durable pour tous, notamment en introduisant 50 % de produits durables ou sous signes d'origine et de qualité à partir du 1er janvier 2022 dans la restauration collective et en intensifiant la lutte contre le gaspillage alimentaire.
En lien avec les enjeux de l'éducation au développement durable, les élèves peuvent participer à des projets en lien avec la communauté éducative et la restauration scolaire sur le gaspillage alimentaire (Défi zéro gaspi alimentaire).

L'avis du Conseil national de l'alimentation


Télécharger l'avis n°84 du CNA.

Le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, en tant que membre de droit du CNA, a participé à la rédaction de l'avis n°84 « Éducation à l'alimentation » qui a été adopté en septembre 2019.
Cette thématique a été identifiée comme prioritaire par le CNA compte tenu des enjeux pour l'accès de tous à une alimentation favorable à la santé et à l'environnement, telle que définie dans l'avis n°81 du CNA (Alimentation favorable à la santé).

Le groupe de travail, réuni depuis février 2019 et coprésidé par le Pr Jean-Pierre Corbeau et le Pr Daniel Nizri, a identifié des actions phares et défini des priorités d'actions.
Ces priorités se retrouvent dans les 9 recommandations clés de l'avis n°84 et poursuivent deux ambitions :

  • une éducation à tous les âges de la vie pour rendre autonome et construire une vision globale de l'alimentation ;
  • une cohérence et une complémentarité des messages.
Mis à jour le 01 juillet 2020
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