2021 : Année Napoléon

Le 5 mai 1821 mourut Napoléon Bonaparte. Général de la Révolution devenu Premier Consul puis Empereur des Français, il est un personnage majeur de l’Histoire de France. Son parcours, ses actions, son héritage et les événements de son époque doivent être étudiés avec le recul nécessaire à toute démarche historique.

Mis à jour : mai 2021

Pourquoi commémorer Napoléon ?

Napoléon Bonaparte, personnage incontournable de l’Histoire de France, le plus connu dans le monde, a su laisser une empreinte profonde sur la société française et ses institutions, consolidant les acquis de la Révolution tout en cherchant à réduire les fractures qu’elle avait pu causer. En quelques années, il pose les jalons de l’État moderne et secoue la vieille Europe des rois en diffusant les principes de la Révolution française.

Commémorer n’est pas célébrer. Le verbe vient du latin « commemorare » qui signifie évoquer, faire mention ou se souvenir ensemble. Rappeler la mémoire ou les mémoires, en fait. Il n’a donc aucun sens positif ou négatif. La commémoration n’a pour objectif que de se rappeler, collectivement, des événements passés. Sur le plan éducatif, c’est l’occasion de profiter d’une actualité politique et médiatique pour mettre l’accent sur certaines parties de l’histoire, en enseignant « la vérité vérifiable et vérifiée » (Marc Bloch).

En s’appuyant tout particulièrement sur l’enseignement de l’histoire, apportant la contextualisation nécessaire, la commémoration officielle de la mort de Napoléon offre pour l’École l’opportunité d’aborder sous un angle interdisciplinaire, au-delà du parcours hors du commun de l’homme, la période charnière menant de la fin de la Révolution au retour des Bourbons sur le trône, pendant laquelle la France et l’Europe connurent des bouleversements profonds qui eurent des répercussions jusqu’à nos jours. Ainsi, si « l’aventure napoléonienne » peut apparaître comme un événement à part dans l’histoire, une parenthèse qui semble s’ouvrir en 1799 pour se refermer en 1815, elle s’inscrit en réalité dans le temps long.

À cette occasion, parce que la mémoire aussi est un objet d’histoire, on évoquera ainsi tant l’héritage et le mythe napoléoniens que ce qui constitue la « légende noire » des régimes consulaire et impérial.

L’événement : Il y a deux cents ans, la mort de Napoléon

Après son échec à Waterloo, Napoléon Ier, se livre à ses ennemis britanniques. Conduit dans l’île de Sainte-Hélène, où il passe près de six ans, sous bonne garde, entouré de quelques compagnons, il y meurt le 5 mai 1821. 

Dans ses Mémoires d’Outre-Tombe, Chateaubriand décrit, avec le lyrisme qu’on lui connait, la mort de Napoléon : « Au milieu des vents, de la pluie et du fracas des flots, Bonaparte rendit à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l'argile humaine ». Cette fin, « presque » solitaire, sur un rocher perdu à l’autre bout du monde, Napoléon ne l’a pas certes voulue mais il l’acceptée, car elle entrait dans ses calculs, lui permettant de quitter la scène comme un martyr et de servir ainsi sa légende.

Napoléon Bonaparte, un bilan contrasté

Le pouvoir personnel

Napoléon Bonaparte accède au pouvoir en abattant le régime du Directoire, à la fin de l’année 1799. Le système politique qu’il met en place est axé sur un pouvoir exécutif fort, officiellement collectif mais rapidement individuel. Avec l’instauration de l’Empire, il va progressivement évoluer vers un système monarchique.

Les « masses de granit »

Consulat et Empire sont la continuation et la stabilisation de la Révolution française. Napoléon Bonaparte et tous les acteurs politiques, administratifs et militaires du nouveau régime ont vécu la Révolution et certains d’entre eux y ont même joué un rôle important (Sieyès, Cambacérès, Talleyrand, Fouché, Massena…). Le Premier Consul (qui se présente comme « Empereur de la République » à compter de 1804) entend mener la Révolution à son terme en conservant tous les acquis et s’appuie en partie sur des travaux amorcés entre 1789 et 1799 pour ériger les « masses de granit » sur lesquelles va s’appuyer la France moderne. L’expression « masses de granit » a été employée par Napoléon lui-même pour désigner les institutions pérennes dont il entendait doter la France postrévolutionnaire.

Le rétablissement de l’esclavage

Sous l’Ancien régime, une partie de l’économie s’appuie sur la production coloniale, laquelle dépend du commerce triangulaire. En 1794, la Convention a supprimé l’esclavage mais peine à faire appliquer cette décision dans toutes les colonies. Pour tenter de récupérer le contrôle sur ces territoires, et tout en envoyant des troupes pour les reconquérir, le régime consulaire fait le choix, en 1802, de revenir sur cette abolition.

Napoléon et l’Europe

À son arrivée au pouvoir, Napoléon Bonaparte « hérite » d’une France étendue à ses frontières « naturelles » (vieux rêve des Bourbons réalisé par une Révolution conquérante), la « Grande Nation », protégé par un glacis d’États satellites, les « républiques sœurs » (batave, helvétique, cisalpine, ligurienne…) qu’il se doit de consolider, le conduisant à des conflits incessants. La France consulaire puis impériale est essentiellement perçue par la plupart des gouvernements des États européens comme l’héritière de la Révolution et, après avoir vaincu Napoléon, les principaux d’entre eux construisent en réaction, en 1815, le système de la Sainte-Alliance afin de se prémunir contre tout risque de résurgence révolutionnaire.

Le « mythe » Napoléon

Le parcours hors du commun de cet homme de la petite noblesse, né sur une Corse qui venait d’être rattachée au royaume de France, va faire l’objet d’une reconstruction mythologique, embellissant ses succès et faisant oublier ses erreurs, conduisant à l’établissement un véritable culte à sa mémoire au sein d’une partie de la population.

Étudier Napoléon en classe

Le Consulat et l’Empire dans les programmes d’enseignement

La période du Consulat et de l’empire apparaît à de nombreuses reprises dans les programmes d’enseignement (histoire-géographie, histoires des arts, lettres…).

Il est ici essentiellement question du programme d’histoire-géographie, qui offre bien évidemment le socle indispensable de tout travail sur le sujet, puisque les autres disciplines sont évoquées dans la partie dédiée à l’approche interdisciplinaire.

L’intérêt d’une approche interdisciplinaire

Au-delà du cadre de l’enseignement de l’histoire, l’étude du Consulat et de l’Empire se prête parfaitement à une approche croisée entre différentes disciplines, tant cette période, à la charnière entre le bouillonnement intellectuel des Lumières et l’émergence du mouvement romantique, offre des supports d’étude intéressants (arts, littérature, sciences...)

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