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Les codes écrits et les représentations du sonore

La plus grande partie du patrimoine musical mondial ne fait pas, ou peu, référence à un procédé de notation (musiques anciennes, traditionnelles, électroacoustiques, jazz, etc.). Sa découverte et sa connaissance reposent aujourd’hui sur une perception auditive aiguisée, pouvant parfois s’adosser à des formes adaptées de représentation graphique. Ainsi, la notation traditionnelle (communément appelée solfège) est un moyen de codage parmi d’autres et sa connaissance (sa lecture et son écriture maîtrisées) n’est en aucun cas un objectif central de l’enseignement de l’éducation musicale au collège. L’apprentissage d’un codage éventuel (traditionnel ou spécifiquement élaboré) ne peut s’envisager que pour satisfaire aux besoins liés à la réalisation d’un  projet musical clairement défini.

Si la lecture de notes s’avère utile dans certains cas particuliers, l’emploi de logiciels permettant une représentation graphique du son ou l’élaboration de musicogrammes se révèlent généralement plus efficients. Ils permettent de privilégier la perception du sonore sans que celle-ci soit masquée par des codes complexes mal maîtrisés.

Sollicitant et développant la perception auditive de l’élève, lui apprenant à l’enrichir des diverses connaissances et références culturelles dont il dispose, l’éducation musicale est au cœur du phénomène sonore et ne peut viser l’apprentissage d’un quelconque système de représentation graphique.
                                                                                                   
Cependant, la diversité des systèmes de représentation, du musicogramme au solfège traditionnel,  doit non seulement être opportunément mobilisée selon les besoins d’une pédagogie adaptée, mais également permettre de sensibiliser chaque élève aux outils qui lui sont ainsi offerts :

  • Un musicogramme sera très utile pour élaborer la forme d’un projet musical, ou pour construire avec la classe une vue synthétique de l’extrait d’une œuvre.
  • Une partition traditionnelle, transcrite et adaptée, reste un aide mémoire pratique dans le cadre du chant. La métaphore graphique (direction des lignes, densité des évènements), les liens entretenus avec le  texte chanté offrent des appuis à la mémoire du travail d’apprentissage oral effectué.
  • Une partition traditionnelle peut aussi être le reflet d’une organisation sonore particulière. C’est notamment le cas lorsqu’une partition d’orchestre souligne graphiquement le rôle des différents pupitres (des masses sonores) ou la répétition de certains éléments.
  • Une partition graphique « contemporaine » (cluster et masses chez Penderecki et Ligeti, gestion de l’aléa chez Boucourechliev ou Cage par exemple) apporte un éclairage indispensable sur l’originalité et les spécificités de telles démarches de création.
  • Un sonagramme (analyse selon la dynamique ou le spectre d’un signal) permet d’appréhender aisément les composantes ou de souligner l’évolution des intensités.
  • Des schémas divers (à la façon de Kagel ou Berberian, ou ceux produits par les élèves)  peuvent guider l’écoute ou être matière à réflexion sur le lien entre le sonore et l’écrit (par exemple sur le principe du déroulement du temps en abscisse et de la hauteur en ordonnée).

Les potentiels de cette diversité de représentations sont importants. S’ils sont mobilisables de diverses façons (de la mise en page d’un document photocopié comportant quelques éléments graphiques, à la reproduction unique en format A3 d’un extrait significatif d’une partition donnée), on mesure ici particulièrement l’intérêt d’un système de visualisation collectif (vidéoprojecteur ou TNI).

En développant les compétences perceptives, l’éducation musicale permet aux élèves de mesurer l’intérêt et les limites de chaque forme de représentation graphique. Si en outre, elle a banalisé un usage, même intuitif, de la partition, notamment traditionnelle, à l’occasion de la réalisation des projets musicaux ou de travaux d’écoute, elle aura joué pleinement son rôle pour engager chaque élève, autant que de besoin, à aller plus loin dans l’usage du code et de la représentation du sonore.