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Dans ce dossier

Contribution des enseignements artistiques à la réussite des élèves

En 2002, l'Inspection Générale de l'Éducation Nationale produisait un rapport intitulé « La place des enseignements artistiques dans la réussite des élèves ». On y trouvait notamment l'idée que les enseignements artistiques ont des répercussions positives dans d'autres disciplines : « Pour grand nombre des partenaires de l'école, les arts ont deux grandes utilités. D'une part, ils permettent un développement équilibré de l'enfant, puis assurent l'équilibre de l'adulte. D'autre part, ils développent des aptitudes nécessaires pour réussir dans les autres enseignements ; les plus souvent évoqués sont : l'habileté, le sens de l'observation, l'attention, les facultés d'expression, l'imagination et la créativité, la mémoire, l'adaptabilité, maîtrise corporelle et gestuelle, etc. »

Ce qui suit reprend cette idée, en montrant plus précisément en quoi l'éducation musicale peut jouer un rôle positif pour aider à lutter contre les difficultés en français.

Le rôle de l'éducation musicale dans la lutte contre l'illettrisme.

École primaire

Un ouvrage récent ( Bien parler, bien lire, bien écrire du Dr Wettstein-Badour) donne quelques pistes précises en ce qui concerne les jeunes enfants :

Dans le chapitre intitulé « Faciliter l'apprentissage du langage oral et en corriger les imperfections », on peut lire : « Avant de proposer à l'enfant d'écouter et de répéter des syllabes et des mots, la première étape à franchir est de lui faire prendre conscience du fait qu'il existe une grande variété de sons dont les mots font partie » (…). Aperçu des exercices proposés :

• Faire écouter des bruits simples : « on commencera par un certain nombre d'exercices permettant simplement d'apprendre à écouter (…) »

• Faire écouter des sons variés : faire varier la hauteur ou l'intensité de sons divers.

• Faire écouter des sons musicaux : « Il est très utile de faire écouter à l'enfant des notes de musique à partir de la voix humaine ou d'instruments dont on dispose. L'enfant découvre peu à peu que les sons diffèrent par leur sonorité, leur hauteur, leur intensité (…) »

• Faire varier et reproduire des rythmes : il faut « faciliter la prise de conscience des rythmes (…) en employant des séquences rythmiques variables (…). A un stade plus évolué, on peut convertir les rythmes entendus en séquences graphiques (…) »

• Faire écouter et reproduire de petites chansons . (…)

La plupart de ces exercices sont proches de ce qui se pratique en éducation musicale.

Collèges

Les professeurs du secondaire doivent sans doute se demander si ces éléments sont transposables au collège, et notamment au niveau de l'écrit. Voici ce qu'en pense Madame Wettstein-Badour :

Question 1- Ce qui est bon pour les enfants des classes maternelles ou de CP est-il bon pour des adolescents de 11 à 15 ans en difficulté avec l'écrit ?

GWB : « Chez les enfants et adultes en difficulté dans le domaine de la lecture et de l'écriture (comme chez les illettrés) on retrouve très souvent une persistance des perturbations rencontrées chez l'enfant au-delà de 6 ans, c'est-à-dire une incapacité à différencier des sons phonologiquement proches ou très rapprochés les uns des autres dans leur émission. Le traitement des informations qui aboutissent à la perception des sons musicaux est effectué dans les mêmes aires cérébrales que celles qui différencient les phonèmes.

Les exercices portant sur l'écoute des sons, la prise de conscience de leur différence de hauteur, de timbre, de rythme d'émission me paraissent donc indispensables chez tous les sujets en difficultés d'apprentissage de la langue écrite, quel que soit leur âge. »

Question 2 - Quels pourraient être les apports spécifiques d'un « cours de musique » pour aider les élèves de collège en français ?

GWB : « En ce qui me concerne, je fais pratiquer systématiquement les mêmes exercices chez les adultes qui ne savent pas (ou mal) lire que chez les jeunes enfants. Ce sont ceux que j'ai indiqués dans l'ouvrage que vous venez de lire ou dans la méthode d'apprentissage de la lecture et de l'écriture que j'ai créée. Qu'ils soient très jeunes ou plus âgés, les élèves les acceptent très facilement lorsqu'on leur explique pourquoi on les leur propose. On peut, bien évidemment, en adjoindre d'autres et votre compétence dans le domaine de la musique vous fournira certainement de nombreuses possibilités pour faire travailler l'écoute des sons, leur discrimination et la perception de rythmes variés.

Par contre, la lecture du solfège est pour ces sujets une difficulté majeure car elle nécessite, d'une part, d'identifier correctement les formes et de les orienter dans l'espace pour différencier les notes les unes des autres et, d'autre part, de reconnaître les marques de leur durée dans le temps par leurs différences de formes. En excluant tout apprentissage du solfège, il me semble cependant que des exercices qui permettraient de positionner les notes de la clé de sol sur une portée et d'apprendre à y rattacher le son correspondant pourrait être profitables aux élèves dans la mesure où ils apprendraient à établir un lien son/graphisme grâce aux lignes de la portée.

Laurent Fichet
IA-IPR éducation musicale, académie de Rouen

Éléments bibliographiques récents :

- Ghislaine WETTSTEIN-BADOUR, Bien parler, bien lire, bien écrire (éd. Eyrolles, 2006). Ce livre est un guide pratique pour apprendre aux enfants à bien parler et comprendre ce qui leur est dit, pour les accompagner dans l'acquisition de la lecture, de l'écriture et de l'orthographe.

- Bernard LECHEVALIER : Le cerveau de Mozart (éd. Odile Jacob, 2006). Explore les mécanismes de la perception musicale et aborde aussi les conséquences intellectuelles d'une formation musicale précoce.

- www.bienlire.education.fr (notamment un article de Bernard Biz et Valérie Bargès : « Quand la musique facilite la lecture » ) .

- www.anlci.gouv.fr site officiel de la Lutte Contre l'Illettrisme.