Les dispositifs Classes défense et sécurité globales (CDSG) et Cadets de la défense

Mis à jour : novembre 2020

Les Classes défense et sécurité globales" (souvent connues sous l'acronyme CDSG) comme les Cadets de la Défense appartiennent aux mesures mises en oeuvre par le ministère des Armées dans le cadre de son Plan Égalité des Chances. Tournés vers la jeunesse, ces actions de partenariat participent pleinement aux priorités inscrites dans le protocole interministériel de mai 2016.

Ces deux dispositifs contribuent à la mise en oeuvre d'un projet pédagogique et éducatif interdisciplinaire et pluriannuel, en lien avec la défense et la sécurité, souvent dans le cadre d'un partenariat actif entre les jeunes, les classes et une unité militaire.

Les CDSG comme les Cadets favorisent le lien armées-Nation-jeunesse, renforcent l'enseignement de défense et participent à  la lutte contre le décrochage scolaire.

Les Classes défense et sécurité globales

Principes généraux

Créées en 2005 dans l'académie de Nice, les CDSG n'ont cessé de se développer. Institutionnalisé et intégré officiellement dans le Protocole interministériel de 2016, le dispositif comprend aujourd'hui près de 300 classes et concerne plus de 6 000 élèves, dont environ 20% en éducation prioritaire. Plus de 200 unités militaires (gendarmerie et Délégations Militaires départementales comprises) parrainent une classe.

  • Sur le principe, une classe défense et sécurité globale est un dispositif souple, qui peut s'adresser à une classe constituée, s'adosser à une option "sécurité -défense", s'inscrire dans des EPI ou dans l'enseignement de défense.
  • L'unité à la base du parrainage peut être une unité militaire (régiment de l'armée de terre, base aérienne ou navale, bâtiment de guerre...), une unité de gendarmerie, ou un acteur de la sécurité (police, pompiers, sécurité civile...).

NB: Il existe aussi des classes Sécurité civile dont les attendus sont similaires mais qui fonctionnent en partenariat avec des unités sous contrôle du ministère de l'Intérieur.

Il n'est pas nécessaire que l'unité marraine soit co-localisée avec l'établissement ou la classe mais il importe de maintenir des liens forts par la visite au moins une fois dans l'année de l'unité, et une participation à des cérémonies patriotiques (8 Mai, 18 Juin, 11 Novembre).

Les classes de cadets de la sécurité civile 

Les classes de cadets de la sécurité civile (circulaire relative aux classes des cadets de la sécurité civile, 8 décembre 2015) s'inscrivent dans l'éducation à la responsabilité. Elles ont pour objectifs de :

  • favoriser une culture de la sécurité civile chez des élèves âgés d'au moins 11 ans ;
  • les sensibiliser aux comportements de prévention ;
  • développer un sens civique dès l'adolescence ;
  • reconnaître les cadets comme assistants de sécurité lors des exercices d'évacuation ou de confinement (rôle de serre-file notamment) qui ont lieu dans les établissements ;
  • développer une culture de l'engagement, voire favoriser l'engagement ultérieur des élèves comme jeunes sapeurs-pompiers.

La force et le succès du dispositif reposent sur la liberté d'organisation en interne, particulièrement appréciée par les établissements. En 2018 : on comptait 329 classes (soit 5 106 élèves).

Le volontariat, des jeunes comme des enseignants et des membres des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS) est unanimement salué dans la montée en charge du dispositif.

Essentiellement constitué par les activités organisées par les Services départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS), le plus souvent le mercredi après-midi ou durant les vacances scolaires, ce dispositif des cadets de la sécurité civile peut parfois être pris en charge par des unités spécialisées de l'armée de Terre comme les unités d'intervention spécialisées de la sécurité civile (UISSC).

Les chefs d'établissements et les équipes pédagogiques témoignent d'un impact très positif du dispositif sur les élèves et la classe. Les CDSG apportent, en effet, un cadre structurant et stimulant qui a des effets sur la motivation, le comportement et l'appétence scolaire des élèves. S'appuyant sur un enseignement concret, elles donnent du sens aux apprentissages tout en valorisant l'implication des élèves.

Les caractéristiques des CDSG sont :

  • La souplesse : la classe prend des formes différentes selon les besoins et les objectifs de l'établissement et selon les contraintes et les ressources de l'unité ;
  • Un faible coût matériel : les ressources sont avant tout humaines ; les dépenses sont généralement liées au transport pour aller dans l'unité ;
  • L'efficacité : les CDSG contribuent fortement aux liens armées - jeunesse et a un impact sur la motivation des élèves et leur rapport aux apprentissages

Mise en oeuvre

Les CDSG sont une déclinaison concrète du "parcours de citoyenneté" et une traduction de la façon dont l'enseignement de défense peut se faire au collège et au lycée. En s'appuyant sur les programmes - et notamment ceux d'histoire, géographie et EMC - les CDSG sont un outil supplémentaire qui concourt à la formation de la personne et du citoyen, en soulignant le sens de l'engagement dans la durée et en préparant son orientation future.

Voici la feuille de route pour créer une CDSG.

Étape 1 : naissance du projet

L'équipe pédagogique interdisciplinaire élabore un projet sur le thème de la défense et de la sécurité, en lien avec le projet d'établissement et avec l'accompagnement au niveau départemental et académique de la mission « éducation défense ».

Étape 2 : contact avec le délégué militaire départemental (DMD)

L'établissement contacte le DMD pour définir ensemble les objectifs du projet et trouver l'unité militaire la plus proche ou la plus adaptée. L'absence d'unité militaire proche n'est pas un obstacle.

Étape 3 : recherche de l'unité militaire marraine

Plusieurs possibilités sont offertes pour rechercher l'unité partenaire :

  • démarcher directement les unités militaires présentes dans le département ;
  • faire remonter la demande de recherche à la zone de défense et de sécurité (ZDS) afin d'étendre la recherche à l'ensemble de la région ;
  • faire remonter la demande à la DSNJ qui sollicitera les états-majors d'armées :dsnj-dispositifs-jeunesse.contact.fct@intradef.gouv.fr

Étape 4 : construction du projet

L'établissement et l'unité partenaire échangent pour affiner le projet et en définir les modalités de mise en œuvre (contenu, organisation, calendrier...).

Étape 5 : signature de la convention

L'établissement, après validation de la direction des services départementaux de l'éducation nationale (DSDEN) ou du rectorat, et l'unité militaire signent une convention qui doit être validée par le conseil d'administration de l'établissement scolaire.

Étape 6 : remontée de l'information

L'information est remontée par l'établissement, via la DSDEN, au rectorat et au trinôme académique, et par la DMD à la ZDS puis à la DSNJ.

Moyens horaires

L'établissement peut faire entrer la CDSG dans différents cadres horaires selon ses moyens et ses contraintes. Il existe plusieurs situations :

  • le volume horaire des enseignements spécifiques et activités liés au projet de la CDSG est intégré, notamment dans le cadre des EPI, aux horaires obligatoires par classe et par niveau ; il n'y a donc pas d'heures supplémentaires attribuées au projet ;
  • un volume horaire spécifique, pris sur la dotation de l'établissement, est attribué pour le projet sur tout ou partie de l'année ;
  • des heures, prises sur l'enveloppe « accompagnement éducatif », peuvent être attribuées au projet.

Moyens financiers

Pour financer les activités du projet de la CDSG, notamment les sorties et les déplacements, l'établissement est souvent amené à prendre le budget sur sa dotation de fonctionnement. D'autres pistes sont envisageables :

  • les appels à projet du rectorat ;
  • les appels à projets de la direction des patrimoines, de la mémoire et des archives du ministère des armées (DPMA), en partenariat avec l'éducation nationale et l'enseignement agricole ;
  • les appels à projet des collectivités territoriales ;
  • les mécénats ;
  • les financements participatifs.

Pour plus d'information, il est possible de se référer au vademecum "Classe de défense et de sécutité globale"

Le dispositif Cadets de la défense

A la différence des CDSG, qui s'inscrivent dans le temps scolaire, les Cadets de la défense sont un dispositif hors-temps scolaire, sur la base du volontariat. Les centres cadets, au nombre de 26, sont implantés au sein d'unités militaires et proposent à des jeunes âgés de 14 à 16 ans des activités à vocation éducative, ludique, sportive et citoyenne. Ces actions sont encadrées par des militaires d'active ou de réserve et des enseignants volontaires.

Regroupant une trentaine de jeunes qui se portent volontaires et qui sont sélectionnés pour leur motivation à s'inscrire dans ce programme, le dispositif est d'abord un outil de mixité sociale: il réunit des cadets de différents établissements scolaires en cherchant l'application du principe de parité filles-garçons. Les cadets portent une tenue uniforme pendant les activités.

Un dispositif bordé juridiquement

Les cadets de la défense sont un dispositif reconnu légalement par la Loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté.

Pour en savoir plus

Principes pédagogiques

Chaque centre cadets se fonde sur un partenariat entre l'unité militaire et le rectorat. Ce dernier est généralement représenté par le directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN). Le contact initial entre la défense et l'éducation nationale est généralement conduit par le DMD (délégué militaire départemental), représentant de l'institution militaire au niveau du département.

  • Le choix des établissements scolaires se fait par le DASEN en diversifiant leurs quartiers d'implantation en soulignant l'importance de la mixité sociale et la parité filles-garçons.
  • L'implication de l'unité militaire et du rectorat (via le DASEN et/ou l'inspecteur en charge du lien défense-éducation) est un facteur clé.
  • Une convention formalise
    • Les objectifs pédagogiques ;
    • Les responsabilités et contributions de chaque partie (RH, budget, transport dont acheminement des jeunes vers le centre cadets, alimentation, tenues) ;
    • Les questions d'assurance.

N.B: Il est conseillé de faire noter sur la convention la reconnaissance de la participation des jeunes à ce programme en la faisant intégrer officiellement dans leur parcours scolaire.

Les méthodes d'enseignement et d'encadrement sont fondées sur les spécificités militaires pour l'ensemble des activités, qu'elles soient éducatives, civiques, ludiques et sportives. L'encadrement doit respecter un certain formalisme, de la rigueur, le respect des règles établies, mais garde une certaine souplesse en n'oubliant pas que les cadets ne sont pas des militaires ! La participation des professeurs de l'éducation nationale à l'encadrement des cadets aux côtés des militaires concrétise le lien armées-Nation et soulage l'encadrement militaire des tâches ne relevant pas directement d'activités militaires.

Ressources financières

Le centre cadets est financé en partie par l'unité d'accueil sur ses fonds propres, sur ceux de la base de défense (transport, une partie de l'habillement), mais aussi par des ressources extérieures. Les familles de cadets sont par principe peu sollicitées.

À consulter

Textes de référence

Article 26 de la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté :
« Le titre Ier du livre Ier du code du service national est complété par un chapitre VI ainsi rédigé : CHAPITRE VI « Les cadets de la défense ».

Art. L. 116-1 :
I. - À compter de la promulgation de la loi n°2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté et pour les années 2017 et 2018, l'Etat peut autoriser, à titre expérimental, la création d'un programme des cadets de la défense.
II. - Le programme des cadets de la défense est un programme civique mis en oeuvre par le ministre de la défense pour renforcer la cohésion nationale, la mixité sociale et le lien entre la Nation et son armée.
III. - Il est accessible aux Français âgés de douze à dix-huit ans et ayant l'aptitude reconnue par le service de santé des armées pour suivre la période d'instruction correspondante.
IV. - Il comporte une découverte des armées et de leurs métiers, un enseignement moral et civique en complément de celui délivré par l'éducation nationale, ainsi que la pratique d'activités culturelles et sportives.
V. - Tout Français victime de dommages subis pendant une période d'instruction ou à l'occasion d'une période d'instruction accomplie dans le cadre du programme des cadets de la défense et, en cas de décès, ses ayants droit, obtiennent de l'État, lorsque la responsabilité de ce dernier est engagée, la réparation intégrale du dommage subi, suivant les règles du droit commun.
VI. - Les conditions d'application du présent article sont déterminées par décret. »