Éduquer à la responsabilité, éduquer à la sécurité

La diffusion d'une culture partagée de la sécurité est un des objectifs de l'école, afin de permettre de construire une véritable résilience de la communauté éducative en cas d'événement grave.

Mis à jour : janvier 2021

Enjeux et objectifs de l'éducation à la sécurité en milieu scolaire

La loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile définit les principes de la sécurité civile, notamment dans l'article 4, qui régissent la prévention des risques, l'information et l'alerte des populations ainsi que la protection des personnes (secourisme), des biens et de l'environnement contre les accidents (routiers, de la vie courante), les sinistres et les catastrophes (risques majeurs).

La loi dispose que toute personne, en fonction des situations auxquelles elle est confrontée, de son comportement et de ses possibilités, doit être en mesure de :

  • concourir à la sécurité civile,
  • veiller à prévenir les services de secours,
  • de prendre les premières dispositions nécessaires.

C'est cette dimension citoyenne qui donne sens à l'ensemble des dispositifs qui concourent à l'éducation à la sécurité.

L'éducation à la sécurité est une éducation citoyenne qui se construit de la maternelle au lycée. Il s'agit d'une démarche, engagée dans une continuité éducative, qui doit permettre aux élèves de développer des comportements de responsabilité individuelle, collective, morale et civique en faisant appel à la sensibilité, à la conscience et à l'engagement de chacun.

Cette éducation s'articule autour de plusieurs axes :

  • la prévention des risques majeurs qui comprend la sensibilisation à une démarche citoyenne de la responsabilité et de l'approche des risques,
  • l'éducation à la sécurité routière,
  • la sensibilisation aux gestes qui sauvent et la formation aux premiers secours,
  • la prévention des accidents de la vie courante.

La circulaire 2006-085 du 24 mai 2006, relative à la sensibilisation à la prévention des risques, aux missions des services de secours, formation aux premiers secours et enseignement des règles générales de sécurité, précise les conditions de mise en œuvre d'une éducation à la sécurité en milieu scolaire.

L'ensemble est mis en place conformément, notamment, à la circulaire 2011-12016 du 2 décembre 2011, relative à la politique éducative de santé dans les territoires académiques.

Dans le cadre d'une approche globale, transversale, interdisciplinaire et intercatégorielle, cette éducation s'appuie sur :

La mise en œuvre de l'éducation à la sécurité est pilotée, en lien avec le projet d'école ou d'établissement, par l'inspecteur de l'éducation nationale, le directeur d'école et le chef d'établissement.

Elle est assurée par les membres de la communauté éducative, enseignants, personnels d'éducation, de santé... en collaboration avec les parents et des partenaires institutionnels ou associatifs agréés.

Les projets éducatifs et pédagogiques s'insèrent dans les activités définies par le comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) qui se déclinent pour la coordination et le pilotage en comité départemental d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CDESC) et comité académique d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CAESC), conformément à la circulaire 2016-114 du 10 août 2016.

Éduquer à la responsabilité

Tous les élèves doivent acquérir au cours de leur scolarité les savoirs et les comportements nécessaires pour prévenir une situation de danger, pour se protéger et pour porter secours. Cette éducation à la responsabilité face aux risques est inscrite dans le Code de l'Éducation. Elle est mise en œuvre tout au long de la scolarité.

De nombreuses actions de prévention et d'éducation à la sécurité sont développées dans les établissements scolaires, de l'école au lycée.

Caractéristiques des actions :

  • des situations d'apprentissage ancrées dans les programmes,
  • des actions de formation à la vie scolaire,
  • des exemples tirés de la vie quotidienne des élèves.
  • un travail d'équipe liant dans le cadre d'un projet éducatif enseignants, personnels d'éducation, personnels de santé, partenaires extérieurs.

L'élaboration d'un PPMS est réalisée sous le pilotage du directeur d'école ou du chef d'établissement. Ce document doit être actualisé pour présenter toutes les garanties d'opérationnalité, en cas de risque majeur. La valorisation de l'engagement des jeunes dans la sécurité civile

Promouvoir la culture de l'engagement : les classes de cadets de la sécurité civile

Afin de promouvoir l'appropriation active par les jeunes des valeurs de la République, une convention-cadre a été signée entre le ministère chargé de l'éducation nationale et le ministère de l'Intérieur, le 18 juin 2015.

Le dispositif des classes de cadets de la sécurité civile (circulaire du 8 décembre 2015) s'inscrit dans cette démarche: mises en place, à titre expérimental, dans les établissements volontaires, en 2015-2016, ces classes sont déployées sur tout le territoire national, à raison d'une classe par département, à la rentrée 2017.

Ces classes permettent de valoriser l'engagement des jeunes d'au moins 11 ans et de développer leurs compétences civiques et sociales. Elles s'inscrivent en particulier dans le parcours citoyen et le parcours éducatif de santé ainsi que le socle commun de connaissances, de compétence et de culture (notamment le domaine 3 "formation de la personne et du citoyen").

Les actions menées peuvent être une sensibilisation à la prévention des risques, des actions sur les thématiques relatives à la citoyenneté et l'apprentissage des gestes de premiers secours (en lien avec les associations agréées de la sécurité civile).

Leur organisation (parcours de classe adapté à chaque établissement) s'appuie sur un partenariat renforcé avec les acteurs de la sécurité civile (services départementaux d'incendie et de secours-SDIS).

L'implication du jeune dans cette classe de la sécurité civile est prise en compte dans le livret scolaire numérique et dans l'application FOLIOS (compétences scolaires et extrascolaires de l'élève).

En fin de parcours, une attestation est remise aux cadettes et cadets de la sécurité civile.

Des chiffres : en juin 2016, 18 établissements avaient mis en place des classes pour 376 élèves. En février 2020, on dénombre, sur l'ensemble du territoire national (métropole et outre-mer) 360 classes pour 5563 élèves.

Des enjeux renforcés :

  • un dispositif ouvert à tous les élèves, à partir de 11 ans, filles et garçons, conformément à la mission de l'école inclusive : collège, LGT, LP, SEGPA, REP, REP+, UPE2A;
  • une approche territorialisée des risques (naturels, technologiques, anthropiques...);
  • une diffusion durable de la culture de la sécurité et des coopérations transfrontalières.

Télécharger le modèle d'attestation 2020

Parler de risques majeurs (RM) : quelques repères

Conformément aux grands principes de la loi n° 2004-811 du 13 août 2004 de modernisation de la sécurité civile, l'école a, parmi ses missions, celui de développer l'éducation à la sécurité qui prend en compte de façon globale les notions de risque et de résilience.

Cette éducation citoyenne se construit de la maternelle au lycée et doit permettre aux élèves de développer des comportements de responsabilité individuelle, collective, morale et civique en faisant appel à la sensibilité, à la conscience et à l'engagement de chacun.

C'est le sens de la circulaire 2006-085 du 24 mai 2006, relative à la sensibilisation à la prévention des risques, aux missions des services de secours, formation aux premiers secours et enseignement des règles générales de sécurité.

Parallèlement, le plan particulier de mise en sûreté (PPMS) face aux risques majeurs constitue une démarche primordiale de préparation pour les écoles et les établissements scolaires. La dimension éducative du PPMS est rappelée par la circulaire du 25 novembre 2015 relative au PPMS et doit mobiliser l'ensemble de la communauté éducative, par une communication adaptée aux enjeux et aux perspectives.

On entend par résilience : « Dans le cadre de l'analyse socio-spatiale, la résilience désigne la capacité d'un système à assimiler, voire à tirer profit, d'une perturbation extérieure. Dans ce cas, il s'agit de capacités d'adaptation, plus que de retour à un état initial, telles qu'elles permettront au système socio-spatial de fonctionner après un désastre, en présence d'un stress continu ou plus couramment d'une bifurcation géopolitique, économique, environnementale. » (Reghezza-Zitt, 2016).

La prise en compte de la dimension locale constitue un élément-clé de la résilience pour un diagnostic et une analyse des risques au plus près de la réalité des territoires (inondations, avalanches, risque sismique ...).

Cette dimension est particulièrement importante pour les territoires d'outre-mer (2,7 millions d'habitants) avec une grande diversité de climats (zones équatoriales et tropicales, mais aussi climats froids extrêmes) et une forte occurrence de risques naturels ( cycloniques, sismiques, volcaniques...).

Des exemples d'actions sur le terrain

Prévention des inondations: une politique partenariale à tous les échelons

L'exercice européen Richter Caraïbes 2017

En cas de risque majeur, informations, recommandations et réflexes

Connaître son environnement

Voir le site Géorisques (ministère de la transition écologique et solidaire et BRGM, bureau de la recherche géologique et minière)

Des repères

Comment se protéger lors des risques majeurs (France Bleu)

  • La prise en charge par les différents niveaux territoriaux : le document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM), le plan communal de sauvegarde (PCS) et le dossier départemental risques majeurs (DDRM),  
  • Le plan particulier de mise en sûreté face aux risques majeurs (PPMS) en milieu scolaire, circulaire n° 2015-205 du 25-11-2015 (ministère de l'éducation nationale, ministère de l'intérieur, ministère de la transition écologique et solidaire)  
  • Le plan familial de mise en sûreté (PFMS) « Je me protège en famille »
  • L'information préventive et l'organisation mise en place par les pouvoirs publics : un exemple en Guadeloupe

Risques majeurs industriels

La prévention des risques industriels est encadrée principalement par :

  • un texte juridique européen, la directive dite Sevesodu nom de la ville italienne où a eu lieu un rejet accidentel de dioxine en 1976 (directive sortie en 1982 avec dernière révision, SEVESO 3, en 2012),
  • une loi nationale, la loi du 30 juillet 2003, dite loi « Risques » (à la suite de l'explosion à l'usine AZF de Toulouse, le 21 septembre 2001) qui s'inscrit dans un plan d'actions global et comprend un volet risques technologiques et un volet risques naturels.

Sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire, sont présentés :

  • les effets des accidents industriels,
  • la mise en œuvre de la loi « Risques »,
  • la directive SEVESO 3,
  • le carte des sites classés,
  • le plan de prévention des risques technologiques (PPRT), créé par la loi « Risques » et qui concerne en 2020 plus de 800 communes.

Campagne de distribution d'iode stable

Consultez sur la page Sécurité des écoles et des établissements des informations concernant la campagne de distribution d'iode stable organisée en septembre 2019 dans les zones de plan particulier d'intervention (PPI), autour des 19 centrales nucléaires productrices d'électricité (CNPE).

La prévention des accidents de la vie courante

L’école joue un rôle prépondérant dans la prévention des accidents de la courante, pour les élèves, dès le plus jeune âge, en lien avec leurs parents.

C’est pour cela que le ministère a conçu, avec l’expertise des professionnels de santé et d’enseignement, un jeu destiné aux plus jeunes (moyenne et grande section de maternelle), afin de prendre en compte toutes les dimensions de la prévention (développement physique, psychique et social).

Le jeu « À la rescousse de Boubou » permet à l’enfant de découvrir les risques liés à son environnement et les recommandations faites peuvent être reprises à la maison avec l’entourage familial.