Éducation à l'alimentation et au goût

Enseigner et éduquer autour du lien entre alimentation, image du corps et activité physique

Les élèves et les adolescents sont en pleine construction de leur image corporelle et des corps sont sans cesse exposés dans les médias. De plus, pratiquer une activité physique est recommandé. Image du corps et activité physique sont à considérer simultanément dans une éducation à l'alimentation et au goût bénéfique pour la santé sans être culpabilisante. Ressources, outils, pistes d'activités pédagogiques à découvrir en bas de page.

Relier l'éducation à l'alimentation et au goût avec l'activité physique et l'image du corps

Cette articulation dans un cadre pédagogique et éducatif permet de :

  • sensibiliser les enfants à l'acceptation de la diversité corporelle ;
  • développer la capacité des jeunes à analyser la pression sociale à laquelle ils sont soumis en matière d'image des corps ;
  • permettre aux jeunes de réfléchir à leur rapport au corps : à eux-mêmes (l'acceptation), aux autres et à la société ;
  • sensibiliser les enfants aux bienfaits pour la santé de l'activité physique et aux risques liés aux comportements sédentaires ;
  • permettre aux jeunes de s'approprier (connaitre/citer) les recommandations sur l'activité physique et la sédentarité ;
  • développer la capacité des jeunes à analyser leur propre niveau de pratique de l'activité physique et de sédentarité et proposer des pistes d'amélioration.

De l'image du corps à l'image de soi : promouvoir une image positive du corps

Le psychanalyste Paul Schilder (1886-1940) est l'un des premiers à avoir exploité l'idée d'une conscience du corps propre et à avoir discuté ses fondements physiologiques. Marc Jeannerod (1935-2011), neurophysiologiste explique que l'image du corps est la représentation qu'un sujet à de lui-même. Cette représentation est le reflet des sensations et des expériences vécues et s'articule au processus de construction identitaire.

Les enfants et les adolescents construisent leur image corporelle depuis leur naissance. Leurs découvertes et les informations délivrées par l'environnement dans lequel ils grandissent interviennent dans cette construction.

Les représentations du corps véhiculées par les médias et associées à un discours sur l'esthétisme corporel peuvent infléchir cette construction identitaire. La large diffusion d'images de corps minces participe à l'internalisation d'un idéal du corps mince dès l'enfance. Elle peut renforcer la difficulté à accepter les différences corporelles. Observé principalement chez les filles et les femmes, celui-ci se développe chez les garçons et les hommes, pour lesquels l'idéal du corps n'est pas seulement mince, mais aussi musclé. Cette exposition est aussi importante dans les médias dits « traditionnels » (magazines, télévision, etc.) que pour les médias en ligne, et plus particulièrement les réseaux sociaux, plus plébiscités par les adolescents.

Les effets de cette exposition peuvent être de deux types :

  • d'une part, l'insatisfaction corporelle chez les individus conduit à des modifications des comportements alimentaires, allant du suivi de régimes à répétition jusqu'aux troubles du comportement alimentaire (boulimie et anorexie mentale) ;
  • d'autre part, la perception de la minceur comme norme dans la société renforce les stéréotypes associés à l'obésité et sa discrimination. En effet, la stigmatisation des personnes en situation d'obésité est très présente dans la société. Dans les médias, elle s'accompagne de représentations des corps obèses de façon exagérée ou dégradante.

Promouvoir une activité physique quotidienne

Dans un même temps, seuls 28 % des garçons et 18 % des filles de 6-17 ans atteignaient les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en matière d'activité physique en 2015, selon l'étude Esteban conduite par Santé publique France. Concernant l'usage des écrans et du numérique, une sensibilisation de tous les acteurs de la communauté éducative est nécessaire puisque le temps d'écran, en 2015, était d'au moins trois heures par jour pour près de la moitié des enfants de 6-10 ans et il concernait 71 % des filles et 87 % des garçons chez les 15-17 ans. L'usage des écrans peut être une cause de sédentarité. Pourtant, les bénéfices pour la santé de la pratique régulière d'une activité physique sont avérés, quels que soient l'âge et le sexe.

Augmenter la pratique d'activité physique et limiter les comportements sédentaires des jeunes constituent des enjeux majeurs de santé publique. L'objectif des recommandations de santé publique est de permettre l'adoption d'un mode de vie actif dès le plus jeune âge, dans un environnement favorable à la pratique. Pour les enfants et adolescents âgés de 6 à 17 ans, il est recommandé de faire au moins 60 minutes par jour d'activité physique d'intensité modérée à élevée. C'est dans cet objectif que la pratique d'une activité physique quotidienne va être renforcée dans les écoles primaires, dès la rentrée 2020. S'agissant de la sédentarité, il est recommandé de :

  • limiter la durée quotidienne totale des activités sédentaires en période d'éveil ;
  • limiter la durée de chaque activité sédentaire, pour ne pas dépasser une heure en continu pour les moins de 5 ans et deux heures pour les 6-17 ans.

L'éducation à l'alimentation et au goût vise notamment à faire bénéficier aux enfants et aux adolescents d'apports nutritionnels adéquats et d'une alimentation variée et équilibrée. La nutrition intègre l'alimentation et l'éducation physique, comme définie dans le PNNS 4. Les actions conjointes dans les domaines de l'éducation à l'alimentation et au goût, l'éducation à la sexualité, le développement des compétences psychosociales et la pratique d'activités physiques permettront aux enfants et aux adolescents d'avoir une meilleure estime de soi et de construire leur image corporelle sereinement sans complexe. En effet, il ne s'agit pas de vivre ces recommandations comme une énième injonction ni comme des préconisations hygiénistes, mais de les penser comme moyens d'atteindre un état de complet bien-être, c'est-à-dire d'être en bonne santé, au sens de l'OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité » dans le préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19 juin -22 juillet 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 États. (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100) et entré en vigueur le 7 avril 1948.

Pour aller plus loin 

Ressources et outils

Outil « Image du corps »

Cet outil pédagogique réalisé en 2013 par l'Instance régionale d'éducation et de promotion de la santé (IREPS) Languedoc Roussillon a pour objectif de sensibiliser les jeunes de 12 à 25 ans vis-à-vis de la pression sociale en matière d'image du corps.
Lien vers la présentation par l'IREPS, de cet outil.

Dispositif « ICAPS »

Le dispositif « Intervention auprès des collégiens centrée sur l'activité physique et la sédentarité » (ICAPS) soutenu par Santé publique France s'inscrit dans une démarche visant plusieurs niveaux et types d'actions :

  • changer les attitudes et les motivations des jeunes vis-à-vis de l'activité physique, par des actions de sensibilisation et par l'accès à de nouvelles activités attrayantes, variées et conviviales ;
  • favoriser le support social (parents, enseignants, éducateurs, animateurs...) afin qu'il valorise l'activité physique et encourage les jeunes à augmenter leur niveau de pratique ;
  • fournir des conditions environnementales qui favorisent l'activité physique à l'école et en dehors de l'école, pendant les loisirs et dans la vie quotidienne.

Outil LIKE YOU

LIKE YOU est un programme éducatif portant sur les questions liées au poids et à l'image corporelle pour des jeunes de 13 à 17 ans. Il a été élaboré par les instances régionales d'éducation et de promotion de la santé des Pays de la Loire et de Nouvelle-Aquitaine et il n'est disponible que dans ces deux régions.

Dossier « Activité physique et santé »

Ce dossier, rédigé par le ministère des Solidarités et de la Santé, propose des actualités et des ressources sur cette thématique.

Dossier « Bouger plus »

Ce dossier fait partie du site « Manger Bouger » de l'Agence nationale de santé publique, Santé publique France. Il contient des informations pratiques et des outils utilisables en classe, par les élèves.

Outil Mouv&co

Le dispositif Mouv&co est un dispositif pédagogique et ludique à destination des enfants et adolescents (école primaire et collège) pour promouvoir l'activité physique et les mobilités actives (marche, vélo...) mais aussi pour sensibiliser ces publics aux rejets polluants des transports et à la sécurité routière. Les outils pour l'école primaire et ceux pour le collège font intervenir les mêmes personnages : Mirka et Flo.

Guide #je mange mieux #je bouge plus

Ce guide, élaboré par Santé publique France, propose aux adolescents des clés pour bien manger en se faisant plaisir et des conseils pour bouger plus.

Outil « Fourchettes et baskets »

Le classeur « Fourchettes et Baskets » est un outil, destiné aux professionnels des collèges, pour mettre en œuvre des actions d'éducation pour la santé sur l'alimentation et l'activité physique en direction des jeunes en adoptant une approche globale et positive de la santé. Suite à une évaluation, cet outil est en cours de refonte par Santé publique France. Il est proposé de concevoir un nouvel outil numérique plus étoffé sur les aspects activité physique et sédentarité

Pistes d'activités pédagogiques

Idées d'activité : analyser des publicités : dans les médias, les photos dans les magazines, les retouches d'image ; analyser l'influence des réseaux sociaux, discuter des normes de beauté dans l'histoire et dans les différentes cultures, faire un atelier photolangage sur le corps, débat sur la stigmatisation de l'obésité....

(Fiches à venir)

Mis à jour le 23 mars 2020
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