Lutte contre le décrochage scolaire

Enjeux et objectifs de la lutte contre le décrochage

La lutte contre le décrochage scolaire est une priorité. Elle s'appuie sur une politique partenariale de la prévention et de la remédiation du décrochage

Circulaire de rentrée 2020 (extrait)

La rentrée scolaire 2020 sera une période cruciale pour prévenir le décrochage, en particulier pour les élèves quittant le collège pour rejoindre un lycée ou un centre de formation d'apprentis (CFA). Aucun jeune ne doit rester sans affectation. Dès les premiers signes de décrochage, il est important de mobiliser les familles et d'accompagner scolairement et socialement les élèves, en s'appuyant sur tous les moyens alloués aux missions de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) et plus généralement sur l'ensemble des acteurs de la lutte contre le décrochage, regroupés autour des « plates-formes de suivi et d'appui aux décrocheurs ». La mise en œuvre de l'obligation de formation jusqu'à 18 ans implique également un suivi attentif des jeunes concernés, en lien avec les missions locales.

Définition du décrochage

Le décrochage est un processus qui conduit chaque année des jeunes à quitter le système de formation initiale sans avoir obtenu une qualification équivalente au baccalauréat ou un diplôme à finalité professionnelle, de type certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Il est inscrit dans le code de l'éducation aux articles L122-2 et L313-7.

Ce processus est la conséquence d'un désintérêt progressif de l'élève pour l'école. La "roue du décrochage" (extrait du rapport de diagnostic (MAP, 2014) illustre l'interaction des facteurs pouvant mener au décrochage scolaire.

La lutte contre le décrochage scolaire a fait l'objet d'une évaluation par la Modernisation de l'action publique (MAP), avec la publication en 2014 d'un rapport de diagnostic et d'un rapport final ; il était précédé d'un rapport de l'Inspection générale  « Alliances éducatives et approche pédagogique repensée - 2013 ».

La lutte contre le décrochage scolaire en France

Une action interministérielle axée sur la prévention et le repérage

L'activité de prévention est menée dans les établissements scolaires par des équipes pluri-professionnelles qui interviennent sous la forme de « groupes de prévention du décrochage scolaire » (GPDS). Un « référent décrochage scolaire » nommé comme « personne ressource » est chargé de coordonner l'activité du GPDS et les actions d'accompagnement mises en place. Les personnels d'encadrement, d'enseignement, d'éducation, d'orientation et de santé contribuent à la lutte contre le décrochage

La lutte contre le décrochage scolaire s'intègre dans une action interministérielle pour repérer, prendre en charge et accompagner les jeunes en situation de décrochage scolaire. Cela se fait par :

  • un outil : le système interministériel d'échange d'informations (SIEI) permet un repérage des jeunes en situation de décrochage à partir du croisement des bases de données du ministère de l'éducation nationale et de ses partenaires (agriculture, centres de formation des apprentis, emploi) dans le cadre de deux campagnes de repérage annuelles
  • les plates-formes de suivi et d‘appui aux décrocheurs (PSAD), chargées de contacter les jeunes repérés par le SIEI et ceux qui se présentent spontanément, pour leur proposer un entretien et une solution personnalisée de retour en formation ou d'insertion.

Par ailleurs, un plan national de formation a été déployé auprès des personnels d'enseignement, d'éducation et d'encadrement afin de les sensibiliser sur les questions liées à la prévention du décrochage et à l'amélioration du climat scolaire. Il porte notamment sur la formation des enseignants à la prévention et au repérage des signes précoces de décrochage scolaire. Une « semaine de la persévérance scolaire » valorisant les actions conduites tout au long de l'année a été organisée dans les académies en impliquant fortement les familles et l'ensemble des partenaires extérieurs de l'école.

Le nombre de jeunes sortants chaque année sans qualification du système éducatif est passé de 140 000 en 2010 à environ 80 000 jeunes en 2019.

Une politique publique partenariale intégrée

La lutte contre le décrochage scolaire s'inscrit dans une politique partenariale de remédiation.

Au niveau des bassins de formation, des groupements d'établissements s'organisent en réseaux « Formation Qualification Emploi » (FOQUALE) pour assurer, en appui des « plates-formes de suivi et d‘appui aux décrocheurs » (PSAD), la prise en charge des jeunes de 16 à 25 ans qui reviennent en formation initiale dans le cadre du droit au retour en formation et de ceux âgés de 16 à 18 ans, dorénavant soumis à l'obligation de formation. Les réseaux Formation Qualification Emploi (FOQUALE) rassemblent les acteurs de l'éducation nationale intervenant dans la prise en charge des jeunes sortis sans diplôme : établissements, CIO, MLDS, structures de retour à l'école (SRE) de type microlycée.

La réforme territoriale et la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel  ont attribué de nouvelles compétences aux régions pour une articulation entre tous les niveaux (régional, académique, départemental et infra départemental) et une meilleure prise en compte des spécificités des territoires.

La région académique devient l'échelon de mise en cohérence des politiques éducatives régionales requérant une coordination avec la région ou le préfet de région comme la lutte contre le décrochage scolaire. Dans ce cadre, sont nommés auprès des recteurs de région académique, des délégués régionaux académiques à l'information et à l'orientation (DRAIO) chargés d'impulser, de coordonner et d'accompagner la politique régionale en matière d'orientation et de lutte contre le décrochage scolaire.

Un correspondant académique contre le décrochage scolaire (CADS) assure, sous l'autorité du recteur, l'animation et le pilotage des mesures en lien avec les acteurs locaux (établissements, réseaux FOQUALE, acteurs des PSAD,..) ainsi que l'interface avec la région.

Des mesures renforcées à la rentrée 2020

Les mesures de lutte contre le décrochage scolaire sont renforcées à la rentrée 2020. L'article 15 (entrée en vigueur à la rentrée 2020) de la loi n°2019-791 du 26 juillet 2019 « pour une école de la confiance » concrétise l'engagement du gouvernement de lutter contre la pauvreté et le décrochage des jeunes les plus fragiles par une obligation de formation pour tous les jeunes de 16 à 18 ans.  Le public visé est celui des jeunes ni en études, ni en formation ni en emploi, « NEET ».

La loi prévoit le droit, pour chaque jeune entre 16 et 18 ans, de pouvoir intégrer un parcours adapté à ses besoins. L'obligation de formation va au-delà du droit au retour en formation ou du droit à une formation professionnelle : elle inclut d'autres situations comme l'emploi, le service civique et l'engagement dans un dispositif d'accompagnement ou d'insertion sociale et professionnelle.

La mise en oeuvre de l'obligation de formation fait suite aux propositions faites par Sylvie Charrière et Patrick Roger dans un rapport "Formation obligatoire des 16-18 ans, Passer du droit formel au droit réel" remis début 2020.

Télécharger le rapport Formation obligatoire des 16-18 ans (format pdf)

Un décret en Conseil d'Etat, un arrêté ainsi qu'une instruction ministérielle préciseront les conditions d'application de cet article ainsi que les motifs d'exemption à cette obligation de formation

La stratégie Europe 2020

L'Union européenne s'est engagée dans la lutte contre le décrochage scolaire qui constitue un enjeu majeur humain, social et économique. Dans le cadre de la stratégie Europe 2020, la France s'est engagée à abaisser le taux de jeunes en dehors de tout système de formation et sans diplôme du second cycle du secondaire à 9,5 % en 2020. En France le taux d'abandon scolaire est de 8,2% en 2020 (12,6 % en 2010). 

Une initiative européenne en faveur de la prévention du décrochage et de la professionnalisation des GPDS : le projet TITA

Le projet européen TITA (Team Cooperation to Fight Early School Leaving : Training, Innovation, Tools and Action) soutenu par la Commission européenne s'adresse aux équipes éducatives pluri-professionnelles qui travaillent au sein des établissements du second degré et à leur formateurs. Il implique plusieurs pays (France, Luxembourg Suisse, Espagne, Slovénie) ainsi que l'IFÉ et le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq).

Le site web du projet TITA donne accès à des articles scientifiques sur le décrochage scolaire à travers une base de données thématique produite par l'institut de recherche européen (ERI) en Slovénie, ainsi qu'à une cartographie des chercheurs travaillant sur la lutte contre le décrochage produite par l'IFÉ.  Une plateforme en ligne appelée « TITAction » propose depuis 2017 des ressources réalisées à partir de l'observation filmée du travail des équipes pluri-professionnelles pour prévenir le décrochage.

Mis à jour le 16 juillet 2020
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