L’expérimentation pédagogique

Mis à jour : novembre 2020

Pourquoi expérimenter ?

L'expérimentation est un levier de progrès du système éducatif.

Expérimenter, c'est tout à la fois :

  • répondre à un besoin identifié des élèves ou des équipes pédagogiques et éducatives,
  • travailler différemment,
  • déroger aux dispositions du code de l'éducation dans un cadre réglementé,
  • évaluer les effets produits par une nouvelle organisation, de nouvelles manières de travailler, d'enseigner ou d'apprendre, de nouveaux gestes professionnels...
  • engager la communauté éducative dans une logique de développement professionnel collectif.

Pour tester de nouvelles solutions, l'expérimentation pédagogique est donc un processus collectif, organisé et évalué.

Comment expérimenter ?

Le cadre juridique

La possibilité de déroger au cadre réglementaire est encadrée par les dispositions du code de l'éducation (articles L.314-1 à L.314-3 et articles D 314-1 à D314-7 du code de l'éducation).

Les étapes de la mise en place du projet d'expérimentation

À partir du constat initial, une proposition de projet des équipes pédagogiques est présentée par le directeur d'école ou le chef d'établissement et concertée au sein du conseil d'école ou du conseil pédagogique.

Pour formaliser un projet d'expérimentation, un accompagnement peut être proposé par l'équipe CARDIE de l'académie.

L'équipe pédagogique peut aussi bénéficier de l'appui d'équipes de recherche, notamment pour définir un protocole d'évaluation.

Le projet comprend obligatoirement :

  • le périmètre concerné par l'expérimentation : une ou plusieurs classes, l'ensemble de l'école ou l'établissement, plusieurs établissements,
  • la durée (5 ans maximum, avec possibilité de reconduction),  l'équipe responsable,
  • le diagnostic sur la situation pédagogique ou éducative,
  • les objectifs,
  • les partenaires éventuels,
  • un protocole d'évaluation du projet qui comprend des indicateurs pour mesurer les effets (par exemple des indicateurs quantitatifs : taux d'absentéisme, pourcentage d'élèves en difficulté de lecture...), des modalités de recueil des données (par exemple : questionnaires, entretiens individuels ou collectifs, collecte des données de la vie scolaire), des bilans intermédiaires et un bilan final.

Sous réserve d'autorisation du DASEN, le projet peut déroger au code de l'éducation dans les champs suivants :

  • organisation pédagogique de la classe, de l'école ou de l'établissement,
  • liaison entre les différents niveaux d'enseignement,
  • coopération avec les partenaires du système éducatif,
  • enseignement dans une langue vivante étrangère ou régionale,
  • échanges avec des établissements étrangers d'enseignement scolaire,
  • utilisation des outils et ressources numériques,
  • répartition des heures d'enseignement sur l'ensemble de l'année scolaire,
  • procédures d'orientation des élèves,
  • participation des parents d'élèves à la vie de l'école ou de l'établissement. 

L'expérimentation, si elle est approuvée par le DASEN, est adoptée par le conseil d'école ou d'établissement et inscrite au projet d'école ou d'établissement. Les représentants légaux des élèves doivent être informés des objectifs de l'expérimentation puis des résultats.

L'expérimentation est évaluée sous l'autorité du recteur dans les conditions fixées par le protocole, avec l'appui des corps d'inspection territoriaux, voire de chercheurs.

Par ailleurs, une enquête annuelle répertorie depuis 2015/2016 les expérimentations conduites dans plusieurs écoles ou établissements à l'échelle d'une académie, voire de plusieurs académies.

Des exemples de thématiques sur lesquelles des expérimentations sont conduites en académie :

  • consolidation des apprentissages fondamentaux,
  • confiance, bien-être et climat scolaire,
  • formation des enseignants,
  • décrochage scolaire (prévention ou remédiation),
  • numérique, ....