Territoires d'outre-mer

Territoires d'outre-mer

Les outre-mer comprennent les territoires de la République française éloignés de la France métropolitaine. Ils sont situés sur les deux hémisphères et rayonnent sur trois océans (Atlantique, Pacifique, Indien). Ils couvrent près de 120 000 km² de surface terrestre (22 % de la superficie de la métropole) et représentent une zone économique exclusive (ZEE) de plus de 10 millions de km².

Les territoires d'outre-mer font l'objet d'une attention particulière de la part du Gouvernement dans le cadre de politiques interministérielles où le ministère de l'Éducation nationale et la Jeunesse prend toute sa place. La politique éducative nationale, qui se décline dans l'ensembe des territoires ultramarins, s'inscrit dans une démarche de réduction des inégalités entre les territoires.

Présentation générale des outre-mer

Les outre-mer, ce sont 12 territoires avec des statuts juridiques différents :

Où vivent 2,75 millions d'habitants, soit 4 % de la population française.

L'éducation en outre-mer

En outre-mer comme en métropole, la République assure sa mission d'éducation avec un même niveau d'exigence tout en prenant en compte les singularités géographique, historique et culturelle des différents territoires.

L'organisation administrative du service public de l'éducation en outre-mer s'adapte à la répartition des compétences éducatives entre l'Etat et les collectivités concernées.

La Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion sont des académies comparables aux académies métropolitaines, avec un statut de droit commun qui facilite l'intégration dans les standards de gestion nationaux.

La création à Mayotte d'une académie et d'un rectorat de plein exercice au 1er janvier 2020 permet de mettre en place une organisation administrative adaptée aux compétences du territoire.

La Polynésie française, Wallis-et-Futuna, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon et la Nouvelle-Calédonie ont le statut particulier de collectivités d'outre-mer, avec une organisation institutionnelle qui reconnaît aux autorités décentralisées d'importantes compétences en matière éducative : la responsabilité de l'État en matière d'éducation varie de la compétence de droit commun dans les îles Wallis et Futuna à l'exercice de compétences résiduelles en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.

Les effectifs en outre-mer à la rentrée scolaire 2019

A la rentrée scolaire 2019, la population scolaire s'élève au total à 12,4 millions d'élèves (dont 6,6 millions dans le 1er degré et 5,8 millions dans le 2nd degré).

En outre-mer, ce sont près de 700 000 élèves (365 000 élèves dans le 1er degré et 335 000 élèves dans le 2nd degré), soit 6 % de l'ensemble de la population scolaire :

- Dans les DROM (Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et La Réunion) : 569 000 élèves (295 000 élèves dans le 1er degré et 274 000 élèves dans le 2nd degré).

- Dans les COM (Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie française, Wallis-et-Futuna) et en Nouvelle Calédonie : 134 000 élèves (72 000 élèves dans le 1er degré et 62 000 élèves dans le 2nd degré).

Les structures scolaires

A la rentrée scolaire 2019, la France métropolitaine et les DROM comptent plus de 50 000 écoles (dont 89 % dans le public) et plus de 12 000 collèges/lycées (dont 66 % dans le public).

  • Dans les DROM : près de 1 500 école et plus de 400 collèges/lycées
  • Dans les COM : 420 écoles et 120 collèges/lycées

Les langues en outre-mer

La grande majorité des sociétés présentes dans les territoires d'Outre-mer connaissent une situation de bilinguisme ou de plurilinguisme. Dans certains cas, la langue française est venue s'ajouter aux langues parlées dans ces territoires. Dans d'autres, elle est le support du développement d'un créole qui s'est affirmé au point d'être considéré comme une langue à part entière, susceptible même d'accéder au statut de langue de littérature. Dans tous les cas, l'ensemble des populations est concerné par la présence d'au moins deux langues, sans préjuger d'apports linguistiques supplémentaires. Du point de vue de l'élève, ce bilinguisme se traduit par la cohabitation d'une langue maternelle ou première et de la langue française, langue de scolarisation.

Un groupe d'étude et d'expertise de l'Inspection générale de l'éducation nationale a travaillé sur la problématique de la maîtrise de la langue française en contexte plurilingue dans les territoires d'outre-mer.

En conclusion de ces travaux, le groupe propose une fiche générale présentant le contexte plurilingue en outre-mer ainsi qu'une fiche spécifique consacrée à chaque territoire d'outre-mer. Ces fiches sont destinées à tous les personnels exerçant ou qui pourraient être nommés dans ces académies et vices-rectorats.

Télécharger la fiche générale sur la maîtrise de la langue française en contexte plurilingue de l'école maternelle au lycée dans les territoires d'Outre-mer.

On distingue deux types de dispositif liés à l'apprentissage des langues en outre-mer :

  1. L'enseignement des langues et cultures régionales : cet intitulé désigne un enseignement d'une langue vernaculaire (et parfois dans la langue concernée pour différents domaines d'enseignement) proposé de l'école primaire au lycée et susceptible d'être évalué aux examens nationaux ;
  2. Les dispositifs consacrés aux langues dites d'origine ou maternelles, principalement au cycle 1.

L'enseignement des langues et cultures régionales

Les langues vivantes régionales enseignées dans le système scolaire français font l'objet d'une liste précise, arrêtée. Dans les DROM-COM, cinq langues ou groupes de langues sont concernés : le créole (à base lexicale française), les langues mélanésiennes, le tahitien, le wallisien et le futunien (cf. circulaire relative à l'enseignement des langues et cultures régionales du 12 avril 2017).
Mayotte n'est pas concerné par ces dispositions pour l'heure : les deux langues vernaculaires parlées par la population (shimaoré et kibushi), de tradition orale, font partie des langues de France mais n'appartiennent pas à la liste des langues régionales enseignées à l'éducation nationale.

Les dispositifs consacrés aux langues d'origine (ou maternelles)

Ces dispositifs, implantés dans les petites classes (maternelle et premières classes de l'école élémentaire), consistent à s'appuyer sur le bilinguisme afin de faciliter l'entrée dans la scolarisation et dans l'apprentissage du français pour des enfants qui n'ont pas le français pour langue maternelle. La connaissance et la maîtrise de la langue d'origine sont structurées pour développer des compétences linguistiques transférables au service d'une meilleure acquisition de la langue française, dans des territoires où les résultats des élèves en français sont nettement inférieurs à la moyenne nationale.
Exemples de dispositifs : les intervenants en langue maternelle (ILM) en Guyane ou « Éveil aux langues » à Mayotte.

Textes de référence

Article L312-10 - alinéas 1 et 2 : « Les langues et cultures régionales appartenant au patrimoine de la France, leur enseignement est favorisé prioritairement dans les régions où elles sont en usage. Cet enseignement peut être dispensé tout au long de la scolarité selon des modalités définies par voie de convention entre l'Etat et les collectivités territoriales où ces langues sont en usage. »
Article L321-4 - 3e alinéa (enseignement du 1er degré) : « Dans les académies d'outre-mer, des approches pédagogiques spécifiques sont prévues dans l'enseignement de l'expression orale ou écrite et de la lecture au profit des élèves issus de milieux principalement créolophone ou amérindien. »

Extrait : « Cet enseignement s'applique au basque, au breton, au catalan, au corse, au créole, au gallo, à l'occitan-langue d'oc, aux langues régionales d'Alsace, aux langues régionales des pays mosellans, au tahitien, aux langues mélanésiennes (drehu, nengone, païci, aïje) ainsi qu'au wallisien et au futunien. »

Le Livre bleu outre-mer

Débutées à l'automne 2017, les Assises des outre-mer ont conduit à la publication du Livre Bleu outre-mer remis en juin 2018 au Président de la République.

Les questions éducatives constituent un enjeu d'importance dans les territoires ultramarins. C'est d'ailleurs ce qu'ont confirmé les populations dans le cadre des ateliers locaux des Assises en faisant des questions d'éducation une priorité.

Ainsi, la stratégie adoptée pour l'éducation se définit à travers trois axes majeurs pour accompagner les territoires :

  • Mettre en place, à la rentrée scolaire 2019, un dispositif de soutien scolaire, inspiré de « Devoirs faits », au bénéfice des élèves des écoles primaires outre-mer ;
  • Prendre en compte le plurilinguisme dans les apprentissages ;
  • Engager un plan de lutte contre le décrochage scolaire outre-mer.

Texte de référence

Loi n° 2017-256 du 28 février 2017 de programmation relative à l'égalité réelle outre-mer et portant autres dispositions en matière sociale et économique

En savoir plus

Quelques chiffres

La france d'outre-mer : population scolaire et de l'enseignement supérieur - Repères et références statistiques

Adaptation des programmes d'enseignement

Consulter les dispositions pour l'adaptation des programmes nationaux d'enseignement d'histoire et de géographie des cycles de consolidation (cycle 3) et des approfondissements (cycle 4) pour les départements et régions d'outre-mer publiées au BO n°11 du 16 mars 2017 et des ressources académiques

Politiques interministérielles

Afin de répondre aux difficultés démographiques, sociales et économiques que rencontrent les territoires de la Guyane et de Mayotte, l'Etat a conclu des protocoles d'accord avec ces deux terrtoires et a engagé des moyens financiers et humains pour les accompagner et résorber leurs difficultés respectives.

Sites à visiter

Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse

Ministère des outre-mer

Délégation générale à la langue française et aux langues de France

Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM)

Institut d'Emission d'Outre Mer (IEOM)

Archives nationales d'outre-mer

Mis à jour le 05 décembre 2019
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