Intervention de Michel Reverchon-Billot, IGEN-EVS

Intervention EMI

L’EMI n'est pas une discipline mais bien un élément fondamental, un enseignement porté par la loi, mais qui n’est pas inscrit dans les grilles horaires.

Cet enseignement devra prendre toute sa place à la fois au cycle 3 comme au cycle 4.

Il est important de commencer à sensibiliser les élèves dès le cycle 3 car ils sont exposés seuls aux flux d'infos, il est important d’observer les élèves et la relation qu’ils ont avec l’information, car elle est particulière.

Une culture informationnelle et citoyenne solide est nécessaire aujourd’hui pour pouvoir aborder ces flux.

C’est également un enjeu fondamental de la formation prise en charge par les ESPE, qui doivent former les professeurs sur ces sujets.

Présence de l’EMI dans les textes de références :

La loi de refondation contient six fois l'occurrence du thème EMI, c’est un axe prioritaire. L’EMI était donc déjà un sujet important dès 2013. Cette question est au cœur de l'enjeu de la formation des élèves. La coloration du socle et des projets de programme est  marquée par les attentats de 2015.

4 domaines sur 5 du socle sont impactés par la présence de l’EMI. Les projets de programmes contiennent 30 occurrences du terme EMI. C’est un enseignement qui s’enseigne à partir des différentes disciplines. Personne n’est propriétaire de l'EMI, il est possible de l’enseigner à partir des dispositifs : EPI, aide personnalisée… La vie scolaire a également un rôle important à jouer pour l’enseignement de l’EMI, la nouvelle circulaire des CPE réaffirme leur rôle pédagogique.  

L’EMI étant présent dans les différentes disciplines, il est nécessaire de penser à impulser et à recenser les différents projets mis en place dans l’établissement. Le professeur documentaliste, étant un expert de l’EMI, peut jouer ce rôle au sein du conseil pédagogique. Il faut donc les accompagner afin de les aider à animer le conseil pédagogique sur ce sujet.

Il ne faut pas oublier que le « I » de EMI, ne représente pas le « I » d’information médiatique, mais le « I » de compétences info-documentaires.

La France a pris des engagements internationaux : la déclaration de Moscou portée par l'UNESCO en 2012. Le Ministère de l’éducation nationale et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche ont signé la déclaration de l’IFLA. Ce sont des signaux forts qui mettent en valeur l’importance de l’EMI.

Trois axes forts de travail de l'EMI sont dégagés :   

  • Apprendre à gérer et traiter le flux d'infos
  • Produire de l'information
  • Comprendre les médias dans leur fonctionnement.

EMI et EMC

L'EMC ne permet pas de travailler toutes les compétences de l'EMI et réciproquement.

La mesure 3 de la grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République préconise un média scolaire dans chaque établissement.

Ce média scolaire permet de faire le lien entre EMI et EMC dans les établissements et peut être un élément fédérateur entre enseignant-documentaliste/ enseignants et enseignants/vie scolaire.

Il permet de redonner la parole à l'élève dans un cadre normé et de construire des compétences : comité de rédaction...

Il est possible de mobiliser les élèves pendant les heures repas et de permanence.

Un échange sur les médias scolaires a lieu avec les IAN documentation : des formations de délégués se font dans le cadre du CVL pour l’utilisation de différents médias (Twitter, outil de publication des ENT…). Parfois le lycée s’ouvre sur le territoire (média qui devient le journal des jeunes de la ville). Certains utilisent des plateformes sécurisées, comme la plateforme de blog proposée par l’académie de Versailles, des webradios sont également mises en place. Il faut laisser la possibilité aux élèves de publier par eux-mêmes.