Éduscol

Développement des pratiques pédagogiques en académie

Les projets 2016-2017

Sept académies ont été sélectionnées pour l'année 2016-2017. Vous trouverez sur cette page les résultats de leurs travaux, sous forme de scénarios  pédagogiques, de tutoriels, mais aussi de pistes de réflexions et d’analyse sur les changements que l’utilisation des outils numériques provoque dans les pratiques pédagogiques des enseignants. Ces sept académies ont répondu à l'appel à proposition 2016-2017 (PDF, environ 630 ko).

Thèmes retenus pour les TraAM 2016-2017

Les travaux académiques mutualisés de langues vivantes, menés par des groupes inter langues, participent à  une réflexion sur la plus-value du numérique dans l’enseignement des langues vivantes, et doivent donner lieu à des publications accessibles aux non spécialistes dans le cadre de la généralisation des usages.

Pour 2016-2017, les équipes étaient invitées à travailler autour de deux thèmes :

  • Thème 1 : L’apport du numérique pour la progression de l’élève.
  • Thème 2 : Le numérique au service du travail collaboratif entre enseignants.

Ces travaux aboutiront à la production de scénarios pédagogiques indexés dans l’ÉDU’base, sur le portail éduscol ou M@gistère.

Le cahier des charges de fonctionnement des TraAM 2016-2017 (PDF, environ 425 ko).

Retrouvez sur éduscol les 120 projets TraAM retenus pour l’année 2016-2017, regroupés autour de six thèmes transversaux.

Synthèse des TraAM 2016-2017

Les travaux engagés dans le cadre des TraAM en 2016-2017 ont amené les équipes des 7 académies retenues à poursuivre et élargir la réflexion sur la plus-value pédagogique des usages du numérique en langues vivantes, et à tirer des enseignements suite aux diverses expérimentations menées sur le terrain.

Synthèse des TraAM 2016-2017 (PDF, 398 Ko)

Académie de Dijon

(Inspectrice : Anne DAUVERGNE - Référente : Laurence GILMANT)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’équipe a décidé de consacrer son travail sur l’utilisation du numérique dans le cadre de la collaboration entre enseignants. Les groupes TraAM se sont ces dernières années beaucoup intéressés à la mutation des relations enseignants et élèves induite par le numérique. Il devenait indispensable de travailler sur la même problématique dans le cadre de la relation entre enseignants. Les difficultés liées à la transformation des pratiques par le numérique et à la maîtrise des outils ne peuvent se faire sans échanges interprofessionnels. Ces échanges sont eux-mêmes à la base des évolutions du numérique lors de cette décennie (réseaux sociaux, partages, formation par les pairs).

Le groupe a pu développer 4 projets participatifs en relation avec ce thème :

  1. La veille numérique entre enseignants : après avoir identifié les pratiques numériques collaboratives des enseignants grâce à une enquête (PDF environ 630 ko), le groupe a déterminé comme préalable à la collaboration entre enseignants l’accès et l’échange d’informations. Le groupe a donc commencé par la création de productions guidant les enseignants dans l’utilisation d’outils d’échanges fournis par l’institution (Viaéduc) (PDF environ 660 ko), la création de listes de diffusion et la création d’une infographie collaborative.
  2. Liste interlangues numérique
    L’échange entre enseignants ne peut se faire sans le recours à une liste de diffusion. C’est pourquoi le groupe a créé une liste interlangues numérique.
  3. Collaboration internationale
    Cette collaboration entre enseignants a évidemment généré des projets de collaboration entre élèves: écriture collaborative et collaboration avec des élèves étrangers. La plateforme etwinning s’avère être un outil efficace conçu pour ce type de projets. Le groupe offre à l’aide d’un padlet des pistes pour bien réussir sa collaboration internationale (PDF, environ 280 ko).
  4. Collaboration avec les assistants de langues (PDF, environ 97 ko).
    Le cadre enseignants a également été élargi pour intégrer les assistants de langue étrangère.
    À ces 4 thèmes principaux, on peut ajouter le témoignage vidéo d’un élève sur les apports de ces pratiques dans sa réussite.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

La première question à laquelle le groupe a essayé de répondre est celle de l’objectif et de l’intérêt d’une collaboration entre enseignants (PDF, environ 580 ko). Il en ressort que ce type de collaboration facilite l’ouverture, l’échange de pratiques, l’innovation, la pédagogie de projet et la citoyenneté numérique.

Malgré ces apports, le bilan de ce travail académique  révèle des freins tels que l’inadaptation des outils, le  regard de l’autre (les enseignants craignent souvent le jugement des pairs), la culture professionnelle très marquée par l’individualisation, la gestion du temps (certaines préparations semblent chronophages) et l’appréhension face au changement.   

Pour finir, le groupe s’est intéressé à la suite de leur réflexion et s’est posé la question des perspectives pour l’avenir. Selon les membres de l’équipe, il est important d’encourager l’usage des réseaux de communication (ENT…), de développer les communautés apprenantes et de développer les compétences collaboratives pour les enseignants.   

En outre, ce travail sur la collaboration entre enseignants a pu nourrir une réflexion pertinente sur les notions de collaboration et de coopération. Les enseignants du groupe ont expérimenté l’efficacité d’une collaboration qui permet une véritable synergie afin d’aboutir à un résultat commun. Contrairement à une coopération où chaque participant apporte une pierre à un édifice d’ensemble, la collaboration nécessite que tous les acteurs œuvrent en harmonie et mettent en commun leurs compétences, leurs connaissances et leurs idées pour la construction d’un projet commun. La collaboration nécessite l’engagement tandis que la coopération nécessite l’implication.
Il faut également souligner que la mise en place d’enseignements interdisciplinaires a renforcé le besoin d’une collaboration entre enseignants et permet d’analyser ses effets sur le travail des élèves. En effet, il est plus facile pour les élèves de se reposer sur leurs points forts et leur appétence dans une discipline pour développer leurs compétences dans une autre dans la mesure où des ponts sont établis entre ces différentes disciplines.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site langues de l’académie de Dijon.

Académie de La Réunion

(Inspecteur : Éric MAILLOT - Référent : Gilles GALLOIS)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

L’équipe composée de quatre enseignants a choisi de travailler sur la seconde proposition de l’appel, à savoir la mutualisation, le développement de réseaux et le partage de ressources ou scénarios entre enseignants. Pour cela, le groupe a exploité l’outil mis à disposition par l’académie, à savoir la plateforme Moodle-établissements (appelé « Cours en ligne » dans l’académie). D’autres académies que celle de La Réunion disposent également de la plateforme Moodle sur leur ENT. Cette plateforme semble être l’outil numérique parfait pour créer un lien entre l’école et le domicile, mais est très rébarbative d’accès. Les tutoriels visent à aider les enseignants à franchir le pas afin d’intégrer l’utilisation de cet outil dans leurs pratiques.

Des parcours d’auto-formation ont été créés sous la forme de tutoriels de prise en main de l’outil. Le groupe s’est fondé sur son expérience académique pour offrir des tutoriels simples et couvrant l’essentiel du sujet. L’objectif n’est pas une connaissance et une pratique exhaustive de Moodle, mais une prise en main adaptée à l’enseignement des langues.   
Les tutoriels ont été regroupés dans trois catégories qui correspondent aux trois étapes d’utilisation :

  • « Mise en place » : ces tutoriels font le point sur le travail en amont comprenant le paramétrage de l’arborescence, l’inscription des élèves et la création des premiers cours.
  • « Ajouter des activités » : il s’agit de la partie la plus intéressante car elle permet de découvrir toutes les possibilités offertes par la plateforme en terme de création d’espaces partagés, à savoir l’insertion de fichiers audio ou vidéo, de la trace écrite du cours et le lancement du forum.
  • « Tests » : cette dernière rubrique se concentre sur l’évaluation et présente comment créer des tests auto-corrigés que les élèves peuvent effectuer en ligne.   

La présence de séquences de cours sur une plateforme commune sécurisée et accessible à toute l’équipe éducative facilite les échanges sur les pratiques et la mutualisation des bonnes pratiques.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

La seule difficulté rencontrée est le manque de disponibilité des enseignants engagés. Le constat du groupe sont les suivants :   

  • évaluation des élèves : possibilité grâce aux tests en ligne de s’assurer que chaque élève fait le travail de révision demandé ;
  • le rapport au temps et à l’espace : les élèves retrouvent le cours et les ressources proposées par l’enseignant à leur domicile ; ils peuvent revenir dessus à leur rythme, au moment qui leur convient le plus ;
  • la relation enseignant - élève : le suivi automatique du travail est effectué par l’élève et la communication prof-élève est facilitée par l’intermédiaire du forum et/ou de la messagerie ;
  • la relation entre enseignants : la plateforme permet le co-enseignement, chaque enseignant est membre d’un groupe de travail et peut intervenir sur l’espace dédié.

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site interlangues de l’académie de La Réunion.

Académie de Montpellier

(Inspecteur : Yannick HERNANDEZ - Référent : Xavier MANGOGNA)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail était composé de cinq enseignants : deux en collège, et trois en lycée ; cinq langues vivantes étaient représentées : italien, anglais, allemand, espagnol et catalan.

L’objectif était de contribuer à la généralisation des pratiques numériques dans l’enseignement des langues vivantes, dans une académie qui offre les ressources institutionnelles pour mener à bien un tel projet : le Plan numérique mis en œuvre à l’échelle du pays depuis 2015 prévoit le déploiement progressif des EIM en collège. « Les tablettes numériques constituent un support multimédia de réception et de production très riche pour les élèves. » Elles contribuent à créer un environnement propice à l'apprentissage des langues vivantes et facilitent grandement le développement de la baladodiffusion et l’accès aux ressources de l’Internet. Elles permettent à chaque élève d’appréhender à son rythme les documents supports de la compréhension de l’oral, et l’aident à prendre confiance, à se corriger, pour dédramatiser l’oral et encourager la prise de parole en continu et en interaction.

Le prêt de tablettes aux élèves de cinquième de l’académie de Montpellier a franchi avec succès le cap de l’expérimentation avec l’implication des équipes pédagogiques des collèges préfigurateurs, la diffusion de cet outil se poursuivra désormais à grande échelle. Le Wifi est déployé dans les collèges et les lycées, ce qui permet de résoudre les problèmes de connexion au réseau. L’académie bénéficie également d’un ENT avec Moodle : les enseignants et les élèves ont donc accès à un espace institutionnel qui permet un prolongement numérique de la classe.

À partir de la question suivante : en quoi les EIM facilitent-ils la prise en compte des différents parcours et profils des élèves pour permettre à tous d'atteindre le niveau A2 dans au moins les activités orales en fin de troisième ? Le groupe inter langues de l’académie de Montpellier s’est proposé de bâtir des scénarios pédagogiques portant sur les compétences orales, en cohérence avec les préconisations du fascicule « Élaborer une progression cohérente » (PDF, environ 40 ko) disponible sur Éduscol.

La démarche visait à proposer des scénarios interlangues favorisant la convergence entre les enseignements de langues et permettant d’interroger la construction de compétences plurilingues et interculturelles dans une démarche d’éducation à la citoyenneté. Il s’agit de montrer la valeur ajoutée de l’usage des outils numériques au service de la construction de l’autonomie langagière des élèves et dans le cadre d’un usage responsable et citoyen des EIM.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Dans la palette des outils dont il dispose, l’enseignant peut accorder au numérique une place de choix pour stimuler la créativité. Les outils nomades largement diffusés et accessibles plaisent à une grande majorité d’élèves. À charge pour le professeur d’en proposer un usage utile et raisonné au service des apprentissages.

Les travaux d’écriture par groupes peuvent se prolonger hors la classe sur Framapad, Padlet ou l’ENT. L’emploi de LearningApps peut être envisagé par le professeur comme par les élèves pour la création d’une grande variété de types d’exercices ou de jeux dans lesquels les connaissances pourront être réactivées ou réinvesties. La prise en main est intuitive sinon immédiate et ne nécessite pas de formation technique spécifique pour l’enseignant qui se doit « d'intégrer les éléments de la culture numérique nécessaires à l'exercice de son métier ».

Ce site présente en outre l’avantage d’intégrer un moteur de synthèse vocale très utile en langues vivantes (phonologie). Pour l’oral, les magnétophones en ligne tels que Clyp permettent à l’élève de s'entraîner à dédramatiser la prise de parole en continu en créant autant de « brouillons » de l’oral qu’il le souhaite.

Les EIM sont en classe comme au-dehors un outil et une variable de la différenciation pédagogique. Face à l’hétérogénéité des profils d’élèves et de leurs stratégies d’apprentissage, l’outil numérique permet à l’enseignant de varier ses pratiques et d’éviter l’écueil du cours frontal, purement transmissif. 

Les outils numériques contribuent en outre à la consolidation du lien entre l’école et les familles (cahier de textes numérique). Les cours, avantageusement vidéoprojetés puis enregistrés sur ENT, pourront être consultés à la maison avec les supports multimédias utilisés en classe.

Retrouvez le résultat des travaux de l’académie sur le site interlangues de l’académie de Montpellier.

Académie de Nancy-Metz

(Inspecteur : Gérard MARI - Référente : Hélène ORIVEL)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail était composé de seize enseignants : deux professeurs des écoles, et quatorze enseignants de langues vivantes de collège, lycée et lycée professionnel. Quatre langues étaient représentées : anglais, allemand, italien et espagnol.

L’objectif était de travailler autour de la continuité des parcours linguistiques : lien école–collège, lien collège-lycée et liaison lycée professionnel–BTS. L’enjeu de la progressivité en langues vivantes a été l’objectif pédagogique central du groupe en prenant appui sur le plurilinguisme. Grâce à l’apport du numérique, l’élève peut être acteur de son apprentissage et s’entraîner à cibler ses repères de progressivité. L’équipe a eu recours à différents outils numériques : groupes de travail intra et inter-établissements ; création de portfolios numériques afin de conserver une trace des apprentissages ; cartes mentales permettant de mettre en lien les savoirs linguistiques, etc. Le numérique a permis de faire de l’entrée culturelle l’une des priorités en développant les compétences transversales.

Les projets ont été très variés : mettre en place une progression avec une entrée culturelle pour les élèves de cycle 3, à partir d’un travail sur les fêtes traditionnelles en allemand; élaboration de padlets plurilingues et évolutifs autour des cultures du monde à partir de 5 thèmes; utilisation de padlet pour accompagner et préparer les élèves de bac professionnel aux attentes du BTS ; création d’un portfolio culturel ou culturel ET linguistique qui serait enrichi progressivement et qui suivrait les élèves d’une année sur l’autre; réalisation d’un travail collaboratif et interdisciplinaire entre deux classes de 3e géographiquement éloignées autour de l’égalité entre les sexes et du respect mutuel, qui rentrait dans le cadre du parcours citoyen des élèves.   


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe a pu tirer quelques conclusions sur les plus-values pédagogiques des outils numériques. Il est noté que les élèves ont été acteurs de leurs apprentissages et entraînés à cibler leur progressivité. L’usage du numérique a permis de faire de l’entrée culturelle l’une des priorités en développant les compétences transversales. Cependant, on remarque également un manque de travail personnel de la part de certains élèves (même avec le numérique, certains ne se mettent toujours pas au travail).

Retrouvez le résultat des travaux de l’académie sur le site interlangues de l’académie de Nancy-Metz.

Académie de Reims

(Inspectrice : Maria GOMEZ - Référent : José Manuel REVILLA RODRIGUEZ)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail était composé de sept enseignants de collège et de lycée, et représentait trois langues: l’anglais, l’allemand et l’espagnol. Les travaux ont tourné autour des deux thématiques de l’appel à projet. Un premier binôme d’enseignantes d’espagnol, l’une en collège et l’autre en lycée, ont mené un travail collaboratif avec leurs élèves. Le but était de travailler à partir d’un même thème, celui de l’orientation; chaque classe a travaillé de son côté, avec comme objectif de préparer une rencontre physique entre tous les élèves, pour mettre en scène des entretiens d’embauche qui ont été filmés. La liaison collège-lycée prenait corps, et les élèves ont pu dédramatiser grâce à ce projet le passage du collège au lycée.

Un deuxième projet d’écriture collaborative a été mené en lycée en classe d’espagnol. L’accès à l’ENT étant rendu compliqué par un changement de plateforme, l’enseignant a utilisé padlet comme espace collaboratif. Cette application a rendu possibles différentes étapes de sa démarche pédagogique: c’était à la fois un espace de stockage de documents, un espace de commentaire et de conseil, et un espace d’évaluation. La collaboration entre élèves, mais aussi le suivi fin des élèves par l’enseignant, ont été facilités grâce à cet outil aux multiples fonctionnalités facile à prendre en main.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Deux des établissements engagés dans les TraAM bénéficiaient d'une dotation spécifique numérique (tablettes), ce qui a permis d’essayer de mieux intégrer l’outil numérique à l’évolution progressive et graduelle en fonction des besoins et des carences des élèves et des collégiens. L’utilisation des tablettes a cependant été nettement freinée par des problèmes de connexion: la bande passante n’était pas suffisante pour permettre à tous les élèves de se connecter en même temps. Les applications utilisées ne fonctionnant pas hors connection, l’enseignante a dû abandonner les tablettes et emmener ses élèves en salle informatique pour faire le travail qu’elle avait prévu.

Les élèves utilisent les outils numériques; en revanche, ils ne les maîtrisent pas. Ils utilisent par exemple une tablette pour du visionnage d’images ou de vidéos, pour des lectures de sites internet, ou pour l’envoi de messages; mais ils ne connaissent pas les potentialités éducatives des applications qui existent. Il est donc important et nécessaire de les éduquer à ce niveau-là. Une solution pourrait être de banaliser un moment en début d’année pour présenter aux élèves les applications qu’ils seront amenés à utiliser pendant l’année.

Le numérique permet de garder des traces du travail effectué plus pérennes que le cahier traditionnel. Le stockage des fichiers est facilité, et l’enseignant n’a plus besoin de clé ni de papier. Il peut également effectuer un suivi fin du travail de l’élève. Le numérique permet également d’évaluer autrement: un travail sur PDF peut être annoté surligné, et permet une comparaison avec le fichier d’origine. Par ailleurs, les commentaires que laisse l’enseignant sur un espace de travail collaboratif sont visibles par les autres élèves. C’est l’occasion pour chacun d’apprendre grâce au travail des autres; l’enseignant ne sanctionne plus, mais il conseille.

Les projets menés dans le cadre des TraAM en allemand sur le site de l’académie de Reims.

Les projets menés dans le cadre des TraAM en espagnol sur le site de l’académie de Reims.

Académie de Rennes

(Inspecteur : Sylvain BOURDONNAIS - Référente : Régine BALLONAD-BERTHOIS)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail comptait trois professeurs de langues vivantes du second degré (anglais et espagnol), et une professeure des écoles. L’équipe a travaillé à partir des problématiques suivantes: Comment introduire les outils numériques de manière progressive pour améliorer les apprentissages des élèves ? Comment assurer une continuité des usages du numérique entre le cycle 3 et 4 ?

Dès la maternelle, les enseignants utilisent certains outils numériques, répondant ainsi à la priorité ministérielle : « faire entrer l’école dans l’ère du numérique ». Il convient à présent de réfléchir au type d’outils à utiliser et d’analyser comment une introduction progressive du numérique permet d’améliorer les apprentissages de l’élève. En effet, les outils sont nombreux : TBI, VPI, tablettes, visualiseurs; ordinateurs, baladodiffusion, BYOD, etc. En fonction de l’âge de l’apprenant, l’outil utilisé ne sera pas nécessairement le même et/ou l’usage qui en sera fait n’aboutira pas au développement des mêmes compétences et des mêmes stratégies. Il est donc intéressant de voir quels outils utiliser dès le cycle 3, comment assurer une continuité et une progressivité dans l’utilisation des outils et dans les usages du numérique entre le cycle 3 et le cycle 4 ? Comment mettre en place une collaboration entre l’école et le collège et faciliter le suivi des acquis des élèves ? Comment aider l’élève à acquérir une méthode pour apprendre à apprendre seul ou collectivement ? Dans la classe et en dehors de la classe ?

Dans l’expérimentation que l’équipe a menée, les enseignants ont construit des scénarios pédagogiques interlangues par cycles intégrant un ou plusieurs outils numériques. Les choix d’outils devaient apporter une véritable plus-value pédagogique et amener l’élève à développer des compétences indispensables pour le citoyen du XXIe siècle, telles que la collaboration et le savoir-être en société. Tous les élèves ont pratiqué l’anglais dans un cadre authentique grâce à des échanges virtuels sur leur quotidien avec des correspondants vivant à l’étranger (ce qui est possible via eTwinning, Epals ou Edmodo). Les outils numériques ont par exemple permis à des élèves de CM2 d’utiliser l’application Book Creator pour créer une carte de vœux virtuelle pour leurs correspondants incluant une vidéo, des photos et du texte. Avec Garage Band, les lycéens ont composé à l’approche de Noël un album de chansons au profit d’une association caritative. Grâce à Padlet, les élèves ont ensuite mutualisé leurs productions et recueilli les impressions de leurs correspondants américains. En BTS, des étudiants ont pu présenter leurs rapports de stage sur un support numérique, toujours grâce à Padlet.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Plus les élèves commencent jeunes l'apprentissage d'une langue étrangère avec une pédagogie active intégrant le numérique, plus ils développent des stratégies et plus ils sont désinhibés face aux erreurs. Le numérique permet de ne pas laisser de « traces ». L'élève peut ainsi se tromper et recommencer autant de fois qu'il le souhaite pour réussir. Les outils numériques constituent un facteur de motivation certain, impulsent une dynamique de classe et favorisent la cohésion du groupe, mais il convient de choisir les outils et services adaptés en fonction de l'âge des élèves. À cet égard, une progressivité dans l'introduction des outils numériques et des repères pourrait être mis en place dès le cycle 3. Enfin, l'objectif langagier visé doit toujours être gardé à l'esprit, afin d'éviter l'écueil du « numérique pour faire du numérique ».

Le travail mené dans le cadre des TraAM cette année a mis en relief la difficulté d’assurer la continuité des apprentissages entre des établissements très différents à plusieurs niveaux: au niveau de l’environnement social et culturel, au niveau de l’équipement informatique, et au niveau de la maîtrise des différents outils numériques de la part des enseignants. Ces trois facteurs vont avoir un impact considérable sur la mise en œuvre pédagogique du projet avec les élèves. Les enseignants engagés dans le projet étaient en effet tous dans des cycles et des environnements très différents : une enseignante d’école rurale qui avait peu d’équipement numérique et une maîtrise très basique des outils ; une enseignante d’un collège connecté ; une autre d’un collège près de Rennes ; une autre enfin d’un lycée polyvalent à l’autre bout de l’académie. Une solution pourrait être de travailler entre enseignants qui relèvent du même secteur ; ainsi, chaque enseignant serait proche géographiquement de ses collègues, ce qui rendrait les échanges plus faciles ; en outre, chacun partagerait les mêmes réalités socio-culturelles, ce qui faciliterait la construction d’objectifs communs. 

L’équipe de professeurs a listé des points de vigilance à garder en tête lors de ce type d’expérimentation : la prise en main des outils doit être facile pour les élèves et les enseignants, l’outil doit être pertinent dans l’activité à accomplir et la création de comptes utilisateurs nécessitant la divulgation de données à caractère personnel ne doit pas être requise.

La réussite d'un projet intégrant le numérique nécessite que l'enseignant soit capable de trouver des stratégies de contournement aux difficultés, ou qu’il soit en mesure d'être accompagné dans la résolution de problèmes techniques. Lorsque l'enseignant est bien formé aux outils numériques, lorsque les élèves sont bien préparés en amont et lorsque l'activité mise en œuvre a été bien pensée pour intégrer naturellement le numérique, alors toutes les conditions sont réunies et l'élève peut transférer ses connaissances et ses compétences lorsqu'il aborde le même thème dans une autre langue étrangère.

L’équipe a également regretté la disparité des outils utilisés en fonction des cycles, qui rend difficile le travail inter-degrés. Ainsi, le premier et le second degrés n’ont pas le même ENT et il n’y a pas de perméabilité entre les deux ENT. Le travail collaboratif entre enseignants est donc impossible via cet outil de travail, et le suivi du travail des élèves impossible entre les degrés. Comment faire alors pour avoir une vue d’ensemble sur le travail effectué et les progrès réalisés par les élèves ? Avoir accès à ces informations permettrait à l’enseignant de pouvoir mettre en place une remédiation efficace sans perdre de temps. Le groupe s’est posé la question de la nécessité de créer un carnet numérique interactif pour que la continuité des apprentissages en langue vivante soit visible par l’élève et les différents enseignants qu’il va croiser pendant sa scolarité

Les projets menés dans le cadre des TraAM sur le site de l’académie de Rennes.

Académie de Toulouse

(Inspecteurs : Sabine ALIGÉ, Michel MARTINEZ - Référent : David BEGUE)

Les différents projets engagés dans le cadre des TraAM

Le groupe de travail était constitué de huit personnes travaillant sur cinq établissements répartis dans trois départements de l’académie. Le travail mené par les différentes équipes dans le cadre des TraAM repose sur la mise en œuvre de séquences pédagogiques incluant l’utilisation du numérique. L’objectif était d’analyser les plus-values et les freins de cette utilisation selon deux axes : la progression de l’élève et le travail collaboratif.


Les réflexions induites par les travaux engagés dans le cadre des TraAM

Sur l’ensemble des projets menés l’équipe a pu noter trois effets bénéfiques sur le travail et la progression des élèves. Tout d’abord, l’utilisation d’outils numériques dans le cadre des séquences pédagogiques a été facteur de motivation pour un grand nombre d’élèves. Cette motivation s’est traduite par une plus grande implication dans les apprentissages à la fois dans la classe et hors la classe. L’aspect ludique de certains outils numériques a aussi permis de motiver des élèves parfois réticents à l’apprentissage d’une langue étrangère. De plus, il a  été constaté que les élèves ont gagné en autonomie grâce à une rapide appropriation des outils permettant des productions de qualité. Ce bénéfice est double puisque l’autonomie relative des élèves permet à l’enseignant d’avoir plus de temps pour les aider et répondre aux besoins particuliers. Le développement de l’autonomie est un facteur important à la fois dans la perspective de l’intégration professionnelle future et/ou de la poursuite d’études. Enfin, l’utilisation du numérique a été bénéfique pour l’expression orale. En effet, les différents projets ont permis une pratique de l’expression orale soit en continu, soit en interaction dans des conditions totalement authentiques pour certains projets. Les élèves ont montré moins de timidité suite aux activités réalisées et ont gagné en fluidité et en aisance.

Le bilan montre que les freins peuvent être multiples mais de nombreuses solutions sont envisageables pour mener à bien les projets. D’abord, les problèmes techniques sont source de difficultés dans l’animation des séquences, soit pour des raisons de connexion ou de panne de matériel. Également, certaines applications en ligne contraignent les élèves à créer un compte personnel, ce qui peut parfois poser problème. Dans la mesure du possible, il est conseillé de privilégier des applications sans connexion nominative : par exemple la possibilité de créer un compte classe. Ensuite, la posture de l’enseignant travaillant en projet et avec le numérique peut être source d’appréhension car cette configuration d’enseignement est « déstabilisante ». Une solution est de travailler sur de courtes tâches afin de mieux gérer cette appréhension et en même temps habituer progressivement les élèves à un fonctionnement moins vertical. De nombreux élèves n’ont plus l’habitude de travailler en dehors du cours et l’enseignant peut les inciter à cet effort et à cette implication par le biais du numérique. De ce fait, le numérique perd de son attrait ludique et il faut donc agir sur la motivation par d’autres moyens. Enfin, les activités paraissent plus complexes à évaluer. Cette difficulté peut facilement être contournée en précisant dès le début de la séquence les rôles de chaque participant ainsi que les critères d’évaluation afférents. Il y a aussi la possibilité de varier les formes d’évaluation : auto-évaluation, évaluation formative, évaluation individuelle, évaluation collective, évaluation des compétences en langues mais aussi transversales, évaluation de l’investissement…

En ce qui concerne les pratiques collaboratives, la plupart des projets étaient réalisés en groupe. L’utilisation du numérique a favorisé la cohésion et l’entraide entre les élèves. En effet, les élèves étant « tournés » vers l’outil informatique, ils privilégient la relation d’aide entre pairs. Les professeurs ont constaté un gain de confiance. Chaque élève a la possibilité de trouver sa place au sein du groupe en fonction de ses compétences. De plus, l’équipe a constaté que le numérique permet un partage des productions quasi instantané, ce qui est source de motivation et d’implication car chacun contribue à l’avancement du projet et collabore à sa régulation. Toutefois, il y a une certaine difficulté à maintenir la langue cible comme outil de communication.

Avec le numérique, la relation entre l’élève et l’enseignant évolue. L’enseignant organise, pilote et coopère. Il se détache de sa posture de face à face pour se mettre au côté des élèves afin de guider, d’accompagner et de conseiller. Il arrive même que les élèves puissent partager leurs savoirs et compétences numériques. Même si le travail de groupe et l’évaluation peuvent apparaître plus délicats, le numérique ouvre un espace de liberté propice à la créativité à la fois pour les élèves et les enseignants.

Chaque équipe participant à cette analyse a constaté que l’utilisation du numérique a favorisé une plus grande mutualisation et a dynamisé les partages et les échanges. Cela a créé une certaine émulation. Il y a eu des formations entre collègues et une volonté d’auto-formation facilitée par les nombreuses possibilités offertes en ligne. Ce travail a nécessité une réflexion sur l’utilisation spatiale et temporelle de la classe mais aussi sur le travail dans et hors la classe. Un travail interdisciplinaire, entre enseignants de cycles, d’établissements et même de pays différents est possible grâce au numérique. Cela ouvre de nombreuses possibilités de collaborations. Le frein le plus important reste toutefois les contraintes liées au temps de concertation mais l’Internet permet dans le même temps de contourner les contraintes d’espace en offrant la possibilité de collaborer à distance.