Prix de la critique 2016

Jury

Le jury de ce prix était composé de personnalités éminentes du monde de la critique de cinéma :

  • Thierry Méranger : Les Cahiers du cinéma
  • N.T Bihn : Positif

Le trophée a été réalisé par les élèves du lycée Jean-Pierre Timbaud de Brétigny-sur-Orge (académie de Versailles).

Lauréats

Des prix de la critique ont été décernés à six des 1200 critiques publiées sur le site du prix.

Les lauréats

CATEGORIE LYCEES PROFESSIONNELS : Anaïs Perry

  1. Anaïs Perry, 1ère bac pro Cuisine, Lycée Perdiguier d'Arles (Aix-Marseille) : Critique de "Vers l'autre rive"
  2. Florian H, Marie, Camille D, Adeline, Marion, Kelly, Clélia et Laly du Lycée Professionnel André Malraux de Béthune (Lille) : critique du "Bouton de nacre"

CATEGORIE LYCEES GENERAUX :

  1. Gauthier Saint-James, seconde, Lycée Jean Rostand de Caen (Caen) : critique du "Bouton de nacre"
  2. Sarah Barthélémy, seconde, Lycée René Cassin de Tarare (Lyon) : critique du "Fatima"
  3. Mathieu Blangy, seconde, Lycée André Malraux de Gaillon (Rouen) : critique de "Tout en haut du monde"

CATEGORIE CRITIQUES VIDEO :

           Noémie Gouillard et Maurine Petit, Lycée Anatole France de Lillers (Lille) : critique de "Mia madre"

Critiques récompensées

LYCEE PROFESSIONNEL

1er prix : Anaïs PERRY (1ère bac Pro Cuisine, Lycée Perdiguier, Arles, académie d'Aix-Marseille)

Vers l'autre rive« Vers l'autre rive », raconte l'histoire de Mizuki qui a perdu son mari Yusuke. Il réapparait, comme si de rien n’était, trois ans plus tard, pour la conduire à travers les plus beaux endroits du Japon, chez des personnes qui l'ont recueilli durant sa disparition.

« Vers l'autre rive », nous plonge littéralement dans l'univers de Kurosawa, en passant du réel au fantastique, avec la mort en toile de fond. Cette fois-ci, la mort est prise avec délicatesse, elle n'est ni brusque, ni sanglante mais fait partie du quotidien du personnage principal, Mizuki.

Ce film relate avec poésie, le deuil. Ce cruel sentiment qui arrive après la mort d'un être cher. Le deuil, se fait généralement en cinq étapes, d'abord c'est le choc puis le déni. Viennent ensuite la colère, la dépression et enfin, l'acceptation. A en juger par ce que ressent Mizuki, on pourrait croire que son deuil est fait. Mais, quand on voit la réaction qu'elle a en voyant Yusuke on peut en douter. Quand elle le revoit sa douleur est bien là, autant physique que mentale.

Le spectateur voit-il un rêve éveillé ? La réalisation fait que tout se mélange, le monde des vivants se confond avec celui des morts. Il n'y a qu'un petit passage qui sépare les deux.

A travers tous ses films, Kurosawa veut nous faire comprendre que pour lui, le monde des vivants et des morts ne font qu'un. Quand le petit garçon explique a Mizuki que pour rejoindre son mari, elle n'a qu'à plonger dans le gouffre, elle doute, mais refuse pour rester vivante. Elle fait un choix très complexe, rester parmi les vivants et ne pas savoir quand Yusuke peut « s'évaporer » ou alors le rejoindre sans savoir ce qui l’attend de l'autre côté. Le rejoindre par amour, un amour aveugle qu'elle lui porte, même après trois ans.

Yusuke et tous les autres « fantômes » sont ils des « évaporés » ? Ces personnes qui, au Japon, disparaissent du jour au lendemain, partent et ne reviennent jamais, ne donnant plus de nouvelles, ni signes de vie, comme s'ils n'avaient jamais existé, comme s’ils n'étaient que des « rêves ».

Un des nombreux passage remarquable de ce film c’est quand il lui explique qu'elle peut brûler les prières qu'elle a écrites pour pouvoir rentrer chez elle. C'est un passage si beau et tellement triste à la fois. Yusuke a réussi sa rédemption.

C’est la beauté de ce film et le génie de Kurosawa que de nous perdre dans différentes dimensions mystiques et poétiques en nous laissant différents après l’avoir vu.

 

2ème prix : Lycée professionnel André Malraux, Béthune, académie de Lille

Recette du bouton de nacre

 Le-Bouton-De-Nacre-Affiche-120x160_4-141x200.jpgIngrédients :

- Une cuillère à soupe d’eau

- Une pincée de paysages

- 350g d’amérindiens

- Un zeste d’histoire (150 g de colons anglais)

- 150 g de dictateurs

- Nappage de culture espagnole

Mélangez une cuillère à soupe d’eau et une pincée de paysages et vous obtiendrez un décor majestueux.

Ajoutez une tribu d’amérindiens (350g), mélangez encore, et l’harmonie naît.

Aromatisez d’un zeste d’histoire : 150 grammes de colons anglais. Une réduction regrettable des amérindiens aura lieu.

Laissez reposer quelques temps.

Saupoudrez de 150 grammes de dictateurs. Une nouvelle réduction aussi désarmante se produira.

Enfournez le tout pour une durée de 82 minutes.

Après ces réductions, seuls 50g de survivants amérindiens pourront être dégustés !

Un nappage de culture espagnole est conseillé.

Suggestion de présentation : un bouton de nacre.

Le résultat n’est pas copieux du fait des réductions, mais il n’en demeure pas moins délicieux, raffiné, digne des grands restaurants ****

Avis aux fins palais : le goût de la culture amérindienne est intense, saisissant.

Les chefs cuisiniers sont Florian H, Marie, Camille D, Adeline, Marion, Kelly, Clélia et Laly.

LYCEE GENERAL

1er prix : Gauthier Saint-James (Seconde, Lycée Jean Rostand, Caen, académie de Caen)

Un retour aux sources

 Le-Bouton-De-Nacre-Affiche-120x160_4-141x200.jpg2010, les salles de cinéma projettent Nostalgie de la lumière, le nouveau film du réalisateur chilien Patricio Guzmán. Un film documentaire sur le massif désert d'Atacama et sur ses immenses télescopes astronomiques scrutant minutieusement le cosmos à la recherche d'un élément rarissime, la vie. Dans ce désert qui ne peut garder que des corps sans vie, certaines victimes de la folie meurtrière du dictateur, tristement célèbre, Augusto Pinochet, sont enfouies dans la sécheresse du sol. 

Pourquoi un peuple ferait-il tant d'efforts pour trouver la vie ailleurs, alors qu'il ne prend pas soin de la sienne ? Pourquoi chercher de l'eau dans l’immensité du cosmos, alors que notre espèce ne se rend pas compte de l'importance de cet élément ? 

Notre monde tourne autour de l'eau, et c'est le fil conducteur que Patricio Guzmán a choisi pour son nouveau documentaire, Le Bouton de nacre. 

Un film intriguant, qui relie trois sujets par l’intermédiaire de l'eau mais aussi d'un symbole étonnant, qui se trouve être un simple bouton de nacre. 

Patricio Guzmán apporte une dimension historique à son film en traitant avec beaucoup de respect deux périodes de l'histoire de son pays natal, le Chili.

Le cinéaste est d'abord allé à la rencontre des derniers descendants des peuples amérindiens de Patagonie, pour comprendre comment ce peuple lointain pour nous a pu réussir à vivre en harmonie avec l'eau qui l'entourait. Et comment cette civilisation a disparu… Les interviews utilisées sont d'une extrême tendresse : ces personnes, forcées de s’intégrer à notre mode de vie brutal, sont désolées par le sort que le monde a réservé à leurs ancêtres. Et quand Guzmán demande à l'une d'elle si elle se sent Chilienne, cette dernière lui répond que non, elle, elle se sent Kawesqar (un des cinq grands peuples Amérindiens de Patagonie). 

Un des personnages interviewés nous raconte l'histoire de Jemmy Button, cet indigène qui en 1830, a troqué, pour un petit bouton de nacre qui lui paraissait précieux, sa vie de membre du peuple Yagan, pour partir en Angleterre, prisonnier du commandant Robert FitzRoy.  

Un bouton de nacre, fossilisé dans un morceau de rail est aussi le seul vestige que l'on a retrouvé d'une des victimes du régime de Pinochet, exécutée froidement, inhumainement, dans l'ombre. On attachait les opposants à des morceaux de rails, puis on les faisait disparaître, en les jetant dans l'océan, en se servant de l'eau, cet élément paisible, apportant la vie, pour dissimuler la mort. Combien de vies ont été ôtées de cette façon ? Les chiffres ne cessent d'augmenter.  

« Si l'eau a une mémoire, elle se souviendra aussi de ça ». Voilà ce qui ressort d'un entretien filmé par Guzmán.  

Le cinéaste filme ses images de façon métaphorique. En effet, tous ces éléments un peu brouillons, sont reliés grâce à des prises de vues très bien pensées. Ainsi, nous passons du bouton de Jemmy Button au bouton au fond de l'océan et, à travers ce bouton, sous l'océan, infiniment petit à l’échelle cosmique, les images se fondent, se mêlent pour faire apparaître la lune, un bouton de nacre au milieu du grand océan qui est notre univers. 

Le cosmos est le dernier élément qui compose ce documentaire. Patricio Guzmán s’interroge sur ce qui nous entoure. L'eau n'est présente que sur Terre, mais nous n'avons pas réussi à préserver la paix et l'harmonie qu'elle peut nous apporter. Alors, il y a-t-il un endroit dans l'univers où la paix règne ? Un endroit lointain ou la loi du plus fort n'existe pas ? Voilà ce dont rêve le cinéaste dans son film, qui pour moi est un véritable chef d’œuvre artistique et poétique. Celui qui depuis La bataille du Chili se dévoue corps et âme à filmer son pays de naissance le fait aujourd'hui avec émotion et délicatesse. 

En résumé, de la tendresse, de la culture, de la beauté, de la brutalité, de l'émerveillement, des interrogations : le cocktail parfait pour un film époustouflant

2ème prix : Sarah Barthélémy (Seconde, Lycée René Cassin, académie de Lyon)

FatimaDans le dernier film de Philipe FAUCON , le spectateur suit le parcours émouvant de Fatima, une mère de famille maghrébine. Il montre la vie difficile d'une immigrée à maîtriser la langue française ainsi qu'à mener une vie stable. Cette mère est malmenée par la plus jeune de ses filles, Souad, en pleine crise d'adolescence qui refuse d'étudier. Elle vit de ménages à temps partiel, une activité que sa fille trouve honteuse, pour payer les études onéreuses de sa fille aînée. Notre héroïne fait donc son possible pour subvenir aux besoins de ses deux filles, tout en suivant des cours de français où elle apprend à lire et à écrire.

Le spectateur est très vite happé par la mise en scène volontairement épurée. Dès les premières images, très réussies du film, nous voyons Fatima confrontée froidement au racisme : dans les escaliers d'un appartement qu'elle souhaite louer pour sa fille, la propriétaire prétexte de ne pas avoir les clefs à la seule vue de son foulard. Le film est construit autour de trois saynètes symboliques, tournées dans des escaliers : dans un premier temps elle se retrouve physiquement bloquée, ne pouvant bouger, par la suite, elle chute lourdement avec seau et balais et se blesse , mais , lors de l'ultime scène, nous mesurerons son chemin parcouru quand elle gravit de nouvelles marches d’escaliers pour constater la réussite de sa fille à la faculté de médecine.

Ce long-métrage de Philippe FAUCON est un film émouvant , car il dresse le portrait réaliste d'une femme touchante. Et pourtant, il dit les choses sans mélodrame. Le réalisateur regroupe des acteurs professionnels ainsi que des amateurs , ce qui offre au film une certaine énergie. Lorsque la jeune Souad est au bar avec son père ou encore au téléphone avec sa mère , nous avons le bonheur d'entendre le franc-parler des ados et on en oublie la fiction. Le film est aussi très intéressant pour témoigner des différences entre la génération de Fatima et celle de sa fille : en effet, lorsqu’à la sortie du bureau du proviseur où elle a été rappelée à l’ordre pour son insolence , elle est reprise par sa mère qui lui reproche de ne pas la respecter non plus, prenant pour exemple le fait qu’elle mange devant elle lors du ramadan.

Mais ce qui donne une force encore plus grande au film, c'est lorsque l'on voit Fatima transfigurée en poète. La caméra s'approche d'elle comme pour « prendre de l'âme » dit Bresson. Les mots français si durs à prononcer et à comprendre, sortent avec aisance en arabe pour dire sa vie usante, et sa foi dans l'avenir de ses filles. Et derrière ces Fatima dont elle parle, elle évoque toutes ces mères qui agissent de la même manière afin d'assurer à leurs enfants une vie meilleure. P. Faucon réussit un grand film sensible, tout en retenue.

3ème prix : Mathieu Blangy (Seconde, Lycée André Malraux, Gaillon, académie de Rouen)

Tout en haut du monde

Un voyage en haut du monde           

 C’est un film d’animation magnifique que le français Rémi Chayé a réalisé. Pour son premier long-métrage, il nous impressionne avec des couleurs étonnantes de réalisme et une histoire captivante. Tout en haut du monde est un dessin animé d’aventure qui peut nous faire penser à la nouvelle de Jules Verne, Un hivernage dans les glaces. Pour ceux qui n’ont pas lu ce livre, il raconte l’histoire d’un père qui refuse de croire à la mort de son fils et qui part à sa recherche dans le grand Nord. Le récit de Verne est donc une expédition de secours dans le Nord. Tout en haut du monde, quant à lui, raconte l’histoire d’une jeune fille russe nommée Sacha. Celle-ci part à la recherche de son grand père, Oloukine. Il a disparu lors d’une expédition vers le pôle Nord à la fin du XIXème siècle avec son navire, le Davaï. Une histoire d’expédition polaire comme on les aime. Tout en haut du monde semble donc lié à Un hivernage dans les glaces. Pourquoi ? Parce que lorsqu’on lit le livre, on se fait notre propre cinéma, nos propres paysages, et là, Rémi Chayé nous les représente tous avec un graphisme époustouflant à travers son film. Il retranscrit parfaitement ce que l’on s’imagine mais que l’on ne voit pas lorsqu’on lit, et cela, grâce aux travaux impressionnants réalisés sur ses couleurs, ses ombres, ses lumières et surtout ses détails.

La représentation des paysages semble coller parfaitement à la réalité, et c’est ce qui fait le charme et la beauté du film. Les personnages, quand à eux, ne sont pas d’un graphisme très élaboré, contrairement aux autres dessins qui débordent de réalisme. Cela marque donc un contraste important dans le film. Mais pourquoi le réalisateur a-t-il décidé de dessiner les personnages ainsi ? Les personnages n’ont quasiment pas de traits qui marquent leur personnalité. Leurs visages sont lisses et leurs expressions et sentiments ne sont traduits qu’à travers l’expression de leurs sourcils et de leurs bouches. Un peu comme des smileys au final. Si la représentation de ces visages est si neutre, c’est peut-être dans le but que le spectateur puisse justement s’identifier dans celui de son choix, comme le fait une personne, inconsciemment, en lisant un livre.

Un vrai travail a aussi été réalisé au niveau du mixage sonore. On vit le film avec les personnages. On a l’impression de voyager. On vit l’aventure en même temps que ceux-ci vivent la leur.

Tout en haut du monde est une œuvre splendide. Une épopée passionnante, pleine de charme, qui nous fait voyager.

Un grand bravo à Rémi Chayé pour cette réalisation !

CRITIQUE VIDEO

1er prix : Noémie Gouillard et Maurine Petit, Lycée Anatole France, Lillers, académie de Lille

(Vous pouvez visionner la vidéo en cliquant sur l'image ci-dessous)

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