Entraîner les élèves à l'expression orale et, le moment venu, à l'expression écrite

Pratiques de classe

Retour au sommaire des thématiques du dossier enseigner les langues vivantes.

L'oral est naturellement premier dans l'apprentissage d'une langue. Pour autant, il est indispensable de l'articuler progressivement avec l'apprentissage de l'écrit et de prendre appui sur des supports visuels et textuels ainsi que sur des situations de classe qui justifient le recours à l'écrit.

S'il convient, au fil du temps, d'initier les élèves à tous les types de discours, le récit est particulièrement indiqué tout au long du cursus et ce dès les débuts de l'apprentissage. Sa maîtrise progressive permet de faciliter le passage de l'école au collège. La narration est un bon support de la construction du discours en continu grâce, notamment, à l'exercice de la reformulation ou de la paraphrase.

S'exprimer à l'oral

Conditions préalables :

Importance de l'éveil à la musique de la langue et de l'exposition régulière à une langue authentique

Pour sensibiliser à la musicalité et à la prosodie de la langue, il est essentiel dès les premiers apprentissages mais aussi tout au long du cursus, de favoriser la mise en voix à partir de répétitions de textes (rimes, comptines, poésies, chansons, ...). Cette sensibilisation aux schémas rythmiques via la gestuelle ou les supports nomades par exemple n'est bien entendu pas à dissocier de l'accès au sens des textes. Il est en effet important de toujours rattacher les formes sonores au sens en présentant les éléments de langue en contexte.

Posture de l'enseignant

Quel que soit l'âge des élèves, l'enseignant sera amené à :

  • mettre en confiance l'élève et encourager la prise de risque ;
  • accorder de l'importance aux propos de l'élève, s'intéresser à ce qu'il veut dire et encourager l'initiative de la parole au sein de la classe ;
  • accepter le silence utile pour la réflexion et pour mobiliser les acquis ;
  • accepter des énoncés plus ou moins argumentés et nuancés en fonction du niveau de chacun ;
  • ne pas stigmatiser le recours à un terme ou expression erronée ;
  • encourager l'inter-correction, la reformulation, la paraphrase, recourir à de fréquentes répétitions individuelles ou collectives une fois les structures corrigées ou enrichies... ;
  • étayer les prises de parole des élèves par des apports lexicaux et grammaticaux ; se montrer attentif à la qualité de la prononciation et veiller à l'étoffement progressif de ces prises de parole ;
  • aider les élèves à véritablement construire le discours en faisant appel à des stratégies appropriées plutôt que de restreindre l'apprentissage de l'expression orale à la simple participation en classe ;
  • calibrer les attentes, tant en entraînement qu'en évaluation, en prenant en compte de façon explicite les descripteurs et les niveaux de compétences du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL).

Les étapes du cours

Respecter le temps de réactivation (reprise en début de séance)

Ce moment de vérification des acquis suppose de préciser et d'organiser le travail personnel de l'élève en amont qui peut s'appuyer sur une trace écrite structurée. La mise en place d'automatismes langagiers associés à la mémorisation permet de faciliter le travail de restitution et les opérations de transfert. Cette restitution de début de séance est essentielle :

  • pour l'enseignant qui peut ainsi évaluer l'efficience de ses préparations et le travail des élèves ;
  • pour les élèves eux-mêmes qui peuvent se sentir plus confiants en s'exprimant à partir du connu et peuvent ainsi prendre conscience du chemin parcouru et des axes de progrès.

Proposer des situations d'apprentissage motivant la prise de parole et fédérant les composantes linguistiques, culturelles et pragmatiques de la communication

  • diversifier les situations de communication mettant en jeu des supports variés, riches au plan culturel et plaçant les élèves en position de s'approprier les différents types de discours ainsi que la posture adaptée ;
  • accompagner l'élève : de la simple reproduction à l'appropriation guidée jusqu'à la réutilisation plus libre dans diverses situations ;
  • encourager l'usage de la périphrase afin d'entraîner les élèves à mobiliser toutes leurs connaissances pour faire face aux besoins de la communication ;
  • gérer l'hétérogénéité en donnant aux élèves le temps nécessaire pour construire des réponses en donnant des tâches différenciées, si besoin est ;
  • varier les schémas de communication dans la classe (interaction entre élèves, élèves et professeur...) et créer des situations de parole variées (interaction, expression orale en continu) qui donnent à chacun l'occasion de s'exprimer ;
  • développer l'expression de points de vue de plus en plus argumentés et nuancés et de travailler, dans le même temps, sur la correction et la richesse linguistique ;
  • distinguer par les situations de parole créées l'expression orale en continu (exposé, bilan d'une recherche ou d'un travail en groupe, etc.) et en interaction ;
  • introduire des phases de bilans intermédiaires :

Pour l'enseignant, c'est l'occasion de vérifier la compréhension et de valider la production.

Pour l'élève, c'est l'occasion de s'assurer de sa bonne compréhension, de consolider les expressions indispensables à la situation de communication et de commencer à les mémoriser.

Terminer la séance sur une phase de synthèse

Elle permet de récapituler et formaliser les acquis culturels, interculturels, linguistiques qui feront l'objet d'un travail personnel et d'un rappel individuel ou collectif à la séance suivante. Il est en effet essentiel de fixer et de mémoriser ce qui a été co-construit pendant la séance : les acquis culturels en lien avec les programmes et les moyens langagiers mobilisés en classe.

À la charnière entre l'expression écrite et l'expression orale, la mise en voix d'un document est intéressante car elle atteste d'une bonne compréhension du texte.

S'exprimer à l'écrit

Il s'agit d'une compétence à construire au fil du temps. Elle suppose un entraînement spécifique et régulier et ne se limite pas à la copie ou à l'évaluation de fin de séquence.
A l'école élémentaire, on l'introduit très progressivement, dans le contexte concret des situations de classe ou en lien direct avec l'imaginaire.

L'expression écrite se construit en articulation avec l'oral, notamment dans le rapport phonie/graphie, et requiert connaissances et compétences lexicales, grammaticales et culturelles. La démarche est celle d'une complexification progressive et d'un enrichissement culturel et formel constant.

Elle se nourrit aussi d'habitudes de lecture de genres divers pour en saisir les codes formels et linguistiques. Il est donc important d'entraîner les élèves à produire divers types d'écrits avec un objectif défini et connu d'eux (courte carte postale, courriel, court poème, description, narration, argumentation, etc ...).

Les situations d'expression écrite peuvent être diverses :

  • on peut y avoir recours pour faire la synthèse de moments d'échanges ;
  • l'expression écrite peut être collaborative notamment grâce au traitement de texte vidéoprojeté. Il est alors possible de prendre en compte les apports de chacun, de les ordonner et de travailler sur la morphosyntaxe et l'enrichissement linguistique ;
  • en partant d'une trame connue, l'expression écrite peut faciliter les transferts et donner la possibilité de s'approprier des styles divers en écrivant « à la manière de ». Elle favorise également la créativité.

Téléchargez le livret enseigner les langues vivantes au format PDF

Partager cet article
fermer suivant précédent