MOOC Digital Media.Paris

L’École Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques de la ville de Paris (EPSAA) a décidé en 2015 de se doter d’une formation en ligne ouverte à tous, en sollicitant l'expertise de spécialistes et de chercheurs au cours d'entretiens menés par Dominique Moulon, responsable du pôle Digital Media de l’EPSAA. Les problématiques abordées sont aussi bien destinées à un public en recherche de formation initiale qu'à un large réseau de professionnels. Plus de 20 cours sont actuellement disponibles sur la plateforme. Ils couvrent une pluralité de sujets : design numérique, digital labour, blockchain, jeu vidéo, data, création typographique, réalité augmentée, réalité virtuelle...

Un cours sur la sérendipité

Parmi les cours récemment diffusés sur la plateforme, on notera l'entretien mené en décembre 2016 avec Sylvie Catellin autour du concept de « sérendipité ». Dans un premier temps, l'auteure, maître de conférences en SIC, revient sur l'historique de la notion en narrant le conte des trois princes de Serendip souvent considéré comme la référence, même si ce motif fictionnel semble en réalité traverser les millénaires. Le concept de « serendipity » est créé  par Horace Walpole, épistolier talentueux et esthète, auteur du Chateau d'Otrante puis se popularise par la suite dans les milieux littéraires et surtout scientifiques, la première occurrence attestée du terme en français remontant à 1952, dans la traduction d'un article de Charles Darwin par Bernard Kwal.

Cette notion de sérendipité prend un véritable essor à l'ère du numérique et du web, notamment à travers l'usage des moteurs de recherche qui permettent de découvrir de nombreux résultats auxquels l'usager internaute n'aurait pas pensé. Parmi les découvertes sérendipiennes au cours de l'Histoire, Sylvie Catellin évoque l'Amérique, l'exemple de l'omnibus et la pénicilline mais aussi la fermeture Velcro et la « communication des éléphants ». Elle précise qu’il faut « prêter attention à ce qui surprend » pour pouvoir en déduire une interprétation pertinente. C’est ainsi que se sont réalisées ces différentes découvertes et inventions. 

Après les sciences, le cinquième chapitre s’intéresse à la littérature, à la psychanalyse et aux arts. Dominique Moulon interroge notamment la chercheure sur Sherlock Holmes, dont les enquêtes sont basées sur l’observation et l’interprétation. Le cours se termine sur l'évocation de l’exposition Cybernetic serendipity (1968) réalisée à l’Institut of Contemporary Arts de Londres par Jasia Reichardt, qui met « en rapport l’art et la cybernétique en valorisant les nouvelles perspectives de cette intrication dans les champs de la création ».


Sources


Réseaux et médias sociaux


Veille Éducation Numérique - Publication du Centre de documentation de la DGESCO