Manuel numérique
5. Enjeux du numérique
Enjeux socio-économiques
Enseignement scolaire
La Région Ile-de-France financera les manuels scolaires
"Lors de la conférence de presse du 30 août consacrée à la rentrée scolaire, Jean-Paul Huchon a confirmé que malgré le surcoût de 20 millions d’euros lié au renouvellement des manuels de seconde, la Région assurerait comme les autres années leur gratuité. Les Régions, et notamment l’Ile-de-France qui finance depuis 2001 la gratuité des manuels pour les lycéens, ont été tardivement informées du remplacement des ouvrages de seconde. Le budget régional 2010, adopté en décembre 2009, ne pouvait donc prévoir cette dépense supplémentaire de 20 millions d’euros."
Le MOtif, 01/09/2010
http://www.lemotif.fr/fr/actualites/bdd/article/1036
Le manuel numérique, vedette obligée de la rentrée en seconde
"Le nouveau programme ayant été dévoilé très tard, leurs professeurs n'ont pas encore pu faire leur choix parmi les ouvrages proposés par les maisons d'édition. Du coup, tout le monde - du ministre aux élèves en passant par les enseignants - mise cette année sur l'utilisation du manuel numérique. Au moins jusqu'à ce que les ouvrages classiques se retrouvent dans les salles de classe... «Nous n'avons pas toujours les équipements adéquats, déplore Valérie Sipahimalani, secrétaire national du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES). Il nous faut des tableaux numériques interactifs, des rétroprojecteurs, un accès permanent à Internet. Il y a un manque de moyens»... après cette «période d'essai», les manuels numériques redeviendront payants : leur prix est aligné sur celui des ouvrages papier. Parents d'élèves, associations et Conseils régionaux auront donc jusqu'à la Toussaint pour trouver une solution. Car la collection de nouveaux manuels coûtera près de 250 euros. Une dépense à laquelle beaucoup ne se sont pas préparés."
Liberation.fr, 24/08/2010
http://www.liberation.fr/societe/0101653736-le-manuel-numerique-vedette-obligee-de-la-rentree-en-seconde
Remise en cause du marché traditionnel des éditeurs
Dans le rapport de l'IGAENR - IGEN, Alain-Marie Bassy, Alain Séré : "Production et distribution sont laissées à la diligence des éditeurs et des libraires. Le manuel, même s’il est conforme au programme, n’est aucunement labellisé par l’autorité ministérielle. Ainsi est constituée une sorte de délégation d’un service public (l’accès de tous à la norme pédagogique en vigueur) à des opérateurs privés au sein d’un champ relativement concurrentiel, en évolution du fait de l’arrivée de nouveaux opérateurs. Comme on le sait, le financement de l’achat du produit est largement assuré, lui, par des acteurs publics..." (p. 32)
"À côté des éditeurs, producteurs traditionnels de ressources pédagogiques, apparaissent des producteurs indépendants susceptibles de les concurrencer. C’est le cas de systèmes de production de ressources fondés sur un réseau collaboratif, comme par exemple Sésamath.... Ce dispositif, qui dépend d’un collectif d’enseignants, produit des ressources (cahiers, manuels sous licence libre) et propose des exercices interactifs. Il occuperait aujourd’hui 15 à 20 % du marché des manuels de mathématiques. L’expérience est emblématique d’une évolution qui, en mettant à la disposition des professeurs et de leurs élèves des ressources gratuites ou d’un coût réduit, remet en cause le marché traditionnel des éditeurs et ses règles non écrites." (p.36)
IGAENR - IGEN, Alain-Marie Bassy, Alain Séré. Le manuel scolaire à l'heure du numérique, une "nouvelle donne" de la politique des ressources pour l'enseignement. Juillet 2010, 107 p.
http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/telechargement/rapport-ig-manuels-scolaires-2010.pdf
Les manuels scolaires numériques sont créés sous une double contrainte :
la contrainte économique et la contrainte pédagogique
"En tant qu'éditeur nous n'avons aucun intérêt à refaire ce qui existe ou à faire des propositions trop innovantes pour être viables". Un inspecteur répond en contrepoint : "Il faut inventer une forme de manuel qui ne soit pas un décalque des manuels papiers" .
Aujourd'hui, le poids des cartables, semble sur le point d'ébranler les positions des uns et des autres. En effet, dans les établissements commencent à circuler des copies scannées de chapitres d'ouvrages... Pour répondre au problème, les éditeurs, "sont décidés à participer à l'expérience d'utilisation en PDF de leurs ouvrages". Toutefois la conversion des PDF en fichier Flash, suppose ensuite pour le téléchargement, un accès haut débit, ce qui n'est pas la règle pour les établissements . Bordas, Magnard ou Nathan proposent la mise à disposition gratuite des manuels publiés les années précédentes et avancent une offre commerciale pour les nouveautés 2008. Ces nouveaux manuels enrichis de schémas, sons et vidéos, sont téléchargeables, utilisables avec un ordinateur et un vidéo-projecteur. Ils sont pour certains diffusés via le Canal numérique des savoirs - CNS - ou le kiosque numérique de l'éducation - KNE - ou encore sous leur dénominateur commun: le WizWiz
Source : Livres Hebdo, n° 731, 25/04/08. Dossier Rentrée scolaire "Les manuels sur grand écran"
Marché éditorial
En 2006, le chiffre d'affaires de l'édition scolaire de la maternelle au BTS est estimé à 253 millions d'euros. En progression de 11,8% par rapport à 2005 (données 2007 non encore publiées) .
En 2006 l'acquisition de manuels scolaires papiers en collège s'élève à 32 millions d'euros (données de la sous-direction du budget de l'Education nationale).
Le manuel scolaire se décline bien souvent en livret du maître, manuel scolaire et cahier de l'élève.
Le manuel est rarement produit seul, viennent l'étoffer : cahier de TD, CD, audioROM, site compagnon, DVD... avec de nouveaux acteurs à intégrer comme les infographistes, les ingénieurs du son...
Parmi les sources :
Livres Hebdo, n° 731, 25/04/08. Dossier Rentrée scolaire
http://www.savoirlivre.com/docs/EsenSavoirlivreActes19-06-06.pdf
La question du coût
Pascale Gossin :
Aujourd'hui, les collectivités locales restent le principal client des éditeurs scolaires... La question du coût, difficile à évaluer actuellement, se posera rapidement. Qui à terme, paiera l'acquisition et la maintenance du matériel ? Qui paiera les connexions et les abonnements aux sites ?
La lecture numérique : réalités, enjeux et perspectives. Lyon : Presses de l'Enssib (Référence), avril 2004, chapitre 7
Des ressources libres dans l’éducation
"Les manuels scolaires libres Sésamath (5ème et 4ème) ont connu le succès que l’on sait. A la rentrée 2008, paraîtra le manuel pour la classe de 3ème.
D’un côté Sésamath met librement et gratuitement ses réalisations pédagogiques sur le web. De l’autre, elle procède à des co-éditions public-privé (avec Génération 5 et les CRDP de Paris et de Lille), à des prix "raisonnables", de logiciels, de documents d’accompagnement, de produits dérivés sur support papier, à partir des ressources mises sur e web. Le succès est donc au rendez-vous ?. La question est posée de savoir si ce type de démarche préfigure un nouveau modèle économique de l’édition scolaire, dans lequel la rémunération se fait sur le produit papier, sur le produit dérivé, le produit hybride et par le service rendu. "
http://sesamath.net/
Archambault Jean-Pierre. "Logiciels et ressources libres dans l’éducation". Les Cahiers de l’Education, septembre 2008, p. 30-33
