Lecture sur écran
2. Processus cognitifs
Attention, compréhension, mémorisation
Points de vue de chercheurs en France
Thierry Baccino
Professeur de psychologie cognitive et ergonomique à l’université Nice-Sophia-Antipolis - Directeur scientifique au LUTIN à Paris
Laboratoire des usages en technologies d’information numériques (Lutin)
www.lutin-userlab.fr/accueil/
Thierry Baccino a été invité dans plusieurs émissions à l'occasion du dossier de Sciences et Vie : La lecture change, nos cerveaux aussi
Chronique de Jérôme Colombain : 3 septembre 2009
Selon Thierry Baccino, la lecture sur écran solliciterait davantage notre cerveau
"La lecture sur écran demande un surcroît de travail au cerveau et même un fonctionnement différent. Les zones de l’encéphale qui contrôlent les prises de décision et les raisonnements complexes sont plus solllicités que pour une lectures sur papier. Sur le Web, il faut en permanence faire des choix, décider de cliquer ou de ne pas cliquer pour poursuivre sa lecture. En d’autres termes, trop d’info tue l’info et les pages Web surchargées de liens et d’illustrations peuvent nuire à leur compréhension.
Cependant, selon Thierry Baccino, plus nous serons habitué à lire sur écran et plus le papier risque de nous faire le même effet que le cinéma en noir et blanc : on aura impression désagréable de régression... Le lecteur sur écran est butineur et impatient."
Tout s'explique : 28 août 2009
La lecture change, nos cerveaux aussi !
Nous n'avons jamais autant lu : emails, blogs, livres numérisés...mais notre façon de lire a changé.
Notre cerveaux est-il préparé à la lecture sur écran avec -en plus du texte- des images, des vidéos et des sons?
Tout s'explique se plonge dans la lecture du 21ème siècle...
Emission en partenariat avec le magazine Science & Vie.
Aspects négatifs et bienfaits de la lecture sur écran
ActuaLitté revient sur l'émission "Tout s'explique" et sur les idées développées par Thierry Baccino.
La lecture sur écran peut entraîner une désorientation cognitive
Baccino, indique tout d'abord que la lecture sur écran permet d'enrichir l'information au moyen d'hypertextes et d'hypermédias, ce qui est un bienfait mais il faut faire attention à ne pas trop l'enrichir...
Lecture sur papier plus rapide que sur écran
Les expérimentations de Baccino lui ont permis aussi de constater que la lecture sur papier et plus rapide que la lecture sur écran. Il indique deux raisons principales à cela.
La première qui est essentiellement valable pour les écrans d'ordinateur vient de la luminosité. [...]
La deuxième raison se situe au niveau de la compréhension. [...]
Mémorisation et lecture sur écran
Un autre des gros problèmes de la lecture sur écran est la détérioration de la « mémoire spatiale du texte ». Avec un texte sur papier, il arrive parfois que l'on se souvienne de l'endroit du texte où l'on avait trouvé une information. Parfois même on ne souvient plus de l'information mais seulement de sa localisation (dans le texte ou dans le livre). [...]
Eric Jamet
Professeur de psychologie cognitive à l’Université Rennes II
Les nouveaux médias, un plus pour la mémorisation ?
"Il est tentant de penser qu’une présentation multimédias de documents favorise l’apprentissage. Or, cela n’est vrai que sous certaines conditions, comme le montre ce texte qui reprend diverses études sur le sujet."
"Les présentations multimédias favorisent-elles l'apprentissage ? Pas si sûr, de nombreuses études ont montré, on s'en doute, qu'un texte linéaire était plus abordable qu'un texte hypertexte, qui facilite la possibilité de se perdre. Les documents multimédias sont souvent moins bien mémorisés que ceux que l'on lit, car la vitesse de lecture s'adapte à la compréhension. Par contre l'apport des illustrations semble indéniable : en répétant l'information du texte sous une autre forme, elles aident à la mémorisation, dommage qu'elles soient peu utilisées comme support de compréhension, car elles ont aussi besoin d'être décodées. La mise en forme de l'attention (guidages, fléchages...) la conforte. En terme d'apprentissage, les animations multimédias ne sont pas plus efficaces qu'une image fixe, alors qu'elles sont plus complexes à réaliser, sauf si là encore elles facilitent le guidage."
"Ces études illustrent l’impossibilité qu’il y aurait à conclure à une quelconque supériorité des documents électroniques sur leurs homologues imprimés. L’idée défendue ici est que c’est une meilleure connaissance des nouvelles opportunités offertes par ces nouveaux médias, mais aussi une évaluation plus systématique des nouvelles difficultés qu’ils entraînent, qui permettra non seulement de concevoir les documents pédagogiques plus efficaces, de mieux les utiliser dans les classes, mais aussi de mieux enseigner leur usage aux élèves."
Les Cahiers pédagogiques, n°474, juin 2009, Dossier "Aider à mémoriser"
Agence des usages des TICE
Béatrice Coutelet et Mônica Macedo-Rouet
La charge cognitive et l'apprentissage multimédia
"La charge cognitive est l'effort mental déployé par une personne pour apprendre. Quand cet effort est trop fort (surcharge) ou trop faible ("sous-charge"), les performances d'apprentissage des élèves diminuent. Mais il existe des manières de maîtriser la charge cognitive et trouver le juste milieu qui permet aux élèves d'apprendre de façon efficace. Tel est du moins l'objectif visé par les chercheurs qui travaillent sur la théorie de la charge cognitive. Cet article présente les concepts et quelques résultats de leurs recherches."
Roland Jouvent
Directeur du Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière - Paris
"Plus que tout autre organe, le cerveau est conçu pour évoluer en fonction de l'expérience - une fonctionnalité appelée la neuroplasticité"
C'est ce que "rappelle Roland Jouvent, qui dirige le Centre émotion du CNRS, à la Salpêtrière, et qui vient de publier Le Cerveau magicien. De même qu'il s'est adapté à l'arrivée de la radio, du cinéma, de la télévision, il se modifie sous l'effet de nos pratiques de lecture en ligne. On sait généralement que les capacités d'apprentissage sont spectaculaires chez l'enfant, mais elles peuvent l'être tout autant chez l'adulte. [...]
Les sollicitations par le biais du Web - une information par e-mail ici, une vidéo sur YouTube là, un twitt ailleurs - nous permettent de cliquer toute la journée à la poursuite des meilleures récompenses ..."
Débat sur le site de Télérama
Barbara Cassin - Philosophe et philologue / Virginie Clayssen - Praticienne du Web, spécialiste du numérique dans le milieu de l’édition
Notre façon de lire et même de penser a-t-elle changé avec le développement du Web ?
"Un passionnant débat réalisé en collaboration avec le Centre de formation des journalistes (CFJ), à Paris. Notre concentration est-elle la même devant un écran et devant un livre ? Une information piochée sur le Net est-elle mémorisée de la même manière qu'une info lue dans un journal ? Certains craignent l'avènement d'une pensée zapping, d'autres sont plus optimistes."
Ecouter sur le site de Télérama quelques extraits de ce débat, puis l'intégralité de l'échange
Télérama, 23/07/2009
André Tricot
André Tricot est professeur de psychologie, directeur de VERT "Hypermédias et apprentissages" à l'IUFM de Midi-Pyrénées et chercheur au Laboratoire "Travail et Cognition " CNRS, EPHE et Université de Toulouse II-Le Mirail.
Le numérique décrypté par André Tricot
"André Tricot est enseignant-chercheur en psychologie et spécialiste des apprentissages via le numérique. Lors d’une conférence donnée en mars 2011 au CDDP de la Gironde sur la lecture numérique, il revient sur les conclusions de l’enquête de Nicole Boubée sur le développement des compétences documentaires."
L'école numérique, n°10, décembre 2011
