Enseigner (enfin) l'oral à l'heure du numérique. Ateliers pédagogiques 2014 du séminaire "Les métamorphoses de la parole à l'heure du numérique".

Atelier 8 : Noter, parler, écrire, récrire

Concevoir l'usage d'un brouillon oralisé, soit comme avant-texte, soit comme retour sur le texte, dans une démarche d'apprentissage de l'écriture d'invention.

Noter, parler, écrire, récrire
Animatrice : Sophie David, IA-IPR, académie de Toulouse

Objectif : Concevoir l'usage d'un brouillon oralisé, soit comme avant-texte, soit comme retour sur le texte, dans une démarche d'apprentissage de l'écriture d'invention.

« À quel moment un auteur se sent-il ébauchant, balbutiant, « brouillonnant », et en contrepartie à quel moment se sent-il assez maître de son ouvrage pour parler de texte constitué qui va se peaufiner mais qui a fini de brouillonner ? » . Autrement dit, quel est le rôle et la limite du brouillon, cet objet complexe, dans le processus d'écriture ? Partant de ces questions, cet atelier se fixe pour objectif d'aborder à deux niveaux différents (la classe de quatrième et la classe de seconde) un véritable travail sur le brouillon, dans ses interactions avec l'oral et dans ses liens avec l'utilisation d'outils numériques.

- Du brouillon oral à l'écriture
Lorsqu'il donne une rédaction à faire, le professeur demande toujours aux élèves de travailler d'abord au brouillon, à l'écrit. Mais les collégiens ne savent pas toujours utiliser à bon escient cet outil. La première activité présentée dans cet atelier vise à proposer aux élèves un brouillon différent en optant pour un support oral. Il s'agit, à l'issue d'une visite en autonomie du département des antiquités égyptiennes au Musée du Louvre, de rédiger une nouvelle fantastique dont l'élément perturbateur est imposé. La consigne est de prendre, avec la fonction dictaphone de baladeurs mp3 prêtés aux élèves, des notes orales qui pourront servir a posteriori. En effet, de retour en classe, ces notes seront écoutées individuellement et serviront d'appui à la rédaction.

- De la « petite musique du style » à la réécriture en passant par des mises en voix
Cette seconde expérience propose aux élèves de rédiger le portrait d'un personnage à la manière de Balzac. Pour cela, plusieurs enregistrements d'un même portrait du colonel Chabert sont étudiés en classe afin de mettre en évidence les caractéristiques stylistiques d'une description balzacienne mais surtout la musique de la phrase de l'auteur. Cette approche permet de glisser vers une lecture analytique avant d'aborder l'exercice d'écriture d'invention. Il s'agit tout d'abord d'élaborer un brouillon, en ayant à l'esprit le rythme et les jeux sur les sons que l'on souhaite imprimer au texte, puis de l'enregistrer. C'est l'écoute du fichier sonore obtenu qui suscitera l'amélioration du brouillon afin de corriger les problèmes syntaxiques (plus facilement repérés à l'oral) et de s'approcher au plus près de la musique du style de Balzac

Quelle relation avec l'oral ou avec la parole ?
Le passage par l'oral pour un travail écrit constitue d'abord une passerelle stimulante pour les élèves ; l'approche de l'écriture en est facilitée ainsi que la prise en compte de la dimension formelle et sensible du texte, notamment pour les lycéens. Des liens essentiels entre le « dire », l'« écrire » mais aussi le « lire » se créent ensuite, chacun de ces trois domaines s'enrichissant au contact de l'autre.

Quel apport du numérique ?
Le numérique offre des possibilités matérielles évidentes, qu'il s'agisse de prises de notes orales, de lectures oralisées, de leur écoute ou encore de l'accès à des enregistrements de textes patrimoniaux. Le logiciel Audacity permet même de comparer les fréquences sonores des différents textes enregistrés. La motivation et la concentration des élèves s'en trouvent renforcées, aux différents stades de la démarche d'écriture, et le travail sur la langue est largement facilité. C'est pourquoi, loin d'être envisagé dans sa seule dimension instrumentale, le numérique ouvre sur un espace de création, de déploiement de la parole et du texte de l'élève.

Inspecteurs référents : Sophie David, IA-IPR, académie de Toulouse ; Isabelle Nauche, IA-IPR, académie de Créteil
Enseignants animateurs :
• Jean-Charles Bousquet, IATICE, professeur de lettres au lycée Alexis Monteil, Rodez, académie de Toulouse
• Sarah Pépin-Villar, professeure de Lettres au collège Jean de Beaumont, Villemomble, académie de Créteil

Liens :

Consulter :

  • La captation vidéo de l'atelier (à venir)
Mis à jour le 23 mars 2015
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