Enseigner (enfin) l'oral à l'heure du numérique. Ateliers pédagogiques 2014 du séminaire "Les métamorphoses de la parole à l'heure du numérique".

Atelier 2 : Oral et interprétation(s)

Construire collectivement la signification de textes poétiques ou théâtraux à partir de lectures subjectives à haute voix.

Oral et interprétation(s)
Animatrice : Marie Saint-Michel, IA-IPR, académie de Toulouse

Objectif : Construire collectivement la signification de textes poétiques ou théâtraux à partir de lectures subjectives à haute voix.

La particularité des textes poétiques et théâtraux est de donner véritablement accès à la voix d'un auteur ou d'un personnage. Dans les deux expériences proposées, le statut énonciatif particulier de ces textes est utilisé pour laisser l'élève proposer une lecture personnelle, fruit d'une première interprétation subjective, qui va ensuite nourrir le débat au sein de la classe afin de bâtir progressivement et collectivement la lecture analytique, interprétation du sens du texte et de ses enjeux littéraires et esthétiques majeurs.

• Lire, interpréter, dire et mettre en Images « Les Ponts-de-Cé » d'Aragon.
Il s'agira de montrer le cheminement qui a conduit une classe de 3e à se saisir du sens du poème d'Aragon : « Les Ponts-de-Cé » à travers différentes activités aboutissant, après un temps de lecture individuelle et subjective, à la production finale d'un film d'animation collectif proposant une interprétation iconographique et sonore du poème.

• Donner sa parole... la parole de l'écrivain mise en voix.
Cette expérience pédagogique, qui veut croiser neurosciences et techniques du théâtre, propose la mise en scène d'une lecture d'un texte inconnu de la classe avec un acteur (le lecteur) et un spectateur (l'ensemble de la classe) et le retour critique des élèves sur la prestation à laquelle ils ont assisté. La lecture du texte se fait progressivement, par bribes, et par différents lecteurs/acteurs et non d'un seul tenant et par un seul lecteur, ce qui permet des modifications, des (ré) ajustements, des ruptures et des continuités, autant de temps de suspension où le sens du texte se construit progressivement et de façon chaotique, grâce au débat et à la discussion entre pairs.

Quelle relation avec l'oral ou avec la parole ?
La voix de l'élève puis sa parole sont au cœur des deux expériences pédagogiques. Les lectures subjectives, impressives, donnent à entendre la voix de chaque lecteur qui peut ensuite justifier son interprétation du texte. Le débat entre pairs permet la construction collective du sens, à l'oral, sans le caractère monumental et définitif induit par l'écrit.

Quel apport du numérique ?
Dans la première expérience pédagogique, la vertu la plus évidente de l'usage du numérique est de stimuler et motiver la lecture, en faisant produire aux élèves des images animées et sonores destinées à être vues par d'autres et, par là même, de valoriser leur travail. Néanmoins, motiver la mise au travail n'est pas ici le seul intérêt que présente cette démarche : l'outil numérique permet à tous les élèves de garder des traces de l'élaboration progressive du sens.

Inspecteurs référents : Sébastien Hébert, IA-IPR, académie de Lille ; Sophie David, IA-IPR, académie de Toulouse
Enseignants animateurs :
• Jean-Pierre Lafon, professeur de Lettres au lycée Déodat-de-Séverac, Toulouse, académie de Toulouse
• Peggy Dumont, professeure de Lettres au collège-lycée Dupleix, Landrecies, académie de Lille

Mis à jour le 23 mars 2015
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