Agir contre l'illettrisme de l'école au collège

Agir contre l'illettrisme

Agir contre l'illettrisme est une priorité nationale dans laquelle le ministère de l'Éducation nationale s'engage totalement. Des difficultés rencontrées très tôt par l'élève peuvent être des signes précurseurs de l'illettrisme qui handicapera l'adulte. C'est donc dès l'école maternelle et tout au long de la scolarité qu'il faut prévenir l'illettrisme en apportant des réponses adaptées à ces difficultés, afin d'assurer une forme d'irréversibilité des acquis de base : c'est le cœur des missions de l'éducation nationale.

Qu'est-ce que l'illettrisme ?

L'illettrisme désigne la situation d'une personne qui a bénéficié d'apprentissages mais qui n'a pas acquis - ou qui a perdu- la maîtrise de la lecture et de l'écriture, en raison d'apprentissages trop fragiles. Dès lors, cette personne ne possède pas les compétences de base pour être autonome dans les situations simples de la vie courante et se trouve particulièrement exposée au risque d'exclusion sociale.

Souvent invisible, l'illettrisme est pourtant une réalité. 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d'illettrisme, soit 7 % des personnes ayant été scolarisées en France et âgées de 18 à 65 ans (source : Insee, enquête 2012 "Information et vie quotidienne"). Les évaluations menées dans le cadre de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) soulignent que, si 76,9 % des jeunes Françaises et Français (âgés de 16 à 25 ans) sont des lecteurs efficaces, 11,5 % sont en difficulté de lecture parmi lesquels 5,2 % sont en grande difficulté (tests 2017).

L'évolution de l'illettrisme en France, quelques chiffres (ANLCI, 2018)

Prévenir l'illettrisme à l'école

Le ministère de l'Éducation nationale est particulièrement impliqué dans la lutte contre l'illettrisme, d'abord et avant tout par une action de prévention qui consiste à mettre l'accent durant toute la scolarité sur l'acquisition des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui). Il s'agit de permettre à tous d'atteindre une aisance en lecture et en écriture suffisante pour conserver durablement la maîtrise et le goût de la langue.

Un ensemble de mesures, pédagogiques et organisationnelles, doit permettre d'agir le plus précocement possible et favoriser des apprentissages durables et solides :

  • Le dédoublement des classes de CP et de CE1 en REP : un meilleur encadrement des élèves au moment crucial de l'entrée dans la lecture et l'écriture doit contribuer à l'objectif de 100% de réussite dans la maîtrise des fondamentaux.

  • L'abaissement de l'âge de l'instruction obligatoire à 3 ans : pour combattre les déterminismes et faire de la maternelle, l'école du langage et de l'épanouissement pour tous les enfants.

  • L'accompagnement et le renouvellement des pratiques pédagogiques dans les classes : grâce aux aménagements apportés aux programmes de français de l'école élémentaire et du collège et un ensemble de recommandations et d'outils pédagogiques comme « Construire le parcours d'un lecteur autonome » (note de service 2018-049 du 25-04-2018) et le guide « Pour enseigner la lecture et l'écriture au CP ».

  • Des évaluations en début de CP, de CE1 et de 6ème conçues par le Conseil scientifique de l'Éducation nationale : elles ont pour objectif de repérer très tôt les difficultés de certains élèves, permettant aux enseignants d'adapter leur enseignement à leurs besoins particuliers.

  • Une action interministérielle de mobilisation en faveur du livre et la lecture afin de faire naître et croître le goût de la lecture.

  • Des dispositifs et moyens pour mettre en place une stratégie de soutien aux élèves :
    • à l'école élémentaire, l'heure hebdomadaire d'activité pédagogique complémentaire est réorientée vers des activités de lecture et de compréhension ;
    • au collège, les deux heures d'accompagnement personnalisé doivent être consacrées à la compréhension pour les élèves de 6ème qui, selon les évaluations faites en début d'année, ont une maitrise insuffisante ou fragile des compétences en lecture et compréhension de l'écrit ;
    • le dispositif « Devoirs faits » doit contribuer au dépassement des difficultés des élèves les plus fragiles, qui sont fortement incités à bénéficier de ce soutien ;
    • le « Contrat de réussite », destiné à prévenir le redoublement, doit aussi permettre un accompagnement renforcé des élèves ayant des difficultés en lecture : très en amont du conseil de classe du troisième trimestre, un programme spécifique est établi pour accompagner les élèves.

En partenariat avec le ministère de la culture, le ministère de l'Éducation nationale se mobilise pour susciter l'envie de lire chez les enfants et les jeunes. Il a pour mission de former des lecteurs compétents et actifs aimant la lecture sous toutes ses formes. Pour favoriser la pratique de la lecture et donner toute sa place au livre au sein de l'école, les équipes pédagogiques et éducatives sont invitées à s'impliquer dans des dispositifs et événements divers :

  • un plan d'investissement en faveur des bibliothèques d'école : des crédits sont mobilisés pour constituer des fonds ; priorité est donnée aux écoles les plus éloignées de bibliothèques publiques.
  • un partenariat entre chaque école ou établissement scolaire et une bibliothèque-médiathèque municipale à horizon 2020.
  • la remise officielle d'une carte de bibliothèque à chaque enfant en fin de CP à partir de 2019.
  • la distribution chaque année, aux élèves de CM2, de 800 000 recueils de fables de La Fontaine illustrés par un grand illustrateur (opération « Un livre pour les vacances »).
  • la promotion de la lecture à voix haute avec une plus grande participation au concours Les Petits Champions de la lecture (objectif : 100 000 enfants à court terme).
  • l'instauration d'un « quart d'heure lecture » chaque jour à l'école et au collège.
  • la participation à la grande fête annuelle de la lecture : laNuit de la lecture.
  • le soutien renforcé à des associations œuvrant dans le domaine de la lecture et de la culture de l'écrit, comme «  Lire et faire lire» et le « Labo des histoires ».

Lutter contre l'illettrisme après la scolarité obligatoire

Les jeunes scolarisés qui se trouvent dans cette situation bénéficient d'un accompagnement renforcé dans les établissements dont ils dépendent.

Un soutien à la parentalité pour mieux accompagner la scolarité des enfants

La prévention de l'illettrisme doit être menée dans une relation de confiance avec les familles, grâce à un dialogue entre l'École et les parents, afin d'accompagner au mieux l'enfant en difficulté, tout particulièrement dans les secteurs touchés par la grande pauvreté.

Dans ce contexte, les actions éducatives familiales (AEF) ont un rôle majeur à jouer pour fédérer des actions qui s'adressent aux parents en situation d'illettrisme ou de grande fragilité linguistique et à leurs enfants.

Des formations spécifiques pour les adultes

Si la prévention de l'illettrisme figure au cœur de l'action du ministère de l'éducation nationale, la participation à des actions de formation des adultes dans ce domaine ne saurait pour autant être absente de sa mission d'éducation, dans le cadre de partenariats, notamment avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI).

Les Greta (groupements d'établissements publics locaux d'enseignement) proposent des formations spécifiques pour les adultes en situation d'illettrisme, en s'appuyant sur des certifications pour valider les compétences des salariés.

L'enseignement en milieu pénitentiaire

Pour mieux répondre aux besoins des détenus et éviter de nouvelles ruptures dans leur parcours, l'administration pénitentiaire a mis en place un plan d'action contre l'illettrisme.

Des enseignants de l'éducation nationale assurent l'enseignement. Priorité est donnée aux détenus qui ne savent pas lire ou compter, ainsi qu'à ceux qui n'ont pas reçu d'instruction élémentaire ou de formation professionnelle.



Textes de référence
Mis à jour le 16 octobre 2018
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