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Agir contre l'illettrisme de l'école au collège

Agir contre l'illettrisme

Si l'illettrisme est bien un phénomène post-scolaire à proprement parler, les difficultés rencontrées très tôt par l'élève peuvent en être des signes précurseurs. C'est donc dès l'école maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire qu'il faut prévenir l'illettrisme en apportant des réponses adaptées aux facteurs de vulnérabilité, afin d'assurer une forme d'irréversibilité des acquis de base : c'est le cœur même des missions de l'éducation nationale.

Qu'est-ce que l'illettrisme ?

L'illettrisme désigne la situation d'une personne qui a bénéficié d'apprentissages mais qui n'a pas acquis - ou qui a perdu - la maîtrise de la lecture et de l'écriture, en raison d'apprentissages trop fragiles. Dès lors, cette personne ne possède pas les compétences de base pour être autonome dans les situations simples de la vie courante et se trouve particulièrement exposée au risque d'exclusion sociale.

Souvent invisible, l'illettrisme est pourtant une réalité partout présente. Aujourd'hui, 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d'illettrisme, soit 7 % des personnes ayant été scolarisées en France et âgées de 18 à 65 ans (Insee, enquête « Information et vie quotidienne »). Les évaluations menées dans le cadre de la Journée défense et citoyenneté soulignent que, si 80,3 % des jeunes Françaises et Français de 17 ans sont des lecteurs efficaces, 10,4 % sont en difficulté de lecture et 4,8 % en grande difficulté.

« [...] L'éducation nationale, les familles, les associations, les collectivités, chacun a un rôle dans la prévention de l'illettrisme. Il convient désormais de donner une impulsion nationale et d'accompagner la mise en cohérence du travail de tous les acteurs.

L'illettrisme demeure une réalité relativement méconnue, que les pouvoirs publics ont tardé à appréhender. Le Premier ministre a fait de la lutte contre l'illettrisme la grande cause nationale de l'année 2013. Le Gouvernement entend ainsi prendre la mesure d'un sujet qui suppose un engagement fort et une action concertée des ministères concernés ». 

Loi d'orientation et de programmation pour la refondation de l'École de la République

Prévenir l'illettrisme à l'école

La refondation de l'École a pour objectif d'agir le plus précocement possible pour lutter contre les inégalités et favoriser des apprentissages durables et plus solides. Pour ce faire, 60 000 postes supplémentaires seront créés sur la durée du quinquennat pour l'enseignement scolaire ; ils permettront de répondre aux grands axes de la réforme :

  • recruter de nouveaux maîtres et restaurer une formation de qualité ;
  • donner la priorité à l'école primaire, notamment avec le dispositif « plus de maîtres que de classes » et la scolarisation des enfants de moins de trois ans dans les secteurs socialement défavorisés ; 
  • redéfinir les missions de l'école maternelle, pour en faire un cycle unique et la fonder sur une pédagogie adaptée à l'âge des enfants permettant de jouer un rôle majeur dans le repérage des difficultés et la réduction des inégalités ; 
  • renforcer les liens entre école maternelle et école élémentaire, école et collège, collège et lycée, pour favoriser la continuité des apprentissages et accompagner les transitions d'un degré à un autre.

Car le rôle crucial de l'école est, d'abord, de favoriser l'entrée dans le langage et son appropriation à travers l'expression orale, puis d'apprendre à tous les enfants à lire, à comprendre les textes, à s'exprimer à l'oral et à l'écrit de manière fluide et efficace. Tout au long de la scolarité, les apprentissages qui permettent d'acquérir une bonne maîtrise de la langue française se poursuivent, dans l'ensemble des disciplines. Des dispositifs d'aide sont prévus pour accompagner les élèves les plus fragiles et garantir des apprentissages plus solides.

Le ministère de l'éducation nationale se mobilise, au plan académique et au plan national, pour développer la recherche et l'expérimentation, consolider la formation des enseignants et mettre à leur disposition des outils et des ressources utiles à l'exercice de leurs missions.

Le ministère de l'éducation nationale développe également des actions partenariales avec l'ensemble des acteurs, et notamment le monde associatif, à destination des enfants et des adolescents. Elles visent à favoriser l'accès aux livres et à la lecture, le goût des mots et le plaisir du texte.

Enfin, pour produire tous ses effets, la prévention de l'illettrisme doit être menée dans une relation de confiance avec les familles, grâce à un dialogue restauré entre l'École et les parents, afin d'accompagner au mieux l'enfant en difficulté, tout particulièrement dans les secteurs touchés par la grande pauvreté.

Lutter contre l'illettrisme après la scolarité obligatoire

Lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), les jeunes âgés de 17 ans et plus passent un test de compréhension de l'écrit. Ce dernier vise à repérer les jeunes en difficulté avec la maîtrise de la lecture et la compréhension de l'écrit.

Les jeunes scolarisés qui se trouvent dans cette situation bénéficient d'un accompagnement renforcé dans les établissements dont ils dépendent.

Pour venir également en aide à ceux qui ne sont plus scolarisés, un travail est actuellement en cours pour leur offrir des possibilités de réapprentissage, notamment par le biais des plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs.

Remédier à l'illettrisme des adultes : une grande cause nationale

Le Premier ministre a souhaité faire de la lutte contre l'illettrisme la « grande cause nationale» pour l'année 2013. Il marque ainsi la volonté du Gouvernement de se mobiliser afin que chacun puisse acquérir les compétences fondamentales nécessaires pour accéder au savoir, à la culture, à l'emploi, à la formation professionnelle et à l'épanouissement personnel, et pour participer pleinement à la vie démocratique.

Un soutien à la parentalité pour mieux accompagner la scolarité des enfants

Si la prévention de l'illettrisme figure au cœur de l'action du ministère de l'éducation nationale, la participation à des actions de formation des adultes dans ce domaine ne saurait pour autant être absente de sa mission d'éducation, dans le cadre de partenariats, notamment avec l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (ANLCI).

Dans ce contexte, les actions éducatives familiales (AEF) ont un rôle majeur à jouer pour fédérer des actions qui s'adressent aux parents en situation d'illettrisme ou de grande fragilité linguistique et à leurs enfants.

Des formations spécifiques pour les adultes

Les Greta (groupements d'établissements publics locaux d'enseignement) proposent des formations spécifiques pour les adultes en situation d'illettrisme, en s'appuyant sur des certifications pour valider les compétences des salariés.

L'enseignement en milieu pénitentiaire

Pour mieux répondre aux besoins des détenus et éviter de nouvelles ruptures dans leur parcours, l'administration pénitentiaire a mis en place un plan d'action contre l'illettrisme.

Des enseignants de l'éducation nationale assurent l'enseignement. Priorité est donnée aux détenus qui ne savent pas lire ou compter, ainsi qu'à ceux qui n'ont pas reçu d'instruction élémentaire ou de formation professionnelle.

Mis à jour le 03 juillet 2013
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