Exemples pour le 2nd degré

Diabète et développement durable

Quelques données scientifiques pour aborder le diabète sous l'angle du développement durable

Il peut sembler curieux d'aborder une maladie métabolique qui semble concerner surtout le patient sous un angle aussi global que celui du développement durable...et pourtant ! On travaille essentiellement sur le diabète de type II.

Le diabète est une maladie grave et coûteuse qui devient de plus en plus fréquente, en particulier dans les pays en développement et dans les minorités désavantagées. Il existe néanmoins de nombreux moyens de le prévenir ou d'en maîtriser l'évolution. Pour parvenir à lutter efficacement contre le diabète, il est important de sensibiliser le public et les milieux professionnels aux facteurs de risque et aux symptômes.

Organisation mondiale de la Santé - WHO World Health Organisation


Diabète et échelles d'espace : ici et ailleurs, du local au global

  • le diabète concerne l'individu ;
  • au sein d'un pays donné, il concerne le système de santé par ses conséquences ;
  • au niveau mondial, le diabète est quasiment considéré comme une « épidémie » gagnant du terrain.
    Par l'OMS (Organisation mondiale de la santé), il s'agit bien d'une question méritant d'être traitée à l'échelle mondiale. La consultation du site est édifiante sur ce point.

Diabète et complexité

Les causes sont complexes, entre génotype et phénotype (le programme de 1ère S) ainsi que les conséquences.

Scientifiquement, la mise en évidence des causes repose :

  • sur des connaissances de biologie (mécanismes de la régulation de la glycémie, métabolisme, dérèglement et relation gènotype / phénotype) ;
  • des données épidémiologiques en particulier d'ordre statistiques.

Soda et diabète : les résultats d'une étude épidémiologique dans un article d'hebdomadaire

ORLANDO (AP) -- Boire plus d'un soda par jour est déconseillé aux femmes à double titre. Non seulement l'excédent de sucre contenu dans ces boissons leur fait prendre du poids mais il tend à accroître très nettement chez elles les risques de diabète, selon une étude de l'université américaine de Harvard.
Les femmes suivies, qui buvaient plus d'un soda par jour, présentaient un risque de 85% supérieur à la moyenne, a précisé Matthias Schulze, qui présentait l'étude menée par l'école de santé publique de Harvard, à l'occasion de la 64e session scientifique de l'Association américaine du diabète (ADA).
«L'important n'est pas le sucre en général, mais le sucre contenu dans les boissons», a-t-il fait valoir. «Les sodas et d'autres boissons énergisantes entraînent une surconsommation d'énergie qui provoque prise de poids et obésité.»
En revanche, les sodas diététiques qui contiennent des édulcorants n'augmentent pas les risques de diabète, a ajouté Matthias Schulze. Selon lui, les femmes qui en boivent perdraient même du poids.
Le diabète de type 2 est une maladie qui se développe le plus souvent au milieu de la vie, quand le corps n'a plus la faculté de transformer le sucre sanguin en énergie. En 2002,18, 2 millions d'Américains, soit 6, 3% de la population, était touchés par cette maladie, classée au cinquième rang des pathologies mortelles, selon l'ADA.
Plus grave encore, le diabète 2 est en nette progression. Sa prévalence, qui était stable au cours des années 80, a doublé entre 1990 et 2002.
Selon l'étude Schulze, les femmes qui avaient tendance à grossir avaient fait passer leur consommation de boissons sucrées de moins d'une par semaine à plus d'une par jour. En moyenne, elles avaient pris environ cinq kilos en quatre ans. Mais les femmes ayant réduit leur consommation n'avaient pris en moyenne qu'un kilo et demi.

L e travail de Matthias Schulze concerne plus de 91.000 femmes adultes suivies pendant huit ans. Ses résultats sont publiés deux mois après la publication d'une étude britannique mettant en évidence l'efficacité d'une réduction de la consommation de sodas sur le poids des jeunes.
Pour l'Association nationale des sodas (NSDA), cette étude n'est bien sûr ni convaincante ni concluante.

Dans la perspective d'un développement durable, les différents facteurs peuvent être identifiés et doivent être pris en compte :

  • biologiques et environnementaux (l'apport de la science, et en particulier l'expertise des SVT) ;
  • culturels et comportementaux (diversifiés entre influence de l'alimentation, de l'activité physique etc...) ;
  • sociaux (...« dans les minorités désavantagées » ; l'occurrence de l'obésité, facteur du diabète, semble reliée au niveau d'éducation, indépendamment des pays) ;
    Économiques : « le diabète est une maladie coûteuse »...

Diabète et temps long

Les connaissances scientifiques montrent que l'on peut agir sur le déclenchement du diabète et le retarder entre autres en adoptant un hygiène de vie agissant sur « le phénotype » (alimentation, activité physique).
Comment arrêter une « épidémie » lorsqu'un des principaux leviers repose sur des comportements individuels ?

Diabète, responsabilité et prévention

Quelle est la part de responsabilité individuelle ? Quelle responsabilité faire peser sur chaque acteur ? Quelles mesures de prévention ?
Entre responsabilité individuelle et collective, on peut s'interroger par exemple sur :

  • les politiques nationales de santé (campagnes d'information, règlements sur les distributeurs de boissons et produits sucrés dans les établissements etc...)
  • les réglementations sur les produits (nutrition label and health claim -the global regulatory environment (720,32 ko) - un dossier un peu long mais qui pose entre autres les question de la relation entre l'étiquetage des produits et leur prise en compte par les consommateurs)
  • les actions internationales (OMS)
  • la place de l'éducation...

Dans la mesure ou les comportements ont un coût social, la conscience de la solidarité est également importante.

Document à titre d'exemple

Relation mode de vie -environnement : une évolution culturelle impactant la santé

Les Indiens d'Amérique du Nord nous aident considérablement dans la compréhension des mécanismes conduisant à l'apparition du diabète non insulinodépendant. En effet, plusieurs tribus dont celle des Indiens Pima dans le désert de l'Arizona ont une des fréquences les plus élevées au monde de diabète non insulinodépendant. Dans les années 50, le diabète était inconnu dans cette population mais le mode de vie occidental et surtout l'alimentation (hamburgers, frites,...) ont été les principaux facteurs déterminants de la surcharge pondérale et surtout du diabète apparaissant chez ces sujets particulièrement prédisposés. Un centre d'études a été mis en place depuis plusieurs années à Phoenix (Arizona) et étudié depuis maintenant plusieurs générations ces Indiens avec des moyens d'investigations les plus sophistiqués. Dans un article très récent du New England Journal of Medicine, les docteurs S. Lillioja et C. Bogardus, les deux animateurs de ce centre de recherche, nous ont rapporté une étude effectuée entre 1982 et 1992 sur 200 de ces Indiens Pima (87 hommes et 113 femmes), tous initialement non diabétiques. Différentes investigations ont été réalisées, en particulier une mesure de la sensibilité à l'action de l'insuline. Parmi ces 200 sujets, 38 sont devenus diabétiques. Sur les différents paramètres mesurés avant l'apparition du diabète, il apparaît clairement que la surcharge pondérale et principalement à la partie supérieure du corps, la présence d'une résistance à l'insuline et une moins bonne capacité du pancréas à sécréter l'insuline lors d'une injection intraveineuse de glucose étaient les paramètres les plus prédictifs de l'apparition du diabète. Parmi ces trois critères, la résistance à l'insuline était le facteur de risque le plus important. Cette étude prospective chez les Indiens Pima apporte des arguments pour souligner le rôle central de la résistance à l'insuline à l'origine du diabète non insulinodépendant. Toute intervention tendant à réduire cette résistance à l'insuline apparaît donc bénéfique pour prévenir le diabète non insulinodépendant. Le maintien d'un poids normal et l'exercice physique sont deux paramètres essentiels dans cette stratégie.

Professeur M. Krempf, CHU Nantes http://dianantes.free.fr/equi/pimas.html

Liens et croisements possibles

Aborder le diabète en SVT et ECJS en classe de première S

Références

La multiplicité des sites, le caractère très polémiques de certains, permet très rapidement, quand on analyse les différents acteurs, leurs intérêts, de comprendre la complexité d'un problème à première vue simple...

Site de l' Organisation mondiale de la Santé

Qu'est ce qu'une « preuve » ? Que montre exactement une étude épidémiologique ? Quelles sont ces limites de validité ? Comment l'utiliser pour définir des politiques de prévention ou de précaution ?

Document OMS sur le coût du diabète

Données sur la résistance des Moustiques aux insecticides organophosphorés :

- aspect évolutif (1ère S - génotype/phénotype, 1ère L et ES ou terminale S à propos des mécanismes de l'évolution).
- paludisme et aspect épidémiologique, directement relié au développement durable s'agissant d'une des principales pandémies mondiales.


Inspection générale de l'Éducation nationale

Mis à jour le 04 octobre 2009
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