Séminaire « L'analyse de pratiques professionnelles et l'entrée dans le métier »

Un dispositif d'analyse de pratiques pour la formation des chefs d'établissement

Roger Fetter, inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional, établissement et vie scolaire, académie de Rennes

Nous avons mis en place un dispositif d'analyse des pratiques dans l'académie de Rennes, il y a maintenant trois ans. Depuis cette date, nous avons formé, et nous formons, environ 120 personnels de direction. Nous avons donc une expérience significative dans ce domaine. En effet, nous travaillons à l'échelle d'un établissement. Par ailleurs, les problématiques que nous allons vous présenter peuvent être adaptées à la formation initiale ou continue des personnels enseignants et ne concernent pas uniquement les personnels de direction. Je vais présenter quelques éléments problématiques rencontrés dans le cadre de l'analyse des pratiques, alors qu'André Bernard vous présentera de manière concrète le dispositif que nous avons mis en place.

Le dispositif de formation des personnels de direction

Un nouveau dispositif régit depuis trois ans la formation initiale des personnels de direction. Auparavant, ces personnels étaient retirés de leurs fonctions pendant six mois pour suivre une formation et étaient par la suite nommés comme personnels de direction stagiaires. Ces personnels passaient donc d'une observation active à l'exercice de la responsabilité. Depuis maintenant trois ans, les personnels de direction sont directement nommés en responsabilité et sont formés en parallèle pendant deux ans. Cette formation contient une part théorique, qui permet aux personnels d'apprendre les gestes du métier et une part liée à chaque établissement. À ce sujet, les chefs d'établissement ne sont pas formateurs a priori. Les stagiaires sont nommés en fonction des postes vacants et sont suivis par des tuteurs référents, qui sont responsables de l'analyse de pratiques.

À l'issue de deux années de stages, le ministre prononce la titularisation des personnels de direction, sur proposition du recteur. Ce dernier demande l'avis de inspecteur d'académie-directeur des services départementaux de l'Éducation nationale et de l'inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional " établissement et vie scolaire ", pour connaître l'action conduite sur le terrain et l'évolution des compétences des personnels concernés.

La mise en place du dispositif d'analyse des pratiques

Le tuteur référent s'occupe de l'accompagnement des stagiaires et partage cette fonction avec le chef d'établissement. Il a pour mission de favoriser la création d'une identité professionnelle, en se basant sur l'analyse de pratiques.

L'académie voulait, en mettant ce dispositif en place, éviter deux problèmes. En premier lieu, elle souhaitait rester maître de la commande. En second lieu, elle ne souhaitait pas que l'analyse des pratiques soit l'occasion de mettre en place des procédures qui ne soient que technicisées avec le risque d'être considérées comme immuables. Nous avons donc cherché un mode d'analyse de pratiques répondant à ces critères et rejeté immédiatement les procédés en cours pour certaines formations de base (par exemple : celle des animateurs de colonie de vacances) qui doivent fournir un bagage technique a minima et des recettes directement opérationnelles.

Par ailleurs, nous n'avons pas choisi une analyse de pratiques de type psychanalytique. Nous ne souhaitons pas individualiser les cas, mais situer la pratique dans un cadre professionnel et institutionnel.

Une fois ces questions posées, il fallait trouver quelqu'un pour assurer l'analyse de pratiques. Les organismes de formation avaient parfois du mal à comprendre notre demande et nous nous sommes tournés vers Suzanne Nadot, qui porte elle-même un projet d'analyse de pratiques.

Quand nous avons choisi le type d'analyse de pratiques que nous souhaitions mettre en œuvre, nous avons dû décider qui, parmi les tuteurs référents potentiels, avaient les capacités requises pour en animer les ateliers. Il nous a paru essentiel que ces personnes ne soient pas contestables dans leur propre pratique. Si cette condition n'est pas respectée, une dérive est introduite dans le dispositif. Toutefois, cette condition est insuffisante. Il faut en effet que l'analyse des pratiques se base sur l'expression forte et explicite des valeurs du service public de l'enseignement. Il ne s'agit en aucun cas d'un espace de contestation idéologique. Les valeurs de la République sont le socle et le cadre de l'analyse des pratiques.

Le rôle des tuteurs référents

Afin de crédibiliser notre projet, nous avons décidé de mettre en place un groupe d'analyse de pratiques pour les tuteurs. Ce dispositif permet par ailleurs d'homogénéiser leurs modes d'intervention.

En tant que responsable de la formation des personnels de direction, j'ai demandé au recteur de désigner par arrêté les tuteurs référents. Je suppose que les directeurs d'Iufm suivront la même démarche, car certains préalables sont nécessaires avant de devenir tuteur.

Par ailleurs, lors de l'analyse de pratiques, les stagiaires dévoilent leurs difficultés et expriment des choses qui ne se disent pas dans le cadre d'un rapport hiérarchique et institutionnel. Il faut donc penser le dispositif dans un champ a-hiérarchique et ne pas l'intégrer dans une logique de certification. Or le système ne prise pas toujours les espaces de liberté que peut contenir une formation. L'affirmation des valeurs du service public et l'identification des tuteurs sont donc nécessaires pour créer ces espaces de liberté.

En outre, le tuteur occupe une place privilégiée et peut être considéré comme un " super-formateur ". Les chefs d'établissement seraient susceptibles de se sentir en porte-à-faux par rapport au tuteur de référence et au dispositif d'analyse de pratiques. Ils pourraient nourrir la crainte que les stagiaires mettent en cause leur action lors des ateliers d'analyse de pratiques et qu'ils soient cantonnés à des tâches techniques. Pour éviter ces sentiments, il faut préciser le rôle de chaque acteur, ainsi que les finalités et les procédures de chaque élément de la formation. Toutefois, c'est au responsable de la formation de faire en sorte que l'équipe dans sa totalité effectue cette tâche. Il faut donc que l'ensemble des personnes concernées, formateurs comme stagiaires, s'approprient le dispositif de formation, afin de lever toute ambiguïté.

Les stagiaires ont apprécié le dispositif de formation que nous avons mis en place, mais nous sommes aujourd'hui, après trois ans d'activité, confrontés au problème de l'authenticité des ateliers d'analyse de pratiques. En effet, des " plaques sclérotiques " risquent de s'installer et la technicité peut gagner. Nous devons donc veiller à maintenir l'authenticité, gage de la réussite de l'analyse de pratiques.

André Bernard, proviseur, académie de Rennes

Au cours des deux premières années d'utilisation de l'analyse des pratiques pour la formation des personnels de direction, nous avons dû lever un certain nombre de pièges et clarifier un certain nombre de points.

Les principes de l'analyse de pratiques

Je suis moi-même, en tant que tuteur, chargé d'accompagner individuellement les stagiaires et d'animer les séances d'analyse de pratiques. Comme l'a dit Martine Le Guen, l'analyse de pratiques participe à la construction d'une identité professionnelle, en faisant émerger le sens de l'action de chacun. Elle doit aider à formaliser les savoirs, à répondre aux questions professionnelles, dans le cadre d'un travail collectif, autour de problématiques professionnelles précises.

Elle a pour objectif de permettre aux participants de mieux répondre aux questions professionnelles qu'ils rencontrent. Je parle volontairement des participants et non des stagiaires, car l'animateur tire également un bénéfice personnel de l'analyse des pratiques. Cette dernière s'appuie sur un questionnement complet et rigoureux, afin de prendre en compte tous les paramètres en jeu dans une situation, y compris les éléments liés au comportement de la personne concernée. L'analyse est un travail de pensée, dont on cherche à écarter les idées convenues ou agressives, pour se concentrer sur les dimensions personnelles de l'action. L'analyse de pratiques utilise l'anecdote, pour identifier des situations professionnelles et des problématiques.

Dans le cadre de l'analyse de pratiques, on considère que l'intelligence collective est supérieure à l'intelligence individuelle. On cherche à donner du sens à l'action de chacun. L'analyse de pratiques a également pour but de permettre à chacun de se construire comme membre d'une nouvelle communauté.

Il est souvent difficile de montrer l'intérêt et de légitimer l'analyse de pratiques, qui est parfois assimilée à une psychanalyse sauvage. En réalité, elle s'appuie plus sur la discrétion que sur le secret et cherche à créer ensemble de la compétence. Le cours est le contraire de l'analyse, car on sait à l'avance de quoi il va être question, alors que l'analyse a un caractère imprévisible. Les membres du groupe d'analyse des pratiques n'ont pas à mettre en adéquation une pratique individuelle et une pratique de référence, sorte de norme ou de modèle.

L'amélioration de la pratique n'est pas liée à la transmission d'attitudes considérées comme bonnes par le tuteur. Elle n'est pas non plus liée à une découverte réalisée par hasard. Elle résulte d'une modification de la pratique recherchée par le praticien. Les tuteurs attendent de l'analyse de pratiques des changements d'attitudes dans le cadre professionnel et dans la manière de penser sa propre pratique.

Comme vous le savez tous, il existe différentes démarches d'apprentissage. L'analyse de pratiques utilise une forme d'apprentissage basée sur la parole. La transmission des représentations et des comportements est liée à une analyse par le sujet de ses propres actions.

La pratique de l'analyse de pratiques

Concrètement, l'analyse de pratiques est une réflexion et un échange, une manière d'introspection. Le groupe est invité à se saisir d'un problème ou d'une situation, à réfléchir et à échanger. En premier lieu, une personne expose un cas vécu. En deuxième lieu, on élucide le contexte, on parle de ce qui pose question. En troisième lieu, on cherche à faire émerger une problématique. En quatrième lieu, on cherche à mieux comprendre la question posée et on peut proposer des solutions dans certains cas.

L'analyse de pratiques se fonde sur un questionnement rigoureux et sans complaisance, dans un cadre de confiance, de respect, de sympathie, de tolérance et de solidarité. L'analyse produit de l'intelligence, de la chaleur humaine et une connivence de bon aloi.

Il me paraît essentiel de parler à partir d'une situation vécue, mais de ne pas s'y cantonner. Nos groupes sont constitués de deux tuteurs et de six à huit stagiaires, qui présentent une expérience concrète, que l'on analyse. Les stagiaires ne présentent pas obligatoirement des situations d'échecs, mais c'est en général le cas. Ils font part de cas où ils ont l'impression de n'avoir pas su répondre correctement à un problème. Ils présentent leurs expériences de façon factuelle et indiquent comment ils ont ressenti l'événement. L'objectivité n'est pas recherchée. Les participants s'écoutent les uns les autres et cherchent à identifier les situations de façon claire.

Les demandes de précisions et d'explication ont pour but de lever les malentendus et de comprendre la situation. Des hypothèses peuvent parfois être formulées dès cette étape. Le groupe analyse les éléments descriptifs et les éléments subjectifs, ainsi que l'effet de l'expérience présenté sur lui-même. Des hypothèses d'interprétation ou de médiation peuvent être avancées et montrent que différentes actions sont possibles pour décider.

L'analyse de pratiques exige la sincérité des participants. Le tuteur peut être tenté de chercher de manière insistante une solution à un problème. Or ce n'est pas l'objet de l'analyse. La confidentialité des propos tenus doit être stricte, pour permettre l'existence du groupe. Les propos ne cherchent qu'à permettre le travail de compréhension. Il ne s'agit en aucun cas de juger une personne ou une structure institutionnelle. La discrétion est à la base de l'exercice.

L'analyse de pratique permet de séparer les questions personnelles des questions professionnelles, en identifiant le contexte et les personnalités en cause. Il faut savoir dépasser le stade de l'échange sur la pratique et prendre du recul, pour poser des problématiques pertinentes. Elle doit permettre de saisir la complexité d'une situation apparemment banale. Par exemple, un membre d'une direction de collège nous a fait part du décalage, agaçant pour tous, entre les sonneries et les horaires affichés des sonneries. Le problème pouvait être perçu comme un problème technique. Or il s'agissait principalement d'un problème de pouvoir entre le conseiller principal d'éducation, l'agent d'accueil et le principal adjoint.

La réflexion, pendant la séance d'analyse des pratiques, a pour but de complexifier une situation, afin de dégager une problématique. En effet, la complexité aide à clarifier une situation, dont on se distancie. En outre, il faut dépasser la narration et la description. L'intervenant est invité à se livrer et à s'exposer. Il donne une image de lui-même et permet discuter sur ces propres compétences, sans enfermer. Le tuteur doit veiller à ce que les propos tenus soient recevables par les uns et les autres. Chacun doit adopter une posture de questionnement et d'ouverture et sentir une liberté de pensée et de parole.

L'objectif de l'analyse de pratiques est de permettre la compréhension. Les décisions sont ainsi mieux assumées et demeurent discutables. Le travail d'analyse est à la frontière entre la formation professionnelle et la formation personnelle. Il ne consiste pas à apporter une réponse précise et unique à un problème particulier. Chacun doit être lucide au sujet de son action. L'analyse aide à la décision et permet de rompre la solitude professionnelle. Elle participe au processus identitaire, par l'ouverture et la distanciation qu'elle permet. Elle s'inscrit en tant qu'espace de liberté et d'humanisme dans la formation des personnels de direction.

Débats avec la salle

Mireille Auge, Iufm de Rouen

Une formation analogue à celle qui vient d'être décrite a été mise en place à Rouen pour les professeurs des lycées et collèges deuxième année (PLC2) stagiaire. Je voudrais savoir comment vous présentez les séances d'analyse de pratiques aux stagiaires et quelle est la formation dispensée aux tuteurs.

Roger Fetter

Aucune formation théorique n'est dispensée aux tuteurs, mais ils ont tous participé à un groupe d'analyse de pratiques. L'idée est de transférer l'expérience de ce groupe lors de l'encadrement des séances d'analyse de pratiques. Nous considérons que les tuteurs doivent réfléchir sur leurs propres comportements pour aider les stagiaires à faire de même.

Par ailleurs, lors du séminaire de rentrée, les stagiaires rencontrent les tuteurs et réfléchissent à leur devenir professionnel. Nous présentons alors l'analyse de pratiques. Nous n'avons rencontré aucun stagiaire refusant d'assister aux séances d'analyse de pratiques, qui s'inscrivent dans les obligations de formation des intéressés.

André Bernard

Nous constatons des réticences lors des premières séances, mais celles-ci sont levées par la suite.

Suzanne Nadot

La question de la formation des tuteurs est importante. Ces derniers doivent d'une part transférer ce qu'ils ont eux-mêmes vécu et d'autre part répondre à un cadre de fonctionnement. Actuellement, le dispositif est en place depuis trois ans et semble fonctionner. Il n'a pas créé de turbulence dans le programme de formation. Les stagiaires semblent par ailleurs satisfaits de l'expérience d'analyse des pratiques. De plus, les tuteurs ont eux-mêmes, alors qu'ils ont été choisis pour leurs expertises du métier, vu leurs pratiques évoluer. L'analyse de pratiques change en effet l'implication des personnes en cas de conflits et la lecture des situations. Cette évolution élargit les possibilités d'actions.

André Bernard

Concrètement, les tuteurs se sentent moins experts. L'analyse de pratiques est une école de modestie.

Jean Favelier, inspecteur pédagogique régional, académie de Lyon

Avez-vous étudier la transposition de votre démarche auprès des personnels de direction pour les professeurs débutants ?

Roger Fetter

Nous n'avons pas encore réfléchi à cette question, mais je pense que nous allons chercher à généraliser le dispositif d'analyse des pratiques auprès des enseignants débutants. L'analyse est en outre déjà utilisée lors de la formation des personnels d'éducation à l'Iufm de Bretagne.

Suzanne Nadot

Dans les académies de Versailles et de Créteil, qui expérimentent la formation à l'entrée dans le métier, nous avons prévu quinze heures d'analyse de pratiques sur les quatre vingt dix heures de formation prévues. Les séances d'analyse de pratiques seront accompagnées par des formateurs des Iufm et de la formation continue. Nous formons ces formateurs depuis deux ans, car nous pensons qu'il ne faut pas sous-estimer ce point.

De la salle

La question des professeurs accompagnateurs en établissement n'a pas été soulevée depuis ce matin.

Suzanne Nadot

En effet, je ne vous présente que la formation des jeunes enseignants.

De la salle

Les problématiques me semblent différentes pour les chefs d'établissement et pour les enseignants débutants. L'analyse de pratiques peut être assurée dans l'année, mais il faut parallèlement réfléchir à la formation des enseignants accompagnateurs des enseignants débutants. Ces enseignants travaillent plus de manière quotidienne que les formateurs en analyse de pratiques.

Roger Fetter

Nous pensions au départ que les tuteurs allaient assurer la formation de base, mais nous avons rapidement constaté que cette formation était réalisée par les chefs d'établissement. Nous pouvons considérer que ce dernier est un conseiller pédagogique de proximité et que le tuteur est un accompagnateur, moins en prise avec l'immédiateté et le quotidien.

Jean-Pierre Vinel, académie de Bordeaux

J'aimerais savoir combien de séances d'analyse de pratiques sont prévues par an et combien chaque membre de ces groupes peut exposer de problèmes. A mon avis, il faudrait pouvoir parler des problèmes que l'on rencontre au moment où ces derniers surviennent, afin de les résoudre. Exposer un problème sans lien direct avec la pratique professionnelle me paraît d'un intérêt limité.

Suzanne Nadot

Vous évoquez la question de l'urgence. Il faut traiter les problèmes qui se posent et décider dans l'urgence. Cependant, l'analyse de pratiques n'a pas pour rôle de résoudre des problèmes, mais de permettre de comprendre la complexité d'une situation qui pose problème. En travaillant sur cette situation, on arrive à comprendre les problématiques de la situation ou du praticien. Les propos tenus n'auront pas d'incidence sur la situation elle-même, mais modifie la compréhension des problèmes des personnes qui participent à l'analyse de pratiques. Cette dernière a un rôle dans la construction identitaire et l'insertion dans une communauté. L'analyse des pratiques n'a pour but de fournir des réponses, mais de remettre en cause des situations.

André Bernard

Les tuteurs peuvent donner des conseils en cas d'urgence aux membres du groupe d'analyse de pratiques.

Christine de Villeroche, Iufm d'Amiens

J'aimerais savoir si après les deux années de formation initiale, les chefs d'établissement souhaitent prolonger les séances d'analyse de pratiques dans le cadre de la formation continue.

Suzanne Nadot

Une partie des stagiaires souhaite en effet continuer les séances d'analyse de pratiques. On peut considérer que cette demande est liée à la réussite du projet, mais elle peut aussi révéler une dépendance. Pour l'instant, nous avons indiqué qu'il n'était pas possible de reproduire ces séances chaque année. Il faut savoir modérer les enthousiasmes. Toutefois, des lieux d'échanges peuvent se créer dans les établissements et les personnes ayant une expérience de l'analyse de pratiques peuvent reproduire une manière de communiquer.

Roger Fetter

Les stagiaires titularisés ont continué à nourrir un esprit de promotion et ont gardé un réseau d'échanges. Ils communiquent entre eux quand ils rencontrent des difficultés et contactent sans difficulté les tuteurs.

André Bernard

La solidarité est réelle parmi les participants d'un groupe d'analyse de pratiques et perdure.

Didier Mure

J'anime des groupes d'analyse de pratiques avec des enseignants du premier degré et je fais moi-même partie d'un groupe d'analyse de pratiques. André Bernard a affirmé que l'authenticité de la parole était essentielle. J'aimerais savoir comment vous réussissez à conserver cette authenticité, tout en respectant la parole des uns et des autres.

André Bernard

Le questionnement doit être rigoureux et sans complaisance, tout en respectant les personnes, afin de faire émerger une problématique. L'analyse de pratiques ne me paraît pas possible sans l'authenticité et le respect.

Gilles Monceau

On comprend, par votre exposé, comment le contexte institutionnel détermine les finalités de l'analyse de pratiques. Le dispositif qui vient d'être présenté permet la professionnalisation et l'intégration dans un corps. Il permet notamment de créer un réseau. Un dispositif légèrement différent pourrait être mis en place pour cinq mille personnes. En outre, la question de l'intégration à un corps professionnel, qui posait des valeurs particulières, se pose autant pour les enseignants que pour les personnels de direction.

Roger Fetter

S'appuyant sur des situations concrètes et mettant en jeu des intérêts parfois opposés, l'analyse de pratiques a permis de prendre en compte la complexité et les apparentes contradictions du système. De la sorte, les processus de déculpabilisation et le renforcement de la prise de responsabilités ont été très présents dans les discussions. Il me paraît nécessaire de faire sentir aux personnels de direction qu'ils doivent assumer un espace de gestion non stabilisé. La tension du système est, à mon avis, un signe de vitalité.




Actes du séminaire : L'analyse de pratiques professionnelles et l'entrée dans le métier, les 23 et 24 janvier 2002 à Paris

Mis à jour le 15 avril 2011
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