Séminaire « L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école »

Le pilotage de la rénovation

Six thèmes différents sont proposés en vue de mettre en évidence, d'une part la place et le rôle des acteurs du pilotage académique, départemental, de circonscription, voire d'école, d'autre part, les finalités des actions conduites dans le cadre de ce pilotage. L'atelier a mis en évidence des constantes dans l'accompagnement des équipes chargées de la rénovation généralisée de l'enseignement des sciences et de la technologie, après cinq années d'un développement plus restreint, basé sur le volontariat.

Cet atelier met en évidence des facteurs de cohérence pour les différents échelons du pilotage du plan de rénovation, que les participants ont jugé bon de souligner.

La mobilisation des équipes de circonscription

L'équipe de circonscription est le maillon d'impulsion le plus proche des maîtres et le plus opérant pour leur apporter l'appui " au fil de l'année ", le plus adapté à leurs besoins et aux exigences de la rénovation de l'enseignement des sciences. Il apparaît même que cohérence entre apprentissages et pérennisation des pratiques passent nécessairement, l'une et l'autre, par la mobilisation de toutes les équipes de circonscription.

Pour obtenir cette large mobilisation, on perçoit comme véritablement essentiel qu'une politique départementale lisible et forte implique profondément l'ensemble des équipes de circonscription. Contrairement à l'opération La main à la pâte, le plan de rénovation ne relève pas du volontariat, ce que les équipes d'encadrement doivent prendre en compte.

Pour agir résolument auprès des maîtres dans le sens indiqué par le plan de rénovation, les équipes de circonscription elles-mêmes doivent inscrire explicitement l'enseignement des sciences au cœur de leur projet de travail et communiquer clairement avec les enseignants sur ce sujet.

Il est signalé que la mobilité des personnels, forte dans certaines circonscriptions, crée parfois une difficulté réelle pour former les maîtres. L'exemple de lieux où 20% des enseignants sont renouvelés chaque année a été cité. Cela conduit à penser qu'une conception départementale de la formation, voire de l'animation, se justifierait dans les départements à forte mobilité interne des enseignants.

Face à la multiplicité des tâches qui leur incombent, les équipes de circonscription ressentent le besoin d'une formation accrue. Dans le prolongement des séminaires nationaux, il est de la responsabilité des groupes de pilotage départemental et de suivi académique d'envisager la formation des équipes de circonscription et de faire des propositions pour les aider à prendre en compte ces perspectives. Une piste est avancée : favoriser la communication entre les différents partenaires (autres équipes de circonscription, groupes départementaux ressources pour les sciences...) afin d'échanger, de confronter des analyses possibles, de mutualiser des actions déjà engagées. Cela pourrait prendre la forme de stages départementaux, académiques, interacadémiques.

Les ressources humaines et les partenariats

Dans ce domaine, de nombreuses propositions ont été faites.

Constituer une équipe partenaire

L'idée d'une équipe partenaire ou d'un groupe ressources a été avancée dans plusieurs ateliers, vue comme un système permanent de ressources. Mise en place par le groupe de pilotage départemental ou par le groupe de suivi académique, cette équipe peut être composée de professeurs d'IUFM et de scientifiques apportant leurs compétences de la discipline, de conseillers pédagogiques et d'IEN pour le suivi et pour la coordination des acteurs, ainsi que d'enseignants des écoles pratiquant les sciences dans leur classe conformément au plan de rénovation de l'enseignement des sciences et de la technologie à l'école.

La tâche de cette équipe peut consister à accompagner les enseignants dans la mise en place des activités scientifiques en référence au plan de rénovation des sciences. Cela à travers des stages de formation, la production d'outils (dossiers, fiches d'activités...) diffusés en particulier par l'intermédiaire des TIC.

Sur le plan de l'action : comment mobiliser les maîtres ?

S'appuyer sur les acteurs essentiels que sont les enseignants est considéré comme un facteur déterminant de la mobilisation des maîtres. D'où l'intérêt de constituer un " noyau " d'enseignants volontaires, pratiquant les sciences dans leur classe, pour engager des actions de tutorat, éventuellement au moyen des dotations des circonscriptions. L'idée, ici, est de " faire avec " et de " réfléchir ensemble " en donnant à voir des pratiques de classes.

Ce type de travail peut être développé par les équipes de circonscription dans le cadre de leur propre plan d'action (animations pédagogiques, stages d'équipes, formes diverses de travail avec les équipes de maîtres...). Il peut éventuellement être mené sur des temps courts, dans le cadre d'actions de formation continue.

Un retour de stage après une période en classe peut également ouvrir à une mutualisation efficace et à de pertinentes analyses sur les divers choix opérés par les participants.

Mobiliser les ressources internes à l'Éducation nationale

Un large accord s'est fait autour des propositions qui suivent :

  • Les maîtres ressources doivent pouvoir soutenir l'engagement des maîtres, en les accompagnant dans l'élaboration de projets de cycles et en guidant leurs choix dans l'acquisition du matériel pédagogique.
  • Pour s'acquitter de sa mission d'impulsion, l'équipe de circonscription pourrait désigner un conseiller pédagogique, chargé du dossier et personne relais auprès des maîtres. Il se profile néanmoins ici le risque d'une relative spécialisation de ce conseiller pédagogique, non conforme à l'esprit d'intégration interdisciplinaire du plan de rénovation.
  • Les professeurs de collège peuvent aussi assurer un rôle de personne ressource auprès des maîtres. Des coopérations sont à développer dans le domaine de la liaison école-collège, en évitant cependant qu'il y ait substitution. L'utilisation des salles de sciences en collège peut également être envisagée.

Les partenaires extérieurs

Le rôle des municipalités est évoqué avec insistance ici.

Un scientifique participant à l'un des ateliers a exprimé l'idée, généreuse et responsable, selon laquelle la rénovation de l'enseignement des sciences ne saurait s'envisager sans un accompagnement des maîtres par un scientifique : étudiant, chercheur, ingénieur, etc. Il considère que c'est un devoir pour chaque scientifique que d'intervenir auprès d'élèves à l'école ou au collège. Cela devrait, selon lui, faire partie de son cursus. À la suite de cette intervention, les participants à l'atelier s'accorderont sur les points suivants :

  • Si le partenariat est souhaitable ou à rechercher, il n'est ni suffisant, ni indispensable à la rénovation de l'enseignement des sciences. Il existe des départements sans ressources partenariales.
  • Lorsque le partenariat existe, il est souhaitable que les accompagnateurs aient un minimum de formation pédagogique, pour intervenir avec le maître auprès d'élèves. Dans le cadre d'un accompagnement, le maître doit conserver la maîtrise de la classe.
  • L'accompagnateur, parfois appelé " parrain " scientifique, n'est pas un intervenant extérieur. Son activité dans la classe est préparée en amont avec le maître. C'est le maître, en fonction de son projet, qui recherche éventuellement un partenaire scientifique pour l'accompagner. Ce n'est pas le partenariat qui s'impose à lui.
  • C'est le projet de classe, de cycle si possible (projet d'une équipe de maîtres), voire le projet d'école qui doit conduire les maîtres à s'engager dans la rénovation de l'enseignement des sciences. C'est sur la base de ces projets que peut être sollicité un partenariat.
  • Les conditions d'un partenariat réussi et efficace :
    • la nécessité d'un balisage et d'un encadrement pédagogique, de façon à éviter les effets de substitution, de déresponsabilisation et les possibles dérives qui les accompagnent.
    • la vérification et le renforcement de la qualité de la médiation scientifique assurée par les partenaires, d'où la nécessité d'établir des conventions précises avec eux.
    • la nécessité de dispositions réglementaires explicites en matière de partenariat scientifique. On ne devrait notamment pas installer des intervenants extérieurs en sciences.
    • la nécessité de mobiliser les collectivités locales sur la question de la culture scientifique et de la mise à disposition des écoles de ressources pédagogiques adaptées.
    • l'importance d'un réel travail en équipe dans les écoles et entre écoles ; c'est là une garantie et une condition de la pérennisation et de la réussite du plan de rénovation. Les TIC peuvent jouer une part notable dans la mise en réseau d'acteurs, dans certains cas éloignés les uns des autres.

L'articulation entre l'enseignement des sciences et les apprentissages fondamentaux

Des obstacles majeurs

Dans ce domaine, les pratiques des enseignants révèlent deux difficultés majeures :

  • une vision disciplinaire des apprentissages, conduisant au cloisonnement des objectifs et au manque de lien entre les connaissances ;
  • une représentation de la polyvalence consistant à organiser son enseignement selon une hiérarchie qui met au centre de l'enseignement l'étude de la langue (grammaire - conjugaison - vocabulaire...) et une partie des mathématiques. La place des autres disciplines s'en trouve minorée.

C'est en partie en trouvant des voies pour faire évoluer ces conceptions que l'on parviendra à faire progresser une articulation consciente entre les activités scientifiques et les apprentissages fondamentaux. Cette évolution doit concerner l'ensemble des acteurs du 1er degré, maîtres et encadrement, la sensibilisation des familles est également nécessaire.

Faire évoluer la représentation de l'enseignement des sciences centrée sur le savoir scientifique

Derrière le mot science, ce qui est souvent perçu comme essentiel, ce sont des contenus, alors que les sciences expérimentales sont aussi une recherche d'explications, donc un discours pour présenter des faits et construire des connaissances en analysant les relations entre ces faits.

Faire évoluer la représentation interdisciplinaire

" Quand on fait des sciences, on fait aussi de la maîtrise des langages ". Ce n'est pas " on ne fait que du langage ". Une séance de vocabulaire scientifique, ce n'est pas une séance de sciences, même s'il faut acquérir un vocabulaire précis et spécifique pour construire des connaissances scientifiques. La science, c'est du discours, il est donc important de prendre conscience que dans une activité scientifique, comme dans toute activité disciplinaire, on n'étudie pas la langue, mais on la pratique. Ce n'est pas exclusivement à partir d'une séance scientifique qu'on apprend la langue. La séance de sciences n'est qu'un outil supplémentaire pour mobiliser les acquis en français et en mathématiques ou découvrir la nécessité de les approfondir.

Faire évoluer la représentation relative au plan de rénovation (PRESTE)

" Le PRESTE est encore une priorité supplémentaire. Il concerne l'enseignement des sciences, uniquement ". C'est là une vision disciplinaire qui vient renforcer l'effet souvent décrit d'empilement des dispositions nouvelles, et qui tendrait à reléguer le PRESTE au rang de mode. C'est donc la cohérence de l'ensemble des actions engagées qui se trouve là interrogée. Le PRESTE, l'introduction d'une langue vivante au cycle 3, la prise en compte des TIC, le développement de l'éducation culturelle et artistique, sont des entrées différentes, mais qui, toutes, concourent à renforcer les apprentissages autour du lire/écrire/parler en privilégiant l'écoute, l'argumentation, la confrontation à la réalité.

Une posture pédagogique du maître tournée vers l'activité de l'élève qui apprend

On reconnaît unanimement que l'une des difficultés majeures à surmonter pour une très grande part des maîtres est de parvenir à s'éloigner d'une conception de leur rôle dans la classe fortement marquée par le courant pédagogique transmissif. Dans ce style d'enseignement, le maître apporte à la classe entière, sur la durée d'une année scolaire et sur un mode généralement frontal, des connaissances que les élèves reconnaissent comme vérités. Les dispositions pédagogiques actuellement en vigueur, dont le plan de rénovation de l'enseignement des sciences, s'inscrivent dans une perspective toute différente qui recentre l'action pédagogique sur l'élève et sur la construction de ses apprentissages. Cela suppose d'agir sur la conception transmissive encore profondément ancrée dans le système scolaire, ainsi que sur les différents paramètres de l'action pédagogique qui suivent :

  • le temps réservé aux apprentissages de chaque discipline ;
  • la prise en compte des représentations mentales des élèves ;
  • le statut de la parole du maître au sein de la classe ;
  • la gestion du travail en groupes et les interactions entre élèves, entre l'élève et la connaissance, entre l'élève et le maître...

Le terme de " posture " fait référence au positionnement de l'enseignant par rapport à ces différents points. Sa définition englobe plusieurs niveaux d'action pédagogique. Entrer par les cinq thèmes qui suivent a permis d'identifier les principaux obstacles à l'évolution de la posture du maître, de proposer des outils de transformation et de formuler des recommandations pour la mise en place de leviers de pilotage du plan de rénovation.

  • Le maître et le savoir
  • Le maître et l'élève
  • Le maître et la classe
  • Le maître et la polyvalence
  • Le maître et les validations externes

Analyse des obstacles à l'évolution de la posture pédagogique des maîtres

Le maître et le savoir

Il est nécessaire que le maître accepte qu'il ne sait pas tout, qu'il est utile qu'il affiche cet état de connaissance partiel et qu'il en fasse un point d'appui pour introduire une attitude de recherche, de doute, que les élèves doivent également acquérir. Le maître doit développer ses capacités à aller chercher le savoir là où il se trouve et afficher un rapport au savoir établi conforme à celui que le PRESTE entend installer chez les élèves.

Le maître et l'élève

Il n'y a pas de modèle de l'attitude pédagogique mais il existe des invariants et des éléments de démarche pédagogique jugés plus efficients par rapport à des objectifs précis. (cf. Repères pour la mise en œuvre d'une démarche répondant au schéma " du questionnement à la connaissance en passant par l'expérience "). La parole et l'expression écrite de l'élève doivent être au centre de l'acte pédagogique. (cf. le cahier d'expériences).

Le maître et la classe

Il est nécessaire de gérer la prise d'initiative des élèves, ce qui revient à leur concéder une certaine forme de pouvoir au sein de la classe. La posture du maître n'est plus seulement devant les élèves mais également autour d'eux ou parmi eux selon les circonstances.

Le maître et la polyvalence

Le recours trop systématique aux échanges de service peut constituer une dérive. La polyvalence est un atout majeur qui, dans le cas de l'écrit par exemple, permet un travail en temps différé favorisant l'interaction entre les champs culturels et les instrumentaux, sciences et maîtrise de la langue notamment. La gestion du temps est l'une des clefs de ce dispositif polyvalent. Le maître, les conseils de cycle ont à rechercher la plus grande cohérence dans les programmations et en matière de continuité des apprentissages.

Le maître et les validations externes

Le statut du cahier d'expériences est souvent mal défini, mal compris par les parents ou par les enseignants qui ne l'utilisent pas. Du point de vue de la syntaxe, de l'orthographe et du soin apporté, les écrits individuels en sciences souffrent de la comparaison avec les écrits en français. Ce constat est confirmé par les collègues du second degré.

Trois leviers essentiels pour faire évoluer la posture pédagogique du maître

La formation

Accentuer l'effort sur la formation initiale et surtout continue en faisant particulièrement apparaître deux points clés.

  • La faisabilité par tous : il est nécessaire de rassurer les enseignants n'ayant pas de formation scientifique poussée car les contenus restent modestes à l'école.
  • La démarche pédagogique : elle est un élément clé de la compétence professionnelle des maîtres. On évitera les structures spécialisées " sciences " proposant des prestations de substitution (à ne pas confondre avec les centres de ressources départementaux qui relèvent du domaine de l'accompagnement). 

L'accompagnement

  • Garantir la cohérence entre l'ensemble des actions entreprises et la formation mise en œuvre par l'IUFM.
  • Les structures d'accompagnement (centres de ressources départementaux, réseaux de prêt de matériel...) qui sont en cours de développement, se doteront peu à peu de moyens de fonctionnement adaptés à leurs missions.
  • La cohérence inter-niveaux doit être recherchée à l'intérieur du cycle d'enseignement et dans l'école mais également entre l'école et le collège.

L'accès aux ressources

Favoriser une culture de réseau grâce aux TIC au service de l'enseignement (préparation de la classe, documentation, communication entre enseignants, mutualisation des ressources, production multimédia).

Inventaire et mise à disposition des ressources

C'est tout d'abord le constat d'une extrême diversité des situations et des solutions retenues qui a été fait lors des différents ateliers. D'une manière générale, les ressources existent, assez diversifiées, mais elles ne sont pas toujours connues et il est fréquemment difficile d'y accéder. On pourra se référer, notamment, au site de l'INRP, La main à la pâte, au site de la direction de l'enseignement scolaire, ÉduSCOL, au site du CNDP, aux sites départementaux et d'écoles, aux sites spécialisés, enfin. Quelques réflexions ont dominé.

Une tendance consumériste

Fournir des ressources paraît nécessaire, notamment lorsque les maîtres s'engagent dans la rénovation, mais cela peut générer des tendances face auxquelles il convient de se montrer vigilants. Il ne faudrait pas, en effet que l'utilisation rapide d'outils clefs en mains aille confisquer la réflexion pédagogique des maîtres.

Une spécificité rurale

En matière de ressources, on note une spécificité des zones rurales, où durée et coût des déplacements vers les lieux ressources sont accrus, ce qui nécessite des solutions particulières pour le prêt de matériel, la circulation de l'information et l'accès aux équipements.

Exploiter l'existant

Les premières ressources à exploiter sont celles qui existent déjà, tant sur le plan matériel que sur le plan humain :

  • utilisation des compétences des enseignants ;
  • mutualisation du matériel des écoles voisines ;
  • mutualisation des travaux ;
  • emprunt du matériel du collège de secteur ou de l'IUFM ;
  • documentation mise à disposition par le CDDP ;
  • observation et exploitation de l'environnement proche par des sorties autour de l'école, par des visites de lieux de culture scientifique.

Ce premier type de ressources est unanimement reconnu comme devant être exploité en priorité. Pour ce faire, il est nécessaire d'en dresser l'inventaire et d'en organiser la mutualisation. Certaines circonscriptions ont développé des maillages d'école, où chacun apporte son expérience, ses idées, son matériel. Ces groupes d'écoles reposent parfois sur un enseignant ressource.

Développer et accompagner

La première nécessité est de fournir un minimum de matériel aux enseignants, soit un matériel conçu lors de stages ou d'animations pédagogiques soit un matériel " labellisé " et/ou du commerce. Cette question de l'équipement fait naître plusieurs remarques :

  • il est indispensable de proposer de la documentation pédagogique avec tout ensemble matériel ;
  • il paraît souhaitable de prévoir un accompagnement humain pour guider les maîtres dans la démarche et pour les aider à utiliser le matériel.

Ce matériel peut être proposé sous forme de " mallettes " ou de " valises " thématiques complètes, avec fiches de connaissances et fiches de travail. Il peut également être proposé " à la carte " et chaque enseignant constitue ses valises en fonction de ses besoins. Les participants à l'atelier ont repéré quelques pratiques :

  • la mise à contribution d'écoles, le prêt de matériel étant lié à l'obligation de fournir un compte-rendu de son utilisation ;
  • le recours à une EMALA, lorsqu'elle existe (équipe mobile d'animation et de liaison académique, implantée dans des secteurs d'habitat dispersé et de montagne) ;
  • la création de salles de ressources, de " coins techno ", de salles où les enseignants vont emprunter le matériel dont ils ont besoin.

Les invariants d'une politique de mise à disposition de ressources

Non exhaustif, le tableau qui suit tente de regrouper les invariants d'une politique de mise à disposition de ressources au niveau d'une académie, d'un département ou d'une circonscription.

Inventaire des ressources

Mise à disposition des ressources

Exploitation des ressources



Constantes du plan départemental
et /ou de la circonscription

Inventaires locaux de l'existant en vue de :

  • recenser les ressources
  • les expertiser
  • les mettre à jour
  • les actualiser par rapport au PRESTE
  • constituer des annuaires

Lieux ressources dus à l'initiative des classes, des écoles, d'un projet (école, ZEP....)

Salles ressources

  • dans les écoles (par rapport au projet d'école)
  • en un lieu spécifique :
    circonscription CRDP / CDDP / CLDP
    Espaces sciences en IUFM
    Véhicule itinérant

Mallettes

Exposition thématique avec ou sans implication d'associations

Centres de ressources

Exposciences et / ou échanges entre classes et écoles proches

Mutualisation des pratiques

Valorisation des expérimentations

Travail partenarial (IUFM, CNDP / CRDP / CNDP, INRP...)

Suivi des projets existants

Validation des productions : selon la diffusion envisagée, la validation est du ressort naturel de l'IEN (diffusion en circonscription), du groupe de pilotage départemental ou du groupe de suivi académique.

Importance de l'investissement du groupe départemental




Repérage des leviers

Formation initiale et continue : articulation

Inspections en sciences et technologie

Se servir des projets existants

Projets innovants à accompagner, développer en vue de formalisation

Jumelage classes + PE en formation initiale

Classes scientifiques

Co-animation dans les classes avec les personnes ressources

Groupe de pilotage

Antenne formation continue

Valorisation des réussites

Formation initiale,

Formation des personnes ressources (recenser, diffuser, développer, mettre en réseau les acquis),

Formation continue IUFM, animation pédagogique

Travail avec les centres de ressources de proximité (Cité des sciences, universités, ONF, observatoire, INRA, grandes écoles...)



Repérage des obstacles

Le temps d'appropriation avant la mise en œuvre concrète dans les classes

Le temps de mise en œuvre en classe

La difficulté à changer ses pratiques

Les projets : leviers et obstacles (risque de reproduction sans partir des savoirs des élèves)

Consumérisme (fiches, kits...)

Importance du choix raisonné du matériel (qualitatif et non quantitatif)

Circulation du matériel, prêt, accessibilité de celui-ci dans les zones de dispersion ou d'accès difficile (éloignement, durée)

Information, communication

Coût des déplacements

" Bricolage " : recherche de solution de substitution pour permettre aux enseignants désireux de s'engager de pouvoir le faire sans attendre

Équipement matériel disparate (à augmenter progressivement et de manière cohérente)

Équipement informatique qui n'est pas encore systématique (accès internet)

Comment faire "vivre " le matériel ? ou comment passer du faire et de l'agir au concept ?

Le plan d'action départemental

Au cours des trois séminaires, dans les différents ateliers l'importance du pilotage a été régulièrement jugée capitale. Au dire de l'ensemble des participants, ce pilotage garantit la mise en place de ressources adéquates dans les lieux qui le nécessitent, en même temps qu'il contribue à la mobilisation de l'ensemble des acteurs. En cela, il détermine dans une large mesure la réussite de toute disposition pédagogique, dont la rénovation de l'enseignement des sciences.

On a fréquemment fait valoir que les dispositifs départementaux mis en place ont en général pour buts communs de :

  • gérer les politiques d'achats de façon cohérente ;
  • planifier des actions de formation et d'accompagnement nécessaires pour redynamiser l'enseignement des sciences.

L'un des objectifs du pilotage est de dépasser les seuls aspects gestionnaires, pourtant importants, et de centrer la problématique, autant qu'il est possible, sur les objectifs d'apprentissage plutôt que seulement sur les moyens.

Une cohérence nécessaire

Le groupe de pilotage départemental paraît à même de réguler, d'impulser et de mettre en œuvre une politique de développement durable et cohérente. À ce niveau, il est possible de mettre en place un plan d'action respectueux des enjeux du PRESTE.

Former en priorité les " accompagnateurs " et les formateurs.

Les conseillers pédagogiques, les IEN, les maîtres ressources, les PIUFM doivent travailler ensemble pour mettre en place des actions complémentaires et cohérentes. Dans certains départements, ce travail a commencé autour de l'utilisation ou de la réalisation d'outils pour la formation ou pour l'accompagnement.

Former et accompagner de manière pragmatique, sans oublier les enjeux.

L'utilisation, la conception et l'analyse des outils font un volet important qui permet aussi de faire évoluer les conceptions pédagogiques. L'aspect matériel est un volet indispensable qui peut néanmoins générer certaines dérives. En effet, les outils développés peuvent laisser supposer que c'est l'activité qui prime (sorte d'instrumentalisation).

Identifier les zones de fragilité et les points forts à travers les inspections.

Toujours dans un souci de cohérence, c'est un autre levier dont dispose l'IEN que de pouvoir pointer à travers les traces écrites et les travaux des élèves les points forts, les points faibles et d'aider à la mise en cohérence (programmation des enseignements dans le cycle et intercycles...)

Former et accompagner : entre spécialisation et polyvalence.

À l'école primaire, l'enseignement des sciences n'est pas un enseignement de spécialiste. Ce postulat pose le problème du statut des maîtres ressources, parfois perçus comme des spécialistes. De ce fait, les conseillers pédagogiques pourraient se sentir moins engagés dans ce domaine. Pour éviter cette dérive, certains départements ont choisi de contractualiser les missions des maîtres ressources sur une durée déterminée. Autre solution : le ou les maîtres ressources préparent leurs travaux avec les conseillers pédagogiques. Enfin, dans d'autres circonstances, les maîtres ressources apportent une aide à la mise en place de situations de sciences en recherchant avec l'enseignant une voie pour privilégier d'autres apprentissages...

Mettre en relation les groupes de pilotage.

Il existe différents groupes de pilotage : BCD, maîtrise des langages, TIC. Il est nécessaire de mettre de la cohérence entre ces différents pilotages en repérant les complémentarités et les axes communs qui les traversent (voir à ce sujet la partie précédente : " les ateliers centrés sur la mise en œuvre pédagogique "). La politique scolaire départementale ne saurait se limiter à la juxtaposition d'actions disjointes.

Favoriser les échanges et le travail en réseaux.

La formation, initiale, ou continue sous forme de stages, est usuelle dans le 1er degré. Dans le cadre du PRESTE, il est possible d'envisager d'autres formes d'accompagnement :

  • l'action des maîtres ressources ;
  • le recours à un centre de ressources ;
  • le travail en réseau ; le centre de ressources peut notamment conduire un travail en réseau au moyen des TIC pour multiplier les échanges au plus près du terrain et donc mieux prendre en compte les situations locales dans leur complexité ;
  • le maillage départemental : pour organiser un accompagnement au plus près du terrain, il est possible de cibler des zones ou unités. L'un des avantages est d'apporter des réponses groupées plus efficaces que les réponses au coup par coup. Ces zones ou réseaux d'écoles peuvent ensuite devenir des pôles actifs capables de relayer en relative autonomie certains aspects de la politique scolaire. Les différentes unités envisageables : l'école, première unité de pilotage ; les REP ; les secteurs de collège ; les bassins d'écoles ; les EMALA (équipes mobiles d'animation et de liaison académique) ou RRE (réseaux ruraux d'éducation)...

Actes des séminaires interacadémiques - L'enseignement des sciences et de la technologie à l'école

Mis à jour le 15 avril 2011
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