Séminaire « L'internat : Pour qui ? Pour quoi ? »

Réflexions sur les conséquences du plan de relance de l'internat éducatif sur un cahier des charges académique de la formation

 

Contribution de Charles Moracchini, inspecteur d'académie, académie de Clermont-Ferrand

 

Référence : Circulaire DESCO B5 N°2000 - 12 du 31/07/2000

Problématique nationale

La circulaire de " relance " de l'internat scolaire public se propose d'entendre, voire de susciter, une nouvelle demande sociale : la poursuite d'une scolarité en internat dès le niveau du collège.

L'ambition de l'internat scolaire est de dépasser la traditionnelle offre du gîte et du couvert, comme pourrait le proposer n'importe quelle structure d'hébergement. Il s'agit dorénavant de s'intéresser à la dimension spécifiquement éducative de la scolarité " en résidence " ; une dimension constitutive d'un axe fort du projet d'établissement.

À ce jour, dans un peu plus d'un quart des départements, et notamment en Ile-de-France, plus aucun collège n'est en mesure de proposer des places en internat. Dans les collèges publics, la moyenne nationale de fréquentation est de 0, 5%.

Problématique académique

La problématique de l'internat scolaire dans l'académie de Clermont-Ferrand est quant à elle très spécifique. En effet, les capacités d'accueil, notamment en zone rurale, sont très excédentaires aux demandes des familles. L'exemple des collèges du Puy-de-Dôme, est représentatif de cette situation : 1240 places sont offertes pour une demande effective de 276 internes ; au total, le tiers des 60 collèges de ce département est équipé d'un internat.

Collèges (*)

Puy-de-Dôme

Allier

Cantal

Haute-Loire

Total
Académie

Capacité d'accueil

1240

144

800

621

2805

Occupation en juin 2000

276

97

206

260

839

Places vacantes

964

47

594

361

1966

% occupation

22.3

67.4

25.8

41.8

29.9

(*) comptage uniquement des collèges, données 2000/2001

Avec, comme le montre le tableau ci-dessus, des taux d'occupation n'atteignant, en moyenne, que le tiers de la capacité d'accueil des collèges, ce plan est pour l'académie de Clermont-Ferrand l'occasion de nourrir une réflexion de fond, plus qualitative que quantitative. La relance de l'internat scolaire est ici une opportunité majeure afin de valoriser les expériences réussies et proposer des partenariats et des mutualisations exemplaires. On s'attachera notamment, dans le cadre du projet académique, à mettre en exergue toutes les initiatives qui tendent à rompre l'isolement : isolement, certes, des structures, mais aussi des procédures pédagogiques et éducatives qui, traditionnellement, sont trop souvent tentées de s'ignorer.

Au vu de tels ratios d'occupation, cette démarche qualitative consiste également à veiller à ce que certains très petits établissements ruraux, toujours menacés de perdre leurs effectifs, n'interprètent pas l'impulsion données par ce plan de "relance" pour maintenir en l'état, voire rouvrir, de simples structures d'hébergement, sans autre projet pédagogique, éducatif, ou de mutualisation.

Les enjeux du plan de relance de l'internat

Les principes et les lignes directrices

À l'échelle académique, il est certainement nécessaire de se doter d'une sorte de référent commun de la qualité attendue éducative et pédagogique de l'internat scolaire ; un référent établi sur la base de quelques principes indiscutables, en sus de la simple considération des aspects extérieurs et matériels des structures (aspects qui ne sont pas à négliger, sans toutefois être premiers).

S'agissant de partager ce référent, on s'attachera dès lors à envisager la formation initiale et continue sous ses aspects intercatégoriels.

L'objectif principal d'un cahier des charges académique de la formation, dans le cadre du plan de relance, est de rendre les personnels mobilisés autour de la nouvelle donne de l'internat scolaire en mesure, chacun à son niveau, d'être capables de participer à un processus collectif de rupture de l'isolement géographique et social des structures, ainsi que de rupture de l'isolement entre les grands domaines pédagogiques et éducatifs.

Alors seulement, les acteurs seront capables de veiller à la cohérence d'ensemble de leurs missions et de leurs rôles dans le cadre d'un projet d'accueil de qualité. Mais surtout, ils seront en mesure d'évaluer objectivement leur projet afin de garantir les conditions de la réussite de tous les élèves.

Avant de proposer les principes et lignes directrices d'un tel référent partagé pour l'action, on s'appuiera d'abord sur une typologie des besoins dans le cadre d'un diagnostic académique, seul gage d'une bonne adaptation des réponses pédagogiques et éducatives.

Typologie des besoins

Au regard des besoins identifiés de l'académie, trois grands types de structures d'accueil sont actuellement identifiées :

  • un hébergement de proximité correspondant à un besoin géographique et climatique. Il s'agit là d'une demande des plus classiques en zone de moyenne montagne ;
  • un hébergement de soutien scolaire et d'accompagnement éducatif ; ces demandes formulées actuellement par toutes les catégories sociales visent à rechercher une réponse momentanée, ou sur un moyen terme, à des difficultés ou des attentes d'ordres cognitives, affectives, économiques, médicales ou autres ;
  • un hébergement d'élèves déplacés institutionnellement de leur établissement d'origine pour les troubles qu'ils y provoquent. Une graduation est observable dans ce type de prise en charge, allant de l'intégration sur contrat, d'un seul élève et pour un court laps de temps, à la pérennisation de structures pratiquement entièrement consacrées à ce type d'accueil (cf. par exemple le collège du Mayet de Montagne, dans la montagne bourbonnaise, classé ZEP).

Principes régulateurs

En réponse à ces besoins identifiés, la question de l'internat ne peut être traitée avec pertinence qu'en se posant les questions suivantes dans le cadre d'une ligne directrice académique de recherche constante de l'amélioration de la qualité des services rendus :

-la question de l'attractivité : l'internat ne peut être considéré aujourd'hui comme un simple mode d'hébergement. De l'école primaire au lycée, il doit être porteur d'une ambition éducative et scolaire (études encadrées, soutien scolaire, activités culturelles et sportives, etc…) ;

  • la question de la pertinence éducative : ce mode d'encadrement apporte une valeur ajoutée à la dimension pédagogique, dès lors que les équipes pédagogiques partagent des objectifs communs dans un environnement ouvert sur l'extérieur (TICE, EMALA, CDI en réseau, partenariats locaux, etc...) ;
  • la question du cadre de vie : l'internat actuel se doit d'être moderne, confortable, sécurisé et fonctionnel, (locaux et mobiliers neufs ou rénovés, espaces de détente et de travail adaptés, sanitaires individualisés). L'attractivité de l'internat passe en outre par une offre de chambres de deux ou trois lits maximum, voire, en lycée, de chambres individuelles.

-la question de la masse critique et de la mutualisation : l'aire d'attractivité d'un internat ne peut plus se voir restreinte à un seul établissement, surtout s'il n'a qu'une centaine d'élèves, sous peine de ne pas offrir un environnement éducatif suffisamment riche. Il convient en outre de mutualiser des ressources locales afin de dresser une palette conséquente de possibilités d'animation aisément disponibles (équipements culturels et sportifs, Contrats Éducatifs Locaux, etc...).

-la question de l'alternance et du contrat : l'internat doit se concevoir d'une nouvelle manière, comme une structure souple qui permet d'aller au-delà de solutions uniformes. On songera notamment à proposer dans une zone définie :

  • d'introduire de la souplesse dans le temps de fréquentation : hébergement uniquement en période hivernale notamment dans les zones rurales de moyenne montagne, modulation du nombre de nuitées par semaine, ouverture ponctuelle au premier degré, etc. ;
  • de " recadrer éducativement " un élève, en lui permettant notamment de dépasser une période difficile du point de vue scolaire ou familial ;
  • de prévenir les " décrochages scolaires " par des structures d'aides et de soutien rapprochées ainsi que des stages de récupération ;
  • de susciter une animation hors temps scolaire : école ouverte, centres éducatifs d'hébergement, etc.

Ces nouvelles manières d'impulser, ou d'évaluer, un projet d'internat scolaire sont toutes interdépendantes. Autrement dit, aucun axe ne doit être sacrifié. Cette vision partagée devrait ainsi permette de retrouver des objectifs communs en termes d'aménagement du territoire, de partenariat ou de projet de zone, au service de la réussite de tous les élèves.

Illustration et rapport d'expériences : quel internat en milieu rural défavorisé aujourd'hui ?

Exemple du collège Alexandre Vialatte de Saint-Amant-Roche Savine (Puy-de-Dôme, académie de Clermont-Ferrand)

L'évolution positive de la représentation de l'internat scolaire dans la société exige de remplir un certain nombre d'exigences nouvelles qui aideront les usagers à se départir de leurs anciennes représentations du " pensionnat ", et ce, au profit d'une structure complexe, " à la carte ", articulée autour des véritables besoins des élèves et de leurs familles.

Il faut dire que le mot même d'" internat" est à lui seul un mot-piège : chacun, faisant appel à ses souvenirs, s'en est forgé une représentation plus ou moins nostalgique et passéiste qui oscille, tantôt entre l'image d'un âge d'or à jamais révolu, et tantôt l'image de lugubres dortoirs, synonymes de punition, de surveillance tatillonne, d'ennui.

Prenant du recul avec toutes ces images, se positionnant au centre d'une vision systémique d'une offre éducative différenciée, attentive à la réussite et aux conditions de vie de chaque élève, l'internat scolaire est aujourd'hui un excellent révélateur des enjeux de modernisation du service public d'éducation.

C'est d'ailleurs parce qu'il est soumis à des contraintes supplémentaires de fonctionnement que le service public d'éducation en zones rurales et montagnardes dévitalisées est appelé à devenir le fer de lance d'une pédagogie innovante de l'internat scolaire. En cela, il se situe dans la même dynamique que les grands mouvements de rénovation pédagogique du XX ème siècle qui ont su apporter des solutions nouvelles en croisant des observations de bon sens et en privilégiant le respect de tous les aspects de la vie de l'élève, que ce soit sa vie affective, sociale, intellectuelle ou citoyenne.

C'est en cette qualité de laboratoire organisationnel de l'internat du " second type " que nous évoquerons l'exemple du collège Alexandre Vialatte de Saint-Amant-Roche-Savine.

Un internat scolaire de deuxième génération : le collège " Alexandre Vialatte " de Saint-Amant-Roche-Savine

Cet établissement et son projet global d'accueil des élèves à l'internat s'intègre parfaitement dans les attendus du plan de relance de l'académie de Clermont-Ferrand et du schéma départemental de l'éducation du Puy-de-Dôme. Il s'est attaché depuis plusieurs années, et par des moyens variés, à endiguer le déficit d'image dont souffrent traditionnellement les structures d'hébergement des très petits collèges (souvent moins de 100 élèves) en milieu rural profond, et ce, notamment eu égard à leur redoutable concurrent : le ramassage scolaire.

Emblématique du plan de relance dans l'académie, cet établissement mène ainsi de front trois chantiers :

  • celui de la réhabilitation de ses structures d'accueil, dans le cadre d'un programme spécifique mené avec le Conseil Général ;
  • celui de la valeur ajoutée pédagogique, grâce à la mutualisation des structures et l'élaboration de projets éducatifs partagés. On se situe ici au cœur d'une démarche de rupture de l'isolement (tant des structures que des procédures pédagogiques et éducatives) engagée par l'académie de Clermont-Ferrand ;
  • celui de la valeur ajoutée propre à l'internat scolaire lui-même, dans le cadre d'une élaboration progressive et réfléchie d'un projet global spécifique de prise en charge de la vie culturelle, de loisir, citoyenne, affective et cognitive ; un projet fédéré dans la durée par le chef d'établissement, qui est à la source d'une véritable culture locale de l'internat éducatif.

Ce petit collège de moyenne montagne, sis à 960 mètres d'altitude, dans le Livradois-Forez, scolarise 91 élèves, dont 35 internes (chiffres 2000-2001). Ses effectifs sont remarquablement stables (84 élèves, dont 36 internes en 1989-1990). Deux tiers des élèves proviennent de l'agglomération clermontoise.

On le voit, la problématique de l'établissement, et notamment du projet global de prise en charge de l'hétérogénéité des élèves, provient de ce challenge : scolariser dans les meilleurs conditions les élèves d'un canton montagnard isolé, tout en accueillant des élèves internes d'origine urbaine dont les difficultés sont extrêmement variées, et ce, sans jamais prendre le risque de faire basculer l'ensemble vers une concentration des handicaps sociaux (à ce titre, et c'est absolument essentiel pour l'éthique du projet d'accueil, ce sont des élèves de tous milieux qui peuvent être scolarisés en internat à Saint-Amant).

Pour atteindre cet objectif, cette recherche d'un équilibre des ressources éducatives et des besoins en constante évolution des élèves, des mesures d'accompagnement structurantes sont mises en place, évaluées et améliorées chaque année. On citera notamment les dispositifs complexes :

  • d'acquisition de l'autonomie, par une gestion et un entraînement spécifique des efforts personnels, sans aides extérieures, dans le cadre des études spécifiques aux conditions strictement définies d'exécution et de contrôle du travail personnel (l'équipe de la vie scolaire est composée de MI-SE, d'aides-éducateurs et d'un CPE intervenant dans le réseau rural d'éducation sur trois petits établissements) ;
  • de pilotage de l'aide aux devoirs par séquences de plusieurs jours, avec suivi individualisé, et interventions de soutien hors temps scolaire. Une implication forte des enseignants s'impose ici, notamment par une concertation accrue avec l'équipe de la vie scolaire ; la documentaliste intervient en outre très largement hors temps scolaire. Dans la continuité de cette dynamique du primat du travail en équipe, la diversification des méthodes d'enseignement et la modulation des rythmes d'apprentissages sont aussi une façon de rompre l'isolement des divisions uniques dans l'organisation pédagogique d'un très petit collège ;
  • d'aides aux élèves à s'intégrer dans un rapport au savoir plus fructueux et à gérer leurs problèmes par le choix d'un tuteur. Le rôle de soutien et de médiation de ce dernier a ici une forte dimension éducative et symbolique (tout personnel du collège peut être tuteur).

Remarques sur la valeur ajoutée fonctionnelle, pour l'ensemble de l'établissement, et du réseau, d'un tel internat scolaire du " second type "

Toutes ces mesures peuvent bénéficier à des élèves externes ou demi-pensionnaires avec une application appropriée. Cette flexibilité des statuts scolaires des élèves est certainement à cultiver afin de rendre le service-internat aussi proche que possible des besoins recensés et arriver à terme à un internat " à la carte " pour une durée donnée en fonction d'un objectif éducatif ou pédagogique précisément défini à l'avance.

L'exigence de rapprochement des équipes éducatives et des équipes pédagogiques, initié chaque jour à l'internat, diffuse ses fruits à tous les niveaux de l'établissement. Une réunion mensuelle réunissant l'équipe de la vie scolaire et les équipes d'enseignants est organisée chaque mois. Elle a pour but de faire le point sur les suivis individualisés et de signaler clairement les problèmes rencontrés afin d'ajuster les dispositifs.

Le travail en équipe dans le cadre du réseau rural d'éducation constitué par trois collèges voisins (Cunlhat et Saint-Dier d'Auvergne) accentue encore les synergies et permet une entrée fonctionnelle dans les Tice par le sens des apprentissages et non seulement par les moyens (on retrouve d'ailleurs ici le combat de l'école rurale et de ses pédagogies actives à l'encontre du " scolastisme ").

L'émergence de nouvelles fonctions éducatives et pédagogiques à l'interface de la formation initiale et de la formation continue : l'exemple de la coordination éducative. Chargée de développer les relations du collège avec le monde économique, notamment par des jumelages établissement-entreprise, une intervenante " coordonnatrice éducative ", formée à l'individualisation en formation, assure plus particulièrement l'organisation et le suivi de l'aide aux devoirs des internes tout en prenant elle-même en charge un groupe d'élèves.

La journée type d'un interne

  • La première étude de 17h30 à 18h45 : elle est obligatoire et silencieuse. 12 élèves en moyenne se retrouvent auprès d'un maître d'internat. La liste des devoirs est notée au tableau d'après le cahier de texte de la classe.
  • La deuxième étude de 19h45 à 20h45 : les devoirs sont vérifiés par le MI. Les enfants qui ont terminé vont lire au Cdi (lecture loisir) pendant que les élèves en difficulté sont aidés.
  • Appui ponctuel : chaque soir, les deux aides-éducateurs assurent aux mêmes heures que les études classiques une étude plus personnalisée (3 ou 4 élèves par groupe). Compte tenu de l'effectif, chaque interne peut donc bénéficier, une semaine par mois, de cet appui scolaire individualisé, où des échanges sur les difficultés rencontrées sont enrichis par des interactions entre pairs.
  • Appui et remédiation : aux mêmes plages horaires, l'enseignante-documentaliste et la " coordonnatrice éducative " prennent en charge un groupe de 3 ou 4 élèves pour une durée variable de une semaine à un trimestre. Ces élèves sont suivis en fonction de leurs problématiques comportementales, scolaires, sociales, affectives, culturelles, cognitives, ou autres. La relation de confiance établie est à l'origine d'une meilleure insertion du jeune dans l'établissement et du rétablissement d'une meilleure estime de soi.
  • Soutien enseignant : des enseignants sont amenés à assurer des heures de soutien pour les élèves volontaires. Un professeur des écoles spécialisé vient en renfort pour des enfants en très grande difficulté scolaire dans le cadre de la " Segpa éclatée " du réseau des collèges du Livradois-Forez.
  • Tutorat : chaque élève interne disposant en propre d'un tuteur (ainsi que les demi-pensionnaires volontaires), il lui est possible de le rencontrer sur cette plage horaire.
  • Pédagogie des loisirs et projets culturels : toutes les trois semaines, séance de cinéma ; temps libre disponible pour les enfants de plus de 15 ans, deux fois par semaine de 17h à 17h30 ; télévision ou vidéo possible un soir par semaine ; accès au CDI certains soirs jusqu'à 21h30 ; activités de clubs (informatique, échecs, théâtre, judo, Unss, et en partenariat avec les communes du canton : hip-hop, arts plastiques, spectacles, etc.)
  • Un lieu pédagogique à part entière : au cœur du projet global d'accueil de l'élève, on trouve un équipement particulièrement performant : un CDI/médiathèque ouvert sur l'extérieur. De fait, cette médiathèque à l'architecture très chaleureuse, de type scandinave, incluse dans le collège et largement ouverte sur la vie locale, regroupe et mutualise trois fonds : celui de la BCD de l'école primaire, celui du CDI, et celui de la bibliothèque communale. Ce centre de ressources, à disposition des habitants de quinze communes, élaboré en interministérialité et avec des partenariats croisés, se voit enrichi d'un point-services (avec prestations et intervenants complémentaires), d'une salle multimédia (avec sept postes informatiques communiquants), d'une salle de réunion (équipée pour la visioconférence). Cet équipement performant, aux espaces particulièrement conviviaux, de par son ouverture aux usagers de la communauté de communes, a en outre l'avantage d'être un espace de vie citoyenne pour les élèves en résidence, et par conséquent de rompre ici encore… l'isolement.

L'internat du second type et quelques unes de ses conséquences à long terme, notamment sur l'évolution de la professionnalisation et de la formation

Le nouvel internat scolaire du second type, de par sa dynamique forte de mutualisation, de fédération des énergies, et de mise en réseau des moyens disponibles, permet de contribuer à l'aménagement durable du territoire éducatif. Cette optimisation des ressources, des moyens et des projets, permet un enrichissement des activités offertes aux élèves, et, par conséquent, un renforcement de la cohérence des grands objectifs pédagogiques et éducatifs.

De par ses exigences d'une vue globale de l'offre éducative, l'internat du second type place chaque intervenant, des Atoss - du cuisinier (dont le rôle est suréminent dans une collectivité soucieuse de qualité de vie) - , aux équipes pédagogiques et éducatives, jusqu'au chef d'établissement, dans une posture plus exigeante intellectuellement. S'agissant de penser l'action quotidienne dans ses interactions complexes, personne ne peut plus se limiter à l'exercice de son métier traditionnel. Il s'agit désormais d'exercer des missions dans le cadre d'une mise en synergie, d'une exigence d'intercatégorialité, et de vision stratégique de chacun des intervenants. Bref, on le voit, changer l'internat, c'est forcément rompre l'isolement des structures et des procédures, autrement dit, c'est rétroagir sur l'ensemble du système et de ses cloisonnements.

In fine, ce que nous montre cet exemple, c'est que l'internat scolaire est en constante recherche d'une :

  • valeur ajoutée éducative : en cherchant en permanence à développer chez tous les élèves une prise conscience réflexive de soi (par le travail sur l'autonomie et sur les comportements, compétences, attitudes, inducteurs de respect de soi), une prise de conscience de l'autre (par le travail sur la cohésion sociale des groupes et le respect des règles), et une prise de conscience de l'exigence civique d'universalité (par l'exigence d'ouvertures culturelles et citoyennes) ;
  • valeur ajoutée pédagogique : en cherchant à développer et enrichir différents modes d'apprentissages (TICE, classes à PAC, sports-études, etc.), le soutien, la méthodologie, le renforcement différencié des connaissances, le croisement disciplinaire, le travail sur le sens des apprentissages et le rapport aux savoirs par un aller et retour entre pédagogie des loisirs et loisirs de la pédagogie (le détour) ;

Seule restriction : il reste certainement encore à se pencher, dans le cadre d'un projet local d'internat du second type, sur la recherche de nouveaux critères d'évaluation. Des critères plus qualitatifs et plus dynamisants qui prendraient en compte l'étayage psycho-affectif réalisé sur un temps souvent très court. Que seraient devenus en effet nombre d'élèves " remis au vert ", s'ils n'avaient pu bénéficier à temps de cet environnement compréhensif de leurs difficultés propres ?

À ce stade de la réflexion, les indicateurs de type " réussite aux examens " ou même de taux d'orientation ne sont pas entièrement satisfaisants, car ils ne sauraient intégrer statistiquement, surtout sur d'aussi petits nombres, ni la complexité du travail effectué, ni l'ampleur des progrès réalisés.

À ce stade d'une réflexion sur l'évaluation de l'internat du second type, le chantier reste ouvert… Nul doute qu'ici aussi, les acquis de la réflexion apportés par le plan de relance viendront irriguer l'ensemble de la réflexion éducative et pédagogique.

Présentation du réseau académique et départemental

Dans chaque académie, selon les termes de la circulaire, un responsable du développement des internats est désigné. Autour de Charles Moracchini, IA-IPR Établissements et Vie Scolaire, on trouve associés :

Philippe Skowron Ingénieur régional, Chef du service des constructions et Marie Line Mignon, Proviseur de la Vie Scolaire.

Un réseau de correspondants départementaux a en outre été installé. Il est constitué, pour l'année 2000/2001, de :

Puy de Dôme : Martine Barry, chef du service de l'action éducatrice et des élèves, inspection Académique 63 ;

Allier : Christiane Terrasse, chargée de mission, inspection académique 03 ;

Cantal : Patrick Warnier, principal du collège de Pierrefort et IEN-IIO 15 ;

Haute-Loire : Guy Leclercq, principal du collège de Saugues, Denis Ruiz, IEN-IIO- inspection académique 43.



Actes du séminaire national "L'internat : Pour qui ? Pour quoi ? " - Paris 24 et 25 octobre 2001

Mis à jour le 15 avril 2011
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