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Confrontation Kiefer-Rodin au Musée Rodin

Ce Rodin précurseur est au cœur de l’événement phare du cette célébration: Rodin, l’exposition du centenaire, présentée aux Galeries nationales du Grand Palais. Rodin, après avoir excellé dans la pratique de la sculpture traditionnelle a revisité toutes les facettes de cet art du volume et de la lumière : de L’Âge d’Airain (1880) au Monument à Balzac (1898), il a changé le cours de la sculpture de manière novatrice, explorant les passions humaines, utilisant le langage du corps, pratiquant des assemblages inattendus (Masque de Camille Claudel avec la main gauche de Pierre de Wissant), rompant avec l’unité du corps dans les figures partielles (L’Homme qui marche). Ses dessins découpés et collés précèdent la pratique de Matisse et Picasso, son rapport à la photographie annonce celles de Brancusi. À chaque phase déterminante de l’histoire de la sculpture du xxe siècle, un Rodin différent a été mis en lumière. Ces mutations du regard contemporain, loin d’épuiser l’œuvre de l’artiste, ont permis à chaque époque un enrichissement de sa compréhension. Aussi peut-on voir chez des artistes comme Giacometti, Richier, César, Fontana, De Kooning, Baselitz, Lupertz ou Gormley, des échos souvent revendiqués, de ce grand artiste.

En prolongement de cette exposition, le musée Rodin affirme plus que jamais sa programmation en lien avec des artistes contemporains et donne carte blanche à l’artiste Anselm Kiefer. L’exposition témoigne de la rencontre singulière de ces deux démiurges, avides d’expérimentations. En écho a cette présentation, le parcours du musée est modifié afin d’exposer pour la première fois des œuvres de Rodin totalement méconnues, témoignant des préoccupations communes aux deux artistes et de leurs combats esthétiques.

En effet, le rapprochement de ces deux artistes est à l’image de la naissance du projet : d’abord presque fortuit, dont la nature s’adapta naturellement à l’évolution de la création d’Anselm Kiefer. Pragmatiquement, comme on assiste à l’éclosion puis à la croissance d’une plante inconnue, nous avons vu apparaître des efflorescences, certaines branches se ramifiant, d’autres stoppant leur croissance, et avons ménagé l’espace autour d’elles.

Le sens n’apparaît qu’à postériori, ce qui du reste est bien conforme à la pratique des deux artistes. Et, bien qu’inattendu, il s’impose comme une évidence : Kiefer nous montre une nouvelle manière de regarder Rodin, et, de le comprendre, et deux aspects sont particulièrement frappant.

Construire sur un terrain ruiné, construire dans la nuit d’un temps insécurisant, non pas en tentant d’imaginer le temps de demain, mais, ramassant les morceaux de celui d’hier et s’efforçant de les réintégrer dans une vision cohérente pour aujourd’hui, voilà d’une certaine manière ce que Rodin cherche dans sa Porte de l’Enfer, et voilà bien une dimension fondamentale pour Kiefer : « J’essaie de voir où je me situe dans l’infini, et je tente de représenter ce qui se trouve autour de moi ». La notion de la vie et de l’art comme un continuum infini est en effet au cœur de la pratique de Kiefer, et la notion de flux appartient à son vocabulaire comme à son processus : « La réalisation d’un tableau est un va-et-vient constant entre le rien et le quelque chose. Une alternance incessante d’un état à l’autre. Rodin, lui, prend, coupe,assemble, retourne et multiplie les mêmes figures. Et fonde cette manière dans une réplique extraordinaire : « Et les cathédrales, est-ce qu’elles sont finies ? »

Télécharger le dossier de presse de l'exposition

Publié le 17.03.2017

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