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"Apprendre a regarder des œuvres d’art : quels enseignements pour aider tous les élèves à se repérer dans le visible et s’inscrire dans la culture ? ", conférence de Caroline Archat Tatah

Comment l'ecole primaire, le collège peuvent-ils favoriser le rencontre entre l'élève et l'oeuvre d'art ? C'est ce à quoi s'intéresse Caroline Archat Tatah, chercheure en sciences de l’éducation (CIRCEFT Paris 8) lors de la formation Art et Ecole organisée au Centre Alain Savary le 17-18 février 2014

Caroline Archat Tatah apporte des éléments de compréhension sur ce qui peut s’enseigner avec l’art à l’école, en s’appuyant sur la façon dont l’école maternelle, primaire, le collège et le lycée peuvent favoriser la rencontre entre des élèves et l’art. Elle pointe ce qu’il est peut-être nécessaire de questionner pour expérimenter des formes d’enseignement qui permettent à TOUS les élèves de se construire comme des êtres de culture.

Tout d’abord Caroline Archat Tatah s’interroge sur quelle idée de l’art pour l’école et de réfléchir à la façon dont l’école peut mettre en place dans les classes des situations d’observation pour questionner et comprendre l’art. L’école doit favoriser l’accès à l’art au moyen de la pratique, mais aussi par un travail d’ « acculturation », en mettant les élèves en présence d’œuvres représentatives de ce qui doit être enseigné notamment en zone d’éducation prioritaire. L’un des facteurs essentiel de cette acculturation est la distanciation qui consiste à détacher un objet de l’expérience ordinaire pour le constituer en objet pour l’étude. Cette transformation se fait au moyen du langage comme l’a montré Elisabeth Bautier (voir le compte rendu de la conférence de cette dernière lors de la formation piloter éducation prioritaire du Centre Alain Savary). Apprendre avec l’art, c’est enfin penser et agir dans des temporalités différentes. C’est passer d’une expérience à une autre, c’est accumuler des expériences différentes, varier les points de vue dans une temporalité  modulable. Les élèves scolarisés dans les territoires de l’éducation prioritaire, ou la plupart d’entre eux au moins, parviennent difficilement à agencer ces expériences artistiques, esthétiques avec leur histoire personnelle et sociale. Ils vivent plutôt la rupture entre l’univers social dans lequel ils grandissent et la culture scolaire que la continuité que connaissent les enfants des classes moyennes et aisées selon Caroline Archat Tatah. 

Quelles directions prendre concrètement s’interroge la chercheure. Il faut selon elle favoriser la rencontre avec les œuvres en commençant par observer pour apprendre à regarder. 

Il s’agit préserver l’interrogation qu’il y a dans le fait de voir, interrogation qui surgit facilement chez les plus jeunes (en maternelle) mais qui doit être consolidée dans les années qui suivent. Pour que les adolescents ne prennent pas ce qu’ils voient pour argent comptant, ou pour des vérités immuables, et pour que ces jeunes soient outillés face aux risques de la manipulation et du conformisme qui agit fortement sur le web.

Lire l'exposé de Caroline Archat Tatah

Consulter la bibliographie proposée par Caroline Archat Tatah

Publié le 03.03.2016

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