Éduscol

Travaux académiques mutualisés (TraAM)

Introduction

Il existe plusieurs types de classes inversées, d’après la typologie donnée par Marcel Lebrun (voir M. Lebrun, C. Gilson, C. Goffinet, Vers une typologie des classes inversées - PDF, environ 1,56 Mo).

Les TraAM de cette année ont placé les classes inversées dans une dynamique de pédagogies actives, dans lesquelles le numérique facilite l’autonomie des élèves. Pour être réussies, elles doivent s’accompagner d’une conception robuste des séquences pédagogiques, intégrant une réflexion sur le temps qui précède la classe, sur le temps pendant la classe, et sur le temps qui suit la classe, ainsi que l’articulation entre ces différents temps.

Les six académies participantes aux TraAM 2016-2017 – Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Créteil, Montpellier, Toulouse, Versailles –, ont travaillé de concert pour vous permettre de conduire votre première classe inversée dans les meilleures conditions possibles. Vous trouverez dans les fiches, déposées dans l’ÉDU’base SVT, des activités personnalisables pour les élèves en classe et hors la classe :

  • différentes sortes d’évaluation (autoévaluation, évaluation entre pairs dans la classe et hors la classe…) ;
  • des outils pour garder la trace de l’ensemble des étapes de construction des compétences (en particulier pour avoir un retour plus rapide), et pour concevoir des séances en classe inversée ;
  • des scénarios pour développer l’autonomie, favoriser l’intelligence collective de la classe ;
  • des exemples d’analyses de travaux d’élèves pour aider la remédiation et adapter sa pédagogie.

Présentation des TraAm académiques

Présentation de quelques scénarios

L’ensemble des fiches est à retrouver sur l’ÉDU’base SVT avec les mots-clés « TraAM » et/ou « classe inversée ».

Synthèse des TraAM 2016-2017

Les six académies sont unanimes : il y a un véritable apport pédagogique lors de l’utilisation de la classe inversée, que ce soit au niveau des élèves ou des enseignants. Cette réussite ne peut avoir lieu que si les bonnes conditions sont réunies et les écueils inhérents à cette pratique évités.

Les conditions nécessaires pour réussir ses classes inversées

Le réseau

Une classe inversée ne peut pas se dérouler si la connexion au réseau et aux ressources en ligne n’est pas de qualité dans l’établissement. De plus, il faut s’assurer que les élèves ont accès à ces ressources en dehors de la classe (CDI, salle informatique…).
La préparation en amont

La classe inversée nécessite un gros travail en amont pour être comprise et réussie par les élèves. Les objectifs et les attendus doivent être expliqués et rappelés au cours de l’année (notamment en termes de travail personnel). Les élèves doivent être préparés progressivement à l’utilisation des outils numériques (en particulier ceux utilisés à distance), dès le début de l’année. Les séquences doivent présenter une cohérence claire et explicite pour l’élève : planning, objectifs de savoirs, savoir-faire, savoir-être, réinvestissement visible et immédiat du travail à distance lors de la séance suivante, présentation des critères d’évaluation, réalisation d’un bilan de l’ensemble du plan de travail.

Une vérification systématique du travail avant les séquences

Une séquence de classe inversée doit être obligatoirement liée à un questionnement (type QCM) pour vérifier que le travail a été fait, voire compris, avant de démarrer l’activité. L’outil informatique permet de gérer facilement les productions et les résultats des élèves et donc une rétroaction.

Les outils numériques

Il s’agit de choisir des outils simples (en évitant les connexions avec mot de passe complexe). Il n’y a pas de logiciels ou d’applications idéales pour les classes inversées. Tout dépend des objectifs fixés, des habitudes de travail et des conditions techniques. Même si certains outils facilitent l’inversion (BRNE, EMI, ENT…), c’est la scénarisation pédagogique qui doit déterminer le choix des outils. Certains outils gratuits sont pratiques et performants, mais il est nécessaire, avant leur utilisation, de s’interroger sur le moissonnage, le lieu de stockage des données et leur pérennité. Ces outils doivent permettre une analyse du travail personnel de l’élève. Chaque académie travaille avec ses propres outils de travail collaboratif : le mur virtuel de Padlet…, ses propres plateformes supports : ENT ou Moodle et quiz en ligne (usage fréquent mais non systématique). Chaque fiche ÉDU’base SVT détaille les outils utilisés dans la présentation de l’activité.

Bilan : les succès de la classe inversée

Avantages pour le professeur

  • Une différenciation des apprentissages plus efficace.
  • Un temps plus important accordé à la maîtrise des langages (écrit et oral) : productions individuelles puis correction collective pour passer des savoirs provisoires aux savoirs structurés.
  • Une prise en compte plus rapide de l’efficience des pratiques et de leur remédiation.
  • Une meilleure relation entre les enseignants dans les équipes pédagogiques.
  • Une nouvelle forme de relations entre enseignants et élèves.
  • Pour le professeur : une visibilité du travail des élèves plus grande en amont de la séance, permettant une adaptation et/ou une différenciation du travail en classe.
  • Une augmentation possible du temps consacré à la remédiation, y compris par les pairs.
  • Avantages pour l’élève
  • Une mise en activité plus rapide des élèves lors des séances en classe et donc un gain de temps permettant une meilleure acquisition des compétences mobilisées.
  • Une amélioration du niveau des élèves dans les savoirs, les savoir-faire et les attitudes en classe.
  • Un lien plus clair entre technologies et apprentissages.
  • Une nouvelle forme de relations entre enseignants et élèves.
  • Une plus grande motivation et implication des élèves pendant la séance.
  • Une responsabilisation des élèves dans la répartition des tâches (travail coopératif et collaboratif).
  • Une amélioration de l’évaluation des élèves.

Les principales difficultés des classes inversées

  • L’aspect chronophage du travail de réflexion pédagogique en amont pour l’enseignant (équilibre à garder entre les différents temps : que donner hors la classe ? Sur quelle durée ? Quel niveau de difficulté ? Que réserver pour le temps de classe ? Comment organiser la synthèse ?).
  • La difficulté du choix des ressources pédagogiques, notamment si l’on crée ses propres ressources (vidéo…). Il est à noter que collaborer entre enseignants sur la conception des séquences réduit en partie ces deux premiers aspects négatifs.
  • La motivation des élèves pour le travail hors la classe est à susciter et à maintenir toute l’année. Cette envie peut être perdue par le manque d’habitude ou, au contraire, le recours systématique à ce mode de travail. C’est surtout la diversité des approches qui motive les élèves et, dans le cas présent, la classe inversée est une forme d’autant plus pertinente qui renforce l’éventail des possibles.
  • Cette forme de travail peut être un vecteur d’inégalités sociales en étant mal perçue par certains élèves (en décrochage ou très scolaires). Il faut donc vérifier systématiquement que le travail en dehors de la classe a été réalisé correctement et par l’élève uniquement. De plus, l’absence de travail personnel est plus facilement détectable grâce à la classe inversée. La mise en place d’un dispositif de remédiation est alors obligatoire.
  • La gestion des problèmes techniques des élèves peut s’avérer un frein pour travailler à distance et récupérer les travaux des élèves.