Éduscol
Accueil    Actualités  

Actualités

Évolution : de nos jours, les parasites exercent-ils toujours une pression de sélection ?

Le système immunitaire de l’humain a été façonné par les parasites au cours du temps. Aujourd’hui, les chercheurs s’intéressent au VIH et au paludisme.

L’interaction entre hôtes et parasites joue un rôle essentiel dans l’évolution. 8 % de notre génome actuel proviendrait par exemple de rétrovirus intégrés, et nos ancêtres ayant réussi à produire une descendance sont ceux qui ont pu résister ou tolérer une infection, transmettant ainsi un patrimoine génétique favorable.

Nos modes de vie actuels interrogent les chercheurs : sédentarisation et augmentation de la densité de population liée à l’urbanisation devraient nous soumettre à une pression de sélection par les parasites particulièrement forte aujourd’hui.

Le VIH, devenu pandémique dans les années 1960-1970, est un bon candidat pour étudier cette pression de sélection. Mais les résultats indiquent qu’aujourd’hui, si le système immunitaire de certains malades peut influencer l’évolution du virus, la pandémie n’a pas eu pour résultat de favoriser certaines combinaisons du complexe HLA qui conféreraient un avantage dans la résistance à l’infection.

Le paludisme, quant à lui, coévolue avec l’humain depuis des millénaires, et il est le seul pathogène à ce jour pour lequel cette pression de sélection est avérée. En effet, la persistance de maladies génétiques affectant les globules rouges, telle la drépanocytose, en est le témoin. Si cette maladie, qui a des conséquences tôt dans la vie, n’a pas disparu, c’est qu’elle confère finalement un avantage aux porteurs dans la résistance aux infections par le paludisme !

Dans cet article, les scientifiques évoquent aussi une évolution culturelle, propre à l’être humain, qui permet d’anticiper l’évolution génétique, comme en témoignent notamment les politiques publiques conçues pour lutter contre l’antibiorésistance. D’après eux, biologistes et scientifiques des sciences humaines et sociales doivent collaborer pour garder une avance sur l’évolution.


Autres actualités en lien :

Publié le 09.07.2018

Retour aux articles