Bilan TraAM - 2009-2010

Travail des élèves hors de la classe avec des TICE

 

SOMMAIRE

1 Apprentissage de la rédaction de synthèses

2 Activités après le cours

3 Exercices avant un cours

 

1 Exercices pour apprendre à faire des synthèses

Nadège Varin , Nathalie Dysli, François Debesson., Michel Coudroy et Didier Anselm

 

Le constat a été fait qu’il y a peu d’activités TICE sur les compétences des épreuves de l’examen (méthodologie de l’épreuve). Avec des exerciseurs, il est plus difficile de faire travailler l’élève sur des compétences plus complexes comme l’argumentation qui repose plus sur des réponses ouvertes que fermées. Cependant des activités variées ont été élaborées et testées:

Identifier le type de sujet ou de plan 

La présentation des types de sujets et l’étude de leur identification sont faites en classe. Un exercice du même type que celui proposé hors classe, peut être réalisé en cours. L’élève vérifie ensuite seul ses capacités à repérer les types de sujets.

La réalisation de l’activité par le professeur est relativement simple avec un exerciseur de type Hotpotatoes. On propose une série de sujets de type baccalauréat et on demande de classer ceux-ci en fonction des types vus en cours. On peut ajouter à la reconnaissance du type de sujets l'identification avec des plans possibles .

L’activité est attractive et peut se faire sur un temps court par les élèves. Les tests ont montré que les élèves appréciaient ce type d’exercices mais ils regrettaient parfois l’absence d’explication des erreurs. Toutefois ces explications doivent être simples et concises.

La limite intrinsèque à ce type d’exercice c’est l’illusion sur la capacité à comprendre le sujet alors que ce n’est pas l’objectif.

http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/article.php3?id_article=397

Voir fiche ‘testGrenobleDissertBordeaux.docx’ 

Ordonner des idées ou structurer des paragraphes

L’activité consiste à fournir aux élèves un fichier de diaporama avec des éléments dans le désordre à replacer dans un ordre cohérent par rapport au sujet à l’aide la trieuse du logiciel. Selon l’ordonnancement des séquences argumentatives, on peut faire constater que la réponse au sujet peut varier.

Le travail sur le sujet peut être fait en travaux dirigés au préalable.

Plusieurs variantes sont possibles :

Réordonner des paragraphes d’une dissertation, remettre dans l’ordre les documents par rapport au plan, mise en correspondance d’idées par rapport aux documents…

http://pedagogie.ac-amiens.fr/ses/exo_cours_td/aam_2008_2009/metodosynthese.html

Voir fiche ‘test_méthode_synthèse_amiens_par_orleans.docx’ 

Construire un plan détaillé dans un diaporama en fournissant la structure dans le fichier

On se sert ici d’un logiciel de présentation assisté par ordinateur ; on propose un sujet et son dossier documentaire, et un plan avec titres des parties et sous-parties (ce travail a été réalisé en amont en classe).

Chez lui l’élève doit présenter le détail de chaque sous-partie sous forme non-rédigée mais en mettant en lien les idées, les illustrations, les exemples, les arguments, l’exploitation des documents… tout en veillant à respecter la cohérence interne de la sous-partie.

Ce travail correspond à la préparation du travail de rédaction de la dissertation, étape souvent négligée par les élèves.

L’utilisation d’un ENT pour recueillir les productions des élèves facilite la synthèse en classe : on peut afficher un fichier complété par un ou des élèves et valider la démarche proposée en apportant différentes corrections sur le tableau numérique interactif (ou à défaut en affichant ce travail à l’aide d’un vidéoprojecteur relié à un ordinateur)

http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/terminal/TD/TD_planDetaille_diapo/PlanDetaille_diaporama.htm

Rédiger une argumentation en participant à un forum

A partir d’une question de type bac le professeur lance un débat sur un forum en ligne. (Cette activité est facilitée si l’on dispose d’un ENT)

L’activité de l’élève consiste à rédiger des arguments pour convaincre/prouver (respect des règles de l’épreuve). Il n’y a pas de cours préalable, suite au débat, on construit une synthèse reprenant les notions et mécanismes essentiels au chapitre. (Construction éventuelle d’une carte heuristique)

La motivation pour participer au forum est liée au type de question et à l’évaluation finale qui repose sur une dissertation à réaliser en 4 h.

Un problème c’est l’incertitude du niveau de participation des élèves, mais l’évaluation prévue qui nécessite la maîtrise du thème abordé lors des échanges sur le forum et lors de la synthèse encourage l’élève à ne pas être passif.

L’autre problème est le choix de la question du débat : Une question sur les inégalités entraine plus d’interventions sur le forum que des questions sur les déterminants de l’investissement, ceci concerne le thème abordé. La forme de la question compte également, choisir une question qui peut interpeller les élèves: éviter une question de type cours comme «qu’est-ce que l’idéal démocratique?» mais aborder plutôt une question favorisant le débat comme « toutes les inégalités sont-elles injustes?»

http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/terminal/cours/inegalites/Forum_inegalites.htm

Produire une synthèse sous forme d’exercice à trous

Par groupe les élèves produisent une synthèse du cours en repérant les notions clé et l’essentiel du cours, puis ils réalisent un texte à trous (avec hotpotatoes par exemple mais ils peuvent commencer à rédiger leur production sur le papier ou sur un traitement de texte avant de créer l’exercice) avec les contraintes que cela comporte : permettre au lecteur de retrouver le mot manquant ce qui signifie préciser le sens des notions essentielles. Le cours a eu lieu en amont et le professeur valide les productions.

Les exercices sont ensuite proposés à tous les élèves et peuvent servir pour les révisions (Lorsqu’ils sont déposés sur l’ENT par exemple).

Il y a une vraie motivation dans ce type d’activité dans le fait qu’il y a coopération entre les élèves.

http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/terminal/specialite/textatrous.htm

Voir fiche ‘Evaluation grenoble par Strasbourg schumpeter1.doc’


Repérer le plan d'un exposé à partir d'une vidéo

En autonomie (jeu d’étiquettes, texte à trous), l’élève regarde de courtes vidéos qui se présentent comme des cours magistraux. Il faut qu’il retrouve le plan utilisé par l’animateur. Cet exercice permet d’associer l’apprentissage de la prise de notes et la construction d’un plan argumenté à partir du script de l’intervenant.

http://flash.scola.ac-paris.fr/sesflv/mondialisation3/index.html

Identifier les relations logiques et utiliser les bons connecteurs.

Pourtant, quoique, ainsi, aussi, en outre... le bon usage de ces connecteurs, tant au service de la compréhension d'un argumentaire que de la création de celui-ci par l'élève, transite par une identification des relations logiques. Aussi la ressource sur les connecteurs propose-t-elle une série d'exercices de mise en relation (Hot Potatoes) dans un premier temps au service de l'identification des relations logiques puis sur l'association de ces relations à une série de connecteurs usuels. Un texte à trous permet de tester au final l'apport de ces activités. A noter que la transition d'un exercice à un autre est à chaque fois conditionnée à la réussite à un test ; selon le degré de réussite à ce test, l'élève est autorisé à poursuivre les activités, sinon il recommence l'entraînement. Le logiciel Quandary permet la constitution de ce parcours conditionnel et pourrait même servir à réaliser de véritables parcours d'apprentissage.

La ressource : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/1262187365908/0/fiche___ressourcepedagogique/&RH=SES

Le logiciel Quandary : http://www.halfbakedsoftware.com/quandary.php

 Comprendre ses erreurs en participant à un forum qui apporte une aide personnalisée

http://brises.org/aide-dissertation-question-de-synthese.php

Les animateurs du site « Brises »ont imaginé d'aider les élèves après qu'ils aient produit quelque chose. Comme les usagers qui viennent sur le site ont -généralement- des enseignants à qui demander des conseils, il ne s’agissait pas de se substituer au professeur habituel mais il pouvait être intéressant de consolider, par la mutualisation, le travail de correction qui n’est pas toujours compris du premier coup par l’élève. Comment faire comprendre les commentaires que tout enseignant écrit sur les copies de façon nécessairement peu explicites comme « à revoir », « à approfondir », « à préciser », etc... Enseignants et élèves admettent que le correcteur ne peut, sur chaque copie et pour chaque problème, détailler ses conseils. Mais l’expérience croisée de correcteurs et de « corrigés » (qui ont -les uns et les autres- accumulé de l’expérience sur les manques ainsi pointés) n’est-elle pas la meilleure façon de combler « sans déranger » l’éventuelle frustration de l’élève moins perspicace. Si c’est un autre élève qui répond c’est très bien car ça montre que les attentes deviennent « évidentes » au bout d’un moment. Si c’est un professeur qui répond c’est très bien aussi car -pour une fois- la réponse est « générique » : ça vaut le coup d’expliciter « une fois pour toutes » (pour tous les cas similaires chez tous les élèves ayant une expérience comparable)…

De nombreux internautes ont utilisé cette rubrique : voir les devoirs publiés cette page :

http://brises.org/aide-dissertation-question-de-synthese.php/type/list

Une partie d’entre eux a bien compris l'objectif de cette rubrique et a demandé de préciser les annotations de leur professeur. Cela ne pose pas de problèmes particuliers. Toutefois, une autre partie, majoritaire, a tendance à utiliser cette rubrique pour demander des conseils en cours d'élaboration d’un devoir : ce qui est une vraie difficulté. Pour y faire face, il a été décidé de répondre à la demande uniquement lorsque le devoir est déjà très avancé et que le visiteur pose une question précise sur un aspect du devoir : rédaction de l'introduction, plan détaillé etc, question que se poserait un enseignant lui-même au moment de la correction. Il s'agit donc d'aider l'internaute à intégrer les attentes « de type bac » à partir d'une production personnelle très avancée sinon achevée.

En fin de comptes, même si elle n’est pas facile à gérer pour les animateurs de Brises, cette rubrique ne représente que des avantages pour les usagers : dans le meilleur des cas c’est un moyen de rendre les corrections et la remédiation plus efficaces, dans le moins bon des cas l’usager doit comprendre qu’il n’existe pas de raccourci au niveau du travail personnel pour parvenir aux progrès et à la remédiation. En revanche travail + solidarité en ligne = confiance et succès.

Conclusions et recommandations :

  1. Pour les activités hors –classe, on doit chercher à rassurer plutôt que de lancer une nouvelle activité. Les activités d’autoévaluation et de vérification sont attractives si le temps nécessaire à l’exercice est limité.

  2. Il faut préférer travailler sur une seule compétence et non sur des tâches complexes et longues: par exemple travailler sur l’argumentation plutôt que sur un devoir complet.

  3. Il est préférable de relier fortement l’activité hors-classe au travail réalisé en classe, en amont et en aval: cela renforce l’intérêt et le sens et, indirectement, la contrainte de faire ce qui est demandé.

  4. On constate que disposer d’un ENT facilite l’organisation du travail hors-classe : donner des consignes, proposer des liens et des ressources ; Les services sont à disposition, les adresses sont créées, l’espace de partage de documents est prévu… cela favorise la préparation du professeur et les activités des élèves.

  5. Il faut faciliter l’accès aux ressources (aux exercices en ligne) à partir d’une adresse Internet identifiable et non vers une page recensant plusieurs activités où l’élève peut avoir du mal à se repérer.

  6. Cependant, les professeurs font le constat des difficultés de mettre au travail hors-classe les élèves même si le type de ressources (multimédia) et le type d’exercices (type QCM) ou les outils de communication (forum) peuvent faciliter des activités parfois.

 

 

2 Activités des élèves avec des TICE après le cours

François Marcq et Eric Duclos.

 

Travail demandé aux élèves

Dans le cadre des activités après le cours et en dehors de la classe ,plusieurs types d’exercices ont été créés:

  • Des exercices de validation et de vérification des savoirs et des savoir-faire.

Voir : http://www.ac-strasbourg.fr/sections/enseignements/secondaire/pedagogie/les_disciplines/sciences_economiques/tice_et_ses/exercice_interactif/view

Un exemple d’activité : http://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/premiere/TD/autoevaluation/Financement/index.html

 

TICE utilisées

  • Pour ces activités en dehors de la classe, différents générateurs d’exercices interactifs ( Hot Potatoes, Quiz Faber, Mos Solo, Didapages….) ont été utilisés.

  • Dans le cadre des TRAAM, de nombreuses activités ont reposé sur des vidéos en ligne ( INA, site.tv, curiosphère, France télévision…).

  • L’utilisation d’un ENT permet d’assurer le suivi de ces activités réalisées par les élèves en dehors de la classe, notamment grâce au format scorm.

 

Objectifs pédagogiques de l'articulation du travail en classe et du travail hors classe

Ces activités facilitent cette articulation en permettant de :

  • revenir sur des notions vues en cours mais dans un autre contexte, avec un support différent, en mobilisant d’autres exemples. Ces exercices vont faciliter l’accès au savoir. Exemple d’activité : http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/html/peda/sceco/durkcommu/debut.htm#KLINK

  • mettre en évidence les notions incontournables du programme et donc de permettre à l’élève de distinguer l’essentiel de l’accessoire dans son cours. Exemple d’activité sur les notions essentielles et complémentaires du programme de terminale : http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/article.php3?id_article=360

  • gérer l’hétérogénéité des élèves hors de la classe avec la mise en place de parcours.

Une bonne articulation en classe/hors classe nécessite d’assurer un suivi des élèves (suivi facilité par l’utilisation d’un ENT).

 

Les avantages des exercices interactifs hors de la classe

Côté élève :

- Les élèves sont davantage réceptifs à ce type de travail. Les nombreux tests pratiqués révèlent qu’ils ont pris un certain plaisir à les faire. Cet intérêt provient en grande partie de la nouveauté et du caractère ludique du travail demandé.

- Ces exercices, en proposant des évaluations formatives à tous rassurent l’élève sur la maitrise des connaissances et évitent toute stigmatisation en cas d’erreur.

- Les exerciseurs proposent des indications en cas d’erreur ou des approfondissements de la réponse trouvée

Exemple sur la notion de compétitivité de l’académie d’Amiens :

http://pedagogie.ac-amiens.fr/ses/spip.php?article99

- L’élève peut travailler à son rythme ce qui est rarement le cas au sein de la classe.

- Les derniers exercices interactifs créés adaptent le travail au niveau des élèves et proposent de véritables parcours pédagogiques en assurant de cette manière la continuité pédagogique.

Exemple sur les calculs de répartition et de variation de l’académie de Bordeaux : http://ilias.catice.ac-bordeaux.fr/data/lyceesaquitaine/lm_data/lm_357215/_de_variation_et_de_/index.html

 Côté professeur :

- Ces exercices sont mutualisés sur la plateforme ÉDU'base SES et modifiables par l’enseignant grâce à la présence du fichier source. http://www.eduscol.education.fr/bd/urtic/ses/

- Ils permettent de faire face à l’hétérogénéité des élèves par des solutions aux élèves en difficultés lorsqu’un grand groupe classe ne peut permettre d’y faire face (situation qui pourrait être très fréquente en Seconde dans le cadre de l’enseignement d’exploration).

- Proposer des activités aux élèves voulant approfondir le cours.

 Limites

- Le contrôle du travail réalisé est difficile sans un ENT.

- Ces exercices sont basés sur le volontariat. Faut-il contraindre les élèves?

- Il apparaît à la lecture des comptes rendus que les bons élèves profitent de ces exercices mais que la difficulté de mise en activité et le peu d’autonomie des élèves les moins scolaires détournent souvent ces élèves de ces activités.

A cela s’ajoute un temps de travail limité des élèves à la maison.

- Enfin le problème de la couverture Internet et de l’accès à un ordinateur n’est pas à sous-estimer.

 

Recommandations

Pour créer des exercices  :

- Le logiciel Hot potatoes est l’outil le plus facile à prendre en main pour créer des exercices de réinvestissement du cours ou de remédiations des savoirs et savoir-faire. Il permet de proposer des exercices variés ( QCM, texte lacunaire, mots croisés…). Le logiciel permet de proposer des indications en cas d’erreur et des compléments d’informations. Ce logiciel est gratuit et c'est le plus utilisé dans la production d’exercices interactifs. La mise à disposition du fichier source permet de reprendre et d’adapter les exercices réalisés par d’autres.
Exemple de l’académie d’Amiens  : http://pedagogie.ac-amiens.fr/ses/spip.php?article101

 - Le logiciel Mos Solo  est plus difficile à prendre en main mais il offre la possibilité de proposer de véritables parcours et gérer l’hétérogénéité de la classe. Exemple de l’académie de Bordeaux : http://ilias.catice.ac-bordeaux.fr/data/lyceesaquitaine/lm_data/lm_370182/index.html

La mise à disposition du fichier source permet de reprendre et d’adapter les exercices réalisés par d’autres au niveau de vos élèves et à votre progression.

 - En cas d’insertion de vidéos, il faut se poser la question de la stabilité des liens, des droits de diffusion et préférer des vidéos courtes.

 - Les exercices ne doivent pas être trop longs ; le temps de réalisation de l’exercice ne doit pas dépasser une dizaine de minutes ; au-delà les tests montrent qu’une partie des élèves décrochent.

 - Attention, le diaporama, type Powerpoint n’est pas un outil adapté pour faire des exercices interactifs en autonomie

 Pour diffuser des exercces

- L’insertion des exercices dans un ENT permet d’obtenir les résultats des élèves et donc d’assurer un suivi.

- A la lecture des comptes rendus des tests, il apparaît que les élèves souhaitent une impression papier des questions et réponses et garder une trace du travail réalisé.

 

 

 

3 Exercices proposés avec des TICE avant un cours

Pascal Vandergucht

 

Sur les cinquante derniers tests des exercices réalisés par les groupes académiques, dix sept portaient sur des activités se situant en aval des cours. Ce rapport est intéressant, car il s’oppose à une idée reçue selon laquelle ce type d’exercices sert avant tout à vérifier les connaissances acquises en cours. On remarque aussi que certains collègues ont utilisé en amont du cours des exercices conçus pour une exploitation a posteriori.

 Un élève peut, de façon autonome, vérifier s’il maîtrise les pré-requis attendus, ou acquérir des connaissances nécessaires avant le début d’une séance. D’autre part, la sensibilisation à un thème qui sera abordé en cours est souvent l’occasion d’utiliser des vidéos ou des animations qui serviront souvent à faire surgir les représentations et les pré-notions.

 La synthèse des travaux testés fait apparaître deux types d’exercices en fonction de leur articulation avec le travail fait en classe. Nous avons distingué les exercices interactifs qui proposent une correction souvent commentée (ex Les paysans Nancy, démarche TCEPA Nantes ) et ceux qui privilégient la notion de parcours guidé sans obligation de correction (ex : l’étude de la protection sociale Strasbourg ou celle du Marché Paris ).

  

Objectifs des exercices interactifs corrigés

Les exercices interactifs corrigés visent à la maîtrise de pré-requis afin de contribuer à l'efficacité de la séquence en classe. Cela permet, d'une part, une meilleure compréhension par les élèves de notions nouvelles, et d'autre part, un gain de temps induit par ce travail préalable.

 Le fait que la ressource soit interactive contribue à l'implication de l'élève en le plaçant dans une situation d'échange même s'il n'est pas en présence de l'enseignant ou d'autres élèves. Cette interaction peut d'ailleurs s'inscrire dans une logique de performance (dimension ludique) pour peu que le logiciel prévoie l'affichage d'un taux de réussite.

 La présence d'un corrigé répond alors à une double nécessité : dans un premier temps  l'interactivité de la séquence permet de déboucher sur un corpus de connaissances, réponse aux attentes induites chez l'élève par l'activité. Dans un second temps, l'enseignant peut s'appuyer sur un socle d'acquis objectivé par ce corrigé. D'ailleurs, il est tout à fait envisageable qu'un travail sur les erreurs soit organisé au moyen d'un forum ou d'un espace de dialogue ( ex : ressources de Bordeaux testées par Grenoble sur le développement durable). De même, la constitution de parcours d'apprentissage compense les limites des QCM interactifs (trouver la réponse n'implique pas d'en comprendre la justification). Mos Solo (Grenoble), Didapage (Orléans) et Quandary (Nantes) représentent autant de modalités de création de ces parcours.

En illustration de la nécessité d'un corrigé, on peut citer la séquence sur les paysans réalisées par l'académie de Nancy ou l'activité sur l'analyse « toutes choses égales par ailleurs » à partir de tableaux à double entrée, produit par l'académie de Nantes.

 Objectifs des activités non corrigées mais guidées

Les activités non corrigées mais guidées répondent à un objectif différent. Elles visent à sensibiliser l'élève à certains phénomènes, à faire émerger des représentations, autant d'éléments à partir desquels l'enseignant par la suite construira le cours, avec la classe. Il s'agit alors, qu'en préalable au cours, les élèves soient amenés à analyser, à l'aide d'éventuels questionnaires-guides, des documents de nature diverse (statistiques, audio-visuels...) qui formeront à la fois une référence sur laquelle se construira le cours mais aussi un « musée imaginaire commun » favorisant l'implication du plus grand nombre dans cette dynamique collective. Le cours permettra alors de valider le travail préparatoire, apportant, non un corrigé unique mais une validation de points de vue, éventuellement pluriels, mais tous porteurs d'une cohérence.

C'est dans cette logique que s'inscrivent des ressources telles la protection sociale produite par l'Académie de Strasbourg et l'approche du marché à partir de l'exemple de Rungis (Académie de Paris).

 Les outils TICE mis en oeuvre

A démarches différentes, outils différents. Là où les exercices interactifs corrigés mobilisent des créateurs de QCM interactifs, des exercices de mise en relation, des textes à trous (cf Hotpotatoes, Quis Faber...), des animations interactives (simulations en flash avec action sur les variables et explication des résultats), les activités non corrigées guidées reposeront plus volontiers sur des diaporamas ou des animations illustratives. 

Articulation du travail hors classe avec le cours : validation du travail fait et exploitation en classe.

Quel que soit le type d'activité en amont du cours, l'articulation avec ce dernier est stratégique et repose sur deux éléments.

Le premier élément de cette articulation est l'existence d'une modalité de validation du travail préparatoire demandé à l'élève. La possibilité de l'impression en fin de préparation ou d'un retour à l'enseignant par l'ENT sont à privilégier dans le cas de la ressource interactive corrigée. Il constitue une mémoire pour l'élève et un indicateur d'implication de la classe pour l'enseignant (voir la méthode de réfutation d'une affirmation causale, académie de Nantes). L'enjeu est réel : une préparation inégalement pratiquée exacerbera les écarts de compréhension du cours entre les élèves.

Dans le cas de la ressource non corrigée mais guidée, la confrontation des perceptions des élèves invite à recourir à une évaluation de type formative, de forme orale (voir la séquence sur la famille faite Nancy, testée par Nantes). Comme l'illustre la ressource conçue par Grenoble et testée par Bordeaux sur les types de plan, la réalisation de l'activité peut être scindée en deux, un temps chez soi et l'autre en classe.

Le second élément de l'articulation activité d'amont/cours est l'exploitation des éléments acquis au service de l'objectif de la séance, exploitation dont l'efficacité sera mesurée par l'évaluation sommative éventuelle.

 Le préalable de la faisabilité de l’exercice.

Enfin, le gain d'efficacité dégagé par la mise en oeuvre d'activité de travail autonome sous forme de TICE en amont du cours est lourdement conditionné par la possibilité de faire ce travail.

En préalable, il est essentiel que tous les élèves puissent bénéficier d'accès aux ordinateurs dans le lycée afin d'éviter une fracture numérique.

Ensuite, la ressource ne doit pas supposer des manipulations compliquées (des fenêtres multiples ont égaré les élèves de l’académie d’Orléans dans l’exercice nantais sur la stratification sociale) ou des compétences disciplinaires (vocabulaire, questions peu claires) dont la complexité détournerait les élèves solitaire de l'objectif de l'activité . Ainsi la fourniture d'un lexique en accompagnement de l'activité contribuerait à libérer l'élève de ces contraintes.

 Enfin, il est nécessaire de trouver un équilibre entre le niveau de difficulté des questions (si la difficulté décourage, la facilité extrême démotive) d'une part et à éviter les activités trop longues d'autre part.