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Mémoire et histoire

Adossée à l'enseignement de l'histoire en classe, l'Institution scolaire participe à la politique de mémoire, qui met l'accent sur certains faits historiques dans le but de construire une mémoire collective autour de valeurs partagées et de contribuer au sentiment d'appartenance commune : le vivre ensemble. Il ne s'agit pas pour autant de les confondre, mais d'aller de l'une à l'autre, de les allier en les distinguant.

L'histoire, c'est la recherche de la vérité. La mémoire, c'est le respect de la vérité. Pour les enseignants, la mémoire est enseignée comme objet d'histoire, avec les regards croisés d'une méthode historique qui permet de distinguer les mémoires, individuelles et collectives, selon les espaces et les temps historiques.

Le rôle de l'École

L'École a un rôle essentiel à jouer dans l'enseignement de l'histoire et la transmission de la mémoire comme objet d'histoire, auprès des enfants et des jeunes. En complément des enseignements, en particulier celui de l'histoire, à l'école et au collège ainsi qu'au lycée, les journées commémoratives, les visites des sites mémoriels et, plus globalement, toutes les actions éducatives menées dans le domaine de la mémoire constituent des moyens privilégiés pour mener ce travail pédagogique visant notamment à faire acquérir aux élèves les repères de l'histoire à laquelle ils appartiennent et valeurs de la République qui fondent leur École.

Le pilotage de ces actions, recensées chaque année au sein du Programme prévisionnel des actions éducatives, est assuré par la direction générale de l'enseignement scolaire avec l'expertise et le concours de l'Inspection générale de l'éducation nationale.

Au niveau académique, le référent « mémoire et citoyenneté » assure la coordination des différentes actions, sous l'autorité du recteur.

Les commémorations

La communauté éducative est invitée à s'associer aux principales commémorations nationales qui ont lieu pendant l'année scolaire. Lors de ces temps forts, des actions peuvent être mises en œuvre avec les collectivités territoriales (notamment les communes) ainsi que les fondations et les associations de mémoire, les mémoriaux, les musées, etc.

Ces journées offrent l'occasion aux enseignants de sensibiliser, en amont et dans le cadre des programmes, les élèves à des thématiques citoyennes. Certaines commémorations coïncidant avec un jour chômé, l'équipe pédagogique pourra bien évidemment mener son action dans les jours qui précèdent ou les jours qui suivent.

Parmi ces commémorations, on notera :

Le 11 novembre (jour férié) : commémoration de l'armistice de 1918

L'armistice de la première guerre mondiale signé entre les Alliés et l'Allemagne est commémoré en France le 11 novembre (loi du 24 octobre 1922). Des cérémonies sont organisées dans chaque commune en hommage aux combattants et aux victimes de la guerre.

La vie de combattants morts pour la France et le patrimoine artistique et littéraire lié à la guerre sont étudiés en classe, ce travail permettant de rappeler que la mémoire des deux grands conflits mondiaux contribue à la construction d'une Europe fondée sur la tolérance et la paix.

Le 27 janvier : journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité

A l'initiative du Conseil de l'Europe, les ministres européens de l'éducation ont unanimement adopté, à Strasbourg, le 18 octobre 2002, à l'occasion du colloque « Enseignement de la Shoah et création artistique », la déclaration instituant la « Journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité dans les établissements scolaires » (depuis 2007, l'appellation officielle est « Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité »). Ils ont souhaité que le choix de cette journée tienne compte de l'expérience historique de chaque pays : ainsi, la France et l'Allemagne ont retenu le 27 janvier, date anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz (27 janvier 1945), pour instituer cette journée du souvenir.

Cette journée est l'occasion d'engager une réflexion sur la Shoah et les génocides, et de rappeler les valeurs humanistes qui fondent notre démocratie. Chaque année, le ministère de l'éducation nationale publie une note de service au Bulletin officiel afin de mobiliser la communauté éducative.

Le dernier dimanche du mois d'avril : journée du souvenir des victimes de la Déportation

Le dernier dimanche d'avril est chaque année dédié à la célébration de la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration et d'extermination nazis lors la Seconde Guerre mondiale. Cette date a été retenue, en 1954 (loi n°54-415 du 14 avril 1954) en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps, et parce qu'elle ne se confondait avec aucune autre célébration nationale ou religieuse existante.

Cette journée est l'occasion de sensibiliser les élèves à l'histoire des victimes de la répression, de l'internement, de la déportation et au système concentrationnaire pendant la Seconde guerre mondiale.

Le 8 mai (jour férié) : commémoration de la victoire de 1945

Dès 1946 (loi n° 46-934 du 7 mai 1946), la France décide de commémorer la victoire militaire remportée par les armées françaises et alliées, mettant fin à la Seconde guerre mondiale en Europe, officialisée par la signature de l'acte de capitulation du Troisième Reich, le 8 mai 1945 à Berlin.

Après plusieurs modifications successives de son statut sous la IVème et la Vème République, la date du 8 mai obtient le caractère férié et chômé qu'elle connait actuellement, par la loi n°81-893 du 2 octobre 1981. Cette journée est l'occasion de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui ont lutté contre la barbarie du régime hitlérien.

Le 10 mai : journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leur abolition

La journée nationale de la mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions existe officiellement depuis 2006. Le 10 mai a été choisi en référence au 10 mai 2001, jour de l'adoption en dernière lecture par le Sénat de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité (loi n° 2001-434 du 21 mai 2001).
A cette occasion, les élèves sont invités à développer une réflexion civique sur le respect de la dignité et de l'intégrité de l'être humain et sur la notion de crime contre l'humanité. Chaque année, le ministère de l'éducation nationale publie une note de service au Bulletin officiel afin de mobiliser la communauté éducative.

Le 27 mai : journée nationale de la Résistance

A l'occasion du 70ème anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance (CNR) sous l'impulsion de Jean Moulin, le Parlement a décidé la création d'une journée nationale dédiée la mémoire de la Résistance et à son héritage (loi n°2013-642 du 19 juillet 2013).

Dans le cadre de cette journée anniversaire, les établissements d'enseignement du second degré sont invités à organiser des actions éducatives visant à assurer la transmission des valeurs de la Résistance, de celles portées par le programme du Conseil national de la Résistance et de leur portée historique.

A noter que lors de l'année scolaire 2013-2014, l'éducation nationale participe activement à la commémoration du Centenaire de la Première Guerre mondiale et à celle du 70ème anniversaire de la Résistance, de la libération de la France et de la lutte contre la barbarie nazie.

Les lieux de mémoire

La France possède un important patrimoine historique. Les grands sites de mémoire, tels que les tranchées de la Première Guerre mondiale, les plages du Débarquement, les camps d'internement, ainsi que les nombreux musées d'histoire, mémoriaux et nécropoles nationales témoignent d'un siècle de conflits.

Les concours scolaires

Parmi les nombreux concours scolaires existant, on notera principalement deux actions organisées à l'échelle nationale dans le domaine de la mémoire :

Le Concours national de la Résistance et de la Déportation

Institué officiellement par le ministre de l'éducation nationale Lucien Paye, en 1961, à la suite d'initiatives d'associations d'anciens résistants et déportés, le Concours national de la Résistance et de la Déportation, organisé par le ministère de l'éducation nationale avec le soutien du ministère de la défense et de nombreux autres partenaires institutionnels et associatifs, vise à transmettre aux jeunes générations l'histoire et la mémoire de la Résistance et de la Déportation. Il s'adresse aux collégiens (3ème) et aux lycéens des filières professionnelle, technologique et générale.

Le Concours des Petits artistes de la mémoire

Crée et organisé par l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) avec le soutien du ministère de l'éducation nationale, du ministère de la défense et de plusieurs associations mémorielles, le Concours des Petits artistes de la mémoire permet aux élèves de mieux comprendre la vie des combattants de la Grande guerre en retraçant l'histoire d'un « Poilu » originaire de leur département, de leur commune ou parfois même de leur famille. Ce concours s'adresse aux écoliers (CM2).

Le soutien aux projets des équipes éducatives

Dans le cadre du partenariat avec le ministère de l'éducation nationale, le ministère de la défense peut apporter un soutien financier à des projets pédagogiques mis en œuvre dans les écoles et les établissements publics et privés sous contrat des premier et second degrés. Les projets présentés sont étudiés dans le cadre d'une commission bilatérale de coopération pédagogique, composée de représentants des deux ministères.

Partenaires

Les équipes éducatives sont encouragées à s'appuyer sur l'ensemble des partenaires institutionnels et associatifs investis dans le travail de mémoire :

Partenaires institutionnels :

Pour ce qui concerne la mémoire des conflits contemporains, le ministère en charge de l'éducation nationale travaille en collaboration étroite avec le ministère de la défense (direction de la mémoire du patrimoine et des archives) et son opérateur, l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre qui dispose de relais dans chaque département.
Le ministère de l'éducation nationale mène ses actions liées à la mémoire de la traite négrière, de l'esclavage et de leur abolition de concert avec le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage.

Partenaires associatifs :

Le ministère de l'éducation nationale mène de nombreuses actions avec le concours des fondations et associations mémorielles (Fondation de la Résistance, Fondation pour la mémoire de la déportation, Fondation de la France libre, Fondation Charles de Gaulle, Fondation pour la mémoire de la Shoah, Fondation du Mémorial de la Shoah, Souvenir français, etc.), de l'Association des professeurs d'histoire et de géographie (APHG), ainsi que de plusieurs musées nationaux.




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