Les communs de l'information, de la connaissance et du numérique

Ce dossier est la version actualisée et augmentée de la lettre Édu_Num thématique n°5 : "Les (biens) communs de la connaissance et de l'information", publiée sur éduscol en juillet 2015. Il en reprend la structure : définition de la notion de biens communs, théories et constats, enclosures du domaine intellectuel et monde numérique, textes et rapports officiels, mouvements du Libre et de l'open access et les communs dans l'enseignement. De cette dernière partie est extraite une nouvelle rubrique destinée à présenter et recenser les "usages pédagogiques" et une nouvelle rubrique "actualité des communs" vient compléter ce dossier traité majoritairement sous l'angle de la culture numérique.

 

Index
  1. Introduction
  2. Les enclosures du domaine intellectuel
  3. Culture libre et accès ouvert
  4. Enseigner les communs
  5. Usages pédagogiques
  6. Actualités des communs

Introduction

Notions essentielles

Un thème sensible et complexe

Si la notion de biens communs n'est pas nouvelle(1), elle opère un retour en force au début du 21ème siècle, popularisée en partie par les travaux de l'Américaine Elinor Ostrom(2), récompensés par l'attribution du Nobel d'économie en 2009. Depuis une trentaine d'années, numérique, écologie et (alter) mondialisation obligent, sa définition s'est élargie, ses usages ont pris une ampleur conséquente, notamment dans les domaines de l’information et des savoirs.
L’intérêt porté aux biens communs de la connaissance et aux biens communs informationnels(3) se concrétise par leur présence dans un grand nombre de rapports et publications parus essentiellement en 2015. Ces deux expressions souvent associées font particulièrement sens dans un monde de réseaux (sociaux ou autres), de communautés de personnes habituées à partager, à échanger, à co-créer et très mobilisées contre la privatisation et le contrôle du savoir et de l'information.
Les domaines et disciplines concernés par les biens communs sont nombreux et chacun envisage naturellement ce sujet sous une facette qui lui est propre : philosophie, économie, développement durable, droit, etc. Dans le cadre de ce dossier, c'est principalement l'angle de la culture numérique qui a été retenu pour présenter les biens communs et plus précisément les communs de l'information et de la connaissance. Dans cet esprit, ce panorama ne saurait être complet sans relier a minima ce sujet aux données(4), à la gouvernance de l'information et de l'Internet, ainsi qu’à la neutralité du net.

En tout premier lieu l'expression "biens communs" a été employée, selon Pierre Dardot et Christian Laval(5), pour définir "la richesse commune du monde matériel, l’air, l’eau, les fruits du sol, le don de la nature, souvent présentée dans les textes de la pensée européenne classique comme constituant l’héritage de toute l’humanité qui doit être partagé entre tous". Très concrètement, les exemples les plus fréquemment cités dans ce contexte sont une rivière, un four à pain, une machine-outil, une semence.... Puis par extension, les biens communs ont désigné aussi des ressources immatérielles: un savoir, un code génétique, un code logiciel, un morceau de musique, un article scientifique, un support pédagogique, une base de métadonnées musicales, une entrée encyclopédique, une vidéo, un dessin de dispositif technique, etc. Une liste non exhaustive sur laquelle le plus difficile pour une ressource est de parvenir à y figurer et surtout d’y rester...

En effet, depuis le mouvement des enclosures(6) dans les campagnes anglaises, les communs, sauf quand les citoyens s’organisent(7), ont rarement réussi à s’affranchir d’une opposition public/privé souvent virulente, peinant de surcroît à faire évoluer des droits de propriété hérités du 18ème siècle. Dans ce contexte, il n'est donc pas étonnant que ce mot exhumé du 17ème siècle soit fréquemment utilisé dans les articles contemporains, notamment pour désigner la "bascule d'une ressource d’un statut de commun à un statut de bien privé"(8). Dans un article qui retrace l’histoire des différentes enclosures informationnelles et plus particulièrement celles concernant les usages de l’information numérique, Olivier Ertzscheid (enseignant-chercheur et maître de conférence) définit l’enclosure "comme un élément d’information ou de connaissance dont la libre circulation est entravée, et/ou qui ne peut être documenté, qui ne peut rentrer dans un processus documentaire (de conservation, d’archivage, de diffusion, etc.) qu’en circuit fermé ou dans des conditions d’appropriation en contradiction avec la capacité d’une gestion collective et définies par le site hôte et non par le producteur ou le créateur de la ressource"(9).

Définir un bien comme commun(10) n'est pas simple tant les angles d'attaque sont nombreux et les intérêts conflictuels. Dans son dossier(11) en ligne sur le site de la Bibliothèque Publique d’Information (BPI), Silvère Mercier retient trois points incontournables: une ressource, une communauté de personnes, des règles(12): "Les biens communs – mais on peut dire aussi communs tout seuls – sont des ressources gérées collectivement par une communauté selon une forme de gouvernance qu’elle définit elle-même"(13).
Ces 3 dimensions sont repérées par tous les auteurs, unanimes à en souligner le côté complexe: "La définition communément admise des biens communs associe trois dimensions: la substance du bien qu'il faut souvent préserver d'un accaparement, les règles qui en permettent le partage, et enfin, l'organisation collective et démocratique qui les gouverne. Une part de la complexité de cette notion vient de cette imbrication. Une autre est liée à la diversité et l'ampleur des domaines concernés et des contextes socioculturels dans lesquels ils se manifestent"(14).

 

(1) Certains auteurs situent son origine avec le travail dans les champs de l'Europe du 12ème siècle.

(2) Hervé Le Crosnier, Le prix "Nobel" à Elinor Ostrom: une bonne nouvelle pour la théorie des biens communs. http://www.alternatives-economiques.fr/le-prix---nobel---a-elinor-ostrom--_fr_art_633_44275.html.

(3) L’information est aussi considérée par certains chercheurs comme un bien commun de la connaissance.

(4) La donnée sous toutes ses occurrences: données ouvertes, publiques, data et textmining, protection des données personnelles, etc.

(5) Auteurs du livre Communs, essai sur la révolution au XXIème siècle paru en 2014 aux éditions La Découverte, Pierre Dardot et Christian Laval abordent le sujet sous un angle essentiellement politique et économique mais néanmoins intéressant pour des néophytes, de larges passages restant accessibles au ... commun des mortels.
Écouter la présentation de l’ouvrage et sa thématique sur France Culture: http://www.franceculture.fr/oeuvre-commun-essai-sur-la-revolution-au-xxie-siecle-de-christian-laval-et-pierre-dardot.
L'aspect politique des biens communs est également traité par Silke Helfrich dans un article paru sur Framablog : Silke Helfrich – 28 janvier 2010 – CommonsBlog – http://www.framablog.org/index.php/post/2010/04/30/les-biens-communs-espoir-politique: "Les biens communs sont une catégorie à part de production et d’usage du savoir et des biens matériels, où la valeur de l’usage est privilégiée par rapport à la valeur marchande".

(6) Mouvement né en Angleterre au 17ème siècle: les propriétaires terriens clôturent et donc interdisent l'accès aux pâturages jusque-là gérés en commun.

(7) Ces oppositions privé/public, marchand/non marchand ne résistent en général toutefois pas aux initiatives de collectifs citoyens, comme le mentionne Hubert Guillaud en citant en exemple le développement des jardins partagés, les villes en biens communs, le co-voiturage, les logiciels libres, les monnaies complémentaires: Éclairages pour le 21ème siècle: Biens communs, de la nature à la connaissance, http://www.internetactu.net/2013/10/04/eclairage-pour-le-21e-siecle-biens-communs-de-la-nature-a-la-connaissance/.

(8) http://www.savoirscom1.info/tag/biens-communs/

(9) Olivier Ertzscheid, Usages de l’information numérique: comprendre les nouvelles enclosures algorithmiques pour mieux s’en libérer. 2015. http://rfsic.revues.org/1425.

(10) Il convient de différencier les biens communs des biens publics. Ces derniers sont non rivaux (leur consommation par une personne ne diminue pas celle d’une autre) et non exclusifs. Une fois produits, tout le monde peut en disposer, les réutiliser, les remixer. H. Le Crosnier évoque le "caractère additif " des communs de la connaissance.

(11) Silvère Mercier, Les (biens) Communs. Bibliothèque Publique d'Information. http://www.bpi.fr/sites/Balises/contents/Contenus/economie/contenus-dossiers/les-biens-communs.html à compléter par cette bibliographie: http://www.bpi.fr/economie/pour-en-savoir-plus-sur-les-biens-communs et http://www.bpi.fr/les-biens-communs-1.

(12) Une des fonctions de ces règles est de s'assurer que la ressource ne sera pas surexploitée, afin de ne pas aboutir à une "tragédie des communs", selon l’expression consacrée: http://www.pratiques-collaboratives.net/FaciliterLaConvergenceParLesBiensCommuns.html

(13) La tendance à employer "communs" en lieu et place de "biens communs" permet de moins mettre l'accent sur l'aspect ressource (biens) et d'en diminuer la connotation commerciale.

(14) http://www.communautique.qc.ca/projets/projets-actifs/remix-biens-communs1.html

Les communs de la connaissance

"Nous parlons de communs de la connaissance dès lors qu’il y a une activité collective pour créer, maintenir et offrir des savoirs en partage"(15).

Le principe de l'existence des communs de la connaissance a été soutenu en 2006 par Elinor Ostrom et Charlotte Hess dans un ouvrage rédigé... en commun: Understanding Knowledge as a Commons (16). La connaissance y est décrite comme une ressource partagée, un "écosystème complexe se heurtant à des dilemmes sociaux" et en cela elle ne déroge pas aux problèmes rencontrés par les autres biens communs. De même, chaque discipline peut  la revendiquer et y projetter tout naturellement ses propres intérêts:

  • les juristes confrontent connaissances et droits de propriété intellectuelle;
  • les économistes considèrent le sujet sous l'angle de l'efficacité et des coûts de l'information;
  • les philosophes s'intéressent à l'épistémologie;
  • les bibliothécaires et professionnels des sciences de l'information étudient les biens communs sous l'angle des collections, des classifications, de l'organisation et de l'accès aux informations publiées;
  • les sociologues se penchent sur les comportements des communautés virtuelles;
  • les physiciens sur les lois de la nature...(17).

De cette exploration des communs de l'information et de la connaissance qui n'en est qu'aux prémices selon les auteures (du moins en 2007), des constats émergent, dont bon nombre ont été repris, confirmés, étoffés et analysés ultérieurement, notamment dans l'ouvrage maintes fois cité de Dardot-Laval.
 

Premier constat
Il existe un impact évident du numérique sur la baisse des coûts de la connaissance; en effet, une fois produite, la connaissance ne coûte quasiment plus rien à produire et les technologies de l'information et de la communication (TIC) sont à même de la diffuser également à peu de frais: "nous disposons d’outils de création, de diffusion et de partage des connaissances d’une puissance inégalée. Ces mêmes outils permettent également de coordonner et de mettre en action coopérative des individus pour produire ces savoirs dont la société a urgemment besoin. Il devient possible de penser les communs de la connaissance à l’échelle du monde" écrit Hervé Le Crosnier(18). Dans le domaine de l’information, la clore reviendrait, selon Olivier Ertzscheid, "à poser une frontière artificielle alors que l’ADN du numérique est de permettre le stockage et la dissémination à très bas coûts des biens informationnels qui sont par nature non rivaux, c’est-à-dire accessibles simultanément par plusieurs personnes"(19).
 

Second constat
Les difficultés ou restrictions d'accès à la connaissance ont toujours existé, ne serait-ce qu'avec les inégalités sociales ou les territoires(20). Au cours de l'analyse et de la présentation des idées exprimées par Elinor Ostrom et Charlotte Hess dans Understanding Knowledge as a Commons, Dardot-Laval expliquent que l'utilisation de certains moyens techniques, en permettant de capturer numériquement la connaissance, la rendent alors "propriété exclusive d’un détenteur", celui-ci pouvant la remettre alors à disposition, mais moyennant paiement(21).
 

Troisième constat
Le rôle crucial joué par l'École, les bibliothèques, les instituts scientifiques dans la diffusion du savoir et la Recherche, institutions par ailleurs "affaiblies ou menacées" par "l’extension de la logique de la propriété intellectuelle, peu favorable à la créativité et la diffusion des œuvres et des idées". Pour Charlotte Hess et Elinor Ostrom, il est également important de pouvoir produire un matériau pédagogique qui soit aussi accessible en dehors de l'institution.
 

Quatrième constat
La réaction aux nouvelles tentatives d'enclosures se traduit par une importante mobilisation des citoyens qui se rassemblent au sein de mouvements et d'organisations. C’est typiquement le cas du mouvement de la Culture libre, qui milite pour le libre accès et l’échange du savoir et de la culture pour tous.
 

À la lecture des trois premiers constats, il semble que la connaissance ne soit plus le "bien public pur à la fois non exclusif et non rival" qu'elle devrait être et que son statut actuel se rapproche de celui de ressource commune, proche des communs naturels. En ce sens, elle doit être gérée et préservée comme telle. Les propos des deux Américaines relayés par Dardot-Laval donnent à réfléchir: "La centralisation de l’information sur des sites privés ou publics laisse craindre la disparition des ressources d’informations. Mais surtout la création d’enclosures par le marché ou le gouvernement peut entraîner un verrouillage de l’accès à la connaissance et un assèchement des flux d’information. L’enjeu est donc de savoir comment combiner des systèmes de règles et de normes propres à ces nouveaux communs pour garantir un accès général à la connaissance qui renforce les capacités des individus tout en assurant reconnaissance et soutien pour ceux qui créent la connaissance sous ses formes les plus variées".
Autre impact des enclosures sur la démarche informationnelle, relevé par Olivier Ertzscheid: "l’oscillation permanente entre des régimes documentaires "d’enclosures" (enfermement) et de "disclosures" (dévoilement) [...] rend de plus en plus délicate la mise en œuvre de démarches informationnelles construites et téléologiques, capables de s’abstraire des différents régimes de prédictibilité ou de guidage algorithmique"(22).

 

(15) Lionel Dujol, Bibliothèques et communs de la connaissance. Revue de l’ABF, n°76, oct.2014, p7.

(16) Elinor Ostrom and Charlotte Hess (eds.). Understanding Knowledge as a Commons – from Theory to Practice. Cambridge, Mass.; MIT Press, 2006. À compléter par l'analyse d'Olivier Weinstein, Comment comprendre les "communs": Elinor Ostrom, la propriété et la nouvelle économie institutionnelle. Revue de la régulation, 2013. http://regulation.revues.org/10452.

(17) Traduction librement adaptée du résumé du MIT (24 pages) http://mitpress.mit.edu/sites/default/files/titles/content/9780262083577_sch_0001.pdf.

(18) Hervé Le Crosnier, Bibliothèques et communs de la connaissance. Revue de l’ABF, n°76, oct.2014, p.8.

(19) http://rfsic.revues.org/1425#tocfrom1n2.

(20) La lutte contre les inégalités scolaires. http://www.gouvernement.fr/action/la-lutte-contre-les-inegalites-scolaires.

(21) Le contrat BnF-Proquest. En 2013 un marché est signé entre la BnF et l’entreprise Proquest chargée de la numérisation des collections patrimoniales de l’établissement. Selon les clauses du contrat, Proquest devient propriétaire des données numérisées et peut les commercialiser pendant 10 ans, durée pendant laquelle chercheurs et bibliothèques devront alors payer pour accéder à des documents initialement issus du domaine public. http://www.franceculture.fr/2013-02-05-numerisation-polemique-a-la-bnf.

(22) Olivier Ertzscheid, Usages de l’information numérique: comprendre les nouvelles enclosures algorithmiques pour mieux s’en libérer. Revue française des sciences de l'information et de la communication, 2015. http://rfsic.revues.org/1425. O. Ertzscheid est maître de conférence en SIC.

Les enclosures du domaine intellectuel

La loi CADA et le rapport REDA

La loi CADA

Retour sur l'historique de la loi CADA et ses conséquences pour les archivistes, dont le métier est en pleine mutation et nombreux à être engagés dans des processus de numérisation d'un patrimoine en principe accessible en partie à tous. Ils ont manifesté leur inquiétude quant au retrait annoncé tout début juin 2015 du volet "archives" de l’avant-projet de loi sur la création artistique, le patrimoine et l’architecture(29), un retour en arrière selon eux, menaçant la conservation et l’accès aux données; ils ont craint également, tout comme les bibliothécaires, les répercutions potentielles provoquées par les modifications de la Loi CADA (30), qui encadre les droits d’accès et de réutilisation des données publiques: en effet, la France devait intégrer dans le droit national, avant le 18 juillet 2015, la directive du 26 juin 2013 (Bruxelles) concernant la réutilisation des informations du secteur public(31). Or le gouvernement a décidé de légiférer par voie d’ordonnance, préparant seul ce texte. Le collectif SavoirsCom1 s’est ému d’une "négation des principes qui sont au cœur même de l’idée de l’ Open Data". Pour lui, "Il n’est pas possible de décider technocratiquement la mise en œuvre d’une politique de transparence et de participation à la vie politique. Au contraire, il faut informer citoyens et entreprises sur les tenants et aboutissants de la loi afin de les inciter à participer à la coproduction des nouveaux moyens d’accès aux masses de données publiques qui seront mises à disposition via la nouvelle loi"(32).

Le rapport REDA

Datant également de 2015, le Rapport Reda (33), dont l’objectif est de réviser le droit au niveau européen, a suscité un tollé en France, selon Michèle Battisti, spécialiste en propriété intellectuelle(34). La rapporteure et eurodéputée Julia Reda s’était pourtant appuyée entre autres sur "la Charte des droits fondamentaux qui protège la liberté d’expression, la liberté des arts et de la recherche scientifique, le droit à l’éducation et la liberté d’entreprise" pour défendre son projet et justifier ses recommandations. Certaines, notamment celles sur les DRM (Digital Rights Management ou GND : Gestion Numérique des Droits), n’ont pas passé le premier cap de validation. C’est le cas pour la proposition de suppression des blocages géographiques, qui auraient permis de faciliter les échanges d’œuvres entre pays européens; idem pour le point 16 demandant "au législateur européen de s'assurer que l'utilisation de photographies, de séquences vidéo ou d'autres images d'œuvres qui se trouvent en permanence dans des lieux publics soit permise". Pourtant, quasiment dans le même temps, la Bibliothèque nationale de France avançait de son côté, autorisant désormais la photographie personnelle dans ses salles, y compris pour les documents sous droits, ce qui selon le collectif SavoirsCom1(35), "vient à reconnaître l’exception pour copie privée".

Autres textes (rapports, lois)

La Charte du droit fondamental des citoyens

De leur côté, les bibliothécaires rappellent le droit d’accès à l’information pour tous, avec la Charte du droit fondamental des citoyens à accéder à l’information et aux savoirs par les bibliothèques (36). À l’initiative de l’ABF (Association des Bibliothécaires Français) et présentée lors son 61ème congrès (11-13 juin 2015) elle revendique en 8 points fondamentaux:

  1. Le droit d’accéder librement et sans discrimination à toutes les cultures et à une information plurielle
  2. Le droit à un accompagnement attentif et compétent, respectueux des attentes des citoyens
  3. Le droit des personnes handicapées à l’égalité d’accès aux savoirs et à l’information
  4. Le droit d’expérimenter et de se former tout au long de la vie
  5. Le droit d’être en capacité de participer à l’innovation sociale et aux débats citoyens
  6. Le droit d’accéder à un Internet public ouvert et fiable
  7. Le droit d’accéder, de réutiliser, de créer et de diffuser des communs du savoir
  8. Le droit d’accéder à des ressources, y compris numériques, respectant la diversité des usages et favorisant l’appropriation de l’information et du savoir.

Le rapport Ambition numérique

Un autre document, le rapport Ambition numérique: 70 recommandations pour une stratégie numérique alternative (37) remis le 18 juin 2015 au Premier ministre par le CNNum(38) au terme de 6 mois de concertation et de travail, suscite de vives réactions(39). Alors que le Syntec Numérique considère comme "une atteinte à la titularité des droits d’auteur » la préconisation du CNNum d’ouvrir les codes sources au nom de l’interopérabilité des systèmes", Benoît Thieulin, alors président du CNNum, se défend en rappelant l’aspect politico-économique et non technologique des grands principes de la loi numérique: "La portabilité des données, le droit des usagers par rapport à leurs données, les biens communs, la neutralité du net, que je préfère appeler égalité dans le réseau... Tout cela concerne directement la vie des gens !(40)".
Parmi les 4 volets et 70 points d’un rapport censé nourrir en partie le projet de Loi numérique présenté à l’automne de la même année, de nombreuses recommandations ramènent aux communs, ne serait-ce que le point 1 du volet 1 (Loyauté et liberté dans un espace numérique en commun) avec l’affirmation du principe d’Internet en tant que bien commun et du droit fondamental à l'auto détermination informationnelle.

La loi numérique de 2016 (dite loi Lemaire)

La loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique dite "Loi Lemaire" intègre un certain nombre de mesures déployées progressivement et  impactant pour certaines les communs. Citons le libre accès aux publications scientifiques de la recherche publique, les mesures en faveur de l'open data avec notamment l'ouverture des données de l'Insee (base SIRENE) ou encore celle relative à la fouille de texte et de données (data et text mining, suivre sur ce sujet  le site "les données de la recherche"). Sur son blog -S.ILex, Lionel Maurel porte un regard critique sur ces sujets, en analysant par exemple les incidences de la loi numérique sur l'open access,  qui confère aux chercheurs un "droit d'exploitation secondaire" ou le principe de l'open data "par défaut" de la loi.

Culture libre et accès ouvert

Licences libres et ressources éducatives

Les licences libres et ouvertes

Le développement des licences libres est une forme emblématique de la lutte contre les enclosures du domaine intellectuel. Dardot-Laval saluent en particulier la protection du système GNU(43) (1983) par la licence GPL (General Public Licence, 1989), à l’initiative de Richard Stallman. D’après eux, celui-ci a en effet créé un "véritable commun à partir de la définition des droits et devoirs des usagers", instaurant un "régime juridique de la propriété intellectuelle commune" pour "protéger et délimiter la communauté d’usage et de production", notamment avec la clause de copyleft (44) et les libertés suivantes: 

  • liberté d’utiliser le logiciel quelque soit l’usage
  • liberté d’étudier le code source et de le modifier
  • liberté de le redistribuer sous forme de copies pour aider son voisin
  • liberté de redistribuer aux autres vos propres versions modifiées

 Quelques années plus tard, le projet Creative Commons(45) (CC) lancé en 2003 (en France) semble avoir eu un réel impact sur les hésitations à mettre à disposition les données culturelles et intellectuelles produites par les individus. Son slogan: "faire sans contrefaire, partager, remixer, réutiliser légalement". Le site propose 6 licences différentes simples à utiliser et non exclusives, ainsi qu’un matériau pédagogique clair pour aborder le sujet avec les élèves. Le moteur de recherche dédié(46) explore un certain nombre de réservoirs de ressources à la recherche de contenu sous licence CC:

Tout comme la recherche d’images dans Google, la plateforme Flickr propose aussi une exploration de ses contenus par type de licence CC(47). Cependant ce dispositif de licences CC semble présenter des lacunes; en ouvrant en novembre 2014 son service payant d’impression à la demande et en haute qualité (Wall Art collections), Flickr a déclenché une polémique(48), son service puisait en effet dans les photos de la plateforme sous "licence CC sans autorisation commerciale » (NC). Flick est revenu très rapidement sur ces dispositions(49) mais Lionel Maurel (juriste et bibliothécaire) relève alors qu'il manque "un chaînon" entre "les licences vraiment libres et celles dites de libre diffusion"(50). En guise de solution potentielle, il préconise alors une "licence réciproque"(51) pour "imposer aux acteurs commerciaux une exigence de réciprocité lorsqu’ils réutilisent des contenus ouverts". Deux ans plus tard, il module cependant son avis dans un communiqué du 29 janvier 2017". Ce type de licence vise à établir une relation de réciprocité entre le secteur commercial et le mouvement des communs. Les acteurs marchands pourraient ainsi contribuer au développement des communs, ce qui marquerait une évolution dans le secteur. Cependant aucune licence de ce type n'a encore débouché.

Inhérentes au bouleversement numérique et au Big data consécutif, des licences sont également développées pour les données. L’Open Knowledge Foundation (OKF) s’y emploie, avec son projet Open Data Commons pour la protection des données et la création des licences ODbL(52) et PDDL(53). Le groupe français d’OKF, dont un des objectifs est de promouvoir le savoir libre, a d’ailleurs créé en février 2014 l’École des données(54), pour éduquer à l’utilisation des données ouvertes, un sujet présentant des liens étroits avec les biens communs.

 

Les ressources éducatives libres (REL)

Préconisées en 2002 par l’UNESCO(55) qui regroupe ses propres productions éducatives libres sur un site dédié(56), "les ressources éducatives libres(57) offrent une opportunité stratégique pour améliorer la qualité de l'éducation, faciliter le dialogue politique et partager les connaissances et le renforcement des capacités"(58). L’organisation a d’ailleurs publié en 2011 des recommandations pour l’utilisation des REL dans l’enseignement supérieur(59), suivies de la Déclaration de Paris sur les REL 2012 (60), lors du Congrès mondial sur les ressources libres. Elle en souligne le potentiel transformateur ainsi que la nécessité de concevoir des ressources répondant aux besoins diversifiés des élèves(61).
La définition établie par l’organisme mondial: "les ressources éducatives libres sont des matériaux d’enseignement, d'apprentissage ou de recherche appartenant au domaine public ou publiés avec une licence de propriété intellectuelle permettant leur utilisation, adaptation et distribution à titre gratuit", permet de mesurer l’apport potentiel sans précédent représenté par les ressources produites dans ce cadre.

Les REL sont également plusieurs fois citées dans le rapport Ambition numérique du CNNum, notamment en ce qui concerne la poursuite de l’interopérabilité dans l’Éducation nationale et la proposition des REL sous CC (p. 325). L’axe 4 du Manifeste du collectif SavoirsCom1 encourage lui aussi la création de ressources (éducatives) libres et préconise qu’elles comportent "une clause de partage à l’identique, qu’il s’agisse de données, de métadonnées, de savoirs, garanties pour une libre circulation des connaissances"(62).

Les REL, dont l’expansion est rapide, proviennent principalement des institutions et des enseignants. Leur typologie est par conséquent globalement la suivante: des conférences (ex.: les vidéos de conférences sur le site Canal-U(63)), des cours mis en ligne (ex.: la Khan Academy(64), le site Openclassrooms(65), ceux de l’association Sésamath(66)), des exercices (souvent des QCM), des listes de références, etc.
Des moteurs spécialisés(67) permettent d’en explorer les contenus (essentiellement tirés des MOOCs anglophones) et la plateforme française FUN (France Université Numérique) via son moteur de recherche(68), donne accès gratuitement à plus de 30 000 ressources pédagogiques. Citons également les URFIST(69) (Unité Régionale de Formation à l'Information Scientifique et Technique), ces organismes de formation inter académiques qui militent depuis plus de 20 ans pour un libre accès à la connaissance, le logiciel libre et la neutralité du Net. Toutes leurs productions sont placées sous licence CC.

 

(41) Hervé Le Crosnier, Bibliothèques et communs de la connaissance. Revue de l’ABF, n°76, oct.2014, p.16.

(42) Définition : http://openaccess.inist.fr/?+-Mouvement-du-Libre-Acces-+ et textes de référence : http://openaccess.inist.fr/?-Textes-de-references-.

(43) https://www.gnu.org/home.fr.html.

(44) Le copyleft est une méthode générale pour rendre libre un programme (ou toute autre œuvre) et obliger toutes les versions modifiées ou étendues de ce programme à être libres également. Source: http://www.gnu.org/copyleft/copyleft.fr.html.

(45) Creative Commons est une organisation internationale à but non lucratif http://creativecommons.fr/. Consulter la liste établie sur le portail national STI http://eduscol.education.fr/sti/ressources_techniques/les-licences-de-libre-diffusion-creative-commons-technologie-ndeg197.

(46) https://search.creativecommons.org/.

(47) https://www.flickr.com/creativecommons/.

(48) Images libres, usage commercial de photos et licences: de Flickr au domaine public . ZDNet. http://www.zdnet.fr/actualites/images-libres-usage-commercial-de-photos-et-licences-de-flickr-au-domaine-public-39810891.htm.

(49) http://blog.flickr.net/en/2014/11/26/a-closer-look-at-flickrs-curated-wall-art-collections/.

(50) http://scinfolex.com/2014/12/29/flickr-et-le-chainon-manquant-des-licences/.

(51) http://scoms.hypotheses.org/241.

(52) Open Data Commons Open Database License (ODbL) http://opendatacommons.org/licenses/odbl/.

(53) Open Data Commons Public Domain Dedication and License (PDDL) - http://opendatacommons.org/licenses/pddl/#sthash.hzplOY2N.dpuf.

(54) http ://ecoledesdonnees.org/.

(55) L’UNESCO est à l’initiative de ce terme, adopté lors du 1er forum mondial des REL en 2002: http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/access-to-knowledge/open-educational-resources/.

(56) Plateforme REL: http://www.oerplatform.org/.

(57) ou OER pour Open Educational Resources.

(58) http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/access-to-knowledge/open-educational-resources/.

(59) UNESCO. Lignes directrices pour les ressources éducatives libres (REL) dans l’enseignement supérieur. 2011. http://unesdoc.unesco.org/images/0021/002136/213605f.pdf.

(60)UNESCO. Déclaration de Paris sur les REL 2012. http://www.unesco.org/new/fileadmin/MULTIMEDIA/HQ/CI/CI/pdf/Events/French_Paris_OER_Declaration.pdf.

(61) Un MOOC sur les REL s’est déroulé en 2015; "Réutiliser, Retravailler, Recombiner, Redistribuer – 4R des REL pour une Éducation libre". Le programme et certaines vidéos d’intervention sont encore en ligne: http://rel2014.mooc.ca/.

(62) http://www.savoirscom1.info/manifeste-savoirscom1/.

(63) https://www.canal-u.tv/.

(64) https://fr.khanacademy.org/.

(65) http://openclassrooms.com/.

(66) http://www.sesamath.net/index.php.

(67) Cf la lettre Tic’Edu (EDU'Num) thématique n°3 de la DNE "la MOOC mania" http://eduscol.education.fr/numerique/ticedu-thematique/TICEdu-thematique-03/#129.

(68) http://www.france-universite-numerique.fr/moteur-des-ressources-pedagogiques-numeriques.html.

(69) http://urfistinfo.hypotheses.org/2351.

Licences à réciprocité : nouvelle piste pour le développement des Communs

Lionel Maurel expose, dans une intervention de novembre 2016 au Capitole de Toulouse, son point de vue sur les licences à réciprocité en rapport avec le développement des communs.  S'attelant davantage au contenu juridique, il s'interroge sur la façon de créer une relation de réciprocité entre les acteurs qui développent des communs et les entreprises privées. Dans son exposé, il revient d'abord sur les origines du logiciel libre et de sa définition.

april.org, "Licences à réciprocité : nouvelle piste pour le développement des Communs", transcription de la conférence de novembre 2016 au Capitole de Toulouse, par Lionel Maurel.

Enseigner les communs

Les réseaux et les recommandations de l'UNESCO

Les réseaux, facteurs d'échanges et de production de contenus

C'est par rapport à la dimension "communautés de personnes" qu'Internet et le web 2 ont sans doute joué un rôle prépondérant dans la facette information et connaissance des communs, tout d'abord par le développement technique de réseaux vecteurs d'échanges, puis dans l'organisation même de ces réseaux. Forums ou réseaux sociaux obéissent à des règles de fonctionnement, à des modalités d'accès souvent établies collectivement par des membres de plus en plus habitués et encouragés à partager, à produire en commun, dans un esprit non marchand. Cependant, tous les réseaux sociaux ne correspondent pas à la définition de communauté telle qu’elle est appliquée aux communs : "un commun c’est une communauté sans audience", explique Olivier Ertzscheid, pour lequel la caractéristique d’un commun est "précisément le fait qu’il dispose d’une communauté sans pour autant chercher une audience". Et d’ajouter : "il existe un "bien commun" de la santé, mais si on lui rajoute une audience, ce bien commun devient d’abord un "marché". Idem pour l’éducation, mais également pour ce que l’on nomme "l’information" comme bien commun"(70).

Dans un article(71) paru conjointement sur les sites Docs pour Docs et SavoirsCom1, Hélène Mulot, professeur documentaliste, identifie 3 types de communautés: les communautés d’enseignants, "qui se sont développées en ligne autour de l’autoformation, du partage, de la mutualisation, de la production de contenus, de besoins spécifiques"; les communautés d’élèves, moins formelles, développées dans le cadre de projets de classe ou de clubs: les communautés d’intérêt, comme celle de Doc@Brest(72) qui "dépassent le cadre du seul milieu enseignant".

Cette importance du dépassement du seul milieu enseignant est d’ailleurs repris (p. 277) par le rapport Ambition numérique: "les productions pédagogiques des enseignants destinées à la classe sont indispensables à l’activité des établissements d’éducation (et à ce titre, ne sont pas couvertes par le droit d’auteur, Article L131-3-1)". Il est suggéré un partage systématisé à l’intérieur d’un établissement (intranet de collège, de lycée…): "plus largement, les enseignants doivent être encouragés au partage et aux pratiques collaboratives au-delà de l’établissement".

Ces 3 dimensions, communauté, production, règles (gouvernance) sont traitées de façon absolument indissociable: il est rare d’évoquer l’une sans que les deux autres en découlent naturellement, quel que soit l’ordre. Signal fort de l’importance des biens communs, ils sont présents dans des publications actuelles majeures concernant le numérique et/ou l’éducation.

L'UNESCO

En faisant dès 2011 de la Création de connaissances une des 3 approches du Référentiel de compétences pour les enseignants(73), l'UNESCO est bien en phase avec la définition et les enjeux des communs: "Dans la troisième approche, Création de connaissances, les élèves, citoyens et acteurs futurs de l’économie, créent les nouveaux savoirs indispensables pour bâtir des sociétés plus harmonieuses, enrichissantes et prospères" (p.7).  Quelques pages plus loin (p.12), pour les auteurs du document: "le projet de Référentiel TIC/enseignants est en accord avec les principes exprimés par la Commission internationale selon lesquels la croissance économique effrénée est contraire à l’équité, au respect de la condition humaine et à la gestion avisée des richesses naturelles du monde". Dardot-Laval font écho à ces dernières lignes: "alors que les ressources naturelles sont des ressources rares, à la fois non exclusives et rivales, les communs de la connaissance sont des biens non rivaux dont l’utilisation par les uns non seulement ne diminue pas celle des autres, mais a plutôt tendance à l’augmenter [...] en favorisant de nouvelles productions".


En 2015, l’UNESCO publie un nouveau rapport dont le sous-titre en dit long sur l’intérêt porté aux biens communs par l’organisme mondial: Repenser l’éducation. Vers un bien commun mondial ? (74). Irina Bokova, sa directrice générale, écrit dans le prologue: "L’éducation doit enseigner comment vivre sur une planète sous pression. Elle doit viser l’alphabétisation culturelle, sur la base du respect et d’une dignité égale pour tous, et contribuer à tisser ensemble les dimensions sociale, économique et environnementale du développement durable. C’est là une vision humaniste de l’éducation considérée comme un bien commun essentiel".
Les auteurs du rapport reconnaissent à l’éducation et au savoir, qui relèvent impérativement d’un processus participatif, une valeur de bien commun mondial, plutôt que de bien public. En conséquence, les diverses parties prenantes ont des rôles à jouer et des responsabilités à assumer.

Enseignement et bibliothèques

L'Éducation nationale

Si un point d'étape de l'entrée de l'école dans l'ère du numérique (10 juin 2013) pose bien comme objectif d'une éducation aux médias et à l'information (EMI) "de permettre aux élèves d'exercer leur citoyenneté dans une société de l'information et de la communication, former les "cybercitoyens" actifs, éclairés et responsables de demain", suivi de la mention de l'EMI dans la loi de refondation (8 juillet 2013), c'est seulement en juin 2015 dans le Programme d’enseignement moral et civique (75) que les textes officiels de l’Éducation nationale citent nommément les biens communs en en faisant un objet d’apprentissage dans la classe pour le cycle 2 (p.9), et dans la classe, la société et l’école au cycle 3 (p.14). Les trois dimensions caractéristiques des biens communs: productions, communauté, règles, sont bien présentes. Quelques exemples parmi d'autres:

  • dans le Socle commun de connaissances, de compétences et de culture (76) entré en vigueur à la rentrée 2016: "L’élève, par des mises en ligne, la publication, l’exposition, le spectacle, les rencontres sportives [...], apprend à partager et à participer à des productions communes qui stimulent son intérêt" (p. 10) ;
  • quelques lignes plus loin: "Elle (l'école) permet d’acquérir des capacités d’esprit critique et de jugement, en même temps que le sentiment d’appartenance à une collectivité";
  • principes complémentaires relevant du domaine 3, point 2 (p.11): "l’élève comprend le bien-fondé des règles régissant les comportements individuels et collectifs, il se conforme à ces règles et connaît le sens du droit et de la loi. Il apprend et pratique le refus de l’injure, l’égale considération des personnes, la solidarité, l’entraide, la coopération. Il comprend la notion d’intérêt général, et acquiert le sens de la participation à la vie démocratique".

Les parcours éducatifs mis en place progressivement depuis 2015 à l'école, au collège et au lycée, vont donc tout à fait dans le sens des préconisations du collectif SavoirsCom1 (cf paragraphe suivant) avec notamment un parcours citoyen (intégrant l'EMI) qui "vise à la construction, par l'élève, d'un jugement moral et civique, à l'acquisition d'un esprit critique et d'une culture de l'engagement", un parcours d'éducation artistique et culturelle mettant l'accent sur la co-construction du parcours par les élèves et l'ensemble des acteurs impliqués dans l'EAC.

L'Enseignement supérieur et les bibliothèques

En France, la défense des communs de l’information et de la connaissance s’est tout d'abord organisée en grande partie à travers le collectif SavoirsCom1: politique des biens communs de la connaissance, créé en 2012 par les bibliothécaires Silvère Mercier et Lionel Maurel. Dans le manifeste (77) proposé sur un site placé sous double licence Creative Commons et Move Commons (78), le collectif, dans le point numéro 4, souligne l’importance de sensibiliser et d’éduquer aux communs:
"4. Le développement d’une littératie des Communs doit favoriser la citoyenneté et les apprentissages en réseaux, socles de l’existence des Communs. Il faut donc enseigner des connaissances, transmettre des savoir-faire et savoirs être qui garantissent la capacité des citoyens de demain à créer des Communs. L’apprentissage de la création, du stockage et de la mise en circulation de l’information, ainsi qu’une formation à la compréhension critique de notre environnement numérique doivent être pleinement intégrés dans les cursus scolaires et universitaires et dans les formations tout au long de la vie".

Dans l’enseignement supérieur, les Universités de Paris Ouest Nanterre et de Lyon se sont emparées de ce sujet avec des interventions croisées. Paris Ouest Nanterre propose le master Recherche infocom: industries culturelles et environnement numérique, dont l’axe 2 sous la responsabilité de Louise Merzeau (Maitre de conférence HDR) a pour thème Culture informationnelle et médiation sociotechnique: les communs numériques. Il se présente sous la forme d’une série de 6 webinaires participatifs(79) qui s’intéressent successivement:

  • aux commons, commun, communauté,
  • à l’appropriabilité des produits de l’industrie culturelle et du journalisme par les "amateurs",
  • aux biens communs, institutions culturelles et économie de l’information: le collaboratif en question,
  • aux médiations des connaissances et savoirs collaboratifs,
  • aux nouvelles organologies de la mémoire collective (archivage du web, éditorialisation collective…),
  • et aux enclosures et émancipation.

Hervé Le Crosnier a intégré ce thème dans les cours de culture numérique, revus chaque année, qu’il dispense au CEMU (Centre Multimédia Universitaire de l’Université de Caen Basse-Normandie) et disponibles sur Canal-U(80): "Le domaine public est le statut naturel des œuvres. La propriété intellectuelle est l'exception déterminée dans le temps et dans le type de documents. Comment le patrimoine culturel et immatériel, le domaine public des créations, les œuvres dont l'usage est autorisé par leurs créateurs, passent à l'épreuve de la numérisation et de la circulation sur l'internet".
À visionner également deux de ses interventions en direction des professeurs de l’académie de Rouen: Droits d’auteur et exception pédagogique à l’heure du partage des savoirs et Droits d’auteur, biens communs et ressources éducatives (81).

Usages pédagogiques

Articles et références sur les communs dans l'enseignement

Les Communs de la connaissance, objet d’enseignement pour les professeurs documentalistes

Hélène Mulot, professeur documentaliste, a coordonné un dossier pour Inter CDI qui propose un aperçu des enjeux liés aux communs et les déclinaisons possibles au CDI. Pour elle, l'"utilité" est à la base de la documentation, car la masse d'information, sans cesse grandissante, est à trier, à organiser. Après avoir brièvement exposé les relations entre bibliothèques et communs de la connaissance, elle présente les rapports entre la notion de bien commun et le professeur documentaliste. Les questions de droit d'auteur, d'accès au document et à l'information, et les valeurs mêmes de l'enseignement sont à mettre en relation avec le rapport du professeur documentaliste aux communs. Si ces derniers ont recours au sein même de leur profession à des pratiques de partage sur le modèle des communs, (listes de diffusion professionnelles, communautés, blogs...) ils développent également chez leurs élèves des capacités de création et de conservation des communs, et ce autour de notions info-documentaires comme le droit de l'information, l'éditorialisation, la redocumentarisation (document de collecte)... À travers un ensemble de postures pédagogiques Hélène Mulot montre que le CDI lui-même devient un lieu de communs.

Les Communs de la connaissance objet d’enseignement pour les professeurs documentalistes, Inter CDI n°261, mai-juin 2016. Licence CC.

Vers une littératie des communs ? Mémoire de master 2

Vers une littératie des Communs ? Une culture numérique citoyenne mise en œuvre par les professeurs documentaliste. Mémoire de master 2 (soutenu en mai 2015) d'Hélène Mulot, professeur documentaliste, sous la direction de Louise Merzeau. En ligne sur Calaméo : http://fr.calameo.com/books/004709515d0d8ebe84c2a

Faire rentrer les communs de la connaissance dans l'école

Dans cet article paru en 2016 dans la revue Médiadoc (n°17) : "Faire rentrer les communs de la connaissance dans l'école", 'Hervé Le Crosnier  revient sur la définition des communs, aborde le cas de Wikipédia et insiste sur la nécessité de former au savoir-être en commun.

Vers une littératie des communs à l'école

Interview d'Hélène Mulot, professeur documentaliste, réalisée par Silvère Mercier en mai 2016. Elle y explique l'origine de son intérêt pour le sujet, thème d'ailleurs de son mémoire de master 2 en Sciences de l'information et de la communication, comment elle travaille autour de cette thématique dans son établissement, notamment à travers les ressources éducatives libres (REL).

Les modèles de travail collaboratif : entretien avec Lilian Ricaud

Le site Doc pour Docs propose un entretien avec Lilian Ricaud, consultant et formateur spécialisé dans l’étude des modèles coopératifs ouverts. Dans cet entretien Lilian Ricaud expose la notion de "collaboration stigmergique", dont le concept est inspiré du fonctionnement des insectes sociaux. Ce type de collaboration permet selon lui "une coordination indirecte sans qu'il y ait concertation nécessaire entre les acteurs.

Doc pour Docs, par Marion Carbillet, le 27/03/2017

Collaboration internationale en matière de ressources éducatives libres

"À sa 199e session, le Conseil exécutif (décision 199 EX/24) a invité la Directrice générale à réaliser une étude complète, au moyen de ressources extrabudgétaires, pour examiner des propositions en vue des prochaines étapes concernant la collaboration internationale en matière de ressources éducatives libres (REL). Cette étude, qui comprend les aspects techniques et juridiques, ainsi que les normes générales, et qui tient compte des questions administratives et financières, doit être soumise au Conseil exécutif à sa présente session pour examen".

Unesco, Collaboration internationale en matière de ressources éducatives libres (REL), le 22/03/2017.

Exemples et recensements d'usages pédagogiques

Bibliobox et copy-parties

Il suffit de s’appuyer sur les récents textes officiels de l’Éducation nationale (refondation, socle etc.) pour recueillir un large panel de notions à travailler avec les élèves autour des communs. Sur le terrain, les initiatives sont légion depuis un certain temps déjà et Hélène Mulot recense de nombreux usages pédagogiques autour des écritures collaboratives, de la co-création de contenus, du copié-collé, du document de collecte, de la formation aux publications en ligne, de la propriété intellectuelle, des droits d’auteurs… Mais ce qui semble nouveau c’est le recentrage de ces usages autour des communs de l’information et de la connaissance, un dénominateur… commun en quelque sorte.  

Parmi les usages vraiment nouveaux, les copy parties(82) et la mise en place de BiblioBox, idéales pour sensibiliser les élèves à l’ensemble des notions répertoriées ci-dessus(83). C’est une faille d’une réforme législative de décembre 2011, découverte par Silvère Mercier et Lionel Maurel, qui est le point de départ des copy parties. Selon le texte de la réforme, la copie privée doit être réalisée à partir d’une "source licite" pour demeurer légale. Or les bibliothèques sont une source légale de partage licite, sous réserve de ne pas mettre un scanneur à disposition des lecteurs. Mais il n’est pas illégal pour un utilisateur de copier un livre pour un usage privé, s’il le fait avec son matériel propre (téléphone portable, tablette). 

La BiblioBox (ou encore LibrayBox, CDIBox, PédagoBox, ENTBox, PirateBox) est particulièrement intéressante dans le cadre des apprentissages nomades(84). Dispositif de partage de ressources numériques (ressources pédagogiques et travaux d’élèves sous licence libre, ou issues du domaine public(85)), il fait appel à l’équipement informatique mobile des élèves ou de la communauté éducative, via un réseau Wi-Fi(86). Des IAN (Interlocuteurs Académiques pour le Numérique - ex IATICE) documentalistes mutualisent leurs expériences au sein d'un groupe privé du réseau social enseignant Viaeduc(87) et l’un d’entre eux, Éric Garnier, souligne l’enthousiasme des élèves et le rôle de la BiblioBox dans leur appropriation des communs(88).

Un certain nombre d'articles font le point sur les définitions et usages des Bibliobox : sur le site du Canopé de Corrèze, un module d'autoformation fait le point sur le matériel à prévoir pour "bricoler" seul son serveur de fichier wifi personnel. Quoi et comment télécharger, installer, comment sécuriser son boitier, et quels peuvent être les usages plus spécialisés de sa Bibliobox ? Sur le site Bibliobox.net, un article rappelle d'ailleurs ce qu'est une Bibliobox : "un dispositif de partage de ressources numériques, (...) mais également un moyen de diffuser et de s'approprier des communs de la connaissance", et permet aussi à travers un tutoriel vidéo, d'en comprendre le fonctionnement. Un diaporama de Cyrille Jaouan publié dans le cadre de la formation "La bibliothèque augmentée: regards croisés sur la co-construction des savoirs"  présente la Bibliobox comme une déclinaison de la piratebox, et fait le point sur leurs caractéristiques, différences et sur l'historique du phénomène. Sur le site associatif leschatscosmiques.net, un mode d'emploi technique et avancé sur la Bibliobox liste les pré-requis pour en réaliser correctement l'initialisation, ainsi que les services nécessaires et leurs définitions respectives. Un peu d’histoire et des liens pour réaliser une biblio/librarybox sur le site http://www.bibebook.com/. Un article de la mission tice de l'académie de Besançon : "Des podcasts pour enrichir une bibliobox" décrit une séance pédagogique complète autour de cette action. Enfin, un professeur d'éducation musicale apporte un témoignage éclairé sur l'utilisation d'une Bibliobox en classe sur le site EdmusTech.fr.

Notes

(82) La première copy party a eu lieu en mars 2012 à la BU de la Roche sur Yon.

(83) http://www.actualitte.com/reportages/le-smartphone-star-de-la-premiere-copy
-party-dans-un-college-du-havre-2150.htm
.

(84) Canopé Académie d’Amiens, département de l’Oise. Partager et distribuer du contenu numérique en et hors la classe: BYODetBOX http://crdp.ac-amiens.fr/cddpoise/blog_mediatheque/?p=14108 et Canopé de Limoges. Bibliobox ou comment bricoler son serveur de fichier wifi personnel http://scenari.crdp-limousin.fr/pedagobox/co/module_bibliobox.html.

(85) Frizzole, Jean-Marie, Mouren, Didier. "Lili, une bibliothèque de libres numériques libres et gratuits" Doc@zur. http://www.ac-nice.fr/docazur/spip.php?article868.

(86) Consulter le référentiel Wi-Fi de la Direction du Numérique pour l’Éducation (juin 2015): http://eduscol.education.fr/cid89186/referentiel-wi-fi.html.

(87) http://www.viaeduc.fr/.

(88) Entretien croisé avec Thomas Fourmeux et Éric Garnier: BiblioBox, CDIBox, un pas de plus vers les Communs à l’École   Docs pour Docs

Actualités des communs

Sources de veille autour des communs

Sites ressources

Sélection de ressources pour veiller autour des communs sous l'angle "communs de l'information et de la connaissance". Pour une veille exhaustive sur les communs  se référer à la plateforme collaborative "Remix Biens Communs", à la liste "échanges" (pour un réseau francophone des biens communs) ou encore au site "Les Communs d'abord" (média web indépendant).

Site du Collectif SavoirsCom1 tenu à l'origine par Silvère Mercier et Lionel Maurel regroupe un certain nombre de personnes (dont Hervé Le Crosnier et Olivier Ertzscheid). On y trouve notamment un calendrier de l'avent du domaine public. Consulter le manifeste du Collectif : https://www.savoirscom1.info/manifeste-savoirscom1/

Blog _S.I.Lex, "carnet de veille d'un juriste bibliothécaire", tenu par Lionel Maurel

 

Exposition sur les communs

L'exposition propose 12 panneaux explicatifs sur la notion de "communs", avec définitions et illustrations concrète, en partant des communs naturels jusqu'aux communs numériques. L’exposition est un travail collectif autour de Thierry Pasquier, mis en forme graphique par Rosie Howe, avec le soutien de l’Espace Mendès France — Poitiers, centre de culture scientifique, technique et industrielle en Nouvelle-Aquitaine, de l’association Vecam, et de Remix the commons. 

remixthecommons.org 21/06/2017

Exposer le domaine public à emporter, une idée à copier !

L'article est une interview de Christian Rubiella, directeur du réseau des médiathèques de l’agglomération Hérault-méditerrannée par Sylvae. Au début du mois de février, le Metropolitan Museum of Art a annoncé avoir partagé un fonds numérisé de 375 000 œuvres via une licence Creative Commons Public Domain (CC0). L’idée a été de proposer aux usagers une exposition de reproduction de ces œuvres sur le réseau des médiathèques de l’agglomération Hérault-Méditerranée. Avoir accès instantanément à de tels fonds, c’est pouvoir proposer que le MET « vienne » au public de notre réseau, en accompagnant cette exposition d’un dispositif d’acculturation au Domaine Public et en y ajoutant un matériel pédagogique « light ».

Bibliobsession, par Silvae. Le 23/06/2017

Propriété intellectuelle et droits d'auteurs

Communs, ESS et propriété intellectuelle (retours d’atelier FINACOOP)

Compte-rendu d'atelier sur le thème « Communs, ESS et propriété intellectuelle »."Lors de cette séance de travail de groupe, j’ai essayé d’abord de montrer comment on pouvait relier l’ESS à la théorie des Communs, notamment au travers des concepts développés par Elinor Ostrom, lauréate du prix Nobel d’économie en 2009 pour ses travaux sur la question. Ensuite, je me suis attaché à expliquer en quoi la gestion de la propriété intellectuelle pouvait être une manière pour l’ESS de contribuer aux Communs, notamment en employant des licences libres pour mettre en partage des ressources et favoriser leur mutualisation. Ce que l’ESS en retour peut apporter aux Communs et à la Culture, c’est un réservoir de formes institutionnelles, des systèmes de gouvernance et un panel de modèles économiques qui ont fait leurs preuves depuis longtemps à présent.

L’atelier a fait l’objet d’une captation et vous pouvez retrouver les vidéos sur la chaîne DailyMotion de Finacoop".

Scinfolex, 31/01/2017

Propriété intellectuelle et communs de la connaissance

Propriété intellectuelle et communs de la connaissance dans un environnement numérique : conférence de Lionel Maurel (oct. 2015) et support d'invention. Durée : 1h25. https://scinfolex.com/2015/10/13/propriete-intellectuelle-et-communs-de-la-connaissance-dans-lenvironnement-numerique-conference/

Les communs numériques

Les remix - Museomix, Edumix- pour inventer ensemble : interview de Marilyne Barisic

Le blog Doc pour Docs propose une interview de Marilyne Barisic, community manager et très investie dans différents collectifs liés aux Communs à Toulouse. L'article "Les remix - Museomix, Edumix- pour inventer ensemble" permet de "prolonger la réflexion sur ce qui se fait dans différents tiers lieux avec une présentation des remix" dont les Museomix et les Edumix. Pour mémoire, les Muséomix "sont des événements proposés par des musées volontaires pour repenser, réinventer le lieu, proposer de nouvelles expériences, sortir des cadres et mettre une communauté en marche et en réflexion". Les Edumix, liés comme le nom l'indique à l'éducation, ont vocation à repenser l'école.

Docs pour docs, 6/03/2017, par Hélène Mulot.

État des lieux de la francophonie numérique 2016

Le rapport "État des lieux de la francophonie numérique 2016", est proposé par l’Institut du Droit de l’Espace et des Télécommunications (Idest) et préfacé par l’Administrateur de l’OIF. Son axe 4 (p. 149) est dédié aux communs numériques : "Produire, diffuser et protéger les biens communs numériques".
Axe 4.1 : "Contribuer à la production et à la promotion de contenus francophones te de nouveaux modes d'expression numérique"
Axe 4.2 : "Contribuer à la défense du domaine public et des biens communs de la connaissance".

Data et open access

Le Portail européen des données s'offre une nouvelle version plus accessible et s'adapte désormais aux téléphones, tablettes ou ordinateurs. Dans cet article, Archimag dresse la liste des améliorations : interface multilingue, outils de recherche améliorées avec une nouvelle fonction de recherche à facettes.

Archimag, le 15/03/2017 par Bruno Texier.

Webinaire Communs numérique séance #1 saison 4 : Communication culturelle, data et communs

Dans ce premier épisode de la saison 4 des webinaires de Louise Merzeau, les différentes facettes des communs numériques sont à l'honneur. Autour de la thématique "Communication culturelle, datas et communs", Louise Merzeau reçoit entre autres Geoffrey Delcroix, chargé d'étude à la CNIL, et Anne Legal, directrice de la communication et du développement au théâtre l'Avant-Scène de Colombes. L'introduction des Datas dans le monde de la culture, l'impact de la mise en donnée, l'évolution de notre rapport à la culture, la collecte des données font partie des questions abordées durant ce webinaire.

Webinaire organisé par le parcours ICEN du Master Infocom de l'université Paris Nanterre, diffusé en direct le 2 mars 2017.

Webinaire Communs numériques séance #2 (S4) : Ouverture des données culturelles et domaine public

Dans ce deuxième épisode de la saison 4 des webinaires de Louise Merzeau sur les communs, le thème retenu est "l'ouverture des données culturelles et de la valorisation du domaine public". Un état des lieux sur la question est suivi par une réflexion sur les évolutions possibles. 

Webinaire organisé par le parcours ICEN du Master Infocom de l'université Paris Nanterre, avec Nathalie Martin et Josselin Henno, diffusé en direct le 9 mars 2017.

Commons, un moteur de recherche de ressources libre de droits

Commons est un moteur de recherche de ressources libres disponibles sur le Web. Une porte d’entrée qui peut être pratique pour celles et ceux qui souhaitent mettre en place une piratebox/bibliobox et qui recherchent du contenus pour alimenter leur boîte. Lire les explications sur le blog de l'auteur.

Biblionumericus, le par Thomas Fourmeux.

Licence ouverte : une nouvelle version pour anticiper le cadre légal à venir

 

Les informations publiques peuvent être réutilisées dans le cadre d'une "Licence ouverte", crée en 2011. Cette dernière a été revue et corrigée, et l'article paru sur le site etalab.gouv nous en donne le contenu. Elle conserve les principales caractéristiques de la « Licence Ouverte / Open Licence » de 2011, mais prend cette fois-ci en compte la réutilisation des informations publiques comportant de données à caractère personnel. 

Etalab, par Thomas Menant, le 20/03/2017

 

Ziklibrenbib : la musique libre dans les médiathèques

Les médiathèques de Pacé (35) et d'Argentan (61) ont prit l'initiative de créer, en 2012, un blog collaboratif de musique en libre diffusion : Ziklibrenbib. A travers une interface ludique et dynamique, chaque nouvel album est présenté sous forme d'un morceau à écouter et d'une mini-chronique. Les actualités du site défilent dans un caroussel.

Le 26/04/2017

 

 

Webinaire Communs numériques séance #3 (saison4) : Vulgarisation et pédagogie sur les réseaux

Dans le cadre des communs numériques, Louise Merzeau, universitaire française spécialiste des sciences de l'information et de la communication, propose dans cette troisième séance un débat sur la vulgarisation scientifique et les nouvelles formes de pédagogie sur les réseaux (Youtube entre autres). Sont notamment abordées les questions de droits d'auteur, de liberté de diffusion et de contraintes imposées par les plateformes.

Webinaire Communs numériques séance #3 (saison4) : Vulgarisation et pédagogie sur les réseaux, le 30/03/2017 par Louise Merzeau.

Comprendre, utiliser et contribuer aux communs de la connaissance sur les territoires

Le programme complet du stage conçu pour l'ENSSIB "Comprendre, utiliser et contribuer aux communs de la connaissance sur les territoires".

Bibliobsession.net par Silvae, juin 2017.

 

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