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Apprendre avec des tablettes tactiles, des TNI...

Tablettes tactiles : retours d'expérimentations et potentialités pédagogiques

Les expérimentations sur les tablettes tactiles sont en progression continue depuis 2010. Parmi les expérimentations et les premiers déploiements suivis par le ministère, on comptait environ 15.000 tablettes en expérimentation dans les établissements scolaires (écoles, collèges, lycées) en juin 2013. On en recensera environ 115.000 en septembre 2014.

De nouveaux projets portent sur plusieurs centaines de tablettes et nombreux sont ceux qui souhaitent, avec le concours de collectivités territoriales se lancer dans l'utilisation pédagogique de ce nouveau support. Cette page propose donc, en tenant compte du suivi opéré, des évolutions constatées et des premiers rapports académiques ou nationaux, un premier retour sur les potentialités pédagogiques, les questions pratiques et les questions qui demeurent à l'heure où de nombreux articles de presse évoquent l'idée d'un cartable numérique lorsqu'ils traitent de tablettes tactiles.

 

Des tablettes tactiles qui offrent des potentialités pédagogiques nouvelles

Si les tablettes tactiles ne se substituent pas complètement aux ordinateurs, elles  enrichissent  les stratégies pédagogiques déployées par les enseignants et les apprentissages de leurs élèves, avec des nuances selon les niveaux et les objectifs. Rapidité de mise en ½uvre, autonomie, légèreté, simplicité d'utilisation, mobilité sont des qualités reconnues pour modifier l'organisation et l'usage du numérique dans la classe.

Souplesse de la durée et du rythme des séances

La tablette est sur la table, à côté du cahier, du livre et de la trousse, elle peut être utilisée à tout moment pour une consultation, un exercice, un enregistrement, un travail de recherche individuel ou collectif, et cela même pour une activité de courte durée. Elle est un outil parmi les autres et s'intègre naturellement à une séance d'enseignement classique.

Alternance entre travail individuel et travail collectif

Le travail individuel produit par l'élève ou celui d'un groupe d'élèves sur une tablette est projeté au tableau et fait l'objet d'analyses, de discussions et de modifications collectives. Échanges, partages, confrontations, conjectures, autant de procédés qui facilitent, voire dynamisent fortement la mise en activité et la participation des élèves.

La tablette est également le complément du tableau numérique interactif dans la classe numérique. Elle contribue à en faire un ensemble cohérent et renforce son efficacité.

Activités pédagogiques variées liées aux apports spécifiques de la tablette

L'aspect multi-sensoriel en fait un outil mieux adapté que les ordinateurs aux élèves à besoins éducatifs particuliers. Il permet une créativité renouvelée dans les disciplines artistiques. Il modifie le statut de l'écrit et du livre.

La tablette permet d'associer lecture et écriture par une circulation facilitée entre consultation, commentaires et échanges, mais aussi de jouer avec l’image et le son en particulier dans le premier degré.

Elle facilite un accès à des ressources multiples comme par exemple de très nombreux ouvrages (simplement stockés et conservés sur la machine ou mis à disposition par des serveurs spécialisés).

La fonction d'enregistrement et d'écoute fait de la tablette un petit laboratoire de langue. Les appareils photos et caméras peuvent être utilisés dans de nombreuses disciplines pour produire des comptes rendus de visites en sortie scolaire ou d'expériences en classe.

La mobilité ouvre aussi des usages jusqu'ici impossibles à envisager. Elle modifie en profondeur l'attitude et la stratégie d'apprentissage des élèves, à l’exemple des cours d’enseignement artistique, d’EPS ou de sciences et très largement dans la plupart des disciplines.

N.B. : les pages consacrées aux tablettes tactiles dans  le dossier « apprendre avec de nouveaux outils » des « dossiers sur le numérique » (rubrique « Enseigner avec le numérique ») comprennent une sélection d’articles de presse, de témoignages et d’analyses rassemblés au fil du temps.

Des expérimentations engagées par le ministère pour mesurer les apports pédagogiques et mieux accompagner les enseignants

Au-delà des expérimentations académiques qu’il accompagne ou qu’il suit, en relation avec les délégués académiques numériques, le ministère a engagé, en direction du premier degré en particulier, plusieurs projets afin de mieux analyser l’impact d’une utilisation régulière des tablettes tactiles dans les apprentissages et la pédagogie, ou encore dans le cas de publics scolaires en difficulté ou à besoins particuliers.

  • Une étude sur les usages réguliers des tablettes tactiles dans les apprentissages fondamentaux pour le premier degré, confiée à l’Université de Cergy-Pontoise, est  engagée sur six académies et huit classes avec une centaine de tablettes tactiles sous trois systèmes d’exploitation (iOS, Android, Windows 8). Cette étude doit produire deux rapports (l’un en forme de bilan intermédiaire en octobre-novembre 2013, l’autre en forme de rapport final en février 2014) sur l’implication pédagogique dans la conduite de classe et dans les apprentissages des élèves.
  • Un projet de développement de situations d’apprentissage motivantes (maîtrise de la langue, investigation scientifique, différenciation pédagogique, accompagnement personnalisé) doit être conduit dans l’académie de Créteil grâce au déploiement de 300 tablettes sur une dizaine d’écoles situées en zones « sensibles » et accrochées à un réseau ECLAIR durant l’année scolaire 2013-2014, dans une opération de mécénat (Samsung) appuyée par un suivi pédagogique académique.
  • Une expérimentation à plusieurs niveaux (école, collège et lycée professionnel) d'un même matériel (prêté par la société Acer), afin de tester une même configuration dans différents cadres d'utilisation.
  • Un projet en direction d’enfants hospitalisés pour des périodes d’assez longue durée doit lui aussi être mené avec le déploiement de 60 tablettes sur les hôpitaux parisiens Necker, Trousseau et Debré (académie de Paris) dans le cadre de cette même opération de mécénat. Cela rejoint des expérimentations en cours en académie.
  • Un prolongement à l’expérimentation des ardoises tactiles (Bic) conduite dans sept écoles en 2012-2013 pour analyser les usages pédagogiques et les apprentissages, les évolutions de la solution.
  • Un projet en direction d’une dizaine de CLIS scolarisant des élèves ayant des troubles mentaux et cognitifs est également engagé en cette rentrée 2013 dans l’académie de Créteil. Ce projet  CLIS’TAB consiste à équiper, à titre expérimental, les élèves, leurs enseignants et leurs AVS en tablettes tactiles numériques munies de quelques ressources que les équipes pourront compléter. L’objectif est d’évaluer le potentiel pédagogique de la tablette numérique auprès de ces élèves, de leurs enseignants et de leurs assistants de vie scolaire, ainsi que dans les relations avec les familles et le souci d’inclusion scolaire. D’autres expériences en académie associent aussi tablette tactile et machine braille pour les élèves malvoyants par exemple.
  • Un déploiement de tablettes tactiles dans la moitié des « collèges connectés ». Les équipes éducatives ont choisi d’utiliser ces supports numériques pour atteindre leur objectif de massification d’usages pédagogiques pertinents du numérique à l’école. Ils doivent permettre des modalités innovantes de conduites d’activités traditionnelles, une réponse aux attentes des élèves à besoins spécifiques en lecture et en écriture, ou d’autres sujets encore... L’idée est aussi d’apprécier, à travers l’analyse des usages pédagogiques, des invariants entre les sites, l’échange entre les pairs, le point de rencontre et de dialogue entre les établissements et leurs partenaires des collectivités territoriales.
  • Un suivi des expérimentations académiques, en lien avec les délégués académiques numériques (groupe de travail), est également assuré sur les mêmes objets et démarches : implication pour les apprentissages et la pédagogie, réponse pour les élèves à besoins particuliers, conditions de mise en ½uvre dans les établissements, éléments de réflexion et points de vigilance sur les options pédagogiques, matérielles et organisationnelles.

Accompagnement des enseignants dans les académies

Dans de nombreuses académies, l’utilisation pédagogique des tablettes donnent lieu à des retours d’expérimentation et de mise en ½uvre (conditions pratiques et organisation nécessaire). Les initiatives portent sur quelques unités par écoles ou établissements à quelques centaines selon les projets.

Elles concernent un ou plusieurs systèmes d’exploitation et conduisent à une pluralité d’initiatives allant du prêt de matériel pour une courte durée par les CRDP-CDDP ou les MATICE à une fonction support d’accompagnement, ou encore à une information sur les « applications», leurs modes d’acquisition/distribution et/ou sur leurs utilisations pédagogiques.

Quelques exemples d'expérimentations académiques sur les tablettes tactiles

À noter aussi que plusieurs académies offrent également un terrain d’expérimentation et de recherche pour les projets e-éducation R&D des investissements d’avenir (projets de tablettes dédiées pour l’éducation Galago et TED – académies de Dijon et de Bordeaux en particulier).

Plusieurs solutions & configurations possibles; mais aussi des contraintes scolaires à prendre en compte

Depuis deux ans, les offres et les configurations matérielles se sont diversifiées : tablettes avec stylets et ardoises tactiles, tablettes hybrides. Les systèmes d'exploitation ont évolué, ils sont plus stables. Beaucoup de modèles de tablettes disposent maintenant de connecteurs qui permettent de gérer les périphériques classiques et donc s'adaptent plus facilement dans l’environnement technologique actuel des établissements scolaires.

Plusieurs solutions de « gestion pédagogique de classe » (ou « system manager ») permettent à l’enseignant de piloter et de suivre le travail effectué sur chacune des tablettes, d’en afficher les contenus au tableau numérique interactif pour un travail collectif, de réorganiser à tout moment le travail et les activités proposées.

Par contre, des questions subsistent sur la disponibilité de ressources de qualité, la lisibilité d’une offre exponentielle d’applications, leur mode d’acquisition et de déploiement.

À ce jour, de nombreuses options se présentent aux enseignants et aux collectivités territoriales, dans la mesure où la tablette tactile reste un équipement scolaire expérimenté à travers les dotations publiques. Chacune des options engage le plus souvent à travailler dans un univers propriétaire plus ou moins ouvert, plus ou moins adaptable ou interopérable. Les évolutions sont certes rapides mais le recul manque encore. On peut actuellement regrouper ces offres en quatre catégories qui doivent être examinées en lien avec les objectifs d’une formation par le numérique, qui facilite et enrichit les pratiques pédagogiques, et d’une formation au numérique qui prépare les élèves à la société numérique.

1- Des tablettes grand public fonctionnant sous trois systèmes d’exploitation principaux (iOS, Android et Windows  8.1)

Ces tablettes fonctionnent sous différentes versions d’OS (iOS, Android, Windows) qui n’offrent pas toutes les mêmes potentialités pour un usage scolaire. Les changements de version fréquents des OS peuvent s’avérer contraignantes.

D’abord conçues pour un usage personnel mêlant consultation d’informations et jeux à travers une liaison WiFi, ces tablettes proposent un usage clavier tactile qui peut être enrichi par un clavier physique, de façon native (matériels « hybrides ») ou par l’ajout de périphériques, le plus souvent par liaison WiFi ou Bluetooth. Elles disposent nativement de peu de connecteurs, souvent propriétaires. L’ajout de connecteurs optionnels entraîne des coûts supplémentaires.

Tous les OS ne supportent pas actuellement d’outil de pilotage (« system manager ») permettant aux enseignants d’ouvrir les droits d’utilisation des ressources, de piloter la distribution d’applications ou d’exercices selon les profils ou l’affichage des tablettes élèves depuis un poste maître pour suivi du travail autonome ou partage collectif au TNI.

Enfin, prévues pour un usage personnel, elles interrogent sur les modalités d’acquisition, de déploiement des applications et de distribution des ressources, d’intégration au réseau des établissements, d’authentification des utilisateurs, de gestion des données à caractère personnel lors des synchronisations « dans le nuage » – en particulier lorsqu’on passe de quelques unités par classe à une flotte de plusieurs dizaines par école ou établissement.

Ces tablettes issues du grand public ne sont pas prévues pour être gérée en flotte, mais individuellement par chaque utilisateur. Leur gestion en flotte nécessite donc l'achat (par abonnement généralement) d'une solution de gestion de flotte (MDM : Mobile Device Management) qui augmente le prix de revient de chaque tablette

2- Des tablettes professionnelles sous Windows

Des tablettes professionnelles sous Windows 8.1 Pro proposent à la fois un usage tactile type tablette et un usage clavier type ordinateur et proposent souvent un matériel « hybride ».  Plus coûteuses à l’achat, elles sont plus facilement intégrables à l’environnement informatique d’un établissement et à son système d’information, en permettant d’exploiter la gestion des comptes existante.

Comme tout ordinateur, elles permettent une utilisation des ressources et des applications déjà employées sur ordinateur par les enseignants (dont les ressources libres et gratuites développées par les communautés d’enseignants, même si une partie d’entre elles sont progressivement adaptées pour les tablettes). Elles rendent possible une transition vers le tactile en continuité avec les usages actuels, atout pour la généralisation des usages. Le maintien et la mise à jour régulière des systèmes d’exploitation peuvent augmenter la longévité d’un matériel conçu pour les univers professionnels par comparaison avec le marché grand public (sans garantie d’entretien et de conservation illimitée d’anciens OS).

3- Des tablettes dédiées pour l’école, issues du cadre des appels à projet e-éducation

Deux de ces tablettes sont testées dans le cadre de démonstrateurs-terrains et procèdent d’innovation et/ou de recherches et développements. On citera principalement : Galago (1er degré) et TED (2nd degré) qui offrent des solutions avec outils de pilotage (« system manager »)  pour le pilotage des tablettes par l’enseignant, proposition de contenus éditoriaux avec gestion des DRM (MAD mais liberté pédagogique d’utilisation), filtrage des accès internet...

La tablette est imaginée à la fois comme cahier, livre, calculatrice, etc.  Les solutions sont analysées dans le cadre d’une utilisation dans l’établissement ou bien pour une utilisation à la maison. Elles interrogent à la fois les questions de robustesse, de responsabilité des acteurs ou de combinaison sur l’utilisation scolaire et privée.

4- Une « ardoise tactile » à l’école

Portée par la société BIC, l’« ardoise tactile » est une autre solution en direction du 1er degré. Elle est conçue comme une offre globale en direction des professeurs des écoles et des collectivités territoriales (matériels, contenus et  services). Elle se présente comme une « ardoise tactile » pour l’élève avec l’accent porté sur le stylet et l’écriture, mais comprend aussi un logiciel qui permet à l’enseignant de piloter sa classe, ses groupes, la personnalisation des exercices qu’il propose (ceux qu’il a construits en amont ou ceux qui sont issus de ressources éditoriales acquises par l’école). Expérimentée dans plusieurs écoles (cf. retour juin 2013), cette solution interroge les pratiques pédagogiques et tente de proposer des réponses aux mêmes questions identifiées dans les exemples précédents.

Points d’attention

À ce jour, toutes les offres actuelles promettent d’enrichir la palette des stratégies pédagogiques, mais chacune doit s’intégrer dans une solution qui réponde aux contraintes techniques, logistiques et organisationnelles en milieu scolaire :

  • Proposer des systèmes et applicatifs permettant une connexion sécurisée et authentifiée à Internet avec la mise en place d'un dispositif de contrôle et d’outils d'échange de documents dans le cadre du respect des règles sur les échanges de données à caractère personnel – authentification unique via les ENT ;
  • Disposer d’une liaison Internet de qualité via une connexion Wifi sécurisée et adaptée aux nombres de tablettes à servir pour éviter les pertes de connexion et les lenteurs  (frein important à la rapidité de mise en ½uvre des activités) ;
  • Proposer une solution adaptée pour la configuration, la mise à jour et le déploiement en nombre des applications sur les tablettes à l’échelle d’une école, d’un établissement, d’une collectivité ou d’une académie (mise en place et suivi de dotations) ;
  • Proposer des systèmes permettant le blocage des tablettes en cas de vol ;
  • Trouver une solution adaptée pour la présentation et les modalités d’acquisition de ressources pédagogiques dans un contexte qui diffère de celui du marché grand public.

À cela s’ajoute la nécessité d’une industrialisation des solutions qui tienne compte des ressources et des compétences humaines présentes dans l’établissement ou bien encore des évolutions qu’une généralisation du très haut débit (THD) pourrait entraîner.

Quelles ressources pour enseigner avec les tablettes tactiles et pour faciliter les apprentissages des élèves ?

De la stratégie pédagogique de l’enseignant pour conduire les apprentissages des élèves découle le recours à plusieurs types de ressources, spécifiquement conçues ou non pour l’enseignement.

Les activités mobilisent soit:

  • la recherche et la consultation de sites internet,
  • l’utilisation de services en ligne,
  • un travail à partir d’applications téléchargées pour une utilisation en ligne ou hors ligne.

Rechercher, consulter, annoter, écrire, filmer, photographier, enregistrer, écouter, monter, publier, partager : les usages pédagogiques de la tablette combinent une lecture et une écriture pluri-médias. Ils  mobilisent souvent plusieurs ressources à la fois (outils et services sans contenus, contenus et services, contenus). On peut donc esquisser une catégorisation et s’interroger sur l’information dont dispose l’enseignant pour se repérer et choisir des ressources pour l’usage pédagogique des tablettes tactiles.

Des « ressources-outils » mises à la disposition de tous sans être pensées pour l’enseignement

Des ressources pour produire, agréger, publier et partager des contenus enseignants ou élèves, en forme d’applications ou de services web, qui ne sont pas spécifiquement dédiées à l’éducation, disponibles sur un ou plusieurs OS, sur tablette et sur ordinateur, et pour lesquels il est imprudent, à travers des retours d’expérience, de privilégier tel ou tel en ignorant l’existence des autres sauf à avoir testé et conduit une comparaison par proposition pédagogique.

Des ressources qui doivent interroger l’enseignant sur les conditions d’inscription, d’utilisation, de stockage, de cession des productions, de pérennité de l’accès aux productions, de la gratuité initialement proposée, de présence/absence de publicité... En effet, souvent conçus pour le grand public, ces applications ou services web ne répondent pas obligatoirement au cadre de l’école. Or l’enseignant n’est pas dans la même position que le parent et il n’agit pas, dans le cadre de son exercice professionnel, de la même manière qu’à titre privé. Un délicat exercice d’éducation aux médias numériques.

Des ressources pour enseigner : ressources éditoriales et ressources produites par les enseignants

Multimédia pédagogique, manuels scolaires, exerciciels (ressources d’entraînement), livres, dictionnaires et ouvrages de référence, les ressources pédagogiques peuvent être multi-supports et adaptées aux tablettes tactiles, ou bien spécifiquement développées pour les tablettes tactiles. Les deux voies sont empruntées par des éditeurs de contenus et de services, scolaires et multimédias, de manière à décliner des ressources éprouvées et à faciliter leur consultation en mobilité, mais aussi pour créer de nouvelles ressources qui mobilisent de nouveaux  modes d’écriture et de lecture « pluri-médias » adaptées aux écrans.

Il en résulte une déclinaison des offres qui engagent l’enseignant à tenir une réflexion sur les apprentissages des élèves, sur de nouveaux apprentissages et sur leur évaluation (il ne s’agit pas seulement de conduire une activité pour se servir de la tablette et profiter de son attractivité actuelle – comme les TNI en leur temps – mais bien de faciliter et d’apprécier les apprentissages réalisés à partir de l’usage régulier des tablettes tactiles).

La production de ressources éditoriales pédagogiques adaptées à l’usage des tablettes s’inscrit donc, pour le moment, dans une dynamique qui est encore trop récente pour avoir tout le recul nécessaire. Si la pédagogie peut être modifiée par l’introduction des tablettes tactiles (motivation des élèves, conduite de classe, relation enseignant-enseigné, recherche autonome-discussion collective-partage pour construire les savoirs, etc.), il faut prendre le temps de mesurer les effets sur les apprentissages et de construire des indicateurs pertinents.

Points d’attention

  • Le développement d’une ressource sur un seul OS induit une dépendance à un seul matériel et à une seule place de distribution. Il y a donc une contrainte de disponibilité et de diffusion à prendre en considération en amont même de l’analyse de  la qualité du contenu et du service.
  • Les possibilités offertes d’une utilisation hors ligne de la ressource, du stockage sur la tablette, d’un découpage modulaire sont une alternative intéressante aux questions de connexion, même si l’enseignant doit s’interroger sur les outils de gestion associés pour récupérer des travaux d’élèves et sur la synchronisation des tablettes pour les mises à jour de la ressource.
  • Les ressources peuvent comporter des aspects ludiques, on peut apprendre en jouant sous la conduite de l’enseignant, mais il ne saurait être question de confondre les ressources pour enseigner avec les applications ludo-éducatives qui adressent les familles et figurent souvent dans l’onglet « éducation » des principales plateformes de distribution.

Les ressources produites par les enseignants dans le cadre de leur exercice professionnel, ou dans le cadre d’une participation personnelle à des réseaux sociaux, portent essentiellement sur des scénarios et des pistes pédagogiques élaborées à partir de ressources éditoriales variées. Elles favorisent la mutualisation des stratégies pédagogiques pour construire et mettre en ½uvre les apprentissages des élèves. Elles sont aussi un bon retour sur la qualité des ressources – contenus et facilité d’utilisation, efficacité pour les apprentissages.

Ces ressources peuvent être proposées et déposées sur les sites académiques en s’adressant aux interlocuteurs TICE  et mutualisées dans EDU’Base ou PrimTICE au  niveau national. Leur pertinence tient à l’exposé des intentions pédagogiques et des démarches, aux indications sur les ressources, les outils ou les services mobilisés.

Points d’attention

  • Le risque d’un glissement d’une démarche qui vise des apprentissages avec l’outil et ses ressources vers une activité pour utiliser les fonctionnalités de la tablette en perdant de vue les apprentissages (de la démarche pédagogique au tutoriel de prise en main ?).
  • Le risque de scénarios qui multiplient les ressources et les démarches par rapport au temps prévu d’apprentissage.
  • Le risque d’informations enthousiastes sur une ressource particulière ou un matériel qui relèvent davantage de la promotion par simple lien ou du copier-coller de descriptions commerciales, plutôt que de véritables analyses sur les potentialités et les apports dans les usages et les apprentissages en classe.

Exemple : Edubase Lettres, outils mobilisés : tablette

Des ressources classées « éducation » qui ne répondent pas toutes aux besoins scolaires

Disponibles et développées pour une ou plusieurs des grandes plates-formes de distribution, les ressources applicatives sont souvent classées dans une rubrique « éducation » alors même qu’elles relèvent de statuts divers et adressent des publics différents (application conçue pour l’école / application ludo-éducative conçue pour les familles). Il est donc difficile de s’y retrouver et de pouvoir apprécier les avis ou recommandations à l’aune d’une utilisation scolaire et d’une évaluation réelle des apprentissages.

Un réel sujet pour l’éducation aux médias numériques et l’infomédiation à destination des enseignants et de leurs élèves. Un réel intérêt des comptes rendus de démarches pédagogiques (ex ac-Rouen) ou de retours d’expérimentation (ex ac-Grenoble) qui explicitent les hypothèses de travail et donnent les conclusions des observations. Les ressources employées, qu’elles soient spécifiquement conçues pour l’enseignement ou non, révèlent les qualités pédagogiques des enseignants, des stratégies novatrices pour conduire les apprentissages, ou plus simplement une plus large palette des possibles.

Points d’attention

  • Nécessité pour le ministère de fournir et de gérer un point d’entrée qui rassemble les applications et les contenus pédagogiques développés sur les différents OS et supports, permettant également une infomédiation qui faciliterait l’aide au choix des enseignants ;
  • Besoin de définir plus avant les attendus sur les contenus pédagogiques et les services associés, sur le cadre juridique de leurs utilisations par les élèves dans les écoles et les établissements (espace physique et espace numérique de travail).

 

Mis à jour le 18 novembre 2014
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