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Les classes sans note

Les classes sans note permettent d'impliquer les élèves, d'ajuster l'enseignement, de produire un retour d'information et développer l'auto-évaluation.

Une tendance qui s'affirme

La tendance des "classes sans note" apparaît de manière explicite dans la base nationale d'Expérithèque (actions déclarées et suivies par les CARDIE en académie) : les actions ou dispositifs centrés sur les modes d'évaluation des élèves (approche compétences ou encore "classes sans notes") se répartissent également entre innovation et article 34. L'inscription administrative n'est donc pas signifiante en elle-même ; elle est facteur souvent du contexte local et de l'autorisation que les acteurs se donnent à changer des routines que formellement rien n'impose, si ce n'est la conformité à des évaluations de sortie de cycle (ex. DNB ou Bac).

La plupart s'inscrit dans le collège, en concernant une classe d'âge d'élèves finalement élevés à l'ère du Socle commun entré en vigueur dans le premier degré depuis plus de cinq ans.

Une pratique collective et plus réflexive de l'évaluation

Le dispositif peut renvoyer directement à une stratégie partagée de soutien des apprentissages par une équipe sur un niveau, sur un cycle, voire un établissement, et étayé par la direction. Il implique alors également une communication claire et régulière auprès des familles peu habitués à ce type de changement formel. C'est un point essentiel pour la réussite de l'action. La démarche se veut systémique, en intégrant l'évaluation dans un processus de soutien et d'accompagnement du travail des élèves, elle se caractère en quelques points :

  • Impliquer les élèves dans leur apprentissage : les leçons sont mieux adaptées quand les enseignants partagent ces objectifs avec leurs élèves. On pourrait par exemple expliquer clairement les motifs de la leçon et de l'activité, en termes d'objectifs d'apprentissage, partager les critères d'évaluation avec les élèves, aider les élèves à comprendre ce qu'ils ont réussi et ce dont ils ont besoin pour progresser ou encore montrer aux élèves comment utiliser les critères d'évaluation pour évaluer leur propre apprentissage
  • Ajuster l'enseignement pour prendre en compte l'évaluation : au-delà d'une langue formelle et très scolaire empruntés pour les critères, les enseignants gagneraient à montrer aux élèves des exemples de travail réussi pour qu'ils voient les objectifs « en vrai ». Les élèves qui étudient le travail réussi des autres élèves pourront ainsi développer des compétences réflexives et prendre part activement au processus d'évaluation. On pourrait complémentairement encourager les élèves à écouter l'ensemble des réponses aux questions posées, encourager les élèves à corriger les travaux anonymes d'élèves n'ayant pas réussi à satisfaire aux critères d'évaluation et en discuter ; ou encore utiliser des exemples de travaux d'élèves qui mettent en évidence les façons de progresser
  • Produire un retour d'information efficace ( feedback ) pour les élèves : les enseignants développent de bonnes relations avec les élèves dans un climat de confiance mutuelle quand le feedback se fait sur plusieurs niveaux, et suivant des modalités variées, formelles ou informelles. Cela implique de laisser du temps pour les échanges entre élèves afin qu'ils réfléchissent mieux sur les objectifs d'apprentissage. Les élèves ne doivent pas obtenir la solution définitive avant d'avoir réfléchi par eux-mêmes ; le feedback aide les élèves à envisager d'autres solutions alternatives et ne se limite pas à la répétition des explications par l'enseignant ; il nécessite une qualité du dialogue avec les élèves, le feedback oral étant plus efficace que le feedback écrit
  • Développer l'auto-évaluation et l'évaluation par les pairs : pour que les élèves apprennent, ils doivent identifier leurs écarts de réussite. Ils doivent être capables de travailler ces écarts et d'identifier les stratégies leur permettant de les réduire. Il convient alors de permettre aux élèves de réfléchir à leur propre travail, d' avoir le temps suffisant pour travailler sur leurs difficultés, de savoir qu'il est possible d'envisager différentes solutions avant d'opter pour un mode d'action particulier.

Ce dispositif est explicitement un accompagnement intense et quotidien au travail de tous les élèves, en coopération.

Quelques exemples

Confrontées aux dérives et aux paradoxes de l'évaluation scolaire traditionnelle, nombre d'équipes se sont lancées dans des modalités alternatives plus satisfaisantes : au Collège Jean-Rostand, à Saint-Chamond, toutes les classes de 6ème sont prises en charge par un système de notation tournée vers une évaluation positive. On retrouve ce même mouvement au Collège Aigremont, à Roulans. Dans chaque discipline, l'enseignant établit une grille des compétences à acquérir (tableau de bord) et décline les compétences visées à chaque séquence. L'acquisition des compétences est mesurée lors d'évaluations par un système de couleur définissant quatre niveaux d'acquisition.

Plusieurs centaines d'équipes en collège ou lycées se sont lancés dans l'aventure, en accueillant à présent des élèves qui en primaire ont commencé avec le « socle » et l'évaluation par compétences ; par exemple, au Collège Jean Moulin, Montceau-les-Mines, au Collège Le Petit Prétan, Givry, ou au Lycée Hippolyte Fontaine, Dijon. Les enseignants testent des classes dites « sans notes », avec évaluation par compétences. A l'heure de la généralisation de l'évaluation par compétences et de la validation du socle commun, les expériences conduites avant la mise en place de ce cadre constituent une ressource pour les équipes : effets sur les apprentissages et les pratiques pédagogiques, sur l'autonomie des élèves, évolution des perceptions, implication des différents acteurs, communication à l'intention des parents, avec création et adaptation constante d'outils et supports (par exemple le bulletin scolaire), partage des expériences et formes de mutualisation possible entre établissements.

L'évaluation des élèves devient une question partagée, travaillée solidairement, régulée par une organisation du travail interne à l'établissement et parfois accompagnée par la formation, l'accompagnement par l'inspection ou encore par le Cardie de l'académie.

 

 

Mis à jour le 18 décembre 2012
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