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Transcription du clip "Mallette des parents 6e : entrer au collège"

Bénédicte Robert, chef du département de la recherche et du développement, de l'innovation et de l'expérimentation : Les professionnels de l'éducation savent que le collège est organisé de manière très différente de l'école primaire. Et bien, c'est pour expliquer ces différentes modalités d'organisation, mais surtout pour aider les parents à s'y retrouver, pour échanger sur la façon dont ils peuvent au mieux accompagner la scolarité de leurs enfants que cette Mallette des parents est organisée. Les parents sont invités, le soir le plus souvent, à venir échanger.

Sylvie Freyermuth, principale du collège Claude-Le-Lorrain de Nancy : Alors, environ 80 familles sont concernées, et en moyenne on a entre 20 et 30 familles qui se déplacent pour la Mallette. Et bien, le premier débat, nous avions décidé de travailler sur l'entrée au collège : "mon enfant rentre au collège, quelles sont les craintes, les appréhensions, les doutes ?". La deuxième séance était portée plus sur l'hygiène de vie et le sommeil. Le troisième thème qui est étudié est "comment dire non à mon enfant", ça c'est quelque chose de très fort.

Intervention de Sylvie Freyermuth pendant le débat : Ce n'est pas toujours facile de dire non. Alors, est-ce que c'est facile ? Madame Beladef ?

Fatima Belhadef, parent d'élève : C'est vraiment, des fois, difficile, de dire "non" à un enfant. J'ai peur qu'il va me détester, peut-être il va dire "Maman, elle n'est pas gentille avec moi".

Sylvie Freyermuth : Est-ce que ça fait peur chez d'autres parents ? Un papa réagit, Monsieur Sissoko ?

Djigui Sissoko, parent d'élève : S'il faut dire "non", il faut le dire, il faut dire "non" parce qu'il faut être fort avec un enfant.

Fatima Belhadef : C'est la troisième fois que je viens, j'assiste aussi aux rendez-vous des parents. Ça me donne des idées avec mon fils, aussi, des choses que je ne connais pas, que j'ai appris avec d'autres parents.

Mounia Ercakir, parent d'élève : L'échange avec les parents, c'est de recevoir des conseils et de partager la vie quotidienne avec notre enfant, pour qu'ils aient aussi un exemple, ou nous, pour avoir un exemple d'autres parents.

Parent d'élève : C'est vrai qu'ils ont d'autres conversations, c'est intéressant de les voir grandir et de les laisser un petit peu s'envoler.

Anne-Catherine Harter, assistante sociale : De ce que j'entends, effectivement, c'est tout à fait cohérent. Tout ce qui a pu être dit.

Anne-Catherine Harter : Je participe, déjà, pour apprendre à connaître ces parents, et pour me présenter à eux. Et ça permet qu'ils nous repèrent dans le cadre d'un groupe de parole, un groupe d'échange. Ce qu'on attend des Mallettes, et ce que j'ai pu déjà voir auparavant, c'est que dans l'échange entre les parents, il y a beaucoup de richesses de la part des parents.

Sylvie Freyermuth : Les parents sont à l'aise lorsque l'on échange, et se laissent volontiers aller à rire, à faire quelques traits d'humour. C'est quelque chose d'assez léger, tout en étant quand même dans les échanges et la réflexion, parce que quand même il y a un travail de fond qui se fait, bien évidemment. Mais pour autant, ça se fait dans la bonne humeur, et dans une ambiance détendue.

Sylvie Freyermuth : Mesdames, en tant que préfets dans l'établissement, vous rencontrez le "non", vous, de temps en temps.
Carole Venerucci, professeure référente et préfète des études : Lorsqu'un enseignant, à l'école élémentaire, met en place des règles dans sa classe...

Carole Venerucci : Je participe à ce type de débats parce que je suis professeure des écoles. Et donc, ces élèves-là que je suis à l'école élémentaire, je les retrouve, pour certains, ici au collège.

Christine Hupont, professeure référente et préfète des études : Je travaille beaucoup avec les parents en règle générale, puisque j'interviens au niveau des suivis individualisés.

Christine Hupont : Au sein ici du collège, on a ce que l'on appelle aussi des modules de remotivation. On travaille avec de petits groupes d'élèves. Ces élèves, je les vois très régulièrement, en entretien également, pour toujours les raccrocher à leur scolarité.

Sylvie Freyermuth : On parlait des interventions, des aides que l'assistante sociale pouvait apporter à l'élève...

Mounia Ercakir, parent d'élève : J'ai eu le contact avec le collège, et le collège en a parlé avec l'assistante sociale, ils ont monté un dossier pour que mon fils puisse continuer l'orthophoniste.

Anne-Catherine Harter : C'est important de pouvoir travailler ensemble. J'insiste vraiment, parce que sans vous on ne peut rien faire pour vos enfants.

Sylvie Freyermuth : Les parents viennent à cette Mallette, mais viennent aussi plus volontiers rechercher les bulletins scolaires. Environ 90% des familles se déplacent pour venir rencontrer le professeur principal et recevoir le bulletin. Ce qu'on a pu observer, c'est que les élèves étaient très contents de voir leurs parents venir au collège.

Djigui Sissoko : Oui, ça a toujours un effet positif sur les élèves, parce que là, ils se rendront compte que les parents accordent de l'importance à leur éducation.

Sylvie Freyermuth : Ça sert à apprendre à se connaître, avec vos personnalités, nos personnalités, aux uns et aux autres.

Sylvie Freyermuth : C'est vraiment quelque chose qui nous permet de travailler au plus près avec les familles, de leur faire connaître l'école. Et parce qu'ils connaissent l'école et son fonctionnement, on travaille beaucoup mieux dans le suivi de l'élève, dans le suivi de leur enfant.

Fatima Belhadef : Oui, ça me donne beaucoup de confiance, oui. Avec les profs, avec la principale... Ils font beaucoup de choses avec les enfants.

Souäd Gasmi : J'ai vraiment envie de m'impliquer dans la vie du collège, parce que c'est un collège qui est vraiment ouvert.

Mounia Ercakir : Je me suis mis en tant que parent d'élève, parce que pour moi, je mets quand même un pied au collège, et ça me fait voir des choses à l'intérieur.

Sylvie Freyermuth : Depuis cette année, on a beaucoup plus de parents qui se sont proposés pour les élections, des représentants de parents d'élèves. C'était quelque chose d'assez exceptionnel.

Mounia Ercakir : Je peux participer à des réunions, aux conseils de classe, et à d'autres projets, comme le projet Mallette.

Sylvie Freyermuth : Et ils ne sont pas seulement sur les listes, ils sont réellement dans les différentes instances, ils siègent, ils travaillent avec nous... C'est quelque chose, je crois, qu'on a gagné. Tout est fondé sur la confiance, ça je crois que c'est un bon exemple.

Le clip

Mis à jour le 14 juin 2012
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