Infothèque - cycle 2

Enseigner le vocabulaire

Les spécialistes de la question du vocabulaire et de son enseignement s'accordent sur de nombreux points et proposent des principes de mise en action pédagogique, des pistes et des orientations de travail en classe.

Des leçons de vocabulaire structurées spécifiquement dédiées sont nécessaires tout au long de l'enseignement élémentaire.

Un certain nombre d'idées reçues sur le lexique restent un obstacle à la mise en œuvre efficace de son enseignement. Par exemple, les questions liées aux collections de mots apprises par cœur, aux difficultés liées au seul travail sur les noms communs comme objets de désignation , à la seule approche quantitative, au recours abusif à l'étymologie de mots complexes ou rares, à la mise en lumière des exceptions au détriment des régularités du système lexical etc.

Auprès des enfants les plus jeunes, l'extension du vocabulaire passe par des activités de langage oral  autour de situations choisies dans des thèmes qui les passionnent, et d'exploitation d'imagiers et de lecture d'albums par l'adulte. L'enfant est amené à recevoir un ensemble lexical d'abord seulement reconnu (vocabulaire passif) puis utilisé en production orale (vocabulaire actif), par exemple pour restituer ou reformuler une histoire entendue. De nombreux jeux de langage doivent être proposés au quotidien.

Afin de développer l'exploitation du vocabulaire déjà rencontré, il faut favoriser son réemploi en production, tant à l'oral qu'à l'écrit .

L'enseignement du vocabulaire et son extension doivent faire l'objet d'une progression réfléchie et d'une programmation organisée ; il ne se fait pas aléatoirement au détour de textes rencontrés. Il doit également être développé transversalement dans les divers horizons disciplinaires.

Le lexique est un ensemble structuré de termes mis en réseaux et associés, reliés entre eux par des relations de sens (champs lexicaux, synonymie, polysémie,...), de hiérarchie (hyperonymie,...), de forme (dérivation...) ou d'histoire (étymologie). Des approches explicites doivent permettre de construire une organisation de ces relations, des catégorisations, une conceptualisation et l'intégration de nouveaux termes : aucun mot n'est isolé dans la langue.

Le travail régulier sur le vocabulaire doit particulièrement porter sur la catégorie du verbe et ses caractéristiques qui seront découvertes d'abord de manière intuitive et implicite, puis d'une façon plus formalisée.

Développer la conscience orthographique , c'est accompagner l'enrichissement lexical. En effet, il existe une relation forte de dépendance entre l'extension du vocabulaire et les connaissances orthographiques, pour favoriser une bonne acquisition de l'identification des mots puis permettre une lecture plus rapide et une meilleure compréhension (par exemple, afin d'exploiter au mieux le repérage de la dérivation morphologique). Cette valorisation de l'orthographe est également pertinente pour la production écrite.

La construction du sens nécessite d'apprendre à utiliser le vocabulaire en contexte. L'apprentissage de la contextualisation (le sens d'un mot varie selon l'environnement des autres mots) peut être valablement poursuivi par une étude de décontextualisation (aller vers les significations potentielles individuelles du mot, les définitions) et de recontextualisation (réinvestissement du mot dans d'autres phrases avec d'autres environnements sémantiques ou syntaxiques).

L'acquisition puis l'exploitation du vocabulaire « pour comprendre un texte » passe par la mémorisation des mots lus dans des contextes variés. Il est donc nécessaire de lire souvent, le plus possible et des textes de plus en plus longs.

Lors du travail sur la compréhension d'écrits, on pourra être attentif à leur lisibilité, notamment liée au degré de difficulté lexicale du texte et à la syntaxe.

L'extension du vocabulaire impose également de disposer de stratégies de mise en œuvre et de demande d'aide pertinente. Le lecteur tâtonnant doit savoir interroger l'adulte, les usuels ou les outils disponibles, en fonction de ses besoins, s'il n'arrive pas seul à résoudre les problèmes posés par un écrit. Il doit être formé à devenir autonome dans la construction du sens.

Ces pistes de travail convergent vers la proposition d'un enseignement du vocabulaire qui permet d'une part son extension dans un univers d'associations entre les mots connus et nouveaux, communs et plus rares, d'autre part sa mise en œuvre pour la compréhension de plus en plus autonome des phrases et des textes, et enfin l'émergence de stratégies d'exploitation de mots inconnus en contexte.

Des activités variées doivent permettre de développer les habiletés sur la structure des mots, la réflexion sur les relations qu'ils entretiennent entre eux et leur participation à la construction du sens en contexte.
Au côté des activités qui doivent être organisées au cours d'un apprentissage explicitement dédié au vocabulaire, l'exploitation et la rencontre fréquente avec les mots de la langue est une nécessité qui se déploie transversalement de manière plus implicite, favorisant le glissement naturel et l'intégration d'un vocabulaire passif vers un usage actif des mots au quotidien. 

Mis à jour le 28 juin 2016
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