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Académie de Lille : bilans et perspectives dans une académie pilote en matière d'expérimentation

Maria Verrez, responsable du soutien à l'expérimentation pédagogique et à l'innovation en académie (SEPIA) de l'académie de Lille

Avant de débuter, tous mes remerciements à mon collègue JM Petit, qui a accepté que son travail soit transféré dans l’académie de Lille, et qui a permis ainsi un démarrage beaucoup plus aisé et certainement plus rapide.

Le contexte et la dynamique du SEPIA

SEPIA (soutien à l'expérimentation et à l'innovation en académie) : né il y a juste 2 ans, du regroupement des expérimentations et des innovations, ce qui peut faciliter le passage des unes vers les autres (et nous en avons eu plusieurs exemples dans l’académie).
Né du désir d’un recteur, qui disait : « je ne sais pas ce qui se passe dans l’académie »...ou « Quand un IPR se déplace dans un établissement, il ne doit pas découvrir en arrivant ce qui s’y passe »... le repérage, qui est déterminant dans ce dossier, depuis la fin de l’AOG, était devenu un réel problème.

Se faire un nom, communiquer. Communiquer vers les inspecteurs (dans tous les collèges d’IPR-IEN ET/EG), Communiquer vers les CE (rappeler de temps en temps aux établissements qu’ils peuvent faire remonter leurs projets).
Apprendre aux IPR, aux chefs d’établissement à aller sur le site, communiquer à destination des professeurs, forum sur un sujet porteur (AP).

Et dans le même temps, mettre à disposition des IPR un outil commode (le tableau récapitulatif par villes).

Mais aussi avoir mis en place une contractualisation (qui n’existait pas) avec ces établissements, avec indicateurs de réussite et évaluation envisagée. Notre académie n’avait pas de contrats d’objectifs, et pour la 1re fois, nous leur demandions les objectifs visés et l’évaluation qu’il comptait en faire.

Trouver sa place, et pour ce faire, offrir quelque chose aux équipes : valorisation, et accompagnement dans un 1er temps, mutualisation, mais également outil de formation.

Place stratégique du porteur de dossier : un IPR, impliqué dans la vie du collège, qui est souvent sur le terrain, qui anime des formations à destination des enseignants, et qui est à l’écoute et des axes ministériels et académiques, mais aussi à celle de ses collègues inspecteurs.

Mise en place d’un comité de lecture qui implique doyens, DAAC, les IA. Déplacement de certains d’entre nous suite au comité de lecture, si besoins (recadrer). Ce comité de lecture permet de croiser les regards sur les projets qui remontent vers le SEPIA, d’en voir les points forts mais aussi les points faibles, afin de savoir si un accompagnement d’un IPR est souhaitable, ou d’un accompagnateur, ou des deux...

Une adresse commune de remontée des dossiers (boîte aux lettres commune).

Le SEPIA : une interface qui repère, présente, valorise, explique, diffuse, et met en garde si besoin. Mais qui doit parfois répéter, qu’en termes d’innovation, il faut aussi savoir observer sans juger...

Site du SEPIA

Bilan actuel : l’aller-retour nécessaire

En plus des remontées spontanées, nous avons un repérage actif des IPR dans leurs établissements, qui encouragent à faire connaitre une démarche innovante.

Grâce à ces repérages, mais aussi à l’appel d’offre (oral) que notre recteur avait réalisé il y a deux ans sur le thème de la réussite en seconde, l’académie a grandement participé à l’élaboration du contenu de la réforme du lycée : tout ce qui est accompagnement personnalisé, accueil et réussite en seconde, revalorisation de la filière L, mise en valeur de projets culturels à destination des élèves...(et le discours que nous avons tenu aux professeurs au printemps dernier lors de la présentation de la Réforme l’a mis en valeur). Cette année, toutes ces équipes sont rentrées dans l’application de la réforme, et nous n’avons quasiment pas de nouveau projet innovant au niveau du lycée...Maintenant, ils appliquent... C’est ça l’aller-retour...

L’académie participe également aux expérimentations nationales comme l’EIST, qu’elle va chercher à élargir en tant que telle, ou élargir à d’autres disciplines éventuellement :

  • « Cours le matin... » en essayant de trouver une spécificité française à cette organisation, et non nécessairement calquer éventuellement des étrangers
  • « des options sciences », chez qui des axes de programme de l’enseignement d’exploration MPS ont été trouvés...
  • « des rythmes scolaires » testés depuis 3 ans.

Dès que le SEPIA « sent » un axe fort ministériel, ou académique, il est évident que dans toute la mesure du possible, ce sont ces actions qui sont suivies et accompagnées en priorité.

La formation apportée aux enseignants lors de journées comme celles du forum est également très importante. Outre les contenus, la question « qu’est-ce qu’une bonne pratique ?», montrer que certains apprennent à s’adapter et à se réadapter sans cesse aux besoins des élèves, s’engagent dans une pratique « attentive, réflexive », tous ces points sont sous-jacents. Cet axe de formation pourrait d’ailleurs être renforcé dans les années à venir.

Mais nous avons des points faibles encore, dont le plus flagrant est le 1er degré...

Perspectives

Sur ce terrain très propice, mis en place par notre précédent recteur, un nouveau recteur est arrivé au printemps dernier.
Observation, diagnostic...futur PTA...Deux urgences : la réussite des élèves (axe 1), et la carte des formations (axe 2).
La réussite des élèves, nous devons faire bouger les chiffres de l’académie, comment ? Innovez...
Réunion de prérentrée des CE : Innovez , réunion des inspecteurs du 2nd degré : encouragez l’innovation... « Nous devons devenir pilote en terme d’innovation ».

Un frein cependant est important : l’innovation doit venir des enseignants, des équipes éducatives...il n’est pas sûr qu’une injonction de chef d’établissement fonctionne. Certains n’ont pas relayé l’invitation au forum de l’année passée (quel euphémisme !...). D’où la décision d’écrire directement aux professeurs, pour leur signaler les ressources en ligne disponibles sur le site Sepia...non seulement cela peut les aider dans un premier temps, mais devrait à terme susciter le désir d’innover dans de nouveaux lieux.

Invitée au comité de direction de l’académie pour la première fois cette année, notre recteur fait comprendre que l’innovation devient un incontournable...

  • réunion CLAIR : venir expliquer au groupe de pilotage ce que l’innovation peut apporter...leur faire prendre conscience que certains projets de leur établissement peuvent être intéressants, savoir prendre les équipes là où elles sont
  • réunion de bassins : et si nous arrivions à obtenir 5 propositions d’expérimentations par bassin (et nous avons 14 bassins...)
  • réunion de cadrage des futurs contrats d’objectifs : l’innovation est présent.

Au niveau du 1er degré, des innovations existent, mais le point faible est le peu de communication. Le nouveau contexte fait qu’une certaine organisation de cette mutualisation de données doit devenir possible.

Quelques pistes envisagées : au niveau du 1er degré, travailler vraiment par cycles en redonnant à ces cycles tout leur sens, travailler par groupes de besoin, faire appel à la pédagogie différenciée. Des exemples de classe « multi âges » existent dans notre académie, elles pourraient être développées.

D’autres pistes : élargir le concept EIST à d’autres trio de disciplines.
Trouver un concept français, correspondant à la culture de notre enseignement, pour « cours le matin, sport l’après-midi ».
Mais aussi : un maillage du territoire par des classes bilangues adaptées au contexte local (Lille, Pays bas, Allemagne) ou pour la voie professionnelle, des plate forme d’apprentissage des langues vivantes... par exemple.

Par quelle méthode ? triple

  • « on prend ce qui vient », comme les années antérieures : il est important de prendre les équipes où elles en sont, de ne surtout pas casser une dynamique naissante, mais de les accompagner (IPR et accompagnants), tout en faisant évoluer parfois. Parmi tout ce qui remonte naturellement, nous « prélevons » en fonction de la politique ministérielle et académique.
  • « on informe »par des courriers pour faire connaitre à tout le monde (c’est ce qu’on va faire pour l’EIST, les avantages tirés, des liens de compte rendu...)
  • « on sollicite » des établissements en parallèle dont on sait que le contexte peut être porteur (je sollicite directement mes collègues IPR, en leur demandant des noms d’établissement...)

Le tout est doublé d’une « certaine » campagne d’information orchestrée par Mme le Recteur :

  • Voix du Nord du 1er septembre (un peu plus de 380 000 tirages): la une, 2 pages sur la politique envisagée
  • Voix du Nord : toujours du 1er septembre : un article sur une action innovante soutenue par le Sepia l’an dernier (DD, maîtrise de la langue, biodiversité)
  • Voix du Nord du 2 septembre : une double page sur « ce qui change cette année dans la région à l’éducation nationale » : articles sur « cours le matin, sport l’AM », « l’ouverture d’un internat d’excellence ».

En conclusion :

  • un contexte : l’académie de Lille se bat pour améliorer la réussite de ses élèves
  • une impulsion académique forte
  • des innovations actuellement mises en valeur à travers un site dont la fréquentation explose, et qui devrait donner envie à d’autres équipes de tenter d’offrir des solutions pour améliorer la réussite de leurs élèves.

Voilà les quelques explications que le SEPIA pouvait donner de son action passée et future.

Séminaire du 21 septembre 2010, Paris

Mis à jour le 20 janvier 2011
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