Exemples pour le 2nd degré

Alimentation et développement durable

DGESCO/I.G.E.N.

Documents à titre d'exemples : Produire pour le marché mondial, l'exemple du blé en Haute Normandie

Les documents ci-dessous peuvent être partagés pour travailler sur le thème de l'alimentation en sciences de la vie et de la Terre, géographie et ECJS. Ces documents émanent d'acteurs différents et sont révélateurs des différents regards :

  • chambre d'agriculture
  • l'agence régionale de l'environnement de Haute Normandie (une agence soutenue par le conseil régional)
  • l'union des consommateurs Que Choisir
  • le point de vue d'un agriculteur sur un site du ministère de l'agriculture.

Ils peuvent être utilisés en ECJS, Géographie, SVT avec quelques précisions.

Document 1 : panorama statistique de l'agriculture de Haute Normandie

19882000
LES EXPLOITATIONS
nombre d'exploitations
23 300
16 300
surface moyenne d'une exploitation en ha
35
49
Part des exploitations à dominante "céréales"
7.50 %
19.9 %
LA SURFACE AGRICOLE
surface agricole utilisée en ha
820 000
794 000
surface agricole en blé en ha
220 000
245 000
LA FORCE DE TRAVAIL
actifs agricoles
30 200
19 100
petits tracteurs (moins de 55ch)
23 982
12 109
gros tracteurs (plus de 135 ch)
704
3 428

Document 2 : le blé en Haute Normandie

La Normandie se distingue des autres régions françaises par une forte proportion de blé : 54 % des surfaces consacrées aux cultures de vente contre 38 % en moyenne nationale, en 2003. Une partie non négligeable des surfaces en blé se situe en zone d'élevage, où cette culture s'est développée depuis l'instauration des quotas laitiers (1984). Elle y représente souvent la seule culture de vente. Les conditions pédoclimatiques assurent en général de bons rendements (77q/ha en 2003).
La Normandie produit essentiellement du blé destiné à l'exportation et à la consommation animale. Des progrès sont réalisés pour améliorer et développer les variétés panifiables. Les importateurs étrangers sont de plus en plus exigeants sur la qualité des blés et notamment sur leur taux de protéines.
Site de la Chambre d'Agriculture de Normandie, Agroscopie, les grandes Cultures, 2005

Document 3 : Rouen, premier port exportateur de céréales en Europe

Les exportations de céréales au départ des ports de la région sont en nette diminution : 5,45 millions de tonnes pour la campagne 2003/2004 contre 7,22 millions de tonnes pour 2002/2003. Cette baisse d'activité est imputable à la faible moisson 2003 mais également à la faiblesse du cours du dollar face à l'euro, rendant ainsi les céréales françaises moins compétitives auprès des pays tiers. Pour la campagne 2003/2004, l'Union Européenne (37 %) et l'Afrique du Nord (29 %) représentent les deux plus importantes destinations des céréales exportées par les ports de la région. Viennent ensuite l'Afrique Noire (18 %) et les autres pays d'Europe (7 %). Les autres destinations, notamment Asie, Moyen Orient et ex-URSS représentent, quant à elles, 7 % des volumes de céréales exportées des ports normands. Pour le port de Rouen, les exportations de céréales de la campagne 2003/2004 s'élèvent à 23 % de moins que la campagne précédente. Malgré ce recul, le port de Rouen conserve sa première place de port européen pour les exportations de céréales.
Site de la Chambre d'Agriculture de Normandie, Agroscopie, les grandes Cultures, 2005

Document 4 : les dangers de l'apport en nitrates

Facteur essentiel de l'intensification agricole, la consommation d'engrais azotés a augmenté de manière vertigineuse depuis quarante ans : on épand maintenant environ 200 kg d'unités de fertilisantes d'azote par hectare sur les cultures intensives, dont une partie n'est ni absorbée par les plantes ni retenue dans le sol. C'est elle qui est entraînée dans les couches profondes et qui s'infiltre, sous forme de nitrates, dans les nappes phréatiques.
L'enrichissement des milieux aquatiques par des apports importants d'éléments nutritifs est appelé eutrophisation. Elle se caractérise par la prolifération de plantes aquatiques.
L'homme accélère considérablement ce phénomène naturel par des déversements dans le milieu aquatique d'effluents riches en nitrates. Le littoral, les mares et les cours d'eau sont menacés par cette eutrophisation accélérée. Les eaux se chargent d'algues microscopiques et filamenteuses qui leur donnent une couleur verte. Cette masse végétale crée un écran qui empêche la lumière de passer. L'activité photosynthétique productrice d'oxygène se trouve réduite à quelques mètres de la surface. De plus, les végétaux morts s'accumulent sur le fond et leur décomposition accentue l'appauvrissement en oxygène, qui se traduit par la disparition progressive des êtres vivants.
La prolifération d'algues autour de la centrale électronucléaire de Paluel a provoqué une perte de 6 % de production en 2004, soit l'équivalent de 50 millions d'euros. Des études ont été lancées afin de comprendre et d'enrayer le phénomène qui serait engendré par les nitrates d'origine agricole qui se retrouvent entraînés en mer par les eaux de ruissellement.
Site Internet de l'AREHN (http://www.arehn.asso.fr/dossiers/nitrate/impact.php)

QUESTIONS Géographie

  1. Quelles informations révèlent que la céréaliculture haut normande est intensive ?
  2. Quelles menaces pèsent sur les exportations céréalières haut normandes ?
  3. Quelles sont les conséquences de la mise en place de cette agriculture intensive ?


Document 5 : Agriculture et environnement

Le point de vue de la Chambre d'Agriculture : 1, 2 million d'habitants en Seine-Maritime sont alimentés en eau potable à partir de 249 points de prélèvement d'eau dans la nappe de la craie. La principale fragilité de cette ressource en eau tient aux risques d'engouffrement rapide à travers la craie fissurée provoquant de la turbidité aux captages (eaux troubles) et des pics de pollution par ruissellement (bactério, nitrates, phytos), d'origine agricole ou autres.
Seule, la pointe du Pays de Caux était classée en zone vulnérable au titre de la Directive Nitrates (qualité des eaux souterraines et eutrophisation). Des actions de conseils du type Ferti-Mieux (Opération Fertil et Caux) pour la préservation des ressources de l'agglomération havraise y sont engagées et concernent près de 650 agriculteurs. La zone vulnérable vient d'être révisée : elle est étendue à l'ensemble de la Seine-Maritime à partir de 2003.
http://www.seine-maritime.chambagri.fr/res_economiques.asp

Le point de vue de l'Union des Consommateurs de Seine Maritime : Inondé à répétition, comme dans certaines vallées normandes, le consommateur se bagarre pour être indemnisé par les assurances, qui en profitent pour tripler les franchises, voire les exclure de leurs contrats.... Il exige que les pouvoirs publics et leurs élus prennent des mesures de prévention...dont l'efficacité dépend de la gestion de l'espace rural par les agriculteurs et de l'aménagement du territoire par les élus.
La baisse des revenus, liés au lait, pour les agriculteurs, c'est la fragilisation des éleveurs de bovins, déjà touchés durement par les crises de confiance dues à la « vache folle ». C'est l'accroissement de la mainmise des grands groupes de distribution sur la production avec les menaces d'uniformisation des produits et de création, à moyen terme, d'une situation monopolistique bien pratique pour effacer la concurrence si nécessaire pour le consommateur (voir les zones où « Carrefour/Continent » sont seuls présents).
Le consommateur, habitant de Seine-Maritime, est touché par les pollutions de l'eau (quel coût pour les usagers la construction d'une usine de filtration, comme à Yvetot ? ) et les inondations. A-t-il conscience que son supermarché favori, détruit les petits paysans et encourage les « agri-managers » à choisir d'abandonner l'élevage et l'herbage, une des armes essentielles pour piéger la terre et l'eau, éviter la turbidité et les inondations. On les contraint à uniformiser le paysage en rasant les haies et à transformer les bocages en campagne peu propice au piégeage des ruissellements.

Alain Rouziès, président « Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir Rouen »

Document 6 : Une exploitation normande

Entre Pays-de-Caux et Vexin, à une quinzaine de kilomètres de Rouen (Bosc-Guérard), l'exploitation de Bruno et Blandine Wittorski offre un bon exemple de diversification conduite avec succès. D'une part, une superficie de 98 hectares en cultures, d'autre part un élevage de canards et oies pour la production de foie gras. Des préoccupations environnementales pour la première activité, une volonté de développer la commercialisation à la ferme pour la seconde.
Le CTE (Contrat Territorial d'Exploitation) est venu à la rencontre de ce projet global.
Le volet environnemental porte sur les productions végétales (pour moitié, du blé), réalisées sur un sol pour lequel la préoccupation commune à cette région concerne la maîtrise des eaux de surface. Ruissellement et apparition de ravines créent en effet un phénomène général d'érosion. La première mesure préconisée consiste à maintenir une couverture végétale en hiver, c'est-à-dire à mettre en place des cultures intermédiaires avant les cultures de printemps. L'intérêt de cette démarche n'est à l'évidence pas d'ordre économique car ces cultures intermédiaires (moutarde notamment) ne sont pas valorisées par l'exploitation. Il est par contre d'ordre environnemental car c'est un élément fort de lutte contre le ruissellement et l'érosion. « C'est également un piège à nitrates qui permet d'éviter le lessivage des terres en hiver et la pollution des nappes «, ajoute Bruno Wittorski. Toujours sur la question de l'érosion des sols, une mesure importante concerne la localisation des jachères, non plus en fonction du choix des parcelles les moins productives, mais en fonction de la stratégie de maîtrise des eaux de surface.
Site du ministère de l'Agriculture et de la Pêche, BIMA, 2001

QUESTIONS :

  1. Quels liens établir entre la question posée et chaque document ?
  2. Quels sont les atouts du modèle agricole normand ?
  3. Quelles en sont les limites ?
  4. Exprimer en quelques lignes (20 maximum) son propre point de vue sur le sujet (argumentation OBLIGATOIRE).

Questions EDD :

  1. Quelles raisons poussent les agriculteurs normands à utiliser plus d'engrais ?
  2. Quel rôle joue le consommateur français dans cette pollution de l'eau ? Qui est responsable de ce déséquilibre écologique ?
  3. Cette pollution locale et actuelle peut elle avoir des répercutions plus étendues et à longue échéance ?
  4. Quelles solutions peut-on envisager pour diminuer cette pollution ?
Mis à jour le 02 juillet 2014
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