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Zarzis est une station balnéaire touristique réputée en Tunisie. Elle est située sur le littoral au Sud-Est de la Tunisie et représente le " prolongement continental " de l'île touristique de Djerba. Sur le plan biogéographique, le milieu présente un caractère plutôt sec : des précipitations annuelles moyennes de 170 mm (auxquelles s'ajoutent de fortes rosées liées à la position littorale) qui permettent de classer cette station en milieu semi-aride. Nous nous situons en bordure du Sahara et l'eau dans ce cadre est un bien assez rare.
L'objectif de cette étude de cas est de faire comprendre aux élèves quelques enjeux en matière de développement durable, de manière à aller au-delà de la simple étude d'un site touristique.
Une grille de lecture similaire peut évidemment être appliquée à toute autre station touristique située en milieu semi-aride.
Dans le cadre des programmes de géographie au collège, deux niveaux sont envisageables :
| Programme et commentaires | Problématiques du développement durable |
|---|---|
| I] L'AFRIQUE (10 à 12 heures) 2. Le Maghreb (4 à 5 heures) On insiste sur l'appartenance au monde méditerranéen et au monde musulman, sur les liens avec l'Europe, sur les contrastes littoraux/intérieurs/déserts et les problèmes démographiques. Repères géographiques : carte bioclimatique ; carte de la répartition de la population et des principales villes de l'Afrique ; carte des Etats et des grands ensembles régionaux de l'Afrique ; milieu, peuplement et ressources des pays du Maghreb. | La notion de développement peut constituer un des fils conducteurs du traitement de l'ensemble du programme.
|
Elle se situe volontairement à une grande échelle géographique, plus concrète et facilement compréhensible par de jeunes élèves. Le projet pédagogique présenté ici ne suggère pas une mise en œuvre détaillée, qui incombera au professeur désireux de travailler cet exemple, en tenant compte de ses propres choix et du profil de la classe.
L'importance des documents d'accompagnement conduit à procéder à un choix, d'ailleurs imposé par le site choisi pour l'étude de cas, celui de l'analyse :
Le travail proposé ici sera nécessairement incomplet car il n'intégrera qu'une démarche propre à la géographie. Il convient donc de laisser des ouvertures interdisciplinaires vers les sciences de la vie et de la Terre (la limitation de l'érosion et la prévention des catastrophes).
Avec une étude en classe avec des documents polycopiés, retroprojetés ou vidéoprojetés, la démarche proposée se fait en quatre étapes :
La situation géographique de Zarzis dans le bassin méditerranéen (l'accès par voies aérienne ou terrestre) et surtout sa situation en tant que milieu biogéographique particulier.
On commencera l'étude par une localisation géographique élémentaire (au moyen d'une carte en ligne (doc I. 1), d'une carte murale ou projetée) dans l'espace africain et maghrébin. Le deuxième élément de la localisation de Zarzis sera de montrer la position de la station balnéaire par rapport au milieu biogéographique : le cumul des pluies par mois peut être montré aux élèves moyenne annuelle : 170 mmm), mais aussi un indicateur plus parlant sur le nombre de jours de pluies (15 jours par an).(docI.2) Ce constat, associé aux acquis des élèves sur les milieux biogéographiques permet de faire comprendre que l'espace en question est fragile et qu'il convient de le gérer en termes de développement durable.
Il peut en outre être intéressant de montrer aux élèves que ce n'est pas un lieu inconnu puisque c'est en fait une destination touristique notable pour les européens -français, anglais et allemands en particulier mais aussi maghrébins- (une publicité de toute nature peut suffire - sur l'Internet, dans un catalogue d'agence de voyage, au moyen d'une carte des flux aériens ou une carte de localisation des régions touristiques tunisiennes). (docI.3) C'est donc un milieu géographique fragile, potentiellement fortement fréquenté.
Pour terminer cette présentation, on peut souligner deux points :
Pour quelques données sur les précipitations et le milieu biogéographique :
Pour la mesure des flux aériens et de la fréquentation touristique :
L'activité touristique est certes dominante. On s'appuie tout d'abord sur une photographie (ou sur une combinaison de plusieurs photographies) de la station balnéaire : elle est installée en bordure d'une vieille palmeraie littorale peu dense. L'analyse de la photographie permet de montrer l'aspect artificiel de l'implantation de la station, (l'espace est entièrement construit). Tout est propre, tout est beau, on remarque des piscines. A l'échelle tunisienne et surtout méditerranéenne, Zarzis reste un station balnéaire relativement modeste (c'est en fait une simple annexe de Djerba) avec seulement 7 complexes hôteliers et une capacité d'ébergement de 3 500 personnes. Une comparaison rapide avec d'autres photographies de Zarzis (" l'envers du décor ") peut permettre de poser la question des bénéficiaires de l'activité (à qui vont les dividendes du tourisme ? ). Derrière une façade attrayante pour les étrangers de passage se cache une réalité du développement moins idyllique.
Mais d'autres activités économiques sont présentes. L'économie locale a toujours eu un caractère extraverti. A l'époque coloniale, fut développée une culture extensive de l'olivier (en limite de son aire d'implantation mais favorisé par la condensation nocturne). La commune de Zarzis, très vaste (34 000 ha) compte encore 1.200.000 pieds d'oliviers qui fournissent 60 000 Tonnes d'olives/an. Aujourd'hui, un nouveau port commercial, accessible à des navires de 35 000 T a été construit et comprend un terminal pétrolier. Il est aussi doté depuis 1993 d'une zone franche ouverte aux investissements étrangers. Il prend ainsi le relais de la tradition de la pêche aux éponges. Enfin, la demande des touristes et de la population locale (la ville, en très rapide croissance compte 70 000 habitants au recensement de 2004) crée des débouchés pour des cultures maraîchères irriguées en plein air ou même sous serres.
On peut insister, dans une logique de développement durable, sur la compétition pour l'espace qui s'opère. Le développement de l'activité touristique et l'urbanisation ont grignoté une partie d'une palmeraie peu dense (fournissant des dattes de médiocre qualité traditionnellement réservées à l'alimentation animale) et de l'oliveraie. Pour généraliser le propos, on peut montrer une carte des espaces touristiques tunisiens : une forte implantation s'est opérée sur le littoral. Le contraste avec d'autres prises de vues de la ville de Zarzis permet de montrer que les aménagements touristiques sont de bien meilleure qualité que les autres infrastructures urbaines. En outre, si on veut montrer une carte des projets d'installation de complexes touristiques, on peut faire saisir aux élèves que ces extensions se feront au détriment d'autres espaces, soit agricoles, soit autres. Cela a des conséquences puisque les autochtones préfèrent ne plus mettre en valeur certaines terres dans l'attente d'un meilleur prix de leur bien (utilisation d'un texte simplifié possible).
La compétition pour l'eau s'explique par les différents usages qui en sont faits : fourniture d'eau potable aux habitants, utilisation pour l'industrie, forte demande pour l'activité touristique et accentuation de l'irrigation. Une limite quantitative semble atteinte car 80 % des ressources exploitables sont déjà mobilisées. (Utilisation de textes ou de graphiques simples).
Il faut aussi montrer aux élèves que l'activité touristique est fortement consommatrice d'eau (utilisation d'un graphique ou d'un tableau chiffré : une nuitée de touriste représente 715 litres d'eau en moyenne). Elle est bien supérieure à la consommation moyenne d'un tunisien (46 litres). Dans une logique de développement durable, on notera que fournir de l'eau au tourisme a nécessité des infrastructures couteuses, qu'elle prive les autochtones, l'agriculture et les autres activités. (Une carte des infrastructures de transferts (doc III.1) ou une photographie d'un tube acheminant l'eau à Zarzis).
Les références suivantes ne constituent pas des documents immédiatement exploitables : il conviendra de construire, à partir d'elles, des documents pédagogiques.
Pour montrer les compétitions pour l'espace et les enjeux sociaux : www.up.univ-mrs.fr
Pour montrer l'importance de la consommation en eau et la nécessité de trouver des réponses adaptées :
Une dégradation importante de la qualité de l'eau (salinisation) entraîne la perte de terres agricoles dans des proportions non négligeables (entre 20 000 et 23 000 ha par an pour l'ensemble de la Tunisie). Les eaux de meilleure qualité sont prioritairement utilisées pour la consommation humaine, les eaux plus salées étant destinées aux périmètres irrigués (300 000 ha pour la Tunisie dans son ensemble). Ces problèmes liés à la gestion de l'eau préoccupe fortement les autorités tunisiennes qui ont mis en chantier des projets visant à l'économie de la ressource, mais aussi à l'utilisation de ressources non conventionnelles (eaux usées traitées en recharge de nappes, dessalement des eaux saumâtres). (doc IV.2) On peut ici utiliser des textes simples associés à des photographies.
L'érosion des sols (les plages reculeraient à Zarzis sous l'effet de plusieurs phénomènes : élévation générale du niveau de la mer mais aussi afflux des touristes ? ) préoccupe les autorités (doc IV.1) et le risque d'aggravation de la désertification du pays est réelle. Cette désertification est amplifiée, d'après les études menées par les autorités, par la sédentarisation de la population.
Pour l'ensemble des problèmes liés à la qualité de l'eau et au phénomène de désertification (il incombera cependant au professeur de construire les documents d'étude après lecture de cette documentation) :
Pour les phénomènes de désertification :
Le schéma propose une double lecture d'une situation-problème :

| Environnement | Économie | Société | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Échelle locale (Zarzis, station balnéaire) | Fortes tensions sur l'eau | Des sites en cours d'érosion | Désertification ampilfiée | Crise agricole (pénurie de MO) | L'industrie locale s'extravertit (pétrole) | Densification de l'activité touristique | Un site au départ occupé par des agropasteurs (traditions) | Transfert articiel de la population (appel de l'activité tourisme) |
Échelle nationale | Comment parvenir à une gestion durable de ressources limitées ? | Risque de dégradation du littoral par afflux de touristes | Comment parvenir à une utilisation raisonnée de l'espace ? | Comment mieux respecter les équilibres dans l'utilisation économique de l'espace ? | Les critères d'un développement équitable sont-ils atteints ? | Les critères d'un tourisme durable sont-ils remplis ? | Comment remettre en valeur le patrimoine culturel et architectural pour les générations futures ? | Comment concilier la mixité sociale avec les nouvelles logiques économiques et institutionnelles ? |
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