Coopération franco-allemande

Feuille de route pour les ministres chargés de l'Éducation


Le 22 janvier 2003, lors de la commémoration du quarantième anniversaire du traité de l'Élysée, l'importance de la coopération en matière éducative a été réaffirmée. Les deux chefs d'État ont, à cette occasion, remis aux ministres chargés de l'Éducation dans les deux pays une "feuille de route" dans laquelle ils leur demandent de prendre "les dispositions nécessaires pour parvenir à des résultats concrets" en matière éducative. Cette feuille de route est régulièrement réactualisée. Chaque année, la commission d'experts franco-allemands pour l'enseignement général et la commission pour l'enseignement professionnel font l'état des lieux de la mise en œuvre des mesures préconisées.

Vous pouvez consulter la feuille de route du 22 janvier 2003.

Feuille de route du 12 novembre 2007


1. Objectifs stratégiques

Ces objectifs se situent dans le cadre des priorités fixés par l'Union Européenne dans les domaines linguistique et éducatif (processus de Lisbonne) : diversité linguistique et compatibilité des systèmes d'enseignement.

La connaissance de la langue du partenaire constituant le socle d'une coopération fructueuse entre la France et l'Allemagne, le premier objectif retenu est de promouvoir l'apprentissage de la langue du partenaire et de soutenir un modèle d'éducation qui permette aux jeunes des deux pays de maîtriser deux langues vivantes européennes en plus de leur langue maternelle.

La feuille de route insiste par ailleurs sur la nécessité d'encourager les jeunes à considérer la France et l'Allemagne comme un espace commun pour leur formation et pour l'exercice de leur profession future, ce qui signifie un effort accru pour aider à la mobilité. Diverses mesures visant à faciliter les échanges dans les domaines de l'enseignement scolaire et de la formation professionnelle ont été proposées, ainsi que des des initiatives permettant de lever les obstacles à la mobilité des élèves, des stagiaires et des travailleurs.

Les deux pays se donnent enfin comme nouvel axe de travail de coopérer dans le domaine de l'éducation artistique et culturelle, en particulier au profit des jeunes issus de l'immigration.

2. Projets concrets en matière d'intégration

Sous le titre " Intégration et égalité des chances : de l'école à l'emploi ", une table ronde réunissant à Paris, le 16 novembre 2007, des experts de l'éducation et de la formation professionnelle doit permettre un échange de bonnes pratiques. De ce dialogue doivent résulter des projets d'action commune au bénéfice de groupes de jeunes auxquels la coopération franco-allemande peut offrir des chances supplémentaires d'intégration. L'ouverture culturelle et linguistique au pays voisin, ainsi que la plus-value d'une période de formation effectuée dans l'environnement professionnel du grand partenaire économique que sont la France et l'Allemagne l'un pour l'autre, constituent en effet d'importants atouts dont doivent bénéficier en priorité ceux qui en ont le plus besoin.

3. Autres projets de coopération

Projet 1 : Promotion de l'apprentissage de la langue du partenaire
En vue de cet objectif, sera encouragé, notamment, l'enseignement précoce de la langue du partenaire. Une meilleure information des élèves, des parents et des enseignants sera mise en œuvre de façon continue pour promouvoir l'apprentissage de la langue.

Projet 2 : Développement de la coopération décentralisée
Afin de continuer d'encourager la coopération décentralisée, cadre important et nécessaire pour la coopération éducative, les recteurs d'académie et les ministres de l'éducation des Länder se rencontreront à nouveau. Cette rencontre aura lieu à Berlin les 13 et 14 décembre 2007.

Projet 3 : Encouragement de la mobilité des professeurs
Pour assurer un enseignement vivant et actuel de la langue et de la culture du partenaire, les échanges d'enseignants, notamment dans le cadre de leur formation continue, seront fortement soutenus.

Projet 4 : Développement de la mobilité dans le domaine de la formation professionnelle
Une coopération renforcée des systèmes de formation professionnelle des deux pays sera poursuivie. Les échanges d'élèves et d'apprentis et l'élaboration de référentiels de compétences communs seront encouragés.

Projet 5 : Coopération dans le domaine de l'éducation artistique et culturelle
Composante essentielle de la formation des jeunes, l'éducation artistique et culturelle contribue au développement de leurs connaissances, de leurs compétences, de leur sensibilité et de leur créativité. Les deux pays procèderont dans un premier temps à un échange de bonnes pratiques, en vue d'identifier des projets communs concrets de coopération dans ce domaine.

Projet 6 : Réalisation d'un manuel d'histoire franco- allemand
Le soutien apporté à la réalisation des 2ème et 3ème volumes du manuel d'histoire franco-allemand sera poursuivi. Après la publication du 1er volume à l'été 2006, le 2ème volume paraîtra au printemps 2008.

Feuille de route du 22 janvier 2003

Il est demandé aux ministres français et allemand chargés de l'éducation de prendre les dispositions nécessaires pour parvenir à des résultats concrets dans les domaines suivants :

1. Comparatibilité des diplômes professionnels

Afin de faciliter la mobilité des jeunes français et allemands et leur accès au monde du travail, les ministres développeront le dispositif de reconnaissance réciproque des diplômes de l'enseignement professionnel. Ces travaux porteront, au cours de l'année 2003, sur au moins 30 baccalauréats professionnels français et les diplômes allemands correspondants.

2. Apprentissage de la langue du partenaire

Dans un contexte d'illustration de la diversité linguistique et culturelle en Europe, les ministres développeront des stratégies de valorisation de l'apprentissage de la langue du partenaire.

Ils organiseront notamment en France, dès 2003, une rencontre de décideurs et de représentants des systèmes éducatifs et politiques des deux pays. Ils soutiendront résolument les propositions concrètes issues de cette manifestation.

Les ministres encourageront les actions en faveur de la langue du partenaire d'ores et déjà lancées ou en préparation, telles que le site FplusD, les DeutschMobiles et les FranceMobiles, et des campagnes de promotion pour le français et l'allemand dans le pays partenaire. La journée du 22 janvier, déclarée "journée franco-allemande", fera l'objet de manifestations spécifiques dans les deux systèmeséducatifs.

3. Développement des partenariats entre les établissements dotés d'une section européenne d'allemand, en France, et d'une filière bilingue de français, en Allemagne.

Les ministres développeront ce dispositif qui encourage la coopération entre établissements français et allemands dans le cadre de leur ouverture internationale. Le nombre des établissements partenaires intégrés dans ce réseau augmentera de manière substantielle. Les ministres examineront également les modalités selon lesquelles des établissements d'enseignement technologique et professionnel pourraient accéder à ce réseau.

Seront privilégiés les thèmes de coopération portant sur la connaissance de la culture de l'autre pays ainsi que sur les notions de citoyenneté et d'intégration européenne.

4. Incitation au regroupement d'établissements d'enseignement supérieur européens

L'Allemagne et la France proposent à tous les États européens d'accélérer le développement de cursus d'études intégrés, y compris au-delàdes coopérations bilatérales, en créant des consortiums regroupant des établissements d'enseignement supérieur, à l'image du consortium Airbus dans l'aéronautique. Le haut niveau de ces consortiums est destiné à leur garantir une place de premier plan dans la production et la diffusion mondiales des connaissances.

Dans le cadre de ces coopérations, il sera possible de proposer une formation universitaire à l'échelon européen qui permettra à l'Europe de devenir un site universitaire attractif, notamment pour les étudiants des autres régions du monde. Tout en préservant l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur, l'Allemagne et la France soutiendront, dans la mesure de leurs moyens, le développement et l'établissement de ces coopérations. En s'ouvrant à d'autres partenaires, l'Université franco-allemande, dont la structure a fait ses preuves, peut constituer une excellente base. Le cadre et les perspectives financières devront s'articuler avec les projets de l'université franco-allemande et les programmes communautaires..

L'Allemagne et la France souhaitent proposer un premier échange de vues en marge de la conférence de Berlin en 2003 et insuffler ainsi ainsi un nouvel élan au processus de Bologne.

5. Développement de formations doctorales franco-allemandes

La France et l'Allemagne s'engagent à :

- doubler, dans un premier temps, les coopérations entre écoles doctorales et Graduiertenkollegs, notamment dans le cadre de leur autonomie, à s'engager résolument sur la voie de formations doctorales franco-allemandes en y affectant les moyens d'accompagnement dont elles peuvent disposer et en utilisant une partie de contingent d'allocations de recherche ;

- inviter les universités allemandes à encourager leurs enseignants-chercheurs à inscrire leurs projets de coopération scientifiques avec des partenaires français au sein des collèges doctoraux (Graduieryenkollegs).

- garantir la qualité des formations doctorales conjointes, assurées en commun, par les instances d'évaluation de la recherche désignées par les deux pays.

6. Coopération institutionnelle

Le dispositif de suivi sera revu et modernisé. Les commissions d'experts pour l'enseignement général, d'une part, et pour l'enseignement technologique et professionnel, d'autre part, qui se réunissaient deux fois par an, s'adapteront aux nouveaux enjeux de la coopération. Dans le même temps, des groupes de travail ad hoc, plus légers et plus opérationnels, seront mis en place autour de sujets précis.


Mis à jour le 13 septembre 2009
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