Archives des Journées de l'innovation

La Journée de l'innovation 2015

Le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a organisé la cinquième édition de la Journée de l'innovation, le mercredi 8 avril 2016 au lycée Diderot à Paris. Cette Journée a pour objectif de valoriser la capacité de recherche et d'innovation du système éducatif.

L'appel à projet national "Journée de l'innovation"

Lors de la journée nationale de l'innovation sont remis les "Prix de l'innovation" attribués aux initiatives éducatives et pédagogiques innovantes mises en oeuvre dans les écoles et les établissements scolaires.

En 2015, 602 équipes éducatives et pédagogiques ont candidaté à l'appel à projet national lancé en octobre 2014 sur les sept domaines de l'innovation retenus cette année.

Thèmes de l'appel à projet 2015

  • Le "vivre ensemble", le bien-être et le climat scolaire
  • Le numérique au coeur des apprentissages et dans la relation pédagogique
  • L'évaluation des élèves
  • L'alliance éducative, l'ouverture des établissements et les partenariats
  • Les relations inter-niveaux, le continuum -3/+3
  • Le décrochage scolaire
  • Innovation et développement professionnel

Les prix de l'innovation 2015

Huit prix de l'innovation ont été remis à l'occasion de cette journée de l'innovation 2015.

Sept prix sont decernés par le "Grand Jury".

Règlement du concours et composition du Grand Jury

Le prix du public, quant à lui, est attribué à l'action qui recueille le plus grand nombre de suffrages par les internautes à partir d'un module de vote en ligne.

Les équipes lauréates sont choisies parmi les 30 candidats finalistes pré-sélectionnés par les "Comités de lecture" spécialisés dans chaque thématique.

Prix du vivre ensemble

"Autonomie et responsabilisation", Collège Lucie Aubrac, Doubs (25). Académie de Besançon

Mieux responsabiliser les élèves en leur donnant des rôles et des responsabilités au sein du collège. En s'inspirant du principe du "peer support" l'aide entre pairs , très développé en Australie, comme au Québec, et à partir de l'expérience d'un collègue parti enseigner en Nouvelle Zélande une année, ce projet vise à responsabiliser les élèves dans les différents rôles qu'ils peuvent tenir au sein du collège et à leur donner les clefs pour acquérir de l'autonomie. Ce projet est décliné en 4 axes dont un axe de développement professionnel des enseignants afin de faire évoluer les pratiques vers davantage d'autonomie et de responsabilisation des élèves pour une meilleure réussite scolaire.

Prix du numérique

"Projet RObeeZ", Ecole élémentaire Louise Michel-Jean Biondi, Creil (60). Académie d'Amiens

En étudiant le fonctionnement d'une ruche, les élèves se verront proposer un défi technologique : fabriquer des RObeeZ (abeilles robots) qui vont reproduire les comportements caractéristiques des individus d'une ruche. Le travail se fera en équipe. Dans chacune d'entre elles, les rôles seront définis selon le nombre d'équipiers, cette distribution changeant à chaque séance pour que chaque élève couvre l'ensemble des tâches.

Prix de l'évaluation

"Penser autrement le temps scolaire", Collège Debussy, Nantes. Académie de Nantes

Penser autrement le temps scolaire, décloisonner les disciplines, oser des séquences à géométrie variable, annualiser le temps de travail des enseignants, mettre du temps disciplinaire dans un « pot commun » pour enseigner différemment, changer les pratiques d'évaluation, inventer des options, organiser des temps forts ... L'expérimentation à l'échelle de l'établissement permet tout cela, libère la créativité et les énergies de chaque acteur de la communauté éducative, permet de différencier et fait réussir les élèves !

Prix des alliances éducatives

"Ouverture aux langues à l'école maternelle : apprendre à parler et à penser avec une mascotte voyageuse", Ecoles maternelles La Serinette et Le Jonquet, Toulon. Académie de Nice

Ce projet vise la réussite scolaire de tous les élèves par l'ouverture sur les langues et leur pluralité qui permet de relier la langue de scolarisation et les langues de la migration ; l'implication des parents bilingues ou plurilingues dans la vie de l'école, indépendamment du statut de leurs langues; une meilleure appréhension des attentes de l'école par les familles. Une marionnette-mascotte francophone (un animal) part en vacances autour du monde et envoie des cartes postales à la classe. Sur la carte, quelques mots (bonjour, au revoir, à bientôt) dans une des langues des pays visités -la carte sert de déclencheur aux activités plurilingues/culturelles-. La Mascotte revient de temps en temps dans la classe avec un ami étranger (une marionnette ou une peluche) accompagnée d'un traducteur (le plus souvent un parent qui comprend la langue de l'ami). Le choix des langues s'appuie sur une étude sociolinguistique de la classe et de l'environnement immédiat (le quartier), il ouvre des possibilités de lien avec les familles et participe à construire le « vivre ensemble ». L'ouverture aux langues ne repose pas sur les apprentissages classiques mais sur les vécus familiaux et affectifs en créant un lien fort avec les familles et en facilitant leur entrée dans l'école. Progrès et résultats dans la maîtrise de la langue, devenir élève et ouverture au monde sont visés.

Prix des relations inter-niveaux et Prix du Public

"Quand la main d'élève devient main d'artiste. Petits et grand partageons nos chimères.", Collège Paul Langevin, Saint-Junien (87). Académie de Limoges

Ce projet, mené pendant deux années scolaires, a permis de créer à l'entrée du collège un parcours artistique réalisé par des élèves de l'Ecole Maternelle Cachin, des élèves des classes ordinaires du collège et des élèves de la SEGPA du collège Langevin de Saint-Junien. Cette œuvre durable a été réalisée en coopération avec plusieurs artistes, Pierre DEBIEN artiste plasticien et le groupe vocal Canticum Novum. Ce parcours visuel, sonore et lumineux est composé de 8 grandes chimères et équipé d'un système numérique permettant aux visiteurs d'écouter le conte inventé par les petits de la maternelle, puis enregistré et sonorisé par les élèves de 5ème SEGPA. Ce projet a été sélectionné par l'association « Chemins d'Enfance » et la Fondation de France qui lui a attribué une importante subvention, en raison de son ambition artistique.  Il a également été sélectionné par le Rectorat de Limoges pour l'appel à projet de « L'Audace Artistique et
Culturelle » prix 2014.

Prix du raccrochage scolaire

"Apprenance : penser et agir autrement pour les élèves, la formation et l'enseignement", Inspection académique de la Drôme, Valence. Académie de Grenoble

Apprenance...un autre concept de formation. Les enseignants effectuent un travail dont la difficulté et la complexité sont croissantes pour répondre aux mutations de leurs publics. Nous savons aussi que notre système produit des inégalités de réussite. Ce projet de formation veut promouvoir la réussite scolaire des élèves les plus vulnérables. Il vise des modalités innovantes et favorables aux processus de transformation des pratiques professionnelles. Nous cherchons à investiguer et analyser le travail quotidien, les situations professionnelles vécues en classe sans jugement ou prescriptions pour en étudier les effets. Cette étude de l'activité ordinaire, singulière, incarnée et située se fait par l'intermédiaire de corpus vidéo. Nous tentons de comprendre pourquoi les formats d'enseignements ne permettent à tous les élèves de rencontrer les mêmes savoirs. En interrogeant aussi les élèves nous mesurons les écarts entre leurs ressources, leurs modes de faire , leurs dispositions et les exigences des tâches scolaires. L'un des volets prometteurs de notre projet est la création au sein même des établissements scolaires de nouveaux espaces d'analyse du travail et la création d'une communauté professionnelle solidaire et dynamique apprenante. Les équipes développent une acuité réflexive qui leur permet de se projeter dans une dynamique constructive de développement professionnel valorisante. Ce projet se concrétise par la structuration d'expérimentations qui seront mutualisés. La formation conçue jusque-là individuellement s'étend au collectif à l'échelle de l'établissement. L'autre volet prometteur est l'accompagnement des enseignants néo titulaire au sein des établissements. Appréhender l'activité enseignante avec une rigueur d'analyse, une pertinence contextuelle et une entraide intergénérationnelle permet de penser le continuum de professionnalisation des enseignants autrement.

"La mer pour horizon", Lycée des métiers de la structure métallique et de la vente Jules Verne, Guingamp (22). Académie de Rennes

Un autre regard... Les lycées professionnels souffrent fréquemment d'un déficit d'image, tant à l'extérieur du lycée que chez les élèves eux-mêmes. Le lycée Jules VERNE ne dérogeait pas à cette règle. Parmi les priorités du projet d'établissement, l'affirmation d'une image positive du lycée, le renforcement de l'estime de soi, constituaient un préalable à la réussite scolaire des élèves. Tourner le lycée vers des horizons marins porteurs d'avenir (Energies Marines), au travers de la construction d'un voilier accessible à tous, a permis de créer une dynamique autour d'une pédagogie de projet, partagée par l'ensemble du lycée et qui se décline dans de nombreuses actions. Pour créer une rupture avec le vécu souvent difficile du collège, nous expérimentons à la rentrée 2014, une évaluation par compétences dans le cadre de 2 classes sans notes.

Prix de l'innovation

"Le numérique au service des intelligences multiples : l'exemple du Fablab, catalyseur d'espaces collaboratifs", Collège Albert Samain, Roubaix. Académie de Lille

A l'heure où le numérique touche l'ensemble de notre société, il nous semble indispensable, au prisme des Intelligences Multiples, d'intégrer son usage, facilitateur des apprentissages, dans une (re)construction de la relation pédagogique. Cette nouvelle approche et mise en œuvre du numérique au sein du collège, (FabLab, cours, centre de connaissances et de culture) lui confère par le développement des espaces collaboratifs qu'il engendre le rôle des catalyseurs de bonnes pratiques au service de la persévérance scolaire et d'une scolarité responsable et ambitieuse, une plus grande mobilité sociale des élèves est rendue alors possible.

"Coopérer en classe de 6e : pratiques d'élèves et d'enseignants", Collège Joseph Sébastien Pons, Perpignan. Académie de Montpellier

Depuis 2011 : une puis plusieurs classes de 6ème sont devenues le champ d'expérimentation d'une nouvelle forme éducative qui vise une prise en charge globale et positive de l'élève. Les cibles des compétences sociales et civiques et celle de la maitrise de la langue vont permettre à l'équipe pédagogique d'origine de la classe coopérative de réfléchir à leur pratiques pédagogiques au-delà du disciplinaire avec la mise en place d'outils (plan de travail, portfolio, point d'actualité etc....). Véritable laboratoire d'expérimentation des pratiques coopératives et au-delà du positionnement positif vis-à-vis de l'élève (co-enseignement, métacognition, évaluation sans notes), adaptées au contexte du collège, ces classes coopératives ont très vite donné des résultats sur les élèves, sur l'apaisement des tensions, sur la diminution de l'absentéisme.

Téléchargez le programme de la Journée de l'innovation : Programme 2015

Téléchargez le livret du participant : Livret du participant

La Journée de l'innovation : une journée de formation

La Journée de l'innovation propose aux participants des modules de formation professionnelle ainsi que des conférences mobilisant chercheurs, professionnels de l'éducation et partenaires de l'Ecole.

Conférences

La (difficile) question des vertus professorales : bienveillance et exigence en pédagogie

Henri-Louis Go, maître de conférence HDR en sciences de l'éducation, université de Lorraine, directeur de l'équipe Normes et valeurs du LISEC (EA2310), coordonnateur scientifique de l'École Freinet à Vence.

Henri-Louis Go enseigne la philosophie de l'éducation. Ses travaux portent sur la normativité en éducation scolaire, et sur une possible reconstruction de la forme scolaire d'éducation. Le point de départ en est la modélisation de l'expérience de l'École Freinet, à Vence. Cette recherche est menée actuellement dans le cadre du réseau des Lieux d'Éducation Associé (LéA) (Institut Français de l'Éducation et Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche).

Cette contribution pose le problème d'une philosophie éducative pour notre démocratie. La forme scolaire (républicaine) d'éducation subit aujourd'hui de profonds changements qui s'opèrent dans notre société. Nous avons à reconstruire la forme scolaire d'éducation, mais à partir de quel(s) modèle(s) ? On peut ouvrir trois voies pour entrer dans ce questionnement.
1. Théoriser la reconstruction (Dewey) à partir d'une interrogation de la normativité éducative et de sa dialectique avec le problème des vertus professorales : quelles vertus pourraient aujourd'hui caractériser le métier de professeur?
2. Modéliser l'expérience spécifique de l'École Freinet (Vence) en matière de bienveillance. C'est l'objet du programme « LéA École Freinet » (2014-2017) : quels possibles transferts aux contextes dits "ordinaires", à quelles conditions et avec quels résultats envisageables ?
3. À partir de l'expérience du LéA, envisager la formation des enseignants en vue de cette dialectique bienveillance-exigence : un modèle de transmission professionnelle coopératif ?

Evaluer pour apprendre

Marie- Christine Toczek-Capelle, professeur en sciences de l'éducation à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand

Professeur en sciences de l'éducation à l'université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand, directrice de l'unité de recherche Acté, EA 4281 (Activités, Connaissance, Transmission, éducation), elle enseigne au sein des masters de l'enseignement et à l'école supérieure du professorat et de l'éducation. Ses travaux portent sur les effets des situations d'évaluation, d'enseignement ou d'apprentissage sur les performances des élèves.

Les statistiques nationales et internationales sont nettes : l'appartenance à certains groupes sociaux détermine la longueur et la teneur des destins scolaires des élèves. Comment expliquer de telles différences de réussite ? Il existe une perspective théorique inscrite en psychologie sociale de l'éducation qui argumente le fait que les performances des élèves peuvent être déterminées par les représentations qu'ils ont construites à propos d'eux-mêmes. Plus précisément, ces travaux révèlent que les contextes évaluatifs peuvent entrer en interaction avec les représentations des individus et ainsi devenir menaçants et impacter leurs performances. Dans cette perspective, plusieurs contextes évaluatifs seront présentés, notamment des contextes évaluatifs orientés vers l'apprentissage.

Rendre l'évaluation utile aux apprentissages

Florence Castincaud, professeur de Lettres Classiques, collège Marcelin Berthelot, Nogent sur Oise, et Directrice de publication des Cahiers pédagogiques.

Professeur de lettres classiques en collège ZEP, longtemps formatrice IUFM à temps partagé, rédactrice en chef des Cahiers Pédagogiques et actuellement directrice de publication de la revue, elle a coordonné plusieurs dossiers de cette revue dont le dernier numéro sorti, "Ecole et milieux populaires". A publié avec Marc Campana "Comment faire de la grammaire" (ESF 1999), avec Jean-Michel Zakhartchouk "Croisements de disciplines au collège", éd. Canopé Académie d'Amiens, 2002 et L'évaluation plus juste et plus efficace, comment faire ?, éd. Canopé, 2015.

La métaphore la plus associée à l'évaluation, c'est celle de la jauge ou du thermomètre : précis, classifiants, indiscutables... Un fantasme bien éloigné des réalités et une conception tellement inefficace pour aider à apprendre et à réussir. Si on en faisait plutôt, sous diverses formes, une source de confiance en soi, un accélérateur d'apprentissage ? A condition d'y associer les élèves, bien sûr !

Passerelles et cordées de la réussite, donner de l'ambition à tous les élèves

Chantal Dardelet, diplômée de Centrale Lille en 1984, son expérience de gestion de projet acquise dans l'entreprise et sa connaissance des populations et des acteurs de la politique de la ville à Cergy-Pontoise la mènent à l'ESSEC en 2004 pour développer, essaimer le programme "Une grande école : pourquoi pas moi ?" (PQPM). Aujourd'hui secrétaire générale d'ESSEC IIES, Institut de l'innovation et de l'entrepreneuriat social de l'ESSEC et responsable du pôle Egalité des chances de l'ESSEC, elle y coordonne les dispositifs expérimentaux d'innovation éducative: programme de tutorat PQPM collège et lycée, PQPM post-bac pour les anciens tutorés et POLLEN sur la problématique de la diversité sociale, le programme PHARES sur le handicap et l'équipe de chercheurs en charge de l'évaluation de ces programmes.

Les classes inversées, un phénomène précurseur pour l'innovation sans « l'école » de demain.

Marcel Lebrun, docteur en Sciences, professeur en technologies de l'éducation et conseiller pédagogique à l'Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l'UCL (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique).

Marcel Lebrun, docteur en Sciences, est actuellement professeur en technologies de l'éducation et conseiller pédagogique à l'Institut de Pédagogie universitaire et des Multimédias (IPM) de l'UCL (Université catholique de Louvain à Louvain-la-Neuve, Belgique). En particulier, il accompagne les enseignants dans la mise en place de dispositifs techno-pédagogiques à valeur ajoutée pour l'apprentissage. Il est à l'origine de la plate-forme Claroline dont il assure la responsabilité pédagogique au sein de l'équipe de développement et la présidence du Consortium international. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les rapports entre technologies et pédagogies.

Les questions relatives aux impacts du numérique dans l'éducation et la formation font couler beaucoup d'encre, en particulier en ce qui concerne « l'école de demain ». Il ne s'agit pas d'ajouter une couche technologique aux habitudes de transmission des savoirs prises à l'époque où le livre était rare comme le montre pourtant le tsunami actuel des MOOCs. Mais comment expliquer, dans toute cette effervescence, que ces initiatives de pionniers restent confinées dans des enclaves au lieu de percoler dans l'ensemble des structures comme il est attendu d'une véritable innovation ? Pourquoi parfois des résultats autant mitigés quant à l'impact des technologies sur l'apprentissage ? Les relations entre les savoirs, les humains et les outils sont complexes et systémiques. Si les technologies peuvent être considérées comme une réponse aux besoins d'évolution de l'école en tant que lieu d'écolage pour la société, il nous faut nous interroger sur les questions auxquelles les outils prétendent répondre. C'est à examiner ces questions, à la fois promesses et nécessités, à la fois leviers et enjeux, que nous consacrerons notre conférence en utilisant le concept des « classes inversées » comme fil conducteur. On verra aussi comment ce concept interroge le statut des savoirs à l'heure de leur externalisation et les rôles tenus par les partenaires de la relation didactique à l'heure de la connectivisation.

Exclusion temporaire des collégiens et amélioration du climat scolaire. Des clés pour l'action.

Benjamin Moignard, maître de conférences, Université Paris-Est, Observatoire Universitaire International Education et Prévention

Benjamin Moignard est maître de conférences à l'Université Paris-Est et directeur de l'Observatoire Universitaire International Education et Prévention (OUIÉP). Ses travaux s'intéressent à la recomposition des espaces scolaires et éducatifs et interrogent la construction des inégalités sociales et scolaires en contexte. Il aborde dans ses recherches les questions de climat scolaire, de violence à l'école, de décrochage scolaire, et les transformations des politiques et des formes de prises en charge de ces problématiques éducatives.

Les préoccupations des équipes éducatives pour prévenir le décrochage scolaire et améliorer le climat scolaire sont nombreuses. Cette intervention propose des pistes de réflexion sur la question à partir de la restitution des résultats d'une enquête sur les exclusions temporaires au collège. Elle permet d'abord de mesurer pour la première fois l'ampleur de ces exclusions, mais nous renseigne également sur la manière avec laquelle certains établissements réussissent à réduire ce type de sanctions et le décrochage qui en découle, à partir de la mobilisation des équipes éducatives en faveur de l'amélioration du climat scolaire.

Projet Philea avec le CNES

Jean-Pierre Lamy, professeur SII ingénierie électrique, lycée Diderot
Fatima Hamami, professeur SII informatique et numérique, lycée Diderot
Philippe Gaudon, responsable national du projet Rosetta, CNES

Le lycée Diderot de Paris, avec plusieurs établissements de l'académie de Créteil et de Limoges, ont réalisé un modèle de l'atterrisseur Philae posé en novembre 2014 sur la comète Churyumov-Gerasimenko après un voyage de plus de 10 ans. Ce projet ambitieux s'inscrit dans un partenariat avec le CNES (Centre national d'études spatiales). Cette aventure, tant technologique, scientifique, pédagogique qu'humaine, a permis à plusieurs dizaines d'élèves de travailler en projet collaboratif sur des outils numériques professionnels au sein de leurs établissements. Cette approche concrète des sciences et techniques leur permet de développer de nombreuses compétences et d'approfondir leur réflexion sur leur orientation.

Pour l'académie de Créteil, les lycées impliqués sont les lycées Léonard de Vinci de Melun (77), du Gué à Tresmes de Congis-sur-Thérouanne (77), Eugénie Cotton de Montreuil (93), Voillaume d'Aulnay-sous-Bois (93), Louis Armand de Nogent-sur-Marne (94), François Mansart de Saint-Maur-des-Fossés (94). Pour l'académie de Limoges, participe le lycée Cabanis de Brive-la-Gaillarde (19). Pour l'académie de Paris, les lycées Diderot et Louis Armand.

Modules de formation

Plusieurs modules de formation professionnelle sont proposés aux participants lors de cette journée. Ces modules, organisés sur les sept thèmes de l'innovation retenus cette année, expérimentent différents formats permettant l'individualisation des parcours de formation.

  • Les Laboratoires d'analyse pour renforcer l'expertise des personnels : laboratoire d'analyse, qui permet la confrontation de deux dispositifs innovants sur une même problématique, sous le questionnement expert et collectif des participants impliqués.
  • Les Ateliers de créativité : pour développer les capacités d'innovation des acteurs, par exemple : atelier « Master Class » où les prestations coachées sur scène et en direct ; atelier « Dix améliorations possibles » pour votre action ; groupe d'amélioration de la pratique ; atelier « Dessinez votre action » : comment traduire des actions innovantes en carte heuristique; « Fab-Lab' » ou ateliers de pratiques, où les participants peuvent manipuler, expérimenter de nouvelles manières de faire, de créer, de fabriquer ; le numérique sera naturellement présent.
  • Une session « Rendez-vous de l'innovation enseignante » permettra à tous d'assister à la prestation en stand up de sept interventions, acteurs de l'innovation, enseignants, cadres ou chercheurs, autour des leçons tirées de leur expérience ou de leurs travaux directs, à l'adresse de la communauté éducative.
Mis à jour le 22 septembre 2016
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