Français

Ressources d'accompagnement du programme de français au cycle 4 : étude de la langue

Conçues et réalisées par des groupes d'experts en partenariat avec l'inspection générale de l'Éducation nationale, les ressources d'accompagnement qui suivent proposent des outils pédagogiques, didactiques et scientifiques pour aider les enseignants à s'approprier l'entrée "Étude de la langue" du programme de français au cycle 4 et à la mettre en œuvre dans les classes.

Les ressources proposées sur cette page s'attachent à montrer comment l'on peut déplier une notion à l'échelle du cycle, proposer des opérations de manipulations aux élèves dans une séance de langue, ou encore développer chez ces derniers des gestes d'analyse de leur propre langue. Elles donnent des exemples d'activités, de séances, de traitement d'une notion dans la perspective d'une étude de la langue ancrée dans la construction de ressources à la fois langagières et linguistiques. De nouvelles mises en ligne viendront les compléter régulièrement.

Quelle place pour la langue dans les séquences ?

Définie comme un projet visant des apprentissages déterminés en amont et programmés sur l'année, une séquence inclut nécessairement un travail sur la langue joint à l'acquisition de compétences de lecture, de savoirs littéraires et culturels, de capacités d'analyse des textes, de compétences d'écriture et d'expression orale.

À partir de là, il importe de distinguer ce qui relève d'un enseignement des capacités d'expression et de compréhension : les compétences langagières, de ce qui tient davantage des savoirs métalinguistiques : les connaissances et compétences linguistiques.

Il y aurait donc à travailler la langue dans les séquences selon deux perspectives. L'une pleinement et nécessairement liée à la réception et la production de textes, à l'écrit comme à l'oral. L'autre davantage orientée vers la construction d'une posture réflexive sur la langue. 

Dans le premier cas, les compétences langagières visées orientent le travail sur les textes à lire et à produire dans la séquence. Autrement dit, une séquence sur le récit d'aventures par exemple, pour inclure un travail opératoire sur la langue, détermine non seulement le champ littéraire et la problématique d'analyse du corpus ou de l'œuvre choisie, mais aussi les compétences langagières en jeu. S'il s'agit d'insérer des descriptions dans un récit, les activités de lecture et d'écriture feront une part au développement de capacités à caractériser, à ordonnancer un texte ou encore à distinguer qualification et détermination, selon les besoins de la classe et le degré d'acquisition de ces savoir-faire par les élèves. Les compétences ainsi visées donnent également lieu le cas échéant à des activités spécifiques.

Dans le second cas, on met l'accent, dans des temps dédiés, sur des éléments linguistiques féconds pour la construction des savoirs des élèves sur leur propre langue, pour le développement de leurs capacités d'abstraction, pour la construction d'un rapport à la norme linguistique.

Selon les types de discours sur lesquels porte principalement la séquence (raconter, décrire, expliquer, argumenter, dialoguer), ou les opérations cognitives mobilisées (démontrer, interroger, exposer, rendre compte, définir...), on choisira de mettre l'accent sur un élément linguistique particulièrement saillant (la valeur aspectuelle du passé simple pour raconter, par exemple, ou les formes du discours rapporté). La programmation des séances de langue peut néanmoins répondre également à une logique transversale, comme dans le cas de la révision orthographique. Un équilibre entre de tels points transversaux et des points étroitement liés à la compétence langagière travaillée apparait souhaitable.

La séance de langue, qu'elle porte sur des savoirs grammaticaux, des procédures orthographiques ou sur le lexique, ne saurait ainsi viser une accumulation de connaissances grammaticales pour elles-mêmes ni un transfert immédiat dans les productions des élèves. L'apprentissage de l'écrit s'inscrit en effet dans un temps long et il est nécessaire d'accompagner les élèves dans l'exploitation qu'ils font des connaissances acquises sur la langue dans l'écriture en particulier, pour prendre en compte la norme.

Manipuler, tester, systématiser : quelles activités pour les élèves ?

Dans une séance consacrée spécifiquement à l'étude de la langue sont nécessairement en jeu des manipulations et opérations linguistiques. Au-delà de la mémorisation de certaines règles opératoires, les séances d'étude de la langue visent en effet à acquérir des capacités d'analyse et une compréhension de la langue comme système dans sa dimension syntaxique, sémantique, énonciative et morphologique. Les ressources proposées ici donnent des exemples de démarches possibles pour favoriser de tels savoir-faire linguistiques.

La décomposition du verbe : le radical, les marques de mode-temps, marques de personne pour les modes personnels (exemple : le passé simple)

Entrée : Maitriser le fonctionnement du verbe et son orthographe

La morphologie du passé simple

Le mot RAISON

Entrée : Maitriser la structure, le sens et l'orthographe des mots

Le mot « RAISON » dans Le Loup et l'Agneau, La Fontaine

Des notions déployées à l'échelle du cycle

La finalité de l'étude de la langue dans les programmes est d'acquérir des ressources linguistiques. Par le développement d'une posture réflexive sur la langue, on vise une capacité à améliorer son expression, notamment écrite. Les acquis linguistiques doivent ainsi rendre les élèves capables d'une révision efficace du texte qu'ils produisent, d'une appréciation et d'une exploitation des possibilités expressives de la langue, d'une mise en conformité de leurs productions linguistiques avec la norme.

Dans cette perspective, l'étude de la langue vise l'acquisition de connaissances procédurales et de savoirs opératoires. L'étude et l'analyse d'une notion grammaticale, orthographique ou lexicale engagent également le développement de capacités d'abstraction. Ces acquis ne peuvent s'inscrire que dans un temps long et la logique de cycle privilégie une approche des notions non tant successive que progressive.

Les ressources proposées ci-dessous ciblent ainsi quelques notions centrales en donnant des exemples de paliers d'acquisition ou de complexification qui peuvent soutenir une programmation à l'échelle du cycle.

  • Thème, propos

Entrée : Construire les notions permettant l'analyse des textes et des discours

Une proposition de travail sur la cohérence textuelle
Une proposition pour répondre aux besoins de l'élève dans ses productions écrites

  • Éléments de programmation en orthographe

Entrée : Maitriser la forme des mots en lien avec la syntaxe

Accords Sujet / Verbe

Une échelle de progression pour l'accompagnement personnalisé en orthographe

  • Progression de dictée débat en classe de 3ème

Entrée : Maitriser la forme des mots en lien avec la syntaxe

Organisation de dictées négociées lors de l'année de 3ème

Ci-dessous, six vidéos - chacune accompagnée d'un diaporama - sur des notions centrales du programme du cycle 4, réalisées pour l'académie de Caen par Laure Himy-Pieri, maitresse de conférences (HDR) à l'université de Caen-Normandie.

  • Phrase et prédication

La phrase se définit comme un ensemble lié par une relation entre ce dont on parle (le thème), et ce qu'on en dit (le prédicat).

La vidéo

Le diaporama

  • La phrase canonique

Dans la phrase canonique française, la relation prédicative prend la forme syntaxique d'un sujet syntaxique relié à un prédicat verbal. La relation entre les éléments repose sur la marque grammaticale d'accord entre le sujet et le verbe ; sur le relation à la fois sémantique et syntaxique nécessaire entre le verbe et son complément essentiel.

La vidéo

Le diaporama

  • Les fonctions dans la phrase

Dans la phrase canonique, le verbe est le noyau de la relation prédicative : il est le point de départ des constructions obligatoires (et donc des compléments essentiels). Mais des éléments facultatifs, indépendants du verbe, peuvent aussi venir développer la phrase. Il importe de comprendre que les groupes constituant la phrase peuvent avoir des points de rattachement variables : le nom (il s'agira des expansions du nom), le verbe (il s'agira des compléments de verbe, obligatoires), la phrase (ils s'agira des compléments de phrase, facultatifs).

La vidéo

Le diaporama

  • Prévoir les compléments du noyau verbal

Tout verbe appelle des éléments indispensables à la réalisation de sa construction et de son sens : il s'agit, à gauche, du sujet ; à droite, de la complémentation appelée obligatoirement par le verbe.

La vidéo

Le diaporama

  • Prévoir les compléments du noyau nominal

Le nom actualisé par le déterminant renvoie à un élément du monde. Les expansions du nom viennent modifier la façon dont le nom renvoie à son référent dans le monde.

La vidéo

Le diaporama

  • La phrase et ses compléments

Certains constituants de la phrase ne se rattachent ni au nom, ni au verbe (on peut aisément les en séparer, ou les supprimer). Ce sont des compléments de phrase.

La vidéo

Le diaporama

Quelques incontournables

Les ressources proposées ici renvoient à des démarches ou apports concernant certaines notions centrales. Qu'elles apparaissent explicitement dans les programmes ou qu'elles sous-tendent certaines de ses entrées, ces notions sont des points importants de l'étude de la langue au collège pour lesquels il convient d'apporter un éclairage spécifique.

Mis à jour le 13 janvier 2017
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